jeudi, 11 avril 2013
"Sam'suffit"
La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.
26/02/2011
Fillon et son avion

France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.
Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon en a été le maire de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "
"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."(France-Soir)
15:56 Publié dans Economie, Humour, Politique, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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jeudi, 03 janvier 2013
" La douceur particulière à Roscoff..."

Vue des environs de Roscoff , Emile VERNIER (1829-1887 )
Musée du Louvre
*
Julien Gracq -
En lisant en écrivant
" Ce qui ne paraît jamais dans Les Amours jaunes de Corbière, que j'aime tant, c'est la douceur particulière à Roscoff; rarement l'heure vide du dîner sur les plages évacuées, alors que le soleil brille encore assez haut dans le ciel, m'a paru aussi délicieuse, aussi intime pour le promeneur attardé, aussi tendre de couleur et de silence, entre le ciel qui jaunit au ras de l'horizon et la couleur déjà bleu ardoise de la mer. Et tendres aussi, au long de ses sentiers, l'herbe et les buissons de mer d'un vert éteint, pelucheux comme la coque de l'amande. J'y marchais le soir au long de l'étroit pré de mer décoloré, entre le vert bleu de la mer, cotonné de blanc à tous les beaux écueils de la côte, et la verdure frisée, ciselée, délicate comme l'acanthe, des champs d'artichauts. Le soir était si calme, dans la fin de saison d'une station alors à peine fréquentée, que j'entendais chaque fois, où que je fusse, sonner l'angelus à la jolie et basse église où la Bretagne, un instant, s'italianise. Je longeais le figuier géant, les épaisses maisons de granit de la place, maisons de notaires, chagrines et cossues, sises entre jardin et mer, dont les vagues, par-derrière, venaient battre à marée haute la porte de service. Je ne passais jamais devant le modeste et attirant laboratoire de biologie marine sans songer avec jalousie que les naturalistes de l'Ecole normale, où j'étais alors, avaient la possibilité de se faire détacher pour une année dans cette grotte bleue; il me semblait qu'affecté là, captif une fois pour toutes de cette mer à sirènes, j'aurais pour toujours planté ma tente entre aquarium et artichauts.
Julien Gracq - En lisant en écrivant - pp. 270-271
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samedi, 15 décembre 2012
Contourner la loi
Notre-Dame-des-Landes : l’avis de l’autorité environnementale passe à la trappe !
Pour "Eau et Rivières de Bretagne" , un avis légal manque dans le dossier aquatique du projet d’aérport Marc Le Duc (Ouest-France) - 14 décembre 2012
" Le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne n’en revient pas. L’avis de l’autorité environnementale ne figure pas dans l’enquête publique de la loi sur l’eau appliquée à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
« Cet avis, qui doit éclairer le public sur l’impact du projet, était obligatoire au moment de l’enquête, cet été », affirme Gilles Huet, délégué général de l’association. « Inquiète », l’association l’a demandé trois fois. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement des Pays de la Loire (Dreal) vient de répondre.
Effectivement, l’avis n’existe pas. « Il n’est pas nécessaire dans la mesure où il n’était pas obligatoire lors l’enquête de déclaration d’utilité publique (2006) qui a précédé la récente enquête loi sur l’eau, explique la préfecture de région. Mais le ministre de l’Environnement avait donné un avis en 2006. »
Une logique contestée par le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne. « Les deux procédures, déclaration d’utilité publique et loi sur l’eau, n’ont rien à voir », affirme-t-il.
« Alors qu’elle multiplie les avis sur les projets mineurs, le moindre camping, la plus petite zone commerciale, la Dreal n’a pas jugé bon d’analyser le plus vaste projet d’aménagement de l’Ouest, destructeur d’un millier d’hectares de zones humides », dénonce Gilles Huet.
Celui-ci pointe le double rôle de la direction régionale de l’environnement, à la fois experte en environnement et chargée de mener des projets. Ici c’est elle qui s’occupera de la desserte routière de l’aéroport.
