dimanche, 18 août 2013

Bigoudens & Bigoudennes

"Quel est votre opinion sur ce peuple, vous qui avez tant voyagé..."

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Mahé de la Bourdonnais, à la recherche de ses cousins de Basse-Bretagne, arrive à  Pont-l'Abbé. Pour mieux comprendre ce pays aux "confins du Finistère",  il se procure un "cours de dialectes en langues celtiques et françaises " et l'Histoire de Bretagne de Pitre Chevalier.
Comme lors de ses voyages en Inde et en Indochine,  il chausse  également ses lunettes d'anthropo-sociologue d'époque et trouve aux bigoudens, ces "Bretons pur sang", des affinités jusque là ignorées mais qui resteront longtemps en vogue.

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Penmarc'h, une charreté de bigoudens  -
Départ pour la récolte de goémon -

Sur ces entrefaites j'allais voir !e rédacteur en chef du  Finistère, journal de Quimper, pour y faire mettre une  insertion au sujet de mon ouvrage " Un Français en Birmanie " qui venait d'être réédité. Je présentais des photographies de la Birmanie et nous sommes arrivés à causer des " Bigouden " de Pont-l'Abbé, si remarquables par leurs costumes, leurs broderies et leurs mœurs, si différents des autres Bretons au point que les Quimpérois les appellent communément des Chinois, et qu'il n'y a pas à Quimper une seule boutique ou commerce tenu par un " Bigouden ". Elles (sic) ont le  monopole de la " marée " et tous les matins elles arrivent des campagnes environnantes ou des bords de la mer, étaler leurs produits agricoles ou leur pêche, sur la place du marché; mais le soir venu il ne reste pas un seul habitant de Pont-l'Abbé à Quimper.

C'était le 16 juin qu'en causant, M. P., le rédacteur du Finistère me dit qu'on croyait généralement que les "Bigouden " étaient d'origine phénicienne. Ce à quoi je répondis en disant qu'ils ne pouvaient pas être d'origine  phénicienne, qui étaient représentés comme un des beaux types de l'Orient ; tandis que les Bigouden sont foncièrement laids et n'ont rien de commun avec le type grec.

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samedi, 10 août 2013

Vitré : exposition "A pas de géants"

carnavalDu 17 mai au 15 septembre 2013, à Vitré, l’exposition « À pas de géants » est consacrée aux  figures gigantesques, créées par les sculpteurs et artisans géantiers, et que l’on voit défiler lors de grandes fêtes populaires dans les rues de certaines villes d’Europe.

En 2008, le Gayant de Douai, le  Reuze Papa de Cassella Tarasque de Tarascon et le Poulain de Pézenas, ainsi que leurs fêtes et carnavals, ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité au titre des « Géants et dragons processionnels de Belgique et de France ».  

> Dossier de presse

Le Centre français du patrimoine culturel immatériel et  Maison des Cultures du Monde à Vitré :

" Le Centre français du patrimoine culturel immatériel a pour missions de constituer un réseau d’acteurs investis dans les divers champs du PCI : il s’agit de favoriser l’accès aux différentes ressources sur le PCI ainsi que le partage d’expériences relatives aux initiatives de sauvegarde, proposant ainsi un espace de réflexion commun.  Le CFPCI est également chargé de faire le lien avec le Ministère de la Culture et de la Communication, notamment autour des dossiers de candidature pour l’inscription sur les listes de la Convention ou du suivi des éléments inscrits, et pourra dans ce cadre assurer un rôle de conseil. Le Centre s’attache par ailleurs à faire connaître la Convention, à sensibiliser et à valoriser le PCI dans toute sa diversité, au travers de manifestations destinées au grand public (conférences, expositions, activités pédagogiques...). "

Centre français du patrimoine culturel immatériel
Prieuré des Bénédictins - 2 rue des Bénédictins - 35500 Vitré
02 99 75 82 04
www.cfpci.fr

Maison des Cultures du Monde

dimanche, 04 août 2013

Vers Redon commence la lande...

