samedi, 14 juin 2014

Région-Etat : féodalité et caporalisation

Corse : langue et système des dépouilles

" Le système des dépouilles repose sur la vieille idée de sinécure et de patronage : les postes dans les services publics sont distribués selon la faveur du prince. Il a conduit par exemple au spoil system pratiqué dans l’administration fédérale américaine au dix-neuvième siècle. Dans un tel système, la rotation des agents est fonction des majorités politiques au pouvoir. Une partie des emplois est réservée aux fidèles du ou des partis vainqueurs dans la lutte pour le pouvoir et l’exercice du gouvernement."  Christian De Visscher et Gauthier Le Bussy

cheval de troie.jpgL'Assemblée de Corse a voté le 17 mai la co-officialité du corse et du français qui prévoit l'utilisation de la langue corse "normalisée" dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale - comme l'éducation, les services publics et les médias.

Comme cette loi sera peut-être invalidée par le Conseil constitutionnel, le Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse (CTC), à majorité de gauche, monte aux créneaux.

Paul Giaccobi, député du Parti radical de gauche de la 2ème circonscription de Haute-Corse et président du Conseil exécutif de Corse s'est dit prêt à saisir des instances internationales pour faire appliquer ce statut de co-officialité : 

"J’examinerai tous les recours sur le plan international, y compris la mise en évidence des contradictions de la France qui voudrait imposer, avec arrogance, à d’autres pays de faire vis-à-vis de leurs langues minoritaires ce qu’elle se refuse, elle, à faire pour ses propres langues minoritaires." Et d'ajouter : "Si la France était un pays normal, il n'y aurait pas difficulté... mais elle n'est pas un pays normal... Et a une sorte d'intolérance à la diversité et à l'identité de ses régions".

Heureux homme qui, malgré tout, aura fait - et poursuit - une carrière très normale dans un pays anormal.

La co-officialité est présentée sous les plus beaux atours pour ne pas effrayer les Corses par ses conséquences désastreuses (à propos de bilinguisme, il est déjà est déjà appliqué en Corse). L'anesthésiant se compose donc de formules magiques qui ont fait leur preuve comme "principe d'égalité", "progrès démocratique", etc. Ainsi Dominique Bucchini, parti-communiste-Front de gauche et président de l'Assemblée de Corse,  déclarait publiquement en avril :

" Ce cadre - la co-officialité - n’a pas d’autre objet que l’affirmation de l’égalité juridique des deux langues sur le territoire de la Corse, en vue d’une égalité réelle dans la société. un tel statut constituerait un progrès démocratique car, s’il créerait des droits nouveaux pour les individus, ça ne serait pas au détriment des droits existants ni en contradiction avec le principe d’égalité devant la loi ; on ne peut, par ailleurs, raisonnablement penser que la co-officialité, sur le territoire de la CTC, du corse et du français, serait de nature à saper les fondements de la République Française, dont le caractère " indivisible" s’accorde avec l’" organisation décentralisée".

Menaces et promesses ont de quoi inquiéter. C'est à Ange Rovère, historien, membre du PCF et ancien premier adjoint au maire de Bastia de nous alerter sur quelques unes de ses conséquences:

" Les articles 15 et 16 effacent le statut de la fonction publique, donnent à la Collectivité Territoriale, donc à une instance politique, un pouvoir régalien sur le déroulement des carrières des fonctionnaires suivant leur niveau de pratique du corse. C’est le retour de Vichy. Que des groupes ou des hommes partisans de l’ultra libéralisme aient voté cette forfaiture peut se comprendre. Mais comment des communistes ont-ils pu jeter à la poubelle le statut de 1946 porté sur les fonts baptismaux par Maurice Thorez ?

La suppression des instances paritaires est confirmée par les articles 7 et 10: un Conseil Académique Territorial composé majoritairement d’élus devient non seulement maître des programmes mais sera habilité à gérer le recrutement des enseignants et leur affectation toujours selon le critère du niveau de maîtrise de la langue.

Ce texte dont il faudrait décortiquer les 27 articles et leurs alinéa est clair: il vise à faire du corse une " langue nationale " comme une des bases de la construction d’une " région-état " dans laquelle le corps social serait remodelé dans une logique de " spoil system " à l’anglo-saxonne aux antipodes du socle républicain. En se prévalant d’une justification supranationale (La charte des langues régionales et minoritaires) la co-officialité sert de cheval de Troie à une caporalisation de la société et à une remise en cause des valeurs de la citoyenneté.

Ces dispositions, si elles étaient appliquées, représenteraient un danger au regard des principes qui sont les fondements de l’unité et de la cohérence de la République.

*

> Co-officialité de tous les dangers, par Ange Rovère - Respublica  (source France Corse)

>   Christian De Visscher et Gauthier Le Bussy, " La politisation de la fonction publique : quelques réflexions d’ordre comparatif ", Pyramides, 3 |- URL : http://pyramides.revues.org/538

>  CTC- La coofficialité u Corse et du Français alimente le débat  Les propos du ministre de l'Intérieur sur l'officialité de la langue corse suscitent encore des réactions. FranceTV-3

>  Les enseignants indignés par le projet de la CTC de co-officialité de la langue corse Corse-Matin - 2012 :

Fabien Minéo, secrétaire départemental du syndicat Snuipp-FSU, :

" Nous sommes contre le fait que la CTC adapte et vote les programmes scolaires, ce n'est pas raisonnable. De même, comment voulez-vous que la collectivité intègre les 4 500 fonctionnaires de l'Education nationale alors qu'aujourd'hui, il n'y a que 2 000 employés à la CTC ? Être fonctionnaire d'Etat c'est être certain de ne pas risquer la banqueroute comme on le voit en ce moment en Catalogne où la région autonome a des difficultés de budget. Mais globalement comment peut-on accepter que l'Education nationale tombe entre les mains politiques de quelque bord que ce soit ! "

vendredi, 13 juin 2014

Le sport et la mort : "Les gens ont l'air heureux..."

11 Septembre 1973 - L’armée du général Augusto Pinochet, appuyée par la CIA, bombarde le palais présidentiel. Après un combat de quelques heures, Salvador Allende, président du Chili depuis 1970, prononce à la radio son dernier discours avant de mourir.

Pinochet et ses complices prennent le pouvoir et installent la dictature qui s'éternisera durant 17 années. Du côté américain, Henry Kissinger, secrétaire d'État du gouvernement de Richard Nixon, écrit : "Aussi désagréables que soient ses actes, le gouvernement de Pinochet est meilleur pour nous que ne l'était Allende".

Le lendemain du coup d’État, l'Estadio Nacional de Santiago (60 000 places) est réquisitionné et transformé en camp de concentration - le plus grand du pays. Les opposants au nouveau régime y sont torturés et exécutés.

Le 11 septembre 1973, Victor Jara était à l’université technique de Santiago, où il enseignait le théâtre. Barricadé avec les étudiants, il est arrêté le lendemain et emmené avec 600 prisonniers, non pas au Stade national, saturé, mais dans le plus modeste Estadio Chile, un gymnase couvert. François-Xavier Gomez
Battu, les mains brisés Victor Jara sera assassiné au fusil-mitrailleur,  le corps criblé de 44 balles dont le coup de grâce dans la tête. 

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Estadio Nacional de Santiago 1973 © - 2014 / WC

Le 26 septembre 1973, en vue de la coupe du monde au Chilli prévue en 1974, les équipes chilienne et soviétique s'opposent à Moscou pour le match aller du barrage qualificatif. Mais pour organiser le match retour, il faut nettoyer le stade de Santiago que la presse internationale surnomme déjà le " stade de la mort".

Le comité d'organisation de la FIFA entérine la date du 21 novembre 1973 sous réserve d'un rapport satisfaisant de la part de ses deux délégués : Helmut Käser ( secrétaire général suisse) et Abilio d'Almeida (vice-président brésilien de l’organisation). Ils rendront, on s'en doute, un rapport impartial :  le stade est selon eux utilisé comme un centre d'orientation, les gens présents ne sont pas des prisonniers mais des détenus dont l'identité reste à établir de même que leur rôle durant les évènements du 11 septembre. Il précisent même  : " Nous avons trouvé que le cours de la vie était normal, il y avait beaucoup de voitures et de piétons, les gens avait l'air heureux et les magasins étaient ouverts, et on  nous a dit que contrairement à l'époque précédant le 11 septembre la  nourriture et d'autres biens étaient disponibles." ( Paul Dietschy)

" L’instance internationale du football, soucieuse de donner l’image d’un football indépendant des événements politiques, et préservant par la même occasion des intérêts économiques colossaux, cautionne la dictature de Pinochet et l’utilisation militaire du stade en acceptant le déroulement du match dans la capitale chilienne. " ( Les cahiers du football)

La fédération soviétique refuse de se déplacer au Chili et demande la tenue du match dans un pays tiers - ce qui lui est refusée. Pour effacer ce camouflet, et dans le plus pur style des dictateurs démentiels d'Amérique latine, Pinochet organise un simulacre de jeu : un arbitre, 40 000 spectateurs dans des tribunes nettoyées, onze joueurs chiliens... mais pas d'équipe adverse sur le terrain. Francisco Valdés, le capitaine de la sélection, assurera à son équipe la qualification pour la coupe du monde 1974 en marquant un but.

La sélection chilienne quittera malgré tout la compétition au premier tour sans avoir gagné un seul vrai match.


 

> Match de football Chili – URSS (1973) - Wikipedia

> Émission Partout ailleurs d'Eric Valmir  : '"Courir après un ballon, des montgolfières et le temps", Pinochet et le foot comme orgueil national -  " Le match le plus pathétique de l'histoire du foot, raconté par Adrien Bosc de la revue Desports qui publie ce mois un numéro spécial Coupe du Monde"

> Chili-URSS 73, les fantômes du Nacional, par - Les cahiers du football

> L’autre histoire de l’Estadio Nacional - par Nicolas, le blog Lucarne opposée.

 

77 pays font de l’homosexualité un crime

Sur le site de

images?q=tbn:ANd9GcTZlAuB2c4NZUiTVlWVBqYPly2vXHgMlfKSzByyYKSnXi28Pse6y9U3kPA1

http://www.abolition.fr/

La terrible répression des homosexuels

Aujourd’hui encore, 77 pays dans le monde font de l’homosexualité un crime. Pire encore, 11 d’entre eux punissent l’homosexualité de la peine de mort : Afghanistan, Arabie Saoudite, Brunei, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Nigeria (dans les 12 États du Nord ayant adopté la charia), Soudan, Somalie (dans les émirats islamiques régis par Al Shabaab), le Pakistan et le Yémen.
La défense des droits des homosexuel-le-s est devenu un combat très périlleux mais indispensable. Explications et analyse avec Richard Sédillot, avocat et administrateur d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

>> Lire l'interview

>> Voir la carte mondiale Homosexualité et Peine de mort


Homosexuels en Ouganda : « nous sommes discriminés, excommuniés »

Âgé d’une trentaine d’années, Moses Mulwinda a perdu sa famille, ses amis, son travail… en raison de son homosexualité. Il a été aussi humilié, agressé et torturé. Dans son pays, l’Ouganda, qui a adopté l’une des lois anti-gay les plus répressives d’Afrique, avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe est un crime passible de la prison à perpétuité et faire la « promotion » de l’homosexalité est illégal. Face à cette persécution étatique, qui a failli recourir à la peine de mort, Moses a décidé de réagir. Il est devenu le directeur des programmes de l’ONG Spectrume qui défend les droits des homosexuels de manière détournée. >>

> Lire le témoignage

FIFA : le capitalisme tourne rond

Sepp Blatter, président de la Fifa et membre du CIO, a affirmé que la Coupe du monde 1978 en Argentine, sous la dictature de Videla, avait été " une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système politique, qui était à l’époque un système militaire". Malgré des appels au boycott en France, la compétition avait eu lieu.

fifa-go-home.jpgSao-Paulo : à quelques heures de l'ouverture du match inaugural Brésil-Croatie la police militaire a remplacé les poms-poms girls et a sorti son attirail : matraques, gaz lacrymogène et balles de caoutchouc. 

Mercredi, à Sao Paulo, des milliers de manifestants défilaient au cri de " Fifa go home ", et dénonçaient la spéculation immobilière et l'ingérence de la Fifa dans la législation brésilienne.

La FIFA

La mainmise de la FIFA se fait pas sentir que sur l’économie du pays organisateur :  au Brésil, un nouvel appareil législatif a été imposé par la FIFA. En juin 2012, le Parlement brésilien votait la " Lei Geral da Copa"  ( (loi générale de la Coupe) présentée devant le Congrès dès septembre 2011 par le député du Parti des Travailleurs, Vincente Cândido. Au delà de quelques mesures d’ordre " technique " cette loi marque l'emprise de la FIFA - Etat dans l'Etat - qui a même su imposer des modifications du code pénal : est ainsi considéré comme crime fédéral toute atteinte à l’image de la FIFA ou de ses sponsors ainsi que les publicités " d’embuscade " ou "d’intrusion " qui utiliseraient sans autorisation toute image reliée à la compétition et au football en général. Des tribunaux d'exception - tribunaux contraires à la Constitution brésilienne de 1988 - appliqueront plus rapidement les sanctions qui vont de la simple amende à des peines de deux ans de prison.

Comme le montrent les signataires de la tribune parue dans Libération "boycottons le foot et la Fifa

" Non seulement l’emprise de la Fifa sur l’organisation est totale mais elle s’exerce aussi sur le gouvernement brésilien et sur les Brésiliens eux-mêmes qui manifestent trop bruyamment aux yeux de Sepp Blatter, Jérôme Valcke, secrétaire général, ou encore Michel Platini, l’un des vice-présidents de la Fifa, qui souhaite que cessent les manifestations ("calmez-vous !"). Autrement dit, la souveraineté d’un pays de 200 millions d’habitants est mise à mal par une bande de marchands d’illusions installés dans une Suisse qui les protège par le biais de la forme juridique de la Fifa, organisation internationale non gouvernementale (association à but non lucratif de droit helvétique, inscrite au registre du commerce au sens des articles 60 et suivants du code civil suisse). De fait, la Fifa brasse des milliards d’euros et exerce sa puissance financière et idéologique dans une totale opacité."

> Boycottons le foot et la Fifa - Libération sports - Tribune par Michel CAILLAT Economiste, Pierre GUERLAIN Américaniste, Marc PERELMAN Esthétique philosophique, Antonin KOSIK Philosophe (République tchèque), Patrick VASSORT Sociologue, Valério ARCARY Historien (Brésil), Tilo SCHABERT Philosophe (Allemagne) et Charles-André UDRY Economiste (Suisse)

> Mondial : Comment la FIFA fait sa loi, par David Robert -So Foot

> Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil,  par Pauline Hofmann - Europe1

Bras de fer entre la FIFA et le Congrès brésilien Copa 2014 - Les exigences de la FIFA,  par Lucas Gardenal  - mars 2012

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Le mot de la fin : Les éclats sociaux de Platini qui auront peut-être échappés au non-adeptes peu télévisuels.

« Au Brésil, il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu... sociaux, ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on ne maîtrise pas, quoi…

Le climat est tendu, oui et bien justement, il faut qu’on appelle, nous, les gens à dire : le Brésil faîtes un effort pendant un mois, calmez-vous, rendez hommage à cette belle coupe du monde. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. Moi j’avais dis la dernière fois, si on va au Brésil c’est comme si, euh... les musulmans allaient à la Mecque, si les chrétiens allaient à Rome et si les juifs allaient à Jérusalem. C’est exactement ça d’aller à la Coupe du Monde au Brésil. Bon, c’est pour ça que tout le monde se fait une joie d’aller au Brésil ! Bien les Brésiliens il faut qu’ils se mettent dans l’idée de recevoir les touristes du monde entier et que pendant un mois ils fassent la trêve. Pas des confiseurs, mais qu’ils fassent une trêve.»

> Platini recommande aux Brésiliens d’augmenter les doses d’opium - Jérôme Latta, 28 avril 2014

jeudi, 12 juin 2014

Prisonniers palestiniens : 50 jours de grève de la faim

  Détenus palestiniens dans la prison d’Ayalon, à Ramla, au sud-est de Tel-Aviv

 3992716853.pngRamallah occupée, 5 juin 2014 Des détenus administratifs palestiniens entrent aujourd’hui dans le 43e jour de grève de la faim effective qu’ils ont lancée pour protester contre la politique des détentions administratives, alors que ni les corps et institutions internationaux, ni l'’Autorité palestinienne n’exercent de pression sur la puissance occupante en vue de protéger les grévistes de la faim.

Addameer estime que ce silence aide la puissance occupante dans son refus d’accéder aux revendications des grévistes de la faim. Ceci est visible à travers deux faits extrêmement dangereux : primo, dans le fait que le Service pénitentiaire israélien (IPS – Israeli Prison Service) a informé le comité des grévistes de la faim qu’il n’était pas dans son pouvoir de négocier avec les grévistes et, secundo, dans la tentative du pouvoir occupant de faire passer une loi qui permettra de nourrir de force les grévistes de la faim.

Bien que l’Association médicale israélienne s’oppose fermement à cette proposition de loi en vue de nourrir les grévistes de force, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré récemment que l’on trouvera bien des médecins israéliens qui se chargeront de cette alimentation forcée et il a également déclaré que le processus de promulgation de cette loi sur l’alimentation forcée sera accéléré, et ce, afin d’essayer de traiter du cas des actuels grévistes de la faim. Et, en effet, si cette loi devait passer, elle aurait de sérieuses implications car, comme le dit l’Association médicale mondiale dans sa Déclaration de Malte concernant les grévistes de la faim, « l’alimentation forcée n’est jamais acceptable sur le plan de l’éthique ».

L’IPS et ses unités spéciales continuent à prendre des mesures punitives extrêmes contre les grévistes de la faim dans une tentative de briser leur grève. Ces mesures comprennent l’interdiction de toute communication avec le monde extérieur ; la restriction de l’accès à leurs conseillers juridiques ; le transfert continuel des grévistes de la faim d’une prison à l’autre ; l’isolement ; l’enfermement solitaire de la direction des grévistes de la faim ; le refus des visites de la famille ; et des amendes (allant jusqu’à 100 euros).

Les grévistes de la faim sont gardés dans des sections et des cellules vides ; leurs vêtements et leurs objets personnels élémentaires ont été confisqués ; et on ne les autorise qu’à garder des tasses pour boire de l’eau. Dans certaines prisons, on les oblige à boire de l’eau sale des robinets ou de parcourir 40 mètres afin de pouvoir avoir de l’eau.

Les gardiens de la prison et les unités spéciales de l’IPS battent et insultent les grévistes de la faim quotidiennement, les forçant à se tenir debout pour le comptage, sans prendre du tout en considération leurs conditions de santé et leur incapacité à se tenir debout.

En outre, les médecins et infirmières de l’IPS continuent à traiter les grévistes de la faim de façon inhumaine, ce qui constitue une violation de la déontologie professionnelle, selon les déclarations de Tokyo et de Malte. Parmi ces violations, le fait de donner au gréviste de la faim de l’eau salée dans des éprouvettes de prélèvement d’échantillons d’urine ; ou le fait que les unités spéciales de l’IPS retardent le moment de transférer les grévistes vers les chambres où ils doivent se reposer. Bien des grévistes qui ont été transférés dans des hôpitaux civils et qui y ont été mis aux fers sur leur lit même 24 heures sur 24, ont demandé d’être ramenés à la prison, au lieu de rester dans ces hôpitaux. Actuellement, quelque 80 grévistes de la faim se trouvent dans des hôpitaux civils.

Selon des témoignages confiés aux avocats d’Addameer, les grévistes de la faim ont déjà perdu entre 13 et 20 kilogrammes et le nombre de ceux qui s’évanouissent s’accroît rapidement. Suite à la dégradation de leur santé, certains grévistes de la faim souffrent d’hémorragies intestinales et vomissent également du sang.

La majorité des grévistes de la faim ont boycotté la clinique de la prison et refusent de prendre des vitamines et des suppléments, ce qui a abouti au transfert de 80 grévistes dans des hôpitaux et centres médicaux : centre médical Meir, hôpital Ichilov, centre médical Kaplan, centre médical Barzilai, hôpital Tel HaShomer, hôpital Beilinson, hôpital Afouleh, centre médical Soroka, centre médical Wolfson.

En réponse aux grèves de la faim en cours, les Forces d’occupation israéliennes (IOF) continuent à commettre des crimes contre les prisonniers et détenus palestiniens, de même que contre leurs partisans et tous ceux qui sont solidaires avec leur cause. Par exemple, le 15 mai 2014, deux jeunes hommes palestiniens ont été abattus et tués par les IOF au cours d’une manifestation pacifique de soutien aux grévistes de la faim, à l’extérieur de la prison d’Ofer.

Addameer demande à l’Organisation de libération de la Palestine et au Gouvernement palestinien de :

- Développer une stratégie juridique nationale s’appuyant sur les lois humanitaires internationales et sur les lois internationales en matière de droits de l’homme afin de protéger et de garantir les droits des prisonniers et de tenir la puissance occupante pour responsable des crimes actuels commis contre tous les prisonniers et détenus palestiniens.

- Appeler les parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève à organiser une rencontre urgente qui réfléchira sur les violations continuelles des droits des prisonniers et détenus palestiniens par la puissance occupante, en s’appuyant sur l’article 1 de la Quatrième Convention de Genève, qui oblige les parties contractantes à respecter et garantir l’application des Conventions de Genève en toutes circonstances.

  •  Appeler le Conseil de sécurité à se réunir immédiatement pour discuter la question des détenus administratifs palestiniens en grève de la faim et pour intervenir afin de les protéger.
  •  Requérir un avis consultatif auprès de la Cour internationale de Justice à propos de la légalité de l’occupation israélienne et son contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, sur base de plus de 1700 ordonnances militaires israéliennes.

Addameer demande au nouveau Gouvernement palestinien de respecter ses promesses de donner la priorité aux prisonniers et de mobiliser toutes ses ressources, tant au niveau local qu’au niveau international, dans des actions véritables et efficaces, en particulier de la part du ministère de la Justice et du ministère des Affaires étrangères, afin de dénoncer les violations et crimes commis par le puissance d’occupation.

En outre, Addameer demande aussi qu’il s’emploie à activer et soutenir le mouvement BDS en tant que moyen de tenir la puissance occupante pour responsable de ses propres violations en cours contre le peuple palestinien.

Addameer demande au Comité international de la Croix-Rouge de :

  •  Constituer immédiatement une équipe médicale afin de contrôler les conditions de santé des grévistes de la faim.
  •  Condamner publiquement le recours par Israël à la détention administrative contre les Palestiniens, alors que ce recours constitue une violation de la Quatrième Convention de Genève.
  •  Exercer des pression sur l’ISP afin qu’il respecte les droits des grévistes de la faim, et ce, en vue d’assurer leur bien-être.

Addameer demande aux Nations unies de :

Condamner publiquement le recours par Israël à la détention administrative, recours qui enfreint la Quatrième Convention de Genève et les lois internationales qui garantissent des normes de procès équitables.

Addameer demande aux Nations unies d’instaurer immédiatement une commission permettant une enquête internationale et la visite des prisons afin d’observer les traitements et les conditions de vie des prisonniers et détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

Addameer demande à l’Organisation mondiale de la santé d’entamer immédiatement une enquête sur les pratiques et les violations commises par les médecins des prisons, en faisant référence ici aux Déclarations de Malte et Tokyo à propos des grévistes de la faim.

Addameer demande à l’Union européenne de :

  •   Mettre un terme à sa politique des deux poids et deux mesures et de se décider à condamner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël contre des civils palestiniens. Addameer demande également que le haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Catherine Ashton, d’exprimer publiquement son inquiétude à propos des vies des grévistes de la faim et du recours systématique et permanent par Israël à la détention administrative, et d’insister sur la nécessité de protéger les droits des grévistes de la faim conformément aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits de l’homme.
  •   Condamner publiquement le recours par la puissance occupante à la détention administrative contre les civils palestiniens, alors que ce recours constitue une violation des Conventions de Genève et des autres lois et réglementations internationales, lesquelles ne permettent le recours à la détention administrative que sur base individuelle, au cas par cas, et dans des cas graves de menace pour la sécurité, et qui garantissent également des normes de procès équitables.

Source: Addameer / Traduction: JM Flémal – Plateforme-Palestine-Charleroi

mercredi, 11 juin 2014

La Coupe contre le peuple brésilien

Faut-il détester la Coupe du monde de football?, 16 mai 2014, sur France2, dans l'émission de Frédéric Taddeï  Ce soir ou jamais.

Extrait avec Marc Perelman

Marc Perelman est architecte et professeur d'esthétique à Paris X. Il est l'auteur de différents ouvrages dont:

Le football, une peste émotionnelle. La barbarie des stades avec Jean-Marie Brohm (Folio Actuel, 2006),

le-football-une-peste-emotionnelle.png" Aux thuriféraires de la « religion athlétique » et du « culte de la performance », voici opposée la têtue réalité des faits.
Censurées, occultées, refoulées, ces réalités, loin d’être de simples « déviations », « dénaturations » ou « dérives » comme le répètent à l’envi les idéologues sportifs, constituent au contraire la substance même du football-spectacle. Derrière le matraquage footballistique de l’espace public se profilent toujours la guerre en crampons, les haines identitaires et les nationalismes xénophobes. Et derrière les gains, transferts et avantages mirobolants de stars des pelouses, promues « exemples pour la jeunesse », se cachent les salaires de misère, le chômage, l’exclusion, la précarité et l’aliénation culturelle de larges fractions de la population invitées à applaudir les nouveaux mercenaires des stades comme naguère les foules romaines étaient conviées par les tyrans aux combats des gladiateurs. Le football-spectacle n’est donc pas simplement un « jeu collectif », mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l’individu dans la masse anonyme, c’est-à-dire le conformisme des automates. "

400 pages - ISBN : 2-07-031951-2 - Prix  : 8,20 €

*

L'ère des stades: Genèse et structure d'un espace historique (Infolio, 2010) 

l-ere-des-stades.png" Au cœur des villes, le stade apparaît comme le lieu historique de la compétition sportive et d’un spectacle planétaire. Né à Olympie, il s’est métamorphosé en une machine à voir grâce à la modernité technologique – acier et verre, béton et gigantesques porte-à-faux, systèmes télévisuels et vidéosurveillance.

Consacrant une architecture monumentale, le stade est devenu une puissance visuelle ostensible magnétisant les foules fascinées. La rigueur de sa géométrie en anneau participe du façonnement de la masse qui clame sa soumission à l’ordre de la compétition sportive au sein d’un espace clos et dans un temps rythmé par les prouesses des athlètes.
Loin de la neutralité, de l’innocence, de la pureté où il puiserait une force originelle, le stade est le réceptacle dans lequel s’accumulent les ferments de la violence. Les rancœurs politiques et sociales sont captées, orientées et amplifiées par la logique de la compétition sportive dont le stade est la matrice."

464 pages -  ISBN : 978-2-88474-532-1 - Prix  : 32,00 €

*

Le sport barbare - Critique d'un fléau mondial (Michalon, 2012).

le-sport-barbare-2.png" Le sport, en quelques décennies, s’est élevé au niveau d’une puissance mondiale incontournable, la nouvelle et vraie religion du XXIe siècle. Sa liturgie singulière mobilise dans le même temps d’immenses masses coagulées dans les stades ou agglutinées devant les écrans de toute taille que les supporters visualisent de façon compulsionnelle. Ces masses grégaires, obéissantes, souvent violentes, mues par des pulsions chauvines, nationalistes, parfois xénophobes et racistes, sont assoiffées de compétitions sportives, euphorisées par les victoires mais oublieuses des luttes sociales et politiques, surtout la jeunesse.
L’organisation même d’un sport planétaire, étayée par un ordre pyramidal opaque, s’est érigée et solidifiée comme un mode de production et de reproduction socio-économique, envahie par une esthétique crépusculaire, exhibant des champions dopés et accumulant des quantités de marchandises très ordinaires. Le sport, désormais un spectacle total, s’affirme comme le seul média structurant dans toute sa profondeur le quotidien de milliards d’individus.
Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport- spectacle lamine tout sur son passage et devient un projet d’une société sans projet."

208 pages - ISBN : 978-2-84186-647-8 - Prix : 16,00 €

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Sarkozy bling-bling

La république irréprochable

"Quand je sortirai, la cote de mes concurrents s’effondrera"

Sarkozy

Bling-bling, c'est aussi le bruit des casseroles sarkosystes : affaire Bygmalion, financement "libyen" de la campagne présidentielle de 2007, affaire-dossier Woerth-Bettencourt et son sous-dossier Gilbert Azibert, affaire Tapie/ Lagarde, sondages de l’Elysée... En oublierait-on ?


UMP - Je veux une République irréprochable par ump

> Les casseroles judiciaires de Nicolas Sarkozy,  Par , publié le 27/05/2014

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Chirurgie esthétique

Kosciusko-Morizet - à défaut de sacrifier de la poule - a trouvé la solution pour faire taire le vacarme et conjurer le mauvais sort : changer de nom au parti - parce que nommer c'est faire exister - et vendre dans la foulée le siège de l'UMP... Adieu mauvais souvenirs ! adieu méchants fantômes... de quoi contredire le destin calamiteux de la droite.

De 1947 à 2002, cette droite s'est successivement présentée aux citoyennes et citoyens ébahis sous les vocables de Rassemblement du peuple français (RPF), d'Union pour la nouvelle République (UNR) - devenue UNR-UDT après le regroupement de l'UNR avec les gaullistes de gauche de l'Union démocratique du travail, (UDT) -, d'Union des démocrates pour la Ve République (UD-Ve), d'Union pour la défense de la République (UDR), de Rassemblement pour la République (RPR) et d'Union pour la démocratie française (UDF), d'Union pour un mouvement populaire (UMP) - en oublierait-on ?  A  chaque opération le même pot et la même tambouille, à chaque fois l'apparition d'une nouvelle virginité proclamée comme un miracle qui ravit les abonnés de la crèche pour qui les chapeaux haut-de-forme accouchent de lapins albinos.

P-S: Ce n'est qu'une suggestion, mais on sait que chez les Patrignoles celui qui veut se protéger du mauvais œil prend le nom de gragnouflasse, parce que c'est celui d'un animal venimeux aux dents longues qui dégage une telle puanteur que même l'Ankou file sans demander son dû.

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lundi, 09 juin 2014

Le mantra libre-échangiste

capitalisme"Ce qu'on appelle, non sans quelque niaiserie, la mondialisation doit être diagnostiquée comme un effort collatéral massif de la subordination de l'économie au marché financier central représenté par les Bourses." 

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau, économiste, ancien expert du CNPF et du MEDEF, rappelle que, depuis vingt-cinq ans, chaque nouvelle percée libérale — marché unique, monnaie unique, marché transatlantique — a été défendue en prétextant qu’elle résorberait le chômage. Ainsi, un rapport de 1988, "Défi 1992", annonçait que "nous devions gagner cinq ou six millions d’emplois grâce au marché unique. Toutefois, au moment où celui-ci a été instauré, l’Europe, victime de la récession, en a perdu entre trois et quatre millions "

" Au fil des cycles de crise et d’expansion économique, des concentrations industrielles et bancaires gigantesques ont émergé dans les pays capitalistes les plus puissants. Ces trusts sont devenus les vrais dirigeants de la société. Et, par leur poids économique et leurs liens innombrables dans les appareils d’État de leurs pays respectifs, ils dictent leur politique aux États. Libre-échange et protectionnisme ne sont toujours que deux aspects non pas contradictoires mais complémentaires des politiques de la classe capitaliste.

Cette domination des grands trusts sur les États, qui date au bas mot d’une centaine d’années, fait qu’il est absurde de penser que les appareils d’État puissent représenter des intérêts différents de ceux des grands trusts. Or, dans la propagande des antilibéraux, la casse des services publics et le recul de la protection sociale seraient la conséquence de choix politiques fait sous l’influence de la pensée libérale. Il suffirait que des politiciens antilibéraux accèdent aux manettes du pouvoir pour protéger et rétablir cet étatisme social qui se délite. "  (LO)

Traité transatlantique :

en finir avec la protection sociale et le droit du travail

Pour ce qui concerne le traité transatlantique, les promesses en termes de création de richesse et d’emploi ne seront pas tenues, mais toutes les politiques de protection sociale et le droit du travail, considérés comme des " barrières non-tarifaires ", ont du souci à se faire.

" A travers l’harmonisation des normes et règles entre les deux puissances transatlantiques, il se pourrait que le droit du travail soit lui aussi remis en cause. Les États-Unis ont catégoriquement refusé de ratifier certaines des normes les plus élémentaires en matière de droit du travail, dans le cadre de l’organisation internationale du travail (OIT), y compris les conventions sur la liberté d’association et de pratiques syndicales. Dans le même temps, les récentes attaques de la commission européenne sur les salaires, dans le cadre de la crise de l’euro, démontrent les dispositions particulièrement menaçantes de l’UE à l’égard des normes en matière de travail. Le PTCI pourrait servir d’instrument pour réformer la législation du travail en Europe, et l’« harmoniser » avec celle des Etats-Unis. Celle-ci comprend par exemple une disposition anti-syndicale tristement célèbre, sous une dénomination trompeuse (The Right To Work), qui restreint systématiquement la liberté des employés de s’associer – avec des conséquences désastreuses pour leurs droits .

Selon la fédération syndicale AFL-CIO, la législation étatsunienne a contribué à une course au moins-disant social en termes de salaires, de normes de santé et de sécurité, à mesure que les états étaient mis en compétition pour attirer les capitaux. Lorsque la commission européenne annonce qu’elle souhaite faire l’inventaire de la législation du travail de sorte à « réduire le risque de voir l’investissement étatsunien diminuer en Europe au bénéfice d’autres régions du monde », il y a fort à craindre que la compétition entre les Etats membres de l’Union européenne soit exacerbée par la signature d’un accord transatlantique. Après tout, la législation du travail européenne n’a-t-elle pas été identifiée comme « mesure non-tarifaire » qui ferait obstacle au commerce transatlantique ?

Le Conseil régional de Bretagne à même du se fendre d'un "vœu" poli à l'adresse du gouvernement où il lui demande de " s’opposer et au Parlement européen d’apposer son veto à tout accord qui remettrait en question le cadre réglementaire en matière d’environnement, de santé, de diversité culturelle et linguistique, de protection des citoyens."

> Comment le traité transatlantique menace l’emploi et les droits sociaux -  Les dessous de Bruxelles.

> Conseil régional de Bretagne: Vigilance sur le projet de zone de libre échange transatlantique

> Un piège transatlantique par Serge Halimi, Monde diplomatique - mars 2014

> Grand marché transatlantique : les tergiversations du Parti socialiste, par Laura Raim, Monde diplomatique - mai 2014  -

Investisseurs & multinationales contre l’État  

Suite à une intense et longue campagne des lobbies de l’industrie et des officines juridiques, le mandat de négociation pour un accord étendu de libre commerce avec les États-Unis révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales : les grandes compagnies devraient pouvoir contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits et exiger des exiger des dommages et intérêts de plusieurs millions de dollars. " Ainsi, les Etats membres de l’UE peuvent voir leurs lois domestiques de protection des intérêts publics contestées dans des tribunaux offshore, secrets, dans lesquels les lois nationales n’ont aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention."

" Ce "système investisseur contre Etat", qui semblait rayé de la carte après l’abandon de l’AMI en 1998, a été restauré en catimini au fil des années. En vertu de plusieurs accords commerciaux signés par Washington, 400 millions de dollars sont passés de la poche du contribuable à celle des multinationales pour cause d’interdiction de produits toxiques, d’encadrement de l’exploitation de l’eau, du sol ou du bois, etc.. Sous l’égide de ces mêmes traités, les procédures actuellement en cours — dans des affaires d’intérêt général comme les brevets médicaux, la lutte antipollution ou les lois sur le climat et les énergies fossiles — font grimper les demandes de dommages et intérêts à 14 milliards de dollars." (Lori.M.Wallach)

Renforcement de ce qui existe déjà dans le cadre de l’ALENA en Amérique du Nord et dans le droit commercial actuel français :

"En 2013, Angers Loire Métropole a versé 500 000 euros à Décathlon et cela va se reproduire tous les ans jusqu’en 2016, pour un montant total de deux millions d’euros. Au nom de quoi Décathlon, propriété de la famille Mulliez, qui possède Auchan, peut-il réclamer cette somme ? Ces deux millions sont une pénalité que le groupe fait payer à l’agglomération angevine pour ne pas avoir réalisé la bretelle routière promise en 2007 pour obtenir l’installation d’un magasin. Et Décathlon aura le beurre et l’argent du beurre, car l’agglomération d’Angers a assuré que la bretelle serait effectivement construite en 2016 !" (LO)

On comprend que le gouvernement PS, hypnotisé par le mantra libre-échangiste et celui du " juste échange", ait tout intérêt à faire vite et à mener au pas de course les négociations pour un accord dont ses capitalistes ont tant besoin : "Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations", a benoitement confié Hollande.

> Une déclaration transatlantique des droits des multinationales, par Corporate Europe Observatory, Transnational Institute / ATTAC - octobre 2013,

> Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens, par Lori M. Wallach -

 Engagées en 2008, les discussions sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont abouti le 18 octobre. Un bon présage pour le gouvernement américain, qui espère conclure un partenariat de ce type avec le Vieux Continent. Négocié en secret, ce projet ardemment soutenu par les multinationales leur permettrait d’attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.

 *

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> Le procès de TAFTA : Faut-il combattre le traité de libre-échange transatlantique ?  mardi 20 mai 2014.   Emission, présentée par Guillaume Erner, disponible en intégralité ici. Avec notamment Elvire Fabry, chercheuse au think-tank « Notre Europe-Institut Jacques Delors », Jean Quatremer (en duplex de Bruxelles), journaliste à « Libération », Karine de Crescenzo de l’UFC-Que Choisir et Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

> La lutte contre l’accord de libre-échange États-Unis-Europe, une nouvelle diversion -  Lutte Ouvrière, mars 2014

 *

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> http://www.collectifstoptafta.org/

> https://www.laquadrature.net/fr/tafta

> http://stoptafta.wordpress.com/stopper-tafta-pourquoi/

> http://www.nouvelledonne.fr/communiques/ttip-tafta

08:35 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, tafta, traité de libre-échange | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 07 juin 2014

ASSEZ ! Pétition pour un accueil digne pour les sans papiers

Vendredi 7 juin,  200 migrants ont manifesté à Calais, plusieurs menaçant d'entamer une grève de la faim

"Quelque 200 migrants voulant passer en Angleterre ont défilé samedi après-midi à Calais avec des dizaines de militants d'associations de soutien pour demander de meilleures conditions d'accueil, dix jours après l'évacuation de campements, plusieurs menaçant d'entamer une grève de la faim" AFP 3 Nord-pas-de-Calais

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Nous vous invitons à signer et faire signer la pétition suivante avant le 18 juin 2014.

4 000 signatures récoltée la date du 11 juin

Le Gisti
Groupe d'information et de soutien des immigré⋅e⋅s

*

Depuis la fermeture du camp de Sangatte il y a 12 ans, point de départ du processus d’invisibilité des personnes migrantes en transit vers d’autres pays du nord de l’Europe,

Nous ne comptons plus les morts,

Nous ne comptons plus les blessures et les maladies dues aux conditions de vie,
 
Nous ne comptons plus les destructions d’abris et d’effets personnels,
 
Nous ne comptons plus les expulsions « Dublin » vers la Hongrie ou l’Italie, ni les expulsions tout court vers des pays d’origine dangereux,
 
Nous ne comptons plus les violences policières,
 
Nous ne comptons plus les actes de mépris des responsables politiques et de l’administration envers les exilés et les gens qui les soutiennent,
 
Nous ne pouvons que constater les conséquences psychologiques de toutes ces injustices, tant sur les personnes migrantes que sur celles qui leur viennent en aide,
 
Nous ne pouvons que voir augmenter le désarroi des habitants des villes et villages où ces exilés survivent et la montée des peurs, du rejet de l’autre parce qu’aucune réponse humaine, cohérente n’est apportée par les autorités de notre pays ni par l’ensemble des pays européens,

L’étendue de tous ces désastres est trop importante, c'en est assez !

Monsieur le premier ministre,
Madame la ministre du logement et de l’égalité des territoires,
Madame la ministre des affaires sociales,
Monsieur le ministre de l’intérieur,
Monsieur le secrétaire d’État aux affaires européennes,
Monsieur le délégué interministériel à l’hébergement et à l’amélioration de l’habitat,

nous vous appelons à faire cesser cette situation qui n’a que trop duré. Nous demandons :

  •  Une révision du règlement Dublin III qui fasse en sorte de permettre à chaque demandeur d’asile en Europe d’aller déposer son dossier dans le pays de son choix ;
  •  Une renégociation du traité du Touquet qui mette fin à l’absurdité et à la dangerosité de la situation à Calais ainsi qu’à Paris et dans tous les camps du Nord-Pas de Calais ;
  •  Un arrêt définitif des violences policières ;
  •  Le respect, sans hypocrisie, de l’inconditionnalité de l’hébergement qui ne peut que se traduire par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant ;

 Dans l’attente de ces dispositifs, la mise en place d’un camp humanitaire d’urgence à Calais et partout où ce sera nécessaire, géré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et/ou des ONG missionnées.

>> Signer la pétition <<

Terre d'Errance /  G.I.S.T.I  / Calais, Ouverture & humanité /Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme

 

Miossec : "Samedi soir au Vauban"


La session de Miossec : "Samedi soir au Vauban...

Dans le Rendez-vous de Laurent Goumarre, France culture
du lundi au vendredi de 19h à 19h54

08:05 Publié dans Musique, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : miossec, laurent goumarre, samedi soir au vauban, musique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook