dimanche, 22 avril 2012

Cuisine & tambouille

C'est l'heure de mettre à mijoter l'électrice à la sauce électeur

frans_synders.jpgLes tartinoux, les crapignolettes et les délichiousses de caviar et de truffes entrent pour une large part dans la nourriture de nos hautes sphères.

Outre ces grignotis partout en usage dans le beau linge, il en est de particuliers qui sont sous une autre forme, ne consistent également qu’en caviar et truffes. Ce sont d’abord les glaouignasses élyséennes, sorte de boules  molles qui constituent la partie solide d’une lourde soupe et figurent de joyeuses cervelles siamoises, et puis la bousignôle, grossière farce, qu’on enferme dans un sac et que l’on cuit à même la chair du petit porteur dans une vaste marmite pour lui donner ce goût qui  excite bien des appétits - cette préparation est également  un excellent emplâtre sur les jambes de bois qu'elle fait briller  bien mieux que la surfaite popotte des antiquaires du Lubéron.

La manière dont se nourrit le Médaiffe,  et particulièrement  le grand nombre de mets composés de caviar et de truffes dont il surcharge ses bourrelets et infarctus sportifs, à souvent fait demander si pareil gavage n’influait pas sur son caractère, et si cette aristocratie hilare qui rend un son qui lui  est propre, et qui  n’est l’écho d’aucun autre, ne devait en partie ce tempérament exceptionnel - tout comme sa capacité à choir de haut sans bris -  à son régime alimentaire que l'envieux Crétois envie.

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On ne saurait le nier : cet ancien régime agit sur le moral des choses, et s'il est des aliments qui poussent,  par exemple, à la volupté comme les beignets de chômeurs, les tripes de sans-logis, les rillauds de chômeurs ou  le caque-quarante farci, de même il y en a de tout à fait favorables à l’austérité comme la Bernie en pièces, la Boutin de Noël et le Bé-seize à la vaticane.

Cependant il ne faudrait point vouloir expliquer le Médaiff dans toute sa complexité par une influence qui, loin d’être exclusive, n’est, croyons-nous, qu’accessoire. Pas plus que le Breton pusillanime et téméraire ne s’explique par l’abus de blé noir en crampousses, qui sont les tortillas armoricaines, ou autres poulpouts.

 

Très izel.Anonyme

déjà servi été 2008