mardi, 18 novembre 2014

Megalomanie socialiste

Le 31 décembre 2014, la plateforme de blogs du Télégramme fermera ses portes. Les zèbres en cavales se préparent à une migration, vident le grenier et la cave et remplissent les malles. 

La tour Triangle

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2014 

" Le Conseil de Paris a exprimé, lundi 17 novembre, son refus, par 83 voix contre 78, de lancer le projet de construction de la tour Triangle envisagé dans le sud de la capitale. Mais la mairie va "déférer" le scrutin devant la justice, le vote secret n'ayant pas été "respecté", a annoncé Anne Hidalgo, la maire PS de Paris. Le groupe socialiste, qui avait demandé un vote à bulletin secret, reproche à certains élus d'avoir montré publiquement leur bulletin pendant le scrutin organisé à la mi-journée. "  France 24

2008 

Delanoë, ami des papes et  maire de la capitale, l'agence suisse Herzog , de Meuronet  ainsi que  le promoteur Unibail ont prévu la construction, Porte de Versailles à Paris, d'une tour de 150 à 180 mètres ayant la forme d'une pyramide effilée - ou de suppositoire aplati, pour qui n'a pas voyagé au pays des pharaons. Un suppositoire lumineux toutefois, presque un phare. suppositoire plein de bureaux qui ne trouveront pas preneurs. Suppositoire qui est un hommage grandiose et appuyé à Tonton et sa pyramide du verre sise au milieu de la cour Napoléon du Louvre.

Ce sera la première tour construite dans Paris depuis celle de Montparnasse, remake d'un obélisque de 210 mètres  - ou d'un menhir, pour qui n'a toujours pas quitté sa paroisse - et qui n'en finit plus d'être désamiantée.

A propos de menhir, rappelons aux Bas-Bretons que la Grande Arche de la Défense dans la même capitale française copie non pas un dolmen mais l'Arc de Triomphe sous lequel sont conservés des rogatons anonymes de la Grande Boucherie.

N'ayant rien de neuf à dire, nos grands élus ont un vocabulaire architectural classique et  mégalomaniaque à  la mesure de leur absence tonitruante de pensée.

Dans les petites villes de Province, c'est surtout le tramway qui fait office de merveille, sur le modèle de nos manèges d'enfance - mais en ligne droite.

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07/10/2008, sous le titre diaporama

lundi, 06 octobre 2014

Liaisons maritimes : 300 % d'augmentation

iles-danger-72dpi-300x169.jpgJoie de la décentralisation, bonheur de la "délégation de service public" et de la réactualisation des tarifs qui ne fonctionne qu’à la hausse...

Plus 500 habitants de l'ile de Groix sont venus manifester à Vannes, lundi  6 octobre, devant le siège du conseil général du Morbihan de droite.

Ils refusent l'augmentation des prix des liaisons maritimes  (jusqu'à 300 % !) liés à la suppression des tarifs préférentiels.  

Ils refusent la baisse prévisible du nombre de bateaux et des rotations qui ne permettront plus de faire le trajet maritime dans de bonnes conditions.

Ils  demandent que la gestion des liaisons maritimes à travers une Société d’économie Mixte ou une régie directe (comme à l’île d’Yeu) soit étudiée. Depuis 2008 c'est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes.

Le syndicat Bretagne-Océans CFDT,  redoute les modalités du nouveau contrat de délégation de service public de desserte des quatre îles.

Le Conseil général du Morbihan, propriétaire des navires ( Melvan, Enez Edig, Dravanteg pour les liaisons Quiberon- Houat/Hoedic ; Bangor, Vindilis et Kerdonis pour Quiberon-Belle-Ile ; Ile de Groix et Saint-Tudy pour Lorient-Groix), doit attribuer, à la fin de l’année, le contrat de DSP pour la période 2015-2021. Le cahier des charges et les consultations locales sont actuellement en cours. Et elles commencent à devenir houleuses, notamment entre les élus iliens et le Département.