Hippolyte Taine, Carnets de voyage - 1897

De Rennes à Redon

         Pays charmant, coupé à chaque instant par la Vilaine ; petites collines vertes qui ondulent parmi des creux verts, joli désordre plein de fantaisie et d’imagination. L’eau coulante et froide a des tons noirâtres étranges et une sorte de clapotement incertain. Les prairies, toujours rafraîchies par la brume et la pluie, s’encadrent entre des haies plantées de chênes. La pluie et les gouttes de la brume ont ruisselé incessamment sur les tètes vertes. Verdure sur verdure, et dans cette uniformité de la fraîche vie demi-riante et demi-triste, un pêle-mêle amusant, une variété originale de formes par les cassures du terrain et les découpures des enclos. Ces restes de la forêt primitive font entrevoir par instants l’antique région des Mabinogion et des poésies bretonnes ; les silencieuses eaux transparentes sur leur lit d’herbes vertes et sous les ombrages du peuple pullulant des chênes ont dû faire lever dans les cerveaux incultes d’étranges rêves, ceux de Merlin et de Viviane. Qui peut comprendre tout ce qu’une source dit à un poète dans la vie sauvage ?

220px-Tabula_ducatus_britanniae_gallis_-_Redon.png       Vers Redon commence la lande. Le clocher de granit flanqué de petits clochetons, tout gris et terne, perce et pointe dans l’air brumeux, blafard, lourdement encombré de nuages dont le ventre traîne sur la cime des arbres. Puis les arbres disparaissent, ou ne subsistent que rabougris, pauvres pins épars, chênes étêtés et languissants, broussailles. — Puis, pendant des heures entières, la lande de bruyères et d’ajoncs. Les ajoncs amassent en bourrelets leurs fouillis épineux, âpres à l’œil. Les bruyères étalent à l’infini leur tapis résistant, bariolé de violet et de rouge. Point de terre : le roc sec affleure à chaqueinstant, monte et descend à perte de vue, sans couche nourrissante qui le recouvre et le rende propre à la vie. Les creux et les hauteurs désolées, désertes, se suivent incessamment, sous le voile lugubre de brume fondante. Quand l’eau apparaît, elle est nuisible — la roche intérieure, de sa dalle continue, lui bouche l’issue ; elle s’étale stagnante, en marécages rayés de minces filets verts, en misérables prairies jaunâtres et pourries collées au sol comme une peau malade, en fondrières bosselées où alternent la vase et la sécheresse. — Quelques files d’arbres souffreteux suivent le lit où gargouille l’eau inutile. Ailleurs un dos morne de collines est hérissé de pierres moussues, rongées par les intempéries. — Un bois de sapins chuchote, espaçant ses troncs grêles et ses têtes sans ombre. C’est l’Écosse du Nord sans montagnes ; comme en Écosse, quelques vaches en liberté tachent de blanc et de roux la noirceur monotone et les paquets grenus des ajoncs ; une femme tricote pieds nus ; au bon terrain, parmi les bandes de sarrasin blanc, un paysan en culottes etchapeau énorme, jaunis, noircis par la pluie, avance dans la boue comme un fantôme. — Seules, comme en Écosse, des couvées charmantes de bruyères splendidement violettes, jouent autour des ossements décharnés du roc qui perce.

 (pp. 249-252)

dimanche, 07 juillet 2013

Carhaix, triste ville...

Au milieu du XIXe siècle les relations entre le nord et le sud du Finistère sont toujours aussi problématiques. De Morlaix à Pontivy, Emile Souvestre traverse une Bretagne intérieure dont les paysages de landes donnent une impression de pauvreté, il entrevoit les mineurs de Poullaouen, ces « hommes à figure de cadavre » détruits par un travail de forçat et rongés par le plomb, et découvre la ville de Carhaix « toute lépreuse de misère et d'ignorance».

