mercredi, 14 mars 2012

Honte et haine

Arno Klarsfeld, est le président de l'office français de l'immigration et de l'intégration.

En 2009, l'ancien compagnon de Carla Bruni fut nommé à ce poste par Sarkozy en remplacement de Dominique Paillé, espèce de centriste qui avait osé dénoncé le  "durcissement" de la politique de Claude Guéant alors ministre de l'Intérieur.

En juin 2006, Klarsfeld s'était  essayé au rôle de " médiateur national "  dans le conflit des familles étrangères en situation irrégulière menacées d'expulsion alors que leurs enfants étaient scolarisés. Comme d'autres responsables des associations de défense des sans-papiers qui le côtoyèrent à cette époque, Jérôme Martinez, secrétaire général de la Cimade, garde de lui le souvenir d'un incompétent à roulettes :

"  La première fois qu'on l'a vu débarquer, c'était trois jours après sa nomination comme médiateur dans le dossier de régularisation des familles sans papiers en 2006. Il est arrivé au siège de la Cimade en rollers, suant, une bouteille d'eau sous le coude, mais aucun dossier. Il ne connaissait rien."

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musée Tamayo

Proposition du cerveau d'Arno Klarsfeld, défenseur acharné de la politique israélienne, bâtir un mur entre la Grèce et la Turquie pour lutter contre l'immigration clandestine - surtout contre les musulmans - et compléter le dispositif européen du contrôle, de l'enfermement et des expulsions en jouant sur les peurs :

" Une vague fondamentaliste traverse le monde musulman comme les violences ont pu traverser la France après la chute de la monarchie. Cette vague touche aussi par endroits le territoire français. Voulons-nous des listes fondamentalistes aux élections dans certaines municipalités ? " ( CIMADE )

Ce  projet de mur de, 130 km  de long, est conçu comme un " mur de sécurité ", à la manière de celui que le gouvernement israélien a prévu de construire autour de la Cisjordanie et de Jérusalem : 780 kilomètres pourvus d' "une clôture trois fois plus haute et deux fois plus large que le mur de Berlin - que l’Allemagne de l’Est appelait « mur de la paix » et l’Allemagne de l’Ouest « mur de la honte" -

" Le 9 juillet 2004, la Cour inter­na­tional de justice jugeait illégal, au regard du droit inter­na­tional, la construction de cette "bar­rière" (qui se prend la forme d’un mur dans les zones urba­nisées) à l’intérieur d’un ter­ri­toire occupé. L’Office des Nations unies chargé de coor­donner l’aide huma­ni­taire (OCHA) a dressé un bilan des consé­quences néfastes de la décision israé­lienne sur la "fabrique de vie" pales­ti­nienne " Le Monde

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Etat de construction du mur de la honte en 2011

*

Sophia Aram
dans le 7/9 sur France Inter



Arno Klarsfeld perfore le mur du con
par franceinter

*

Migreurop

http://www.migreurop.org/

 

Allemagne-Serbie :
deuxième « charter » organisé par Frontex

Ce mardi 13 mars et pour la deuxième fois depuis ce début d’année 2012, un vol « retour » a été organisé et financé par l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières de l’UE, Frontex. Il a quitté Düsseldorf, en Allemagne, en direction de Belgrade en Serbie.

Depuis 2006, Frontex assiste les États membres dans l’organisation conjointe de vols retour pour expulser hors du territoire européen des migrants en situation irrégulière. En 2010, Frontex a organisé pas moins de 39 vols de retours conjoints  (souvent au départ de plusieurs États membres à la fois), contre seulement une dizaine en 2007. En 2011, Frontex a coordonné sept vols depuis l’Allemagne pour expulser des personnes vers la Serbie ou le Kosovo.