Le délégataire actuel est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes depuis le 1er janvier 2008. Elle a succédé à la Morbihannaise de Navigation. Et depuis, selon Claude Huchet, secrétaire général du syndicat, les lignes sont en grave déficit. D'Après les chiffres observés fin 2008 (et expertisés par un commissaire aux comptes à la demande des organisations syndicales) le déficit annoncé pour le contrat de DSP par la Compagnie Océane s’élevait à près de 2.8 millions d’euros. Là, où, toujours selon les syndicats, la Morbihannaise affichait, en 2007, un résultat net de 2 millions d’euros pour le contrat précédent. Que s’est-il passé ? « En 2008, Veolia était dans une politique de conquête des marchés publics de transport. Ils ont donc proposé une offre qui cassait les prix, en offrant notamment au Conseil général de baisser sa subvention annuelle de 1 million à 450.000 euros. A l’époque, la Compagnie Océane expliquait vouloir pratiquer d’importants efforts commerciaux pour faire progresser la fréquentation des touristes », affirme Claude Huchet, secrétaire général de CFDT Bretagne Oceans. Force est de constater que cela fut loin d’être le cas. Les chiffres 2012 font état d’un recul de 45.000 passagers et d’une perte nette de 1.2 million d’euros. 2011 avait déjà vu une perte de 600.000 euros. « Nous avons alerté le Conseil général à plusieurs reprises. Il nous paraît évident que la Compagnie Océane avait sous-estimé les frais d’exploitation ainsi que les frais d’entretien des navires ». Là où, auparavant, le délégataire n’était en charge de l’entretien courant des navires, Veolia a rajouté, à sa charge, le coût des gros travaux et arrêts techniques, un poste budgétaire important sur une flotte pour partie vieillissante. La construction d’un nouveau navire, évoquée de longue date, n’a d'ailleurs toujours pas été annoncée, la commande étant espérée en fin d'année. "

Quant à Yves le Brien, conseiller général de gauche du Canton de Belle-Ile, il applique sur place le réalisme gouvernemental :

« Océane affiche un déficit qui se creuse d’année en année. Il faut lui trouver un successeur pour la prochaine DSP [Délégation de service public]. D’où l’idée du Conseil Général de modifier la tendance actuelle et de rechercher des économies en fin d’année. En diminuant le nombre de rotations. Le Conseil Général ne donnera pas plus qu’il ne donne actuellement... L’île d’Yeu ne connaît que deux rotations quotidiennes...En temps de crise, chacun doit réfléchir... » et d’inviter les bellilois à « mieux programmer leurs déplacements non urgents ». (source)

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Collectif citoyens de Groix : http://cocig.org/

Vivre à Groix : http://vivreagroix.fr/

Ile de Groix info : http://ile-de-groix.info/blog/

mardi, 17 juin 2014

Les enseignants : les poings sur les "i"

Dans l'académie de Lyon, les enseignants dénoncent la campagne honteuse qui prétend que les épreuves du Baccalauréat et d’autres examens seraient menacés par la grève des cheminots qui défendent leurs légitimes revendications. Ils rappellent que c'est le gouvernement qui a multiplié les atteintes au Baccalauréat comme examen national, ponctuel et anonyme.

Soutien à la grève des cheminots !

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3992716853.pngLes organisations syndicales FERC-CGT, FNEC FP-FO, SNES-FSU de l’académie de Lyon et FSU et SUD éducation du Rhône apportent leur total soutien à la grève des cheminots, grève reconduite dans les assemblées générales pour le retrait du projet de loi de réforme ferroviaire qui s’attaque aux services publics et aux garanties statutaires des cheminots.

Nos organisations, représentantes des personnels qui assurent aujourd’hui la tenue des épreuves du Baccalauréat et d’autres examens, dénoncent la campagne honteuse qui prétend que ceux-ci seraient menacés par la grève des cheminots qui défendent leurs légitimes revendications.

Elles constatent que ce gouvernement, qui prend prétexte de la tenue du Baccalauréat pour demander que la grève cesse alors que depuis des mois il n’a pas répondu à ces revendications, est le même qui n’a cessé de confirmer et multiplier les atteintes au Baccalauréat comme examen national, ponctuel et anonyme.

A ne pas retirer son projet de loi comme l’exigent les cheminots dans les assemblées générales avec leurs syndicats, c’est le gouvernement qui porte l’entière responsabilité de la poursuite de la grève et de la situation".