La Cornouaille présente deux aspects entièrement opposés. Rien de sauvage comme son côté septentrional, rien de suave comme certains cantons du midi.

 Pour la juger sous la première de ces formes et se faire une juste idée de son aridité, il faut voir, au milieu de l'été, ses longues routes blanches et raboteuses, courant aux flancs de l’Arrée; ses troupeaux de moutons bruns semés sur les bruyères en fleurs, ses pâtres immobiles au sommet des rochers, jetant au vent leurs refrains, et son ciel gris qui vous envoie sa sèche et dévorante chaleur au fond de la poitrine.

 La route de Morlaix à Pontivy, à travers les montagnes, est une des plus tristes et des plus fatigantes qu'il soit possible de parcourir. C'est partout une mer d'ajoncs de genêts et de bruyères, d'où s'élève à peine, de temps en temps, un îlot de verdure que protègent quelques ombrages, et où se cache une chaumière. A droite, à gauche, devant, derrière, tout est solitude, abandon. Personne sur la route, personne aux champs, si ce n'est parfois un enfant aux longs cheveux, au teint hâve et aux yeux ardents, qui vous regarde passer, du haut d'un fossé, une baguette blanche à la main.

 Ce n'est qu'en approchant de Carhaix que l'on rencontre quelques voyageurs. Vers midi surtout, vous voyez passer un à un des hommes à figure de cadavre, une ceinture de cuir autour du corps, une lampe de fer suspendue à l'habit, et le pen-bas à la main. Ce sont les mineurs de Poullaouen qui se rendent chez eux. La mine elle-même apparaît bientôt entourée de sa vaste ceinture de bâtiments fumeux, de ses immenses machines hydrauliques dont les grands bras s'étendent sur la route avec une sorte d'intelligence, et de son gigantesque murmure plus triste encore que le silence du désert que l'on vient de traverser. Quelques pas plus avant, ce murmure s'étend, s'élève ; c'est alors une confusion bizarre de bruits étouffés et stridents, rauques ou doucement monotones ; ce sont les grincements des poulies chargées, les rugissements du plomb fondu dans les chaudières, les hurlements des machines ébranlées, et dans les intervalles de tous ces éclats, le bruissement sourd et endormeur des eaux et des voix souterraines sortant de l'ouverture de chaque puits comme la rumeur éloignée d'un monde de fée ou de quelque cité ensevelie.

 En continuant de suivre la grande route, vous arrivez  à Carhaix, triste ville qui s'étend au bord d'une rivière immobile, telle que les guerres de la Ligue l'ont laissée : fangeuse, délabrée, noircie, toute lépreuse de misère et d'ignorance. Là vous trouvez la Cornouaille avec ses vieilles mœurs. Carhaix est encore une ville du moyen âge, aux rues sans pavés, entremêlées de champs labourés, de courtils verdoyants. La voie publique y fait partie de chaque demeure; la moitié de la vie des habitants s'y passe. Les enfants mangent assis sur les seuils ; les femmes filent en chantant devant les portes ; les vieillards sont étendus au soleil le long des façades. C'est dans la rue que le pauvre bat le blé de son petit champ, que la Cornouaillaise étend son linge, au sortir du lavoir. Pendant les soirs d'été, tous les habitants du quartier se réunissent devant des boutiques à auvent, dont les devantures en saillies servent de siège aux jeunes filles. C'est la que s'établit la veillée, que l'on raconte les ballades, que l'on chante les complaintes, ou que l'on danse les rondes montagnardes. C'est la aussi que parfois un colporteur ou un maquignon équivoque vient parler aux jeunes gens des dangers que court la religion et des malheurs de la famille royale ; car le Kernévote a le caractère aventureux et sauvage ; il connaît les longs affûts dans les genêts, et sait comment on cache un cadavre dans une lande ou dans une carrière abandonnée.

 Émile Souvestre,  Les derniers Bretons.