« On peut douter de la capacité de l’État à être un arbitre objectif dans ce dossier », regrette le responsable, par ailleurs persuadé que « l’absence d’une pièce importante augmente la fragilité du dossier au regard des mesures environnementales ».
Le nouvel aéroport est situé dans le bocage nantais, en zone humide. Ne pouvant compenser en surface les atteintes à l’environnement, l’État et le constructeur Vinci ont élaboré une autre formule, expérimentale.
Celle-ci va être évaluée par une commission d’experts. La nouvelle méthode ouvrira la voie au contournement de la loi sur l’eau, estiment les associations de défense de l’environnement.
Quant à l’avis de l’autorité environnementale, les associations n’auront plus besoin de le chercher. Delphine Batho, ministre de l’Écologie et du Développement durable vient de modifier le code de l’Environnement. Par décret, elle a supprimé, précisément, l’obligation de produire l’avis de l’autorité environnementale pour les travaux visés par la loi sur l’eau. "
Le DOSSIER Notre Dame des Landes sur le site Reporterre : http://reporterre.net/
http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/
11:03 Publié dans Actualités, Agriculture, Aménagement du territoire, Associations, Economie, Environnement, Patrimoine, Politique, Sciences et technologie, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : notre-dame-des-landes, aéroport, eaux et rivières, ayraultport, ayrault, écologie, environnement |
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dimanche, 18 novembre 2012
Notre-Dame-du-Grand-Non : 100 tracteurs & 20 000 manifestants
Vidéo : Un petit tour dans la manif, tambours et panneaux, tracteurs et foule Réalisation : Dominique Avelange / fanny
Notre-Dame des Landes : 3 kilomètres de cortège, 100 tracteurs, 20 000 manifestants
Compte rendu du 17/11/12 22:11 de notre correspondant F. Chauffin
NOTRE DAME DES LANDES—On peut parler d'un grand succès qui doit ravir les organisateurs de cette manifestation de samedi à Notre-Dame des Landes. Vers 16h30, les estimations oscillaient entre 13 500 (préfecture) et 40 000 manifestants selon les organisateurs. A en juger par l'ampleur, la longueur du cortège, les kilomètres de voitures garées et les nombreux cars, la balance pencherait plutôt pour les 20 000 manifestants
Un cortège qui s'étirait sur 2,5 km pour se rendre dans un champ où une cabane en bois allait être construite avec l'accord du propriétaire pour reloger les malheureux délogés par la police. Un cortège bon enfant dont une force singulière se dégageait, résultante d'une conviction profondément enracinée avec des arguments clairs. Les slogans et les affichages, souvent basés sur l'humour décapant en témoignaient. Un cortège où toutes les couches sociales pouvaient se deviner. Où les jeunes étaient nombreux, eux dont on déplore l'absence dans le milieu associatif. Où quelques figures connues du milieu politique étaient venus se joindre. Les médias se sont particulièrement focalisés sur Mélenchon venu en star comme sur un plateau de télévision. Certaines remarques assez vertes ont été lancées pour marquer leur désaccord avec cette exploitation de l'événement. Hormis cela, aucun incident signalé. Enfin, ce cortège comportait un nombre impressionnant de tracteurs, facilement plus de 100. Des paysans venus en nombre dire leur opposition à un projet qui les spolierait de terres déjà trop rares. L'absence de forces policières visibles était aussi un fait marquant de cette journée réussie. Quatre gendarmes postés le long du cortège, mais où étaient les autres ? La manifestation en a été d'autant plus paisible. Les responsables politiques auront à tenir compte avec la ferme résolution de tous ces manifestants qui, à n'en pas douter, si besoin était, reviendront encore plus nombreux. La prochaine fois.
18:40 Publié dans Actualités, Agriculture, Aménagement du territoire, Associations, Economie, Environnement, Patrimoine, Politique, Videos, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 07 février 2012
La tournée des popotes
Tout le bien qu'on pense d'eux
" Nous avons connu la déportation. Nous avons connu l’oppression. Nous avons connu l’humiliation. Notre fierté est de dire que dans cette lutte de l’homme contre tout ce qui voulait l’écraser, c’est l’homme qui a vaincu "
Aymé Césaire
" On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscients de notre suprématie, de la supériorité de la civilisation occidentale" déclarait, le 26 septembre 2001 à Berlin, Silvio Berlusconi. Il demandait à un Occident de droite et clérical de continuer " à occidentaliser et à s'imposer aux peuples. Cela a déjà réussi avec le monde communiste et avec une partie du monde islamique ".