Snudi FO 69

dimanche, 15 juin 2014

Soutien aux cheminots et aux intermittents du spectacle

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

SOUTIEN AUX CHEMINOTS ET AUX INTERMITTENTS DU SPECTACLE

Le 15 juin 2014.

3992716853.pngLe Conseil national du M’PEP réuni les 14 et 15 juin salue le combat des cheminots et des intermittents du spectacle et soutient leur mouvement de grève.

Les travailleurs de la SNCF mènent le combat pour le rétablissement d’un grand service public du transport en s’opposant à la réforme que veut imposer le gouvernement avec la complicité de tous les partis de gouvernement. En éclatant la SNCF en trois EPIC distincts il prépare sa privatisation et l’ouverture à la concurrence, synonymes d’augmentation des prix, d’atteinte à la qualité du service et à la sécurité, voire de sa disparition dans les zones rurales « non-rentables », de dégradation des conditions de travail des personnels.

En imposant cette réforme, le gouvernement se conforme une fois de plus aux injonctions du Conseil européen qui « RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2014-2015 :[…] dans le secteur ferroviaire, à garantir l’indépendance du nouveau gestionnaire unique des infrastructures à l’égard de l’opérateur historique et à prendre des mesures pour ouvrir le marché intérieur du transport de passagers à la concurrence avant 2019 ». C’est l’application des directives européennes qui conduit à la privatisation du système ferroviaire français."

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Quant aux intermittents du spectacle, c’est la culture vivante qu’ils défendent face au MEDEF et aux grosses entreprises du spectacle et de l’audiovisuel. En défendant leur régime, c’est le principe même de l’indemnisation chômage qu’ils défendent, que le patronat voudrait supprimer au prétexte d’améliorer la compétitivité. On veut maintenir les intermittents dans un état de précarité matérielle et morale, refusant de reconnaître leur rôle essentiel dans le développement d’une culture ouverte à tous.

Le combat engagé par les cheminots et les intermittents ne doit pas rester isolé. Pas plus que toutes les luttes que mènent tous les jours des travailleurs pour la défense de leurs salaires, de leurs conditions de travail, de leur emploi, sans que les médias à la solde des classes dominantes en parlent.

Le M’PEP appelle à soutenir les travailleurs et les citoyens en lutte et à créer partout les conditions de la victoire sur les classes possédantes, en imposant la souveraineté populaire et en se libérant de l’Union européenne."

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Manifestation des intermittents le 16 juin 2014.


Manifestation des intermittents le 16 juin 2014... par franceculture

dimanche, 18 août 2013

Bigoudens & Bigoudennes

"Quel est votre opinion sur ce peuple, vous qui avez tant voyagé..."

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Mahé de la Bourdonnais, à la recherche de ses cousins de Basse-Bretagne, arrive à  Pont-l'Abbé. Pour mieux comprendre ce pays aux "confins du Finistère",  il se procure un "cours de dialectes en langues celtiques et françaises " et l'Histoire de Bretagne de Pitre Chevalier.
Comme lors de ses voyages en Inde et en Indochine,  il chausse  également ses lunettes d'anthropo-sociologue d'époque et trouve aux bigoudens, ces "Bretons pur sang", des affinités jusque là ignorées mais qui resteront longtemps en vogue.

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Penmarc'h, une charreté de bigoudens  -
Départ pour la récolte de goémon -

Sur ces entrefaites j'allais voir !e rédacteur en chef du  Finistère, journal de Quimper, pour y faire mettre une  insertion au sujet de mon ouvrage " Un Français en Birmanie " qui venait d'être réédité. Je présentais des photographies de la Birmanie et nous sommes arrivés à causer des " Bigouden " de Pont-l'Abbé, si remarquables par leurs costumes, leurs broderies et leurs mœurs, si différents des autres Bretons au point que les Quimpérois les appellent communément des Chinois, et qu'il n'y a pas à Quimper une seule boutique ou commerce tenu par un " Bigouden ". Elles (sic) ont le  monopole de la " marée " et tous les matins elles arrivent des campagnes environnantes ou des bords de la mer, étaler leurs produits agricoles ou leur pêche, sur la place du marché; mais le soir venu il ne reste pas un seul habitant de Pont-l'Abbé à Quimper.

C'était le 16 juin qu'en causant, M. P., le rédacteur du Finistère me dit qu'on croyait généralement que les "Bigouden " étaient d'origine phénicienne. Ce à quoi je répondis en disant qu'ils ne pouvaient pas être d'origine  phénicienne, qui étaient représentés comme un des beaux types de l'Orient ; tandis que les Bigouden sont foncièrement laids et n'ont rien de commun avec le type grec.

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samedi, 10 août 2013

Vitré : exposition "A pas de géants"

carnavalDu 17 mai au 15 septembre 2013, à Vitré, l’exposition « À pas de géants » est consacrée aux  figures gigantesques, créées par les sculpteurs et artisans géantiers, et que l’on voit défiler lors de grandes fêtes populaires dans les rues de certaines villes d’Europe.

En 2008, le Gayant de Douai, le  Reuze Papa de Cassella Tarasque de Tarascon et le Poulain de Pézenas, ainsi que leurs fêtes et carnavals, ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité au titre des « Géants et dragons processionnels de Belgique et de France ».  

> Dossier de presse

Le Centre français du patrimoine culturel immatériel et  Maison des Cultures du Monde à Vitré :

" Le Centre français du patrimoine culturel immatériel a pour missions de constituer un réseau d’acteurs investis dans les divers champs du PCI : il s’agit de favoriser l’accès aux différentes ressources sur le PCI ainsi que le partage d’expériences relatives aux initiatives de sauvegarde, proposant ainsi un espace de réflexion commun.  Le CFPCI est également chargé de faire le lien avec le Ministère de la Culture et de la Communication, notamment autour des dossiers de candidature pour l’inscription sur les listes de la Convention ou du suivi des éléments inscrits, et pourra dans ce cadre assurer un rôle de conseil. Le Centre s’attache par ailleurs à faire connaître la Convention, à sensibiliser et à valoriser le PCI dans toute sa diversité, au travers de manifestations destinées au grand public (conférences, expositions, activités pédagogiques...). "

Centre français du patrimoine culturel immatériel
Prieuré des Bénédictins - 2 rue des Bénédictins - 35500 Vitré
02 99 75 82 04
www.cfpci.fr

Maison des Cultures du Monde

dimanche, 04 août 2013

Vers Redon commence la lande...

Hippolyte Taine, Carnets de voyage - 1897

De Rennes à Redon

         Pays charmant, coupé à chaque instant par la Vilaine ; petites collines vertes qui ondulent parmi des creux verts, joli désordre plein de fantaisie et d’imagination. L’eau coulante et froide a des tons noirâtres étranges et une sorte de clapotement incertain. Les prairies, toujours rafraîchies par la brume et la pluie, s’encadrent entre des haies plantées de chênes. La pluie et les gouttes de la brume ont ruisselé incessamment sur les tètes vertes. Verdure sur verdure, et dans cette uniformité de la fraîche vie demi-riante et demi-triste, un pêle-mêle amusant, une variété originale de formes par les cassures du terrain et les découpures des enclos. Ces restes de la forêt primitive font entrevoir par instants l’antique région des Mabinogion et des poésies bretonnes ; les silencieuses eaux transparentes sur leur lit d’herbes vertes et sous les ombrages du peuple pullulant des chênes ont dû faire lever dans les cerveaux incultes d’étranges rêves, ceux de Merlin et de Viviane. Qui peut comprendre tout ce qu’une source dit à un poète dans la vie sauvage ?