> L’héritage de Cambry dans les monographies du Finistère au XIX e siècle - Joëlle Edon-Le Goff

 

jeudi, 11 avril 2013

"Sam'suffit"

La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.

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26/02/2011

Fillon et son avion

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France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.

Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon  en a été le maire  de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "

"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."  

(France-Soir) 

jeudi, 03 janvier 2013

" La douceur particulière à Roscoff..."

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Vue des environs de Roscoff , Emile VERNIER (1829-1887 )
Musée du Louvre

*

Julien Gracq -
En lisant en écrivant

" Ce qui ne paraît jamais dans Les Amours jaunes de Corbière, que j'aime tant, c'est la douceur particulière à Roscoff; rarement l'heure vide du dîner sur les plages évacuées, alors que le soleil brille encore assez haut dans le ciel, m'a paru aussi délicieuse, aussi intime pour le promeneur attardé, aussi tendre de couleur et de silence, entre le ciel qui jaunit au ras de l'horizon et la couleur déjà bleu ardoise de la mer. Et tendres aussi, au long de ses sentiers, l'herbe et les buissons de mer d'un vert éteint, pelucheux comme la coque de l'amande. J'y marchais le soir au long de l'étroit pré de mer décoloré, entre le vert bleu de la mer, cotonné de blanc à tous les beaux écueils de la côte, et la verdure frisée, ciselée, délicate comme l'acanthe, des champs d'artichauts. Le soir était si calme, dans la fin de saison d'une station alors à peine fréquentée, que j'entendais chaque fois, où que je fusse, sonner l'angelus à la jolie et basse église où la Bretagne, un instant, s'italianise. Je longeais le figuier géant, les épaisses maisons de granit de la place, maisons de notaires, chagrines et cossues, sises entre jardin et mer, dont les vagues, par-derrière, venaient battre à marée haute la porte de service. Je ne passais jamais devant le modeste et attirant laboratoire de biologie marine sans songer avec jalousie que les naturalistes de l'Ecole normale, où j'étais alors, avaient la possibilité de se faire détacher pour une année dans cette grotte bleue; il me semblait qu'affecté là, captif une fois pour toutes de cette mer à sirènes, j'aurais pour toujours planté ma tente entre aquarium et artichauts.

Julien Gracq - En lisant en écrivant  - pp. 270-271

samedi, 15 décembre 2012

Contourner la loi

bandeau-haut.jpgNotre-Dame-des-Landes : l’avis de l’autorité environnementale passe à la trappe !

 Pour "Eau et Rivières de Bretagne" , un avis légal manque dans le dossier aquatique du projet d’aérport Marc Le Duc (Ouest-France) - 14 décembre 2012



" Le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne n’en revient pas. L’avis de l’autorité environnementale ne figure pas dans l’enquête publique de la loi sur l’eau appliquée à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

« Cet avis, qui doit éclairer le public sur l’impact du projet, était obligatoire au moment de l’enquête, cet été », affirme Gilles Huet, délégué général de l’association. « Inquiète », l’association l’a demandé trois fois. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement des Pays de la Loire (Dreal) vient de répondre.

Effectivement, l’avis n’existe pas. « Il n’est pas nécessaire dans la mesure où il n’était pas obligatoire lors l’enquête de déclaration d’utilité publique (2006) qui a précédé la récente enquête loi sur l’eau, explique la préfecture de région. Mais le ministre de l’Environnement avait donné un avis en 2006. »

Une logique contestée par le responsable d’Eau et Rivières de Bretagne. « Les deux procédures, déclaration d’utilité publique et loi sur l’eau, n’ont rien à voir », affirme-t-il.

« Alors qu’elle multiplie les avis sur les projets mineurs, le moindre camping, la plus petite zone commerciale, la Dreal n’a pas jugé bon d’analyser le plus vaste projet d’aménagement de l’Ouest, destructeur d’un millier d’hectares de zones humides », dénonce Gilles Huet.