Guéant qui a tenté de s'expliquer sur ses propos concernant "les civilisations qui ne se valent pas" précisait sur Canal +, qu'il ne visait pas la " civilisation musulmane " mais ... " la religion musulmane ". Rappelons à Guéant que les camps de concentration et d'extermination nazis ont fleuri dans une civilisation chrétienne - religion comprise.
Guéant et la Martinique
| Lettre ouverte de Serge Letchimy, député de la Martinique et président du conseil régional de Martinique, adressée à Monsieur Claude GUEANT, ministre de l'Intérieur |
| Lundi, 06 Février 2012 14:46 | |
| M. le Ministre, Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous rappeler que cette terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques. Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque. Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes. Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter. Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux. M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences. Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici. C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous. _-_-_ |
’Eugène Larcher
Mardi, 07 Février 2012 08:42
Dans la perspective de la prochaine visite en Martinique du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, voilà le texte qu’Eugène Larcher, président de la communauté d’Agglomération de l’Espace Sud, vient de faire paraître sur sa page Facebook :
« Je ne participerai pas à la rencontre informelle que le ministre de l’intérieur, Monsieur Claude Guéant, a prévu le 11 février prochain avec les parlementaires et les principaux exécutifs de Martinique.
Les récentes déclarations du ministre de l’intérieur concernant une prétendue inégalité entre les civilisations sont inadmissibles pour tout esprit véritablement humaniste.
De tels propos sont particulièrement choquants pour nos peuples de la Caraïbe qui ont vécu dans leur chair les crimes contre l’humanité pouvant résulter des idéologies mortifères de hiérarchisation des cultures et des civilisations. Nos peuples qui sont par ailleurs riches de cultures originales et de valeurs propres qu’ils ont précisément su forger au carrefour de plusieurs civilisations.
Il me vient à l’esprit ces déclarations d’Aimé Césaire. Elles sont extraites du discours qu’il a prononcé lors de la visite d’André Malraux en Martinique en 1958 : " Nous avons connu la déportation. Nous avons connu l’oppression. Nous avons connu l’humiliation. Notre fierté est de dire que dans cette lutte de l’homme contre tout ce qui voulait l’écraser, c’est l’homme qui a vaincu ". »
Eugène Larcher - président de la communauté d’Agglomération de l’Espace Sud
Le Pen et la Réunion
21:18 Publié dans / Droits de l'Homme, Politique, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : serge letchimy, guéant, eugène larcher, martinique, réunion |
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vendredi, 19 août 2011
"...ce nom de Quimper-Corentin, comme le nom même du ridicule..."
" Quimper, quoique centre de la vraie Bretagne, est distinct d’elle. Sa promenade d’ormeaux, le long de la rivière, qui coule entre les quais et porte navires, la rend fort coquette, et le grand hôtel de la préfecture, recouvrant à lui seul le petit delta de l’ouest, lui donne une tournure toute française et administrative. Vous vous apercevez que vous êtes dans un chef-lieu de département, ce qui vous rappelle aussitôt les divisions par arrondissements, avec les grandes, moyennes et petites vicinalités, les comités d’instruction primaire, les caisses d’épargne, les conseils généraux et autres inventions modernes qui enlèvent toujours aux lieux qui en sont doués quelque peu de couleur locale pour le voyageurs naïf qui la rêve.
N’en déplaise aux gens qui prononcent ce nom de Quimper-Corentin, comme le nom même du ridicule et de l’encroûtement provincial, c’est un charmant petit endroit et qui en vaut beaucoup d’autres plus respectés. Vous n’y retrouvez pas, il est vrai, les fantaisies de Quimperlé, el luxe de ses herbes, le tapage de ses couleurs ; mais je sais peu de choses d’un aspect aussi agréable que cette allée qui s’en va indéfiniment au bord de l’eau et sur laquelle l’escarpement presque à pic d’une montagne toute proche déverse l’ombre foncée de sa verdure plantureuse.