220px-Tabula_ducatus_britanniae_gallis_-_Redon.png       Vers Redon commence la lande. Le clocher de granit flanqué de petits clochetons, tout gris et terne, perce et pointe dans l’air brumeux, blafard, lourdement encombré de nuages dont le ventre traîne sur la cime des arbres. Puis les arbres disparaissent, ou ne subsistent que rabougris, pauvres pins épars, chênes étêtés et languissants, broussailles. — Puis, pendant des heures entières, la lande de bruyères et d’ajoncs. Les ajoncs amassent en bourrelets leurs fouillis épineux, âpres à l’œil. Les bruyères étalent à l’infini leur tapis résistant, bariolé de violet et de rouge. Point de terre : le roc sec affleure à chaqueinstant, monte et descend à perte de vue, sans couche nourrissante qui le recouvre et le rende propre à la vie. Les creux et les hauteurs désolées, désertes, se suivent incessamment, sous le voile lugubre de brume fondante. Quand l’eau apparaît, elle est nuisible — la roche intérieure, de sa dalle continue, lui bouche l’issue ; elle s’étale stagnante, en marécages rayés de minces filets verts, en misérables prairies jaunâtres et pourries collées au sol comme une peau malade, en fondrières bosselées où alternent la vase et la sécheresse. — Quelques files d’arbres souffreteux suivent le lit où gargouille l’eau inutile. Ailleurs un dos morne de collines est hérissé de pierres moussues, rongées par les intempéries. — Un bois de sapins chuchote, espaçant ses troncs grêles et ses têtes sans ombre. C’est l’Écosse du Nord sans montagnes ; comme en Écosse, quelques vaches en liberté tachent de blanc et de roux la noirceur monotone et les paquets grenus des ajoncs ; une femme tricote pieds nus ; au bon terrain, parmi les bandes de sarrasin blanc, un paysan en culottes etchapeau énorme, jaunis, noircis par la pluie, avance dans la boue comme un fantôme. — Seules, comme en Écosse, des couvées charmantes de bruyères splendidement violettes, jouent autour des ossements décharnés du roc qui perce.

 (pp. 249-252)

dimanche, 07 juillet 2013

Carhaix, triste ville...

Au milieu du XIXe siècle les relations entre le nord et le sud du Finistère sont toujours aussi problématiques. De Morlaix à Pontivy, Emile Souvestre traverse une Bretagne intérieure dont les paysages de landes donnent une impression de pauvreté, il entrevoit les mineurs de Poullaouen, ces « hommes à figure de cadavre » détruits par un travail de forçat et rongés par le plomb, et découvre la ville de Carhaix « toute lépreuse de misère et d'ignorance».

La Cornouaille présente deux aspects entièrement opposés. Rien de sauvage comme son côté septentrional, rien de suave comme certains cantons du midi.

 Pour la juger sous la première de ces formes et se faire une juste idée de son aridité, il faut voir, au milieu de l'été, ses longues routes blanches et raboteuses, courant aux flancs de l’Arrée; ses troupeaux de moutons bruns semés sur les bruyères en fleurs, ses pâtres immobiles au sommet des rochers, jetant au vent leurs refrains, et son ciel gris qui vous envoie sa sèche et dévorante chaleur au fond de la poitrine.

 La route de Morlaix à Pontivy, à travers les montagnes, est une des plus tristes et des plus fatigantes qu'il soit possible de parcourir. C'est partout une mer d'ajoncs de genêts et de bruyères, d'où s'élève à peine, de temps en temps, un îlot de verdure que protègent quelques ombrages, et où se cache une chaumière. A droite, à gauche, devant, derrière, tout est solitude, abandon. Personne sur la route, personne aux champs, si ce n'est parfois un enfant aux longs cheveux, au teint hâve et aux yeux ardents, qui vous regarde passer, du haut d'un fossé, une baguette blanche à la main.

 Ce n'est qu'en approchant de Carhaix que l'on rencontre quelques voyageurs. Vers midi surtout, vous voyez passer un à un des hommes à figure de cadavre, une ceinture de cuir autour du corps, une lampe de fer suspendue à l'habit, et le pen-bas à la main. Ce sont les mineurs de Poullaouen qui se rendent chez eux. La mine elle-même apparaît bientôt entourée de sa vaste ceinture de bâtiments fumeux, de ses immenses machines hydrauliques dont les grands bras s'étendent sur la route avec une sorte d'intelligence, et de son gigantesque murmure plus triste encore que le silence du désert que l'on vient de traverser. Quelques pas plus avant, ce murmure s'étend, s'élève ; c'est alors une confusion bizarre de bruits étouffés et stridents, rauques ou doucement monotones ; ce sont les grincements des poulies chargées, les rugissements du plomb fondu dans les chaudières, les hurlements des machines ébranlées, et dans les intervalles de tous ces éclats, le bruissement sourd et endormeur des eaux et des voix souterraines sortant de l'ouverture de chaque puits comme la rumeur éloignée d'un monde de fée ou de quelque cité ensevelie.

 En continuant de suivre la grande route, vous arrivez  à Carhaix, triste ville qui s'étend au bord d'une rivière immobile, telle que les guerres de la Ligue l'ont laissée : fangeuse, délabrée, noircie, toute lépreuse de misère et d'ignorance. Là vous trouvez la Cornouaille avec ses vieilles mœurs. Carhaix est encore une ville du moyen âge, aux rues sans pavés, entremêlées de champs labourés, de courtils verdoyants. La voie publique y fait partie de chaque demeure; la moitié de la vie des habitants s'y passe. Les enfants mangent assis sur les seuils ; les femmes filent en chantant devant les portes ; les vieillards sont étendus au soleil le long des façades. C'est dans la rue que le pauvre bat le blé de son petit champ, que la Cornouaillaise étend son linge, au sortir du lavoir. Pendant les soirs d'été, tous les habitants du quartier se réunissent devant des boutiques à auvent, dont les devantures en saillies servent de siège aux jeunes filles. C'est la que s'établit la veillée, que l'on raconte les ballades, que l'on chante les complaintes, ou que l'on danse les rondes montagnardes. C'est la aussi que parfois un colporteur ou un maquignon équivoque vient parler aux jeunes gens des dangers que court la religion et des malheurs de la famille royale ; car le Kernévote a le caractère aventureux et sauvage ; il connaît les longs affûts dans les genêts, et sait comment on cache un cadavre dans une lande ou dans une carrière abandonnée.

 Émile Souvestre,  Les derniers Bretons.

> L’héritage de Cambry dans les monographies du Finistère au XIX e siècle - Joëlle Edon-Le Goff

 

jeudi, 11 avril 2013

"Sam'suffit"

La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.

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26/02/2011

Fillon et son avion

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France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.

Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon  en a été le maire  de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "

"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."  

(France-Soir) 

jeudi, 03 janvier 2013

" La douceur particulière à Roscoff..."

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Vue des environs de Roscoff , Emile VERNIER (1829-1887 )
Musée du Louvre

*

Julien Gracq -
En lisant en écrivant

" Ce qui ne paraît jamais dans Les Amours jaunes de Corbière, que j'aime tant, c'est la douceur particulière à Roscoff; rarement l'heure vide du dîner sur les plages évacuées, alors que le soleil brille encore assez haut dans le ciel, m'a paru aussi délicieuse, aussi intime pour le promeneur attardé, aussi tendre de couleur et de silence, entre le ciel qui jaunit au ras de l'horizon et la couleur déjà bleu ardoise de la mer. Et tendres aussi, au long de ses sentiers, l'herbe et les buissons de mer d'un vert éteint, pelucheux comme la coque de l'amande. J'y marchais le soir au long de l'étroit pré de mer décoloré, entre le vert bleu de la mer, cotonné de blanc à tous les beaux écueils de la côte, et la verdure frisée, ciselée, délicate comme l'acanthe, des champs d'artichauts. Le soir était si calme, dans la fin de saison d'une station alors à peine fréquentée, que j'entendais chaque fois, où que je fusse, sonner l'angelus à la jolie et basse église où la Bretagne, un instant, s'italianise. Je longeais le figuier géant, les épaisses maisons de granit de la place, maisons de notaires, chagrines et cossues, sises entre jardin et mer, dont les vagues, par-derrière, venaient battre à marée haute la porte de service. Je ne passais jamais devant le modeste et attirant laboratoire de biologie marine sans songer avec jalousie que les naturalistes de l'Ecole normale, où j'étais alors, avaient la possibilité de se faire détacher pour une année dans cette grotte bleue; il me semblait qu'affecté là, captif une fois pour toutes de cette mer à sirènes, j'aurais pour toujours planté ma tente entre aquarium et artichauts.

Julien Gracq - En lisant en écrivant  - pp. 270-271