Au regard de la législation européenne et internationale, la légalité de ces vols est discutable. L’article 19 de la Charte Européenne des Droits Fondamentaux prévoit que « les expulsions collectives sont interdites ». Les États membres se défendent souvent en avançant que ces vols conjoints ne sont pas des expulsions collectives, mais constituent une mise en œuvre collective du retour d’individus dont la situation a été examinée au cas par cas. De récents exemples d’expulsions hors de l’UE tendent pourtant à démontrer que la différence entre une expulsion collective et des retours conjoints reste très mince, et parfois floue. Ce même article précise que, nul ne peut être éloigné, expulsé vers un État où il existe un risque sérieux qu’il soit soumis à la torture ou à d’autres peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Migreurop a pu récolter, en Serbie, le témoignage de Mme F.K. expulsée par le dernier vol Frontex, du 14 février dernier. Elle a 65 ans et elle vivait depuis 20 ans en Allemagne, où elle était suivie médicalement pour de graves problèmes de santé (diabète, paralysie partielle). A cause de son état de santé, le médecin avait refusé de délivrer l’autorisation d’embarquement lors de la première tentative d’expulsion d’Allemagne. Cela n’a pas empêché les autorités allemandes de la faire embarquer, un mois et demi plus tard sur un vol collectif Frontex pour l’expulser en Serbie. Elle vit à présent dans un camp de réfugiés, dans un petit village, où elle ne reçoit pas les soins que nécessite son état de santé, ce qui constitue bel et bien un traitement inhumain et dégradant. Comme Mme F. K. chaque année, des milliers de personnes font face à des difficultés semblables, à leur retour en Serbie, après avoir été expulsées de l’UE. Elles se retrouvent sans logement décent, ni assistance sociale ou médicale.

Migreurop exprime sa profonde inquiétude à l’égard de ces retours forcés vers la Serbie, qui sont opérés sans tenir compte de la vulnérabilité des migrants, ni de la discrimination à laquelle ils s’exposent dans les pays de retour. Migreurop condamne cette politique d’expulsion inhumaine, mise en place par l’UE et les États membres.

Le 13 mars 2012

jeudi, 08 mars 2012

Les immigrés et les discriminations

" Deux immigrés sur cinq ont la nationalité française, un quart des Français a au moins un grand-parent immigré, et même un tiers si l’on remonte jusqu’aux arrières grands-parents. Pourtant, les cinq millions d’immigrés en France sont la plupart du temps défavorisés par rapport à la population non immigrée. "

> Les immigrés et leurs descendants face aux inégalités - Noam Léandri - Observatoire des inégalités

immigration, cabu

OBSERVATOIRE DES INEGALITES

lundi, 06 février 2012

Non-respect par l’État des obligations légales, nationales et internationales

Action collective

Destruction du camp de Norrent-Fontes le 30 janvier 2012

Des associations dénoncent une action inutile et de mauvaise foi

Le camp d’infortune de Norrent-Fontes a été rasé lundi 30janvier au matin. Les 46 personnes migrantes présentes à Norrent-Fontes n’y étaient pas. Elles dormaient dans une salle où la commune a pris la responsabilité de les abriter du froid depuis le 17 décembre dernier.

Pendant qu’une entreprise privée détruisait les baraquements sous l’oeil de Monsieur le Sous-Préfet, les services de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) ont fait irruption dans le dortoir et ont expliqué rapidement les faits.

Abasourdis, les migrants ont eu quelques minutes pour choisir entre un retour volontaire dans le pays qu’ils ont fui ou le dépôt d’une demande d’asile (qui pour la plupart est impossible et déclenchera leur expulsion vers un autre pays d’Europe en vertu du règlement Dublin II). Tout aussi rapidement,il leur a fallu décider s’ils voulaient rester sur place ou être hébergés dans un centre d’hébergement d’urgence. Tous ont refusé ces propositions qui ne leur sont d’aucun secours.

Nous dénonçons l’inutilité de cette opération et le désintérêt complet des services de l’État pour les personnes migrantes. Depuis plus de dix ans, des milliers de rescapés ayant fui leur pays et survécu aux pires horreurs ne doivent leur survie qu’à l’action bénévole des habitants.

Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes, est désigné comme fautif alors qu’il est un des rares élus à assumer sa responsabilité. Il demande depuis plusieurs années un dialogue avec l’État pour mieux répondre aux questions que pose la présence de migrants dans son village.