On n’est pas longtemps à faire le tour de semblables cités, à les connaître jusque dans leurs replis les plus intimes et l’on y découvre parfois des coins qui arrêtent et vous mettent le cœur en joie. Les petites villes, en effet, comme les petits appartements, paraissent d’abord plus chaudes et plus commodes à vivre. Mais restez sur votre illusion. Les seconds ont plus de vents coulis qu’un palais, et dans les premières il y a plus d’ennui qu’au désert. "
Gustave Flaubert
Par les champs et les grèves
Itinéraire du voyage en Bretagne
Carte reproduite d'après l'article de Madame Le Herpeux, " Flaubert et son voyage en Bretagne ", Annales de Bretagne, t. XLVII, 1940.
12:21 Publié dans - Lectures, Histoire, Littérature, Patrimoine, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : quimper, quimper-corentin, flaubert, par les champs et les grèves, finistère |
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samedi, 13 août 2011
Quand le bâtiment va...
Pays de Cocagne
L'histoire pas à pas...
2006 : Bouygues édifie au Turkménistan ( gaz et pétrole ), à la gloire de Gourbangouly Berdymoukhamedov, son " président à vie ", un des pires dictateurs du monde -
Plus d'un milliard d’euros, en seulement douze ans, pour des constructions surdimensionnées et mégalomaniaques : mosquées, palais présidentiels, musée du tapis, Université scientifique, académie militaire, ministère du Commerce, palais de la presse (sic), hôtel de luxe au cœur de la capitale d’Achkabad ( 270 millions €), immeuble pour abriter le département pétro-gazier (109 millions €)...
Précision : " L’activité de Bouygues au Turkménistan est strictement commerciale et industrielle, comme dans les autres pays. Il ne nous appartient pas, en tant qu’entrepreneur, de prendre position sur des sujets politiques. Dans ce domaine, nous appliquons strictement les décisions de l’ONU "
> L’idylle de Bouygues et TF1 avec un dictateur : TF1 garde dans ses placards, une émission à la gloire d’un dictateur. Extraits de la vidéo interdite sur Bakchich-info.
> Le pays où Bouygues est roi - un livre de David Garcia - (chronique de sur Flucutuat.net)
>" Les dictateurs passent, Bouygues reste" - 2008 - par Hicham Hamza -Bakchich-info
> 2010 - "Quand un des pires dictateurs de la planète se pavane à Paname" par Les mots on un sens
11:56 Publié dans / Droits de l'Homme, / Prisons, Commerce et artisanat, Economie, Immobilier, Politique, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 21 juillet 2011
Les caractères
" Trois nuances fort distinctes sont à remarquer dans le caractère du paysan finistérien. Le léonnard diffère du trégorrois, le trégorrois du kernéwote. Le léonnard est grave et lent; le trégorrois gai, leste, sensuel; le kernéwote rusé et paresseux. La différence des humeurs a établi une sorte de froideur entre ces trois populations distinctes, qui vivent en assez mauvais voisinage."
Jacques Cambry
"Le froid, à Morlaix, est moindre de six à sept degrés qu’à Paris, dont il est éloigné de cent huit lieues ; la latitude est à peu près la même ; la chaleur n’est jamais très vive. En ces contrées, il y a beaucoup plus de variété dans le caractère des habitants que dans la température de l’air et le climat ; ce qui démontre que les institutions civiles, les formes du gouvernement influent sur l’homme, autant au moins que sa position sur le globe. Une rivière sépare les habitants du canton de Tréguier, de ceux du pays de Léon .
Les premiers sont d’une gaîté, d’une légèreté, d’une vivacité d’esprit qui n’existe pas chez les autres ; ils se délassent en dansant ; les musettes, les hautbois, les tambourins les appellent d’une manière irrésistible. Les habitants du Léonois sont graves, froids, mélancoliques, ils ne dansent que rarement. "
Jacques Cambry (1749-1807)
"Voyage dans le Finistère, ou état de ce département en 1794-1795"
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lundi, 18 juillet 2011
Brest / Recouvrance / Versailles
Il suffisait de passer le pont.
" Les différences qui règnent entre les peuplades de la Bretagne, résultat de la vie patriarcales de nos aïeux, sont singulièrement prononcées entre Brest et Recouvrance, séparées par une rivière, par un très petit bras de mer : ce ne sont ni les mêmes mœurs, ni le même langage, ni les mêmes idées ; les habitants de Recouvrance étaient traités par le Brestois avec rudesse, une supériorité qui tenait du mépris : les principes de la haute marine avaient gâté cette contrée.
La société de Brest offrait au spectateur une grande variété, une gravité pleine de morgue et de gaucherie chez le commandant, chez l’intendant, chez les grands officiers de la marine ; on y voyait une plaisante caricature du ton, des manières, de la légèreté de Versailles. "
Jacques Cambry (1749-1807)
"Voyage dans le Finistère, ou état de ce département en 1794-1795"
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dimanche, 17 juillet 2011
Huelgoat : roche tremblante
" Huelgoat est le trou où l'on vient vivre quand on est triste "
Gustave Flaubert
Huelgoat : Le rocher tremblant mis en mouvement
" A quelques pas de l'étang, sur la gauche, il existe une pierre en équilibre sur le sommet d'une autre pierre; elle a 20 pieds de long, 16 de large et 13 d'épaisseur ; sans beaucoup d'efforts un homme seul la met en mouvement. Près de Trégunc, près de Tréguier, ce singulier hasard se renouvelle. Je sais qu'on le révoque en doute. Vingt épreuves m'en ont démontrée la réalité. Le verre qu'on suspend à quelques lignes, est agité, frappé, quand elle se meut ; la main qui la touche, peut en compter les battemens , les oscillations ; ce n'est point une illusion.
Je visitai les rives du canal, qui va faire mouvoir les grands rouages de la mine: il n'est point de site plus bizarre , plus varié , plus extraordinaire. Les prairies traversées par une onde agitée; les grands arbres dont les feuillages se croisent, dominés par le clocher d'une église fort élevée, l'eau du canal qui paroît immobile ; cette impression causée par les lieux sauvages , infréquentés, tout contribua jusqu'à la nuit à me retenir dans ces lieux : je les quittai fort tard avec regret; mais les sites que je parcourus en retournant à Poulaouen, la belle forêt de Plaudouel et celle de Boudoudrin , les accidens d'une route si variée me consolèrent du sacrifice que je venois de faire en m'éloignant du Huelgoat. "
Jacques Cambry
"Voyage dans le Finistère: ou état de ce département en 1794 et 1795", Volume 1
_-_-_
" Nous mîmes pied à terre sur la place à l'auberge du Château-d'Argent, dont l'hôte riait toujours et portait un bonnet de coton, et, sans plus nous inquiéter des jérémiades de notre conducteur qui se lamentait fort d'avoir brisé le marche-pied de sa carriole, nous prîmes un guide qui nous conduisit à la pierre branlante. Elle branla. Après que nous eûmes cherché longtemps un point d'oscillation à grand renfort de leviers, à l'effort de nos six bras réunis, il est vrai. Mais enfin, elle branla et nous perdîmes enfin l'illusion de l'immobilité des pierres branlantes ou qui branlent, ainsi qu'on vous indique dans un chapitre précédent.
Gustave Flaubert
Par les champs et par les grèves ; Voyages et carnets de voyages
Flaubert et son voyage en Bretagne
_-_-_
" C'est à Huelgoat que se trouve le plus beau roulers ou pierre branlante de Bretagne. Cette masse, qui pèse au moins deux mille milliers, peut être mise en mouvement par un seul homme. On sait que les celtes consultaient les oscillations des roulers et en tiraient des présages."
Émile Souvestre
Le Finistère en 1836
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