Celui-ci pointe le double rôle de la direction régionale de l’environnement, à la fois experte en environnement et chargée de mener des projets. Ici c’est elle qui s’occupera de la desserte routière de l’aéroport.

« On peut douter de la capacité de l’État à être un arbitre objectif dans ce dossier », regrette le responsable, par ailleurs persuadé que « l’absence d’une pièce importante augmente la fragilité du dossier au regard des mesures environnementales ».

Le nouvel aéroport est situé dans le bocage nantais, en zone humide. Ne pouvant compenser en surface les atteintes à l’environnement, l’État et le constructeur Vinci ont élaboré une autre formule, expérimentale.

Celle-ci va être évaluée par une commission d’experts. La nouvelle méthode ouvrira la voie au contournement de la loi sur l’eau, estiment les associations de défense de l’environnement.

Quant à l’avis de l’autorité environnementale, les associations n’auront plus besoin de le chercher. Delphine Batho, ministre de l’Écologie et du Développement durable vient de modifier le code de l’Environnement. Par décret, elle a supprimé, précisément, l’obligation de produire l’avis de l’autorité environnementale pour les travaux visés par la loi sur l’eau. "


Le DOSSIER Notre Dame des Landes sur le site Reporterre :  http://reporterre.net/

http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/

 

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> Le projet d’aéroport Notre Dame des Landes n’a aucun fondement économique. samedi 21 janvier 2012 - Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

dimanche, 18 novembre 2012

Notre-Dame-du-Grand-Non : 100 tracteurs & 20 000 manifestants


Vidéo : Un petit tour dans la manif, tambours et panneaux, tracteurs et foule Réalisation : Dominique Avelange / fanny

Agence Bretagne Presse

Notre-Dame des Landes : 3 kilomètres de cortège, 100 tracteurs, 20 000 manifestants

Compte rendu du 17/11/12 22:11 de notre correspondant F. Chauffin

NOTRE DAME DES LANDES—On peut parler d'un grand succès qui doit ravir les organisateurs de cette manifestation de samedi à Notre-Dame des Landes. Vers 16h30, les estimations oscillaient entre 13 500 (préfecture) et 40 000 manifestants selon les organisateurs. A en juger par l'ampleur, la longueur du cortège, les kilomètres de voitures garées et les nombreux cars, la balance pencherait plutôt pour les 20 000 manifestants

Un cortège qui s'étirait sur 2,5 km pour se rendre dans un champ où une cabane en bois allait être construite avec l'accord du propriétaire pour reloger les malheureux délogés par la police. Un cortège bon enfant dont une force singulière se dégageait, résultante d'une conviction profondément enracinée avec des arguments clairs. Les slogans et les affichages, souvent basés sur l'humour décapant en témoignaient. Un cortège où toutes les couches sociales pouvaient se deviner. Où les jeunes étaient nombreux, eux dont on déplore l'absence dans le milieu associatif. Où quelques figures connues du milieu politique étaient venus se joindre. Les médias se sont particulièrement focalisés sur Mélenchon venu en star comme sur un plateau de télévision. Certaines remarques assez vertes ont été lancées pour marquer leur désaccord avec cette exploitation de l'événement. Hormis cela, aucun incident signalé. Enfin, ce cortège comportait un nombre impressionnant de tracteurs, facilement plus de 100. Des paysans venus en nombre dire leur opposition à un projet qui les spolierait de terres déjà trop rares. L'absence de forces policières visibles était aussi un fait marquant de cette journée réussie. Quatre gendarmes postés le long du cortège, mais où étaient les autres ? La manifestation en a été d'autant plus paisible. Les responsables politiques auront à tenir compte avec la ferme résolution de tous ces manifestants qui, à n'en pas douter, si besoin était, reviendront encore plus nombreux. La prochaine fois.

Reportage de Dominique Avelange et Fanny Source :

Cet article de Agence Bretagne Presse est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Reproduction à l'identique autorisée, si mention Agence Bretagne Presse + auteur- Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposée. Source :

mardi, 07 février 2012

La tournée des popotes

Tout le bien qu'on pense d'eux

" Nous avons connu la déportation. Nous avons connu l’oppression. Nous avons connu l’humiliation. Notre fierté est de dire que dans cette lutte de l’homme contre tout ce qui voulait l’écraser, c’est l’homme qui a vaincu "

Aymé Césaire

" On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscients de notre suprématie, de la supériorité de la civilisation occidentale" déclarait, le 26 septembre 2001 à Berlin, Silvio Berlusconi. Il demandait à un Occident de droite et clérical de continuer " à occidentaliser et à s'imposer aux peuples. Cela a déjà réussi avec le monde communiste et avec une partie du monde islamique ".

Guéant qui a tenté de s'expliquer sur  ses propos concernant  "les civilisations qui ne se valent pas" précisait sur Canal +, qu'il ne visait pas la " civilisation musulmane " mais ... " la religion musulmane ". Rappelons à Guéant que les camps de concentration et d'extermination nazis ont fleuri dans une civilisation chrétienne - religion comprise.

Guéant et la Martinique

 

Lettre ouverte de Serge Letchimy, député de la Martinique et président du conseil régional de Martinique, adressée à Monsieur Claude GUEANT, ministre de l'Intérieur


Lundi, 06 Février 2012 14:46

M. le Ministre,

Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent, m’oblige à vous rappeler que cette terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques.

Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque.

Toujours, ces hommes ont établi la distinction entre cette France de l’ombre et la France des lumières. Pour combattre l’ombre qui menaçait leur humanité même, ils se sont référés à la France de Montaigne, de Montesquieu, de Pascal, de Voltaire, de Condorcet ; à celle qui s’est battue pour abolir la traite, puis l’esclavage, qui a supprimé la peine de mort du code de ses sentences ou qui a accordé aux femmes le droit de vote et celui de disposer de leur maternités… A s’en tenir à votre logique, ils auraient eu mille raisons de condamner la civilisation occidentale, et de renvoyer aux étages inférieurs bien des cultures européennes.

Voyez-vous M Guéant, vos chasses à l’immigré (qu’il soit en règle ou non), ou la hiérarchisation que vous célébrez sans regrets ni remords entre les cultures et les civilisations, vous ont enlevé la légitimité dont a pourtant besoin votre prestigieuse fonction. Vous portez atteinte à l’honneur de ce gouvernement, et à l’image d’une France qui visiblement n’est pas la vôtre, mais que nous, ici, en Martinique, avons appris à respecter.

Les civilisations se sont nourries de leurs lumières mutuelles pour mieux combattre leurs propres ombres. Dans une transversale célébration et de grande foi en l’Homme, ces hommes ont honoré les lumières d’où quelles viennent ; les lumières se sont reconnues entre elles; leurs signaux réciproques ont conservé intact (de part et d’autre des lignes de partage ou de conflit) un grand espoir d’humanité pour tous. Grâce à eux, nous savons qu’il est dommageable de considérer l’ombre, ou de s’en servir à des fins qui ne grandissent personne. Ils nous ont donc appris à nous écarter de ceux qui l’utilisent, et qui, par là même, la transportent avec eux.

M. Guéant, fouler le sol martiniquais, c’est toucher une terre que des hommes comme Aimé Césaire ont fécondé de leur sang. Un sang qui s’est toujours montré soucieux de l’humanisation de l’homme, du respect des civilisations et de leurs différences.

Ce serait donc comme une injure à leur mémoire, à leur pensée, à leurs actions, que de vous laisser une seule minute imaginer que vous serez le bienvenu ici.
C’est par-dessus vous, et du plus haut possible, que nous renouvelons à la France des lumières toute notre considération, et confirmons notre respect pour les valeurs républicaines qui, contrairement à celles dont vous êtes le héraut, sont à jamais très opportunes chez nous.

_-_-_

’Eugène Larcher

Mardi, 07 Février 2012 08:42

Dans la perspective de la prochaine visite en Martinique du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, voilà le texte qu’Eugène Larcher, président de la communauté d’Agglomération de l’Espace Sud, vient de faire paraître sur sa page  Facebook :

« Je ne participerai pas à la rencontre informelle que le ministre de l’intérieur, Monsieur Claude Guéant, a prévu le 11 février prochain avec les parlementaires et les principaux exécutifs de Martinique.
Les récentes déclarations du ministre de l’intérieur concernant une prétendue inégalité entre les civilisations sont inadmissibles pour tout esprit véritablement humaniste.
De tels propos sont particulièrement choquants pour nos peuples de la Caraïbe qui ont vécu dans leur chair les crimes contre l’humanité pouvant résulter des idéologies mortifères de hiérarchisation des cultures et des civilisations. Nos peuples qui sont par ailleurs riches de cultures originales et de valeurs propres qu’ils ont précisément su forger au carrefour de plusieurs civilisations.

Il me vient à l’esprit ces déclarations d’Aimé Césaire. Elles sont extraites du discours qu’il a prononcé lors de la visite d’André Malraux en Martinique en 1958 : " Nous avons connu la déportation. Nous avons connu l’oppression. Nous avons connu l’humiliation. Notre fierté est de dire que dans cette lutte de l’homme contre tout ce qui voulait l’écraser, c’est l’homme qui a vaincu ". »

Eugène Larcher - président de la communauté d’Agglomération de l’Espace Sud

Le Pen et la Réunion

vendredi, 19 août 2011

"...ce nom de Quimper-Corentin, comme le nom même du ridicule..."

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" Quimper, quoique centre de la vraie Bretagne, est distinct d’elle. Sa promenade d’ormeaux, le long de la rivière, qui coule entre les quais et porte navires, la rend fort coquette, et le grand hôtel de la préfecture, recouvrant à lui seul le petit delta de l’ouest, lui donne une tournure toute française et administrative. Vous vous apercevez que vous êtes dans un chef-lieu de département, ce qui vous rappelle aussitôt les divisions par arrondissements, avec les grandes, moyennes et petites vicinalités, les comités d’instruction primaire, les caisses d’épargne, les conseils généraux et autres inventions modernes qui enlèvent toujours aux lieux qui en sont doués quelque peu de couleur locale pour le voyageurs naïf qui la rêve.

N’en déplaise aux gens qui prononcent ce nom de Quimper-Corentin, comme le nom même du ridicule et de l’encroûtement provincial, c’est un charmant petit endroit et qui en vaut beaucoup d’autres plus respectés. Vous n’y retrouvez pas, il est vrai, les fantaisies de Quimperlé, el luxe de ses herbes, le tapage de ses couleurs ; mais je sais peu de choses d’un aspect aussi agréable que cette allée qui s’en va indéfiniment au bord de l’eau et sur laquelle l’escarpement presque à pic d’une montagne toute proche déverse l’ombre foncée de sa verdure plantureuse.

On n’est pas longtemps à faire le tour de semblables cités, à les connaître jusque dans leurs replis les plus intimes et l’on y découvre parfois des coins qui arrêtent et vous mettent le cœur en joie. Les petites villes, en effet, comme les petits appartements, paraissent d’abord plus chaudes et plus commodes à vivre. Mais restez sur votre illusion. Les seconds ont plus de vents coulis qu’un palais, et dans les premières il y a plus d’ennui qu’au désert. "

Gustave Flaubert
Par les champs et les grèves

Itinéraire du voyage en Bretagne

Carte reproduite d'après l'article de Madame Le Herpeux, " Flaubert et son voyage en Bretagne ", Annales de Bretagne, t. XLVII, 1940.