01.08.2009

C'est loin... c'est tout près.

- Kanaky -
- Nouvelle Calédonie -

Aujourdhui, lundi 3 août en Nouvelle-Calédonie, de nouveaux affrontements ont opposé des manifestants de l’Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités (USTKE) aux forces de l'ordre.  Depuis une semaine, le syndicat qui est en grève générale  réclame la remise en liberté de son président Gérard Jodar enfermé depuis le 29 juin,  condamné à un an de prison ferme, avec cinq autres adhérents, pour entrave à la circulation d'un aéronef dans le cadre du conflit à Aircal. Jamais en métropole, on ne verrait des responsables syndicaux traités de cette façon, enfin pour l'instant. Mais là-bas, c'est encore l'esprit des colonies.


Comme en Guadeloupe et en Martinique, même stigmatisation des syndicalistes, même présentation du patronat comme otage du syndicat,  même refus du patronat d'appliquer des accords signés, mêmes représentants de l'Etat qui se refusent à trouver des solutions  ou qui attisent le feu
.  Même couverture médiatique laconique : pneus brûlés,  papiers gras sur les barricades et décompte des blessés. En haut lieu, on attend  un mort ?

Partout  les mêmes intérêts, les mêmes procédés, les mêmes mensonges liées aux mêmes peurs et au final  les mêmes dégats. Pour comprendre les mécanismes de l'idéologie dominante et ses pièges,  lire le Figaro : ses lignes et entre ses lignes.

Communiqué de presse du Bureau Confédéral l'UTSKE*
*L'UTSKE est la 2e force syndicale du territoire et la 1ère dans le privé.

Le Bureau Confédéral de l’USTKE souhaite apporter quelques précisions suite au communiqué du Medef repris en parti dans les nouvelles calédoniennes du samedi 1er août dernier.

Le patron des patrons calédoniens excelle à nouveau dans son rôle d’innocente victime des actions de l’USTKE. Il joint à son lot de protestations habituelles les dégâts matériels occasionnés, selon lui par les actions des syndicats. Un discours bien huilé pour justifier à terme, l’intervention publique et l’absence de répartition équitable des bénéfices à l’intérieur des entreprises. Quand les mêmes patrons qu’il représente font du chiffre, il est rare que leurs salariés soient associés financièrement aux retombées. Sur ce sujet, le Président Bouvier a pris l’habitude de rester discret.

Le chef des patrons revient également sur un problème délicat, celui de l’acheminement des médicaments, n’hésitant pas à accuser l’USTKE de mettre en danger des vies. Des accusations graves non fondées, utilisées déjà par le Président du Conseil d’administration d’Aircal pour incriminer l’USTKE et justifier ainsi ses atteintes au droit de grève.

Mr Bouvier, contesté dans ses propres rangs, aurait-il oublié les causes à l’origine de la dégradation du climat social dans notre Pays et sa part de responsabilité dans cette situation ? S’agissant du respect des libertés, comment le « grand chef des patrons » qualifie-t-il sa participation aux côtés de Nidoish Naisseline qui a exigé du représentant de l’Etat Français, Yves Dassonville, l’emprisonnement de plusieurs syndicalistes dont le Président de l’USTKE, Gérard Jodar, détenu depuis plus d’1 mois aujourd’hui au camp Est.

Son silence ensuite sur la progression de la pandémie de la grippe A/H1N1 dans notre Pays est étonnant. Quand on sait les risques encourus parmi la population calédonienne et donc des salariés, son mutisme sur la question est révélateur de l’utilisation honteuse, dans sa campagne anti-USTKE, de sujets sensibles tels que la question des médicaments et des instruments médicaux.

Concernant les dégâts causés aux entreprises, il sera probablement surpris d’apprendre, que pour  l’entreprise CFP, un des directeurs, probablement bien connu de lui, a été pris en flagrant délit de destruction de matériel de sa société. S’agissant de la compagnie Aircal, le N°1 des patrons n’a fait aucun commentaire sur la gestion désastreuse de la compagnie et des 600 millions de déficit à l’origine d’un dépôt de bilan qui se dessine inlassablement. Préférant à cela se rendre complice du Président du CA d’Aircal dans son entreprise anti-USTKE.

L’USTKE rappelle enfin à Mr Bouvier que la situation qu’il dénonce aujourd’hui ainsi que les perturbations qu’elle entraîne sont le résultat des agissements auxquels il a participé. Il lui appartient dorénavant de contribuer, au nom du Medef, à la recherche de solutions rapides pour sortir d’un climat social qui se dégrade de jour en jour. Sans nul doute que l’une des solutions se trouve du côté de son ami et Président du CA de la compagnie Aircal épargné pour sa part des conséquences de cette grève générale.

Nouméa, le 03 août 2009

 

> ’Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités (USTKE) : http://www.ustke.org/

> Syndicalistes emprisonnés - Libérez les militants de l’Ustke ! - CGT et les autres communiqués et articles sur l'USTKE.

> La Confédération paysanne demande la libération des syndicalistes kanaks incarcérés - Confédération paysanne

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1988

80 % de OUI au référendum du 6 novembre 1988 sur l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie qui entérinait les Accords de Matignon du 26 juin 1988.  Ces accords mettaient fin à une guerre civile qui connut son point culminant le 5 mai 1988 avec l’assaut par l’armée de la grotte d’Ouvéa où s'étaient  réfugiés des membres du FLNKS et leurs otages, et qui fit vingt et un morts.

1998

En 1998, au lieu de tenir le référendum prévu, le RPCR et le FLNKS négocient un nouvel accord à Nouméa, qui sera suivi par le vote d’une loi organique en 1999.  Celle-ci établit les nouvelles institutions de la Nouvelle-Calédonie et prévoit   un transfert progressif des compétences aux instances calédoniennes ainsi qu’un nouveau référendum sur la souveraineté à partir de 2014.

> La Nouvelle Calédonie 20 ans après. Le journal du CNRS