Dans son communiqué de presse, la préfecture ose écrire : « alerté par le Préfet à maintes reprises depuis trois ans sur l’état déplorable des installations de fortune, le maire de la commune n’a entrepris aucune démarche pour faire cesser l’existence de ce taudis ». Alerté à maintes reprises par le maire, les associations et les habitants, le Préfet n’a entrepris aucune démarche pour aider les personnes qui s’abritaient dans ce taudis. Moins d’une heure après leur arrivée, les agents de la DDCS étaient repartis sans même avoir demandé le nom de qui que ce soit !


Le préfet souligne « le non-respect par la commune des obligations réglementaires qui lui incombent ». Nous soulignons quant à nous le non-respect par l’État des obligations légales, nationales et internationales qui lui incombent.

À quoi aura servi cette spectaculaire destruction ? À faire croire à l’opinion que l’État agit ? À rendre moins visibles encore ces hommes et femmes exilés sans refuge et abandonnés dans les fossés ?
Dans quelques semaines, quand les gelées ne seront plus à craindre, les migrants quitteront la salle municipale. Pour aller où ? Ils reconstruiront des abris de fortune.
Dans tous les cas, nous serons là pour les aider à s’abriter du vent et de la pluie, nous serons là pour leur donner la possibilité de se doucher et de se soigner, pour leur permettre de se défendre, pour défendre leurs droits et leur dignité.

1er février 2012


Premiers signataires :
-  L’auberge des migrants   -  Carrefour des solidarités   -  Collectif de soutien des exilés de Paris   -  Flandres Terre Solidaire  -  Fraternité Migrants Bassin Minier  -  Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés)  -  Itinérance Cherbourg  -  La Marmite aux idées  -  Ligue des Droits de l’Homme – Fédération du Pas-de-Calais  -  Médecins du Monde – mission migrants littoral Nord-Pas-de-Calais  -  Mrap – comité local littoral  -  Réseau d’Accueil des Immigrés à Lille  -  Réseau éducation sans frontières  -  Salam Nord-Pas-de-Calais  -  Secours Catholique – délégation de Lille  -  Secours Catholique – délégation du Pas-de-Calais  -  Terre d’errance Flandre Littoral  -  Terre d’errance Norrent-Fontes  -  Terre d’errance Steenvoorde  -  Le Vestiaire des Migrants

vendredi, 30 décembre 2011

A dada sur leur bidet

A plusieurs mois de la présidentielle, la campagne de la droite s'articule autour du fond de commerce de l'immigration et de la délinquance et  tente de masquer les problèmes du chômage, du pouvoir d’achat, de l'inflation.

> "Claude Guéant nous fait une double peine" Christophe Daadouch - Délinquance, justice et autres questions de société - Site de ressources documentaires et d'analyse critique animé par un réseau de chercheurs en sciences sociales

gueant.jpgLe ministre de l' Intérieur du  Sarkoland, jonglant avec les chiffres et les pourcentages, consacre l'obsession sécuritaire en distillant ses petites phrases tout en rappelant qu’il n’a  " rien de commun avec le Front national " et que cette confusion ne lui fait " pas plaisir ".

" Les Français veulent que la France reste la France. Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. "

" Par exemple, on sait qu’à l’hôpital il y a un certain nombre de personnes qui refusent, pour des femmes, des soins prodigués par des hommes. Eh bien, ce n’est pas admissible. "

" Il faut savoir que 24 % des étrangers non européens qui se trouvent en France sont des demandeurs d’emploi. C’est presque trois fois plus que le taux national. "

" Un sondage effectué dans plusieurs pays européens indique que l’immigration n’est pas perçue comme allant de soi, qu’elle n’est pas considérée comme forcément bénéfique. On a le droit de dire cela sans être raciste ! Les élites ne se soucient pas suffisamment des préoccupations de nos compatriotes au quotidien. " etc

Claude Guéant, interwievé par Jean-Michel Aphatie sur RTL, assure pourtant n'avoir "rien de commun" avec le Front National sur le thème de l'immigration. ( le texte )


Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, de... par rtl-fr

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Denis Colombi :

"Sur quoi se basent les mesures proposées par Claude Guéant, comme d’ailleurs une partie importante des politiques en matière de sécurité menées dans ce pays depuis à peu près 1997 ? Il s’agit de renforcer les peines appliquée aux délinquants étrangers : on ajoute à la condamnation pénale une interdiction de séjour sur le territoire et on affirme que ça n’a rien à voir avec la double peine que le président de la République avait eu à cœur de supprimer.

Autrement dit, on suppose implicitement que la délinquance peut s’expliquer sur la base d’un calcul rationnel : l’individu compare les gains de l’activité illégale et ses coûts, le tout avec les probabilités de réussir ou d’être condamné, et si le résultat est positif et supérieur aux gains d’une activité légale, il enfreint la loi, sinon il reste dans les clous. La théorie du choix rationnel : voilà le petit nom de ce type de raisonnement dans nos contrées sociologiques.

A partir de là, si l’on augmente les coûts de la délinquance par des peines plus fortes, on doit obtenir une réduction des activités illégales. Et la suite du raisonnement toujours implicitement mené par notre sémillant ministre se fait ainsi : s’il y a un groupe dans la population qui est plus délinquant que les autres, on peut modifier son calcul en lui appliquant des peines plus lourdes et une surveillance plus fo
rte, ce qui est rationnel et économise des moyens. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes."

> "La lutte irrationnelle contre la délinquance" -   Denis Colombi.  OWNI

 

Claude Morand :

" Si elle ne l’a pas oublié, l’histoire retiendra que Claude Guéant fut, d’abord, un mauvais ministre de l’Intérieur, juste bon à se précipiter à la télé quand surgit un fait divers et dans les hôpitaux quand un policier est atrocement blessé. Parler, se montrer mais ne rien faire. Ensuite, il restera comme l’agent toujours actif des idées du FN au sein de l’UMP et du rabougrissement de la France.
Sa dernière lubie, après la chasse aux immigrés clandestins : ouvrir celle aux immigrés en règle. Idem pour cette catégorie si particulière, si cruciale d’étrangers que sont les étudiants qui rentrent dans leur pays d’origine après avoir rendu hommage à la qualité de nos universités en venant s’y former. Indésirables, ceux et celles qui apprennent notre langue, vivent sur le territoire de la République, y nouent des amitiés, des dialogues scientifiques, de futurs partenariats commerciaux.

Ils iront désormais se former ailleurs.

Les présidents d’université sont accablés, les patrons d’entreprises ayant des unités de recherche et développement également.

L’immigration arrive pourtant loin, très loin, dans la longue liste des sujets qui préoccupent vraiment les Français. Eux qui sont, de plus, largement favorables à ce que les étrangers votent aux élections locales. Mais ce sujet mineur passionne tellement Claude Guéant qu’il semblait important de noter que la xénophobie est désormais plus présente au sommet de l’Etat que dans le corps social."

- Front de Gauche -

>On s’attaque au droit du sol, on s’attaque aux principes mêmes de la République !

"l’UMP vient encore de franchir une nouvelle étape dans sa course vers les thèses de l’extrême droite à l'occasion de sa Convention sur la bi-nationalité. Dans cette convention animée par le député Lionnel Luca, de la Droite Populaire, l’UMP s’est prononcée pour le rétablissement de l'une des dispositions les plus critiquées de la loi Pasqua de 1993 sur l'acquisition de la nationalité française, supprimée en 1998 par la loi Guigou : l'obligation de respecter une " procédure de manifestation de la volonté ".

>Retrait de la circulaire Guéant-Bertrand contre les étudiants étrangers !

"Le Ministre de l’enseignement supérieur L. Wauquiez a affirmé que la circulaire Guéant visant à limiter l'immigration professionnelle allait être "corrigée". La circulaire en question, transmise aux préfets le 31 mai dernier visait à empêcher les étudiants étrangers de rester pour travailler en France après leurs études en imposant des critères extrêmement stricts. "

>Un racisme d’Etat bien organisé :

"Dans son discours aux préfets du 29 septembre, le ministre de l'Intérieur, M.Guéant a bien confirmé sa volonté de poursuivre sa politique du chiffre dans la traque aux immigrés."

jeudi, 08 septembre 2011

Au mépris ...

Communiqué de la CIMADE

Expulser à tous prix

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Pour atteindre le chiffre des 30 000 expulsions, le gouvernement enfreint les lois européennes et françaises sans états d’âme.

Claude Guéant l’a dit et redit : il veut accroître le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière, battre le record de son prédécesseur. À cette fin, tous les moyens semblent bons. La nouvelle loi sur l’immigration du 16 juin 2011 est ainsi présentée comme un arsenal d’armes toujours plus efficaces contre les migrants en situation irrégulière. Ces nouveaux « outils », comme les appellent nombre de médias, comprennent notamment, l’instauration de l’interdiction de retour sur le territoire, l’augmentation de la durée de la rétention ou la mise à l’écart du juge. Et le plus dangereux de ces « outils » semble bien être ce dernier. En effet, retarder le contrôle du juge des libertés sur les premiers jours de privation de liberté, c’est permettre la multiplication des arrestations et gardes à vue illégales. Or, c’est bien ce à quoi nous assistons depuis plusieurs mois.

Au mépris des dispositions européennes.

La France n’ayant pas transposé à temps la directive Retour, celle-ci a en effet été invocable directement par les étrangers arrêtés entre le 25 décembre 2010 et le 18 juillet 2011, date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi. Or, la directive européenne s’est avérée plus protectrice sur certains points que la législation nationale. Pourtant les préfectures ont poursuivi leurs pratiques en claire violation avec les dispositions européennes existantes. La directive Retour prévoit notamment un délai de départ volontaire d’au moins 7 jours mais nombre d’étrangers en France sont expulsés quelques jours seulement après leur arrestation, sans avoir pu bénéficier dudit délai.

De plus, en France, depuis la réforme de la garde à vue, celle-ci n’est possible que si la personne arrêtée est soupçonnée d’un délit passible d’une peine de prison. Or la Cour de justice de l’Union européenne, dans une décision du 28 avril précisé que le simple fait de se maintenir sur le territoire en situation irrégulière ne pouvait pas être passible d’une peine de prison. Pourtant, les services de police ont continué de placer en garde à vue des centaines d’étrangers dont le seul « délit » est d’être en situation irrégulière. Même si nombre d’entre eux ont pu être libérés par le juge des libertés, l’administration a poursuivi ses pratiques en violation flagrante de la jurisprudence européenne et de la législation française.

Au mépris du juge des libertés

Pire, à Bordeaux début août, alors que le juge des libertés avait été saisi en urgence pour constater l’illégalité d’une garde à vue, la préfecture a refusé de prendre en compte sa décision et a maintenu en rétention un homme qui venait d’être libéré par le tribunal !

Partout en France, en métropole et encore plus dramatiquement en Outre-Mer, on assiste ainsi à des arrestations et des expulsions clairement illégales. Le juge des libertés n’intervenant désormais qu’au bout de 5 jours de rétention, ne peut en constater qu’une petite partie. Les autres se font expulser avant.

Ainsi se gonflent les chiffres du ministre de l’Intérieur, qui se gargarise de nouvelles armes législatives tout en s’asseyant sur le respect des dispositions européennes et françaises qui pourraient faire obstacle à sa course à l’expulsion. Une politique du chiffre effrayante qui entraîne sans discernement l’enfermement, l’expulsion et l’interdiction de retour d’étrangers malades, de parents d’enfants français, d’hommes et de femmes ayant toutes leurs attaches en France.


CIMADE :  http://www.lacimade.org/

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mardi, 31 mai 2011

Guéant, nul toi-même !

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"Les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale",

"Des électeurs se tournent vers lui (le Front national) car ils considèrent que les autres partis les ont déçus. C'est compréhensible et je serais heureux que les partis de la majorité ramènent vers eux ces déçus qui ont exprimé leur exaspération et leur déception."

"J'ai demandé que l'on réduise le nombre de personnes admises au titre de l'immigration du travail (20.000 arrivées par an)",

"Et nous allons continuer à réduire le nombre d'étrangers venant en France au titre du regroupement familial (15.000)",


Claude Guéant


Guéant, nul toi-même !

RESF - Réseau éducation sans frontières

" Le ministre de l’intérieur, dans sa détestation de ceux qu’ils présentent comme des immigrés, s’est trouvé une nouvelle cible : les enfants de familles « immigrées » (traduisez originaires du Magreb et d’Afrique), coupables – selon lui – de représenter les deux tiers des échecs scolaires, une statistique qu’il est bien en peine d’étayer. M. Guéant est coutumier du fait : quand il ne tord pas les chiffres pour les plier à son bon vouloir, il les invente pour coller aux instructions de son mentor élyséen.

Plus encore, devant le tollé qu’ont provoqué ses chiffres bidon, il rétropédale tout en rajoutant que ces mêmes deux tiers d’enfants sortiraient de l’appareil scolaire sans diplôme. Il faut donc en conclure que, pour Guéant, les enfants « d’immigrés » seraient pour la plupart définitivement nuls et inaptes à la scolarisation. Et, qui sait ?  non fondés à rester dans un pays dont il est bien connu que la politique de l’éducation menée par le gouvernement dont il fait partie assure à tous les élèves, quel que soit leur milieu, les mêmes chances et la même réussite scolaire ?

Les chercheurs en éducation, c’est leur expertise, ont immédiatement répliqué au ministre et confronté ses propos aux données existantes. Mauvaise note pour Guéant. Mutisme honteux par contre depuis dimanche du ministre en charge de l’éducation, qu’on a vu plus disert lorsqu’il s’agit de défendre les saignées dans les effectifs d’enseignants et la disparition des RASED.

De fait, Guéant ministre de l’intérieur, en charge de l’immigration, a priori garant de la cohésion républicaine, s’est lancé dans la course à l’échalote du mieux disant xénophobe. Sous prétexte d’examiner les résultats scolaires « des enfants d’immigrés », il englobe dans sa vitupération l’ensemble de l’immigration passée, présente et à venir, leurs enfants, petits enfants, et arrière petits enfants, jusqu’à combien de générations au juste ? Bref, il fait la danse du ventre devant Marine le Pen. Il faut bien justifier sa politique de traque et d’expulsion des étrangers.

En outre, M. Guéant tiendrait-il pour négligeable le fait que la majorité des élèves qu’il attaque sont de nationalité française et ont des parents français ? Double faute, M. le ministre ! Non seulement, vous stigmatisez une partie de la population scolaire de ce pays, mais vous vous en prenez aux enfants de nos et de vos concitoyens, au mépris de deux principes républicains intangibles : l’égalité de traitement de tous les citoyens et la scolarisation de tous les enfants, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent ! Le moins que vous pourriez faire serait d’adresser des excuses publiques à tous ces enfants et à leurs parents, immigrés ou non, français ou étrangers.

Une nouvelle fois, M. Guéant a perdu une occasion de se taire. Ayatollah d’une idéologie xénophobe, exécuteur zélé d’une politique d’immigration fondée sur les fantasmes et lâchement électoraliste, il démontre aujourd’hui à la France entière qu’il veut stigmatiser les Français d’origine étrangère.

Ce qui se passe est grave. Par ses propos, Claude Guéant sème le trouble et l’insécurité dans toute la société, celle qui ne fait pas partie de la petite caste des parvenus qui nous gouvernent. Immigré ou pas, pauvre, chômeur, précaire, jeune, ou tout à la fois, qui sera le prochain stigmatisé, le prochain rejeté, pour mauvais résultat ? Les attaques contre les étrangers menacent la société tout entière. Nous ne devons pas les tolérer. Ce ministre de guerre civile doit partir. "

14:17 Publié dans / Droits de l'Homme, / immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guéant, immigration | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 24 mai 2011

Nos compagnons secrets

" Plusieurs dizaines de grèves de travailleurs sans papiers avec occupation de leurs entreprises ont été déclenchées en France depuis ces derniers mois. Ce mouvement a en effet été déclenché dans un contexte nouveau tant au plan national qu’au niveau international.

En France, la politique de chasse aux étrangers ne cesse de se durcir accompagnée par la systématisation d’un discours hostile et de légalisme radicalisé tenu par les autorités et dans les médias. Des mouvements de contestation récurrents se déroulent dans et hors des centres de rétention administrative pour tenter de résister à cette politique. Mais pour prendre la mesure de ce mouvement il est nécessaire de sortir du piège du fait divers, auxquels sont le plus souvent réduits les étrangers dans l’espace public, condamnés à l’équarrissage par une actualité oublieuse. Il faut selon moi englober cette mobilisation dans un ensemble d’autres faits. Ce mouvement des sans papiers n’est pas isolé mais s’intègre dans un ensemble de luttes actuelles de salariés « bridés » éparpillés dans le monde économique mais partageant une condition commune."


mercredi, 06 avril 2011

Confisquer le débat démocratique


Violaine Carrère

" Il se sera écoulé plus d’un an entre l’annonce d’une réforme à venir sur l’immigration et l’adoption finale de la nouvelle loi. Cette année aura-t-elle permis d’engager un vrai débat sur la politique migratoire que devrait conduire la France ? L’histoire de la fabrication de la « loi Besson », faite de motivations non dites, de déclarations trompeuses, d’usage démagogique de fait-divers, restera l’histoire d’une occasion manquée.

Que l’élaboration d’une réforme s’étale sur plus d’un an pourrait être la garantie que la loi adoptée aura résulté d’un débat approfondi, la marque de la volonté du gouvernement d’aller jusqu’au bout du jeu démocratique. Depuis l’annonce, début 2010, d’une énième loi à venir sur l’immigration, jusqu’à son adoption en 2011, les étapes de la fabrication de cette loi relèvent bien plutôt d’une véritable confiscation du débat démocratique.

Recette de cette confiscation : laisser entendre que la réforme envisagée ne serait qu’une adaptation technique ; mettre en oeuvre des évolutions radicales présentées comme des mesures de « simplification » ; tricher sur ce que le droit communautaire oblige ou n’oblige pas à faire ; rédiger des articles qui sont autant de trompe-l’oeil parce qu’ils ne toucheront que très peu de personnes ; surfer sur la vague d’un fait-divers pour annoncer des mesures susceptibles de faire scandale ; introduire un amendement pour tester l’effet produit, puis faire mine de reculer avant de faire passer la disposition via un autre texte. "

Lire la suite

jeudi, 09 décembre 2010

La chasse aux étrangers

" Il s’agit d’importer des étrangers pour continuer les tâches économiques d’hier et participer aux nouvelles tâches de demain. De là une condition de quantité. Mais à cette condition s’oppose une autre. Ces étrangers (…) ne doivent pas, par leur entrée massive en France et leur installation sur notre sol, risquer de changer les valeurs physiques, spirituelles et morales auxquelles nous tenons… »

Louis Chevalier - (1946).

- Traquer, rafler, expulser -

En 1938, le gouvernement "républicain " du radical Daladier mettait en oeuvre sa politique de " chasse aux étrangers". Aux beaux jours du capitalisme triomphant, le patronat avait organisé dès 1880 une immigration massive visant le " dumping social". l'heure était à la grande purge. Sous peu, accompagnant le triomphe du fascisme,  la Révolution nationale de la droite prendrait les rênes de l'Etat.

" Les grands groupements patronaux rédigèrent eux-mêmes les « décrets Daladier », ceux visant les étrangers comme les autres ; les chefs policiers les plus xénophobes, antisémites et antibolcheviques, futurs animateurs sous l’Occupation de la répression et de la collaboration, leur donnèrent forme définitive. De mai à novembre 1938 se succédèrent les décrets visant « la chasse aux clandestins » (ou non) : on commença par aggraver « les peines […pour] délits relatifs aux conditions de séjour en France », excluant l’octroi « des circonstances atténuantes ou du sursis » et donnant aux « préfets des départements frontaliers le droit de prononcer des expulsions sans en référer au ministre de l’Intérieur » (2 mai). Ils se mêlèrent aux textes sabrant les acquis de mai-juin 1936, dont le phare fut l’abolition de la semaine de 40 heures et le retour aux 48, alors que la durée réelle était inférieure à 37."

>  "La chasse aux clandestins de la 3ème République agonisante"  par Annie Lacroix-Riz

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Quelques décennies plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes effets, la même politique s'accompagne des mêmes mots.  
" Bien sûr, nous savons tous - et il n’est pas question de le nier - qu’une immigration maîtrisée est un enrichissement pour la vie de la cité. Dans l’échange avec le migrant, il y a l’apprentissage de la diversité, l’attrait de la différence, le sens de la tolérance. Il y a donc le meilleur. Mais il peut aussi y avoir le pire, produit en grande partie par trente années d’une immigration non gérée : les cités ghettos, les squats, les phénomènes de bandes, les violences urbaines, autant d’exemples que l’on doit méditer pour éviter ces situations à l’avenir. Voudriez-vous le nier ?

Pour beaucoup de nos compatriotes, l’immigration est une source d’inquiétude. Ils y voient une menace pour leur sécurité, leur emploi, leur mode de vie. Les Français qui pensent de la sorte sont aussi respectables que les autres. Il faut comprendre les attentes, les espoirs de cette majorité silencieuse, pour qui l’immigration est d’abord une réalité quotidienne.

Notre devoir est donc aussi simple qu’exigeant : nous devons répondre à l’attente des Français, qui nous demandent de maîtriser ces flux migratoires pour préserver l’équilibre de notre communauté nationale.

C’est l’engagement qu’a pris le président de la République devant nos compatriotes. C’est le mandat qu’il tient du peuple. C’est la mission qu’il m’a demandé de mettre en œuvre, au sein du gouvernement. "


B. Hortefeux.
Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et codéveloppement.
Assemblée nationale. 18 septembre 2007. 

 
Douce_France-1.jpg" Il y a deux façons d’entrer dans l’histoire : de façon glorieuse ou ignominieuse ; d’ores et déjà les noms de Hortefeux et de Besson sont à jamais associés à la pire des politiques conduites à l’encontre des étrangers sous la Ve République. Mais ne commettons pas d’injustice en oubliant celui de leur mentor : Nicolas Sarkozy dont le rôle fut prépondérant.
Au Panthéon de la xénophobie d’Etat, tous devront avoir une stèle destinée à rappeler leurs actions.

Quant à l’intégration et au développement solidaire, qui occupent une place fort réduite comparée aux moyens matériels, financiers et humains mobilisés pour réaliser les objectifs de « reconduites à la frontière » fixés par le gouvernement
, ils ne sont là que pour légitimer des dispositions toujours plus répressives à l’encontre des immigrés en faisant croire que la lutte contre les « clandestins » est la condition sine qua non de l’insertion des étrangers résidant de façon régulière sur le territoire, et une manière d’aider les pays d’origines en ne les privant pas de leurs ressortissants." 

> Olivier LE COUR GRANDMAISON (dir.), Douce France : rafles, rétentions, expulsions , Paris : Seuil / RESF , oct. 2009 : http://www.reseau-terra

 

lundi, 15 novembre 2010

Déminage

Les mêmes

"Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce."

K. Marx
"18 brumaire de Louis Napoléon Bonaparte"

C'est aussi vrai pour la petite histoire et ses petits hommes.

Le ministère de l'Immigration, de l'intégation, de l'identité et du développement solidaire n'est plus  un ministère plein.  Il est rattaché à celui de l'Intérieur sous les bons auspices d' Hortefeux condamné en première instance  - il a fait appel  - pour injure envers un groupe de personnes à raison de leur origine. L'intitulé "identité nationale" a disparu du portefeuille mais la thématique de la France en danger a encore de beaux jours devant elle.

Eric Besson, pour services rendus, est recyclé dans un  nouveau poste de ministre  de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique.

> "La fin du ministère de l’identité nationale? Un leurre !" Par Patrick Lozès

14:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hortefeux, besson, indentité, immigration | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook