mardi, 17 juin 2014

Sauvons l’Université ! Mobilisation nationale 18 juin

mobilisation nationale le 18 juin 2014

Appels intersyndicaux et inter-organisations
contre les fusions d'universités, les regroupements forcés et les ComUE

CGT-FERC, CGT-FERCsup, CGT-Inra, FO-FNEC-FP, FO-Snpress, FO-Supautonomes, Groupe du 4 avril, RESAU, Sauvons l’Université !

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Voir aussi :

Que cache le passage en force des ComUE ? (Communautés d'Universités et d'Etablissements) -  RESEAU

Fédération ou Confédération : deux modalités de regroupement prévues par la loi relative à l’Enseignement supérieur et à la Recherche du 23 juillet 2013 - PDF RESEAU

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Préavis de grève pour le 18 juin 2014

 Jeudi 12 juin 2014

 Monsieur le Ministre,

La FERC CGT appelle à des rassemblements mercredi 18 juin contre les fusions et regroupements régionaux d’établissements d’enseignement supérieur, qui déstructurent le service public d’enseignement supérieur et de recherche et dégradent les conditions de travail des personnels. Les conditions dans lesquelles s’opèrent ces différents regroupements ou fusions, réalisés dans la précipitation et sans réel travail prospectif, sont totalement opaques et ignorent ostensiblement l’expression et le point de vue des personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

À l’occasion des actions qui auront lieu ce jour-là, des agents seront conduits à décider de cesser le travail.

En conséquence, la FERC CGT dépose un préavis de grève pour la journée du 18 juin 2014, ainsi que pour les nuitées en amont et en aval de celle-ci pour les agents travaillant en horaires décalés.

Ce préavis concerne l’ensemble des personnels des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche rattachés au Ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Soyez assuré, monsieur le ministre, de notre attachement indéfectible aux valeurs du Service public et de la Fonction publique.

Hervé BASIRE
Secrétaire Général

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 Appel pour la journée du 18 Juin 2014

 Jeudi 12 juin 2014

 Dans la continuité du gouvernement précédent, le ministère actuel pousse à la fusion des universités. Dans cet objectif, la loi LRU-Fioraso du 22 juillet 2013 impose le regroupement régional des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche, principalement sous la forme de Communautés d’universités et d’établissements (ComUE), éventuellement sous le régime de l’association.

Ce double mouvement de fusions et de regroupements régionaux a des conséquences néfastes dont les personnels des universités fusionnées (Bordeaux, Aix-Marseille, Lorraine, par exemple) font d’ores et déjà les frais : mobilités forcées, obligation de candidater sur son propre poste, remise en cause des acquis en matière d’horaires et de congés, nivellement des primes par le bas, etc. Les regroupements impliquent des réorganisations, des mutualisations de services, des réductions d’effectifs, ainsi que l’externalisation de services entiers, entraînant fatalement une dégradation accrue des conditions de travail.

Nous ne pouvons cautionner cette politique, le plus souvent sans fondement scientifique et pédagogique, de regroupements purement technocratiques.

Les ComUE et les fusions, élaborées dans une grande opacité, se traduiront par :

  •  La réduction significative de formations et d’activités de recherche au détriment de certains établissements, au détriment de certaines disciplines et au détriment des personnels et étudiants.
  •  L’augmentation des coûts de fonctionnement et d’organisation ce qui risque de fragiliser encore davantage les établissements déjà durement touchés par les plans d’économie.
  •  La remise en cause de la démocratie universitaire, déjà largement mise à mal par la loi LRU-Pécresse. L’objectif des regroupements est d’amoindrir systématiquement la représentation des personnels au nom d’une « gouvernance » resserrée.
  •  La multiplication des niveaux de décision et de la bureaucratie.
  •  La dégradation accrue des conditions d’exercice de nos métiers et la remise en cause des garanties pour les personnels.

Ce processus de territorialisation-régionalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, visant à réduire à une trentaine le nombre d’entités universitaires et de recherche, en cohérence avec l’acte III de la décentralisation, ne peut que déboucher à terme sur :

  •  La régionalisation des diplômes, détruisant leur caractère national et remettant ainsi en cause les garanties collectives nationales des salariés,
  •  La transformation des organismes nationaux de recherche en agences de moyens au service des politiques de sites régionales.

L’enjeu est considérable : le passage en force des ComUE et des fusions est une mise au pas des universités par le ministère avec la complicité de certains présidents. La remise en cause du caractère national des organismes de recherche menace directement l’existence de ces organismes et le statut de leurs personnels pouvant aller jusqu’à la perte du statut de fonctionnaires d’état comme on a pu le voir précédemment pour les personnels des lycées et collèges. Les personnels et les usagers n’acceptent pas ces regroupements qui concrétisent l’éclatement du service public national de l’enseignement supérieur et de la recherche.

NON aux fusions, COMUE et autres regroupements régionaux : moratoire immédiat de leur mise en place !

Maintien des diplômes nationaux (Licence, Master et Doctorat) dans les universités

ABROGATION DES LOIS LRU-PÉCRESSE ET LRU-FIORASO

RdV le 18 juin à 14h à Sèvres-Babylone
où nous rejoindrons les personnels de l’Éducation Nationale qui manifestent
contre la réforme des rythmes scolaires jusqu’au ministère !

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 La caporalisation de l'université

 supautonome-fo et snprees-fo

13 juin 2014

Avec le soutien des syndicats co-gestionnaires et de la CPU, la secrétaire d’État à l’Enseignement Supérieur Geneviève Fioraso poursuit aveuglément les réformes qui accentuent les problèmes qu’elle prétend résoudre loin de toute véritable concertation. La volonté du Ministère et de Présidents zélés d’imposer partout dans la précipitation et de manière autoritaire les regroupements d’établissements, et plus particulièrement les fusions et les COMUE, constitue une menace sans précédent sur la diversité académique,  les statuts des personnels et les libertés universitaires.

SUPAUTONOME-FO et le SNPREES-FO n’avaient pas approuvé l’émiettement inconsidéré de l’Université Française, mais nous ne pouvons cautionner cette politique, le plus souvent sans fondement scientifique et pédagogique, de regroupements purement technocratiques au prétexte fallacieux de simplification administrative et d’une plus grande efficacité de la gouvernance.

Les COMUE, élaborées dans une grande opacité se traduiront par :

  •    La réduction significative de formations et d’activités de recherche au détriment de certains établissements et de certaines disciplines.
  •   La transformation des organismes de recherche en agences de moyens territorialisées au service des politiques de sites régionales
  •   L’augmentation des couts de fonctionnement et d’organisation ce qui risque de fragiliser encore davantage les établissements déjà durement touchés par les plans d’économie.
  •   La concentration des pouvoirs entre les mains de quelques uns et l’éloignement des personnels des instances de décisions.
  •  La multiplication des niveaux de décision et de la bureaucratie.
  •  Une représentation des personnels et l’exercice de la démocratie collégiale en forte diminution.
  •  L’aggravation des conditions d’exercice de nos métiers et la remise en cause des garanties pour les personnels.

Ne nous y trompons pas, le passage en force des COMUEs est une mise au pas des universités par le ministère avec la complicité de certains présidents qui ont confisqué les débats sans respect des règles de la démocratie universitaire. Confrontés aux injonctions comminatoires du Ministère et aux diktats des présidents, les personnels universitaires, sans lesquels rien d’efficace ne peut se faire, commencent à comprendre et refusent, de plus en plus nombreux, ces projets liberticides qui violent les libertés universitaires et bafouent leurs droits.

L’enjeu est considérable. Chacun doit se mobiliser dans les établissements pour faire prévaloir une université respectueuse des personnels et refuser les propositions dans lesquelles les conditions d’exercice de nos métiers, nos statuts et nos libertés sont menacés. Les personnels de l’enseignement supérieur doivent être libres des décisions qui les concernent et engagent leur avenir.

Les personnels et les usagers n'acceptent pas ces regroupements qui concrétisent l'éclatement du service public républicain dans un cadre territorialisé, en cohérence avec l'acte III de la décentralisation.

Dans cette perspective, VENEZ NOMBREUX, c'est l'avenir de l'université et de la recherche qui se joue ! SUPAUTONOME-FO et le SNPREES-FO appellent les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche à refuser les regroupements arbitraires et à se rassembler devant le Ministère de l’Education Nationale, l'Enseignement Supérieur et la Recherche le 18 juin.

RdV le 18 juin à 14h à Sèvres-Babylone, où nous rejoindrons les personnels de l'Education Nationale qui manifestent contre la réforme des rythmes scolaires jusqu'au ministère !

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Journée de mobilisation le 18 juin.

Contre le passage forcé aux COMUE

Avant qu’il ne soit trop tard !

 Groupe du 4 avril  -  RESAU - Sauvons l’Université !

16 juin 2014

L’obligation faite à marche forcée aux universités et aux écoles de se regrouper arrive à échéance en  juillet. Mais c’est dans les tous prochains jours que les CA des établissements d’enseignement supérieur doivent voter pour se prononcer pour ou contre les COMUE.

La loi qu’il s’agit de mettre en application a été modifiée de manière subreptice lors de la séance du 14 janvier dernier dans le cadre du débat sur la loi agricole, permettant le suffrage indirect des représentants. Aucune consultation des personnels, encore moins de démocratie dans ces futurs mastodontes pour lesquels nos responsables nous promettent la lune, après avoir tenu le même discours sur les PRES.

C’est maintenant qu’il faut se mobiliser pour soutenir nos élus dans les conseils. Après, il sera trop tard.

Clamons haut et fort que nous refusons que l’enseignement supérieur et la recherche soient traités de manière aussi désinvolte. 

Exigeons un moratoire sur ces regroupements, le temps qu’on nous donne les premiers bilans des réformes déjà engagées.

Exigeons que soit retiré le cavalier législatif inscrit dans le texte de la loi agricole en examen à l’Assemblée Nationale, et visant, entre vaches et cochons, à détruire un peu plus la démocratie et la collégialité universitaires.

Nous appelons les enseignants chercheurs, chercheurs, BIATSS, enseignants,  étudiants, tous ceux qui font et qui sont l’Enseignement supérieur et la Recherche,  à faire de la journée du 18 juin une première étape décisive dans un mouvement de réappropriation de nos libertés académiques, de nos établissements, de notre avenir.

Retrouvons nous le mercredi 18 juin à 14 h à Paris (métro Sèvres-Babylone) 

Groupe du 4 avril /Tribune Le changement à l’Université et dans la recherche, c’est maintenant ?
RESAU Sauvons l’Université !

 http://groupedu4avril.wordpress.com/

http://www.resau.fr/

http://www.sauvonsluniversite.com/

lundi, 16 juin 2014

Cyril Ramaphosa : bon appétit !

Jacob+Zuma+Mangaung.jpegCyril Ramaphosa l'ancien secrétaire général du Syndicat des mineurs (NUM) et le vice-président du Congrès national africain (ANC) est, depuis mai, vice-président de la République d’Afrique du Sud.

Selon l’hebdomadaire sud-africain The Sunday Times, ce serait l’homme le plus riche d’Afrique du Sud - après son beau-frère Patrice Motsepe, magnat minier et fondateur du groupe minier African Rainbow Minerals (ARM), dont la fortune était en 2013 la huitième d’Afrique , selon la revue américaine Forbes.

Julius Malema, le leader des " Combattants pour la liberté économique " qui vient d’être élu au Parlement, met en cause Ramaphosa dans le drame de Marikana où des grévistes du trust anglais du platine Lonmin furent abattus par la police. Un évènement considéré comme le pire drame dans ce pays depuis la fin du régime ségrégationniste de l’apartheid en 1994.

Le 16 août 2012, 3 000 employés de la compagnie minière britannique Lonmin, qui exploite autour de Marikana plusieurs mines de platine, réclament des hausses de salaire. La police est appelée pour mater les grévistes : 47 mineurs, tous noirs, seront  massacrés sous le faux  prétexte que les policiers se sentaient menacés.

" Dans la vidéo, apparemment prise par un policier, on entend un officier inviter ses collègues à faire preuve de retenue: "Le gars est là, qui court. Ne tirez pas sur lui, ne tirez pas sur lui!" Mais un instant plus tard, des coups de feu retentissent, puis la caméra se déplace sur un cadavre. Puis on entend un autre policier dire : "Cet enc... de sa mère, je lui ai tiré dessus au moins dix fois!" Selon Channel 4 News, ce corps a été retrouvé avec 12 impacts de balles." le Monde

A la suite du massacre, 270 grévistes furent accusés car " leur action avait contraint la police à tirer pour se défendre". C'était la mise en pratique de la doctrine de la Common Purpose appliquée en 1989 par un juge blanc : 14 Noirs innocents furent à l'époque condamnés à mort parce qu'ils étaient simplement "présents sur le lieu " où un policier noir avait été tué.  Face au scandale et grâce à une importante mobilisation le procès des grévistes fut annulé.

A l'époque, Cyril Ramaphosa, actionnaire de la compagnie minière Lonmin, siégeait à son conseil d’administration. Un des avocats des 200 mineurs arrêtés à Marikana a divulgué, devant la Commission Farlam chargée de faire la lumière sur cette tragédie, des courriers électroniques plutôt compromettants.  Dans un de ces messages Cyril Ramaphosa  écrit en effet à propos des grévistes : " …il ne s’agit pas d’un conflit du travail. Ces évènements sont clairement des actes criminels et doivent être définis comme tels. Il faut une action concomitante pour répondre à cette situation ".

" Au-delà des questions évidentes de droits de l’homme et de la nature des rapports entre employeurs et salariés, cet "événement" a créé la possibilité d’un renouvellement profond de la réflexion politique, dévoilant les caractéristiques, pouvant prendre des traits extrêmes,  de la classe dominante représentée par la fusion du capitalisme noir de Ramaphosa, la collaboration (par le biais de Ramaphosa) de Lonmin avec les ministres des Mines et de la Police et la brutalité des procureurs de l’État qui accusèrent les victimes d’être responsables du crime." Patrick Bond.

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> Cyril Ramaphosa, prochain président de l’Afrique du Sud ?, par Sabine Cessou -  RFI

> Afrique du Sud : « Le feu et la destruction » - Entretien avec Natacha Filippi - 23 décembre 2013.

> Afrique du Sud - Le massacre de Marikana : un tournant ?  Fédération des travailleurs des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT - 3 septembre 2012

> Afrique du Sud. Zuma, Ramaphosa et le «capitalisme des copains» (II), par Patrick Bond - Alencontre

> Sophie Bouillon, prix Albert Londres 2009, pour son reportage "Bienvenue chez Mugabe, nous  apprend que Cyril Ramaphosa, le " révolutionnaire capitaliste" (sic) à " forte tendance socialiste " (re-sic), le symbole de cette "nouvelle lutte capitaliste" (re-re-sic) est aussi propriétaire des 145 restaurants McDonald’s d’Afrique du Sud et qu'il préfère le Filet-O-Fish au Big Mac. Merdalors !

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dimanche, 15 juin 2014

Soutien aux cheminots et aux intermittents du spectacle

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

SOUTIEN AUX CHEMINOTS ET AUX INTERMITTENTS DU SPECTACLE

Le 15 juin 2014.

3992716853.pngLe Conseil national du M’PEP réuni les 14 et 15 juin salue le combat des cheminots et des intermittents du spectacle et soutient leur mouvement de grève.

Les travailleurs de la SNCF mènent le combat pour le rétablissement d’un grand service public du transport en s’opposant à la réforme que veut imposer le gouvernement avec la complicité de tous les partis de gouvernement. En éclatant la SNCF en trois EPIC distincts il prépare sa privatisation et l’ouverture à la concurrence, synonymes d’augmentation des prix, d’atteinte à la qualité du service et à la sécurité, voire de sa disparition dans les zones rurales « non-rentables », de dégradation des conditions de travail des personnels.

En imposant cette réforme, le gouvernement se conforme une fois de plus aux injonctions du Conseil européen qui « RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2014-2015 :[…] dans le secteur ferroviaire, à garantir l’indépendance du nouveau gestionnaire unique des infrastructures à l’égard de l’opérateur historique et à prendre des mesures pour ouvrir le marché intérieur du transport de passagers à la concurrence avant 2019 ». C’est l’application des directives européennes qui conduit à la privatisation du système ferroviaire français."

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Quant aux intermittents du spectacle, c’est la culture vivante qu’ils défendent face au MEDEF et aux grosses entreprises du spectacle et de l’audiovisuel. En défendant leur régime, c’est le principe même de l’indemnisation chômage qu’ils défendent, que le patronat voudrait supprimer au prétexte d’améliorer la compétitivité. On veut maintenir les intermittents dans un état de précarité matérielle et morale, refusant de reconnaître leur rôle essentiel dans le développement d’une culture ouverte à tous.

Le combat engagé par les cheminots et les intermittents ne doit pas rester isolé. Pas plus que toutes les luttes que mènent tous les jours des travailleurs pour la défense de leurs salaires, de leurs conditions de travail, de leur emploi, sans que les médias à la solde des classes dominantes en parlent.

Le M’PEP appelle à soutenir les travailleurs et les citoyens en lutte et à créer partout les conditions de la victoire sur les classes possédantes, en imposant la souveraineté populaire et en se libérant de l’Union européenne."

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Manifestation des intermittents le 16 juin 2014.


Manifestation des intermittents le 16 juin 2014... par franceculture

Myrtil Jasmin Patriote

Le 27 prairial an II, (15 juin 1794), était déclarée à l'officier public de Dol-de-Bretagne la naissance de Myrtil Jasmin Patriote Loncle, fils de Jeanne Loncle, veuve et mère célibataire. Preuves vivantes de la crise du dogme et de la religion révélée, de la laïcisation et de la décatholicisation des campagnes ?

« Aujourd’hui vingt sept prairial, l’an second de la République française, une et indivisible, aux huit heures dudit jour, devant moi René-François-Thimotée Juhel La plesse, agent national et officier public de la commune de Dol, est comparu en la salle de la Maison Commune, Marie-Françoise Mondin, veuve Gilles Julien Bienvenu, sage-femme, domiciliée de Dol, âgée de cinquante-huit ans, assistée de Françoise-Jeanne Bienvenu, âgée de vingt et un ans, tailleuse et de Marguerite Domer, âgée de vingt-deux ans, lingère, femme du citoyen Jean Gilles Bienvenu, secrétaire de la municipalité de Dol, tous domiciliés de ladite commune, laquelle m’a déclaré que Jeanne Loncle, âgée de trente-trois ans, veuve de Mathurin Muguet, est accouchée aujourd’hui sur les deux heures et demie après-midi, dans sa demeure située rue de la Liberté, d’un enfant mâle, qu’elle m’a présenté et auquel elle a donné les prénoms de Mirtil-Jasmin Patriote, déclarant que ladite Jeanne Loncle n’est plus dans l’état du mariage depuis plusieurs années. D’après cette déclaration et la représentation de l’enfant, j’ai rédigé le présent acte que ladite et les deux témoins ont signé avec moi. Fait en la Maison Commune de Dol, les jours, mois et an susdits. »

Quelques mois plus tôt, le  le 15 ventôse an II, (5 mars 1794), c'est Brutus La Raison Espoir du Monde Coursin, que l'on déclarait dans cette même ville.

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Nadine Berthau, " Les prénoms révolutionnaires à Dol-De-Bretagne ", Annales historiques de la Révolution française, 322 | octobre-décembre 2000,  URL : http://ahrf.revues.org/1847  ; DOI : 10.4000/ahrf.1847

Annales historiques de la Révolution française, 322  / octobre-décembre 2000 : Les prénoms révolutionnaires,  url : http://ahrf.revues.org/32

Duine F. "La crise morale pendant la Révolution. Le divorce à Dol", Annales de Bretagne. Tome 25, numéro 1, 1909. pp. 14-19.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1909_num_25_1_1319

09:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dol-de-bretagne, prénoms, révolution | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Jacques Toubon, de chaise en chaise...

Le missionnaire sautillant : sa vie son œuvre.

ToubonPour remplacer Dominique Baudis, décédé en avril dernier, au poste de Défenseur des droits, Hollande lorgne sur un ex-baron de Jacquouille la Fripouille, garde-fou de la Chiraquie aux temps des " affaires", ancien ministre de la culture et de la francophonie, puis de la Justice. Il faut dire que, question droit, Jacques Toubon est un homme d'expérience(s). Comment aurait-on pu ne pas penser à lui dans le cadre de cette "république exemplaire" pour défendre les citoyens quelles que soient leurs origines, leurs sexualités et leurs opinions ?

- Florilège -

Loi d'abolition de la peine de mort de Robert Badinter :

En 1981, Jacques Toubon vote contre le projet de loi qui abolit la peine de mort mais il  vote en  pour l'article 1er prescrivant que " la peine de mort est abolie "...

Délit d'Homosexualité :

Le 27 juillet 1982, Toubon vote contre l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal relatif aux relations homosexuelles avec les mineurs de plus de 15 ans.

Contrait d'union civil  :

En 1995, Toubon refuse, en tant que ministre de la Justice, l’examen de la proposition de loi socialiste créant le Contrat d’union civile (ancêtre du Pacte civil de solidarité) en ces termes : " Le gouvernement n’est pas favorable parce que l’ordre public s’y oppose. " Puis, s'étant découvert un intérêt pour la cause homosexuelle, il annonce, le 2 avril 1997, en conseil des ministres, qu'il faut songer à réformer le Code civil, notamment en direction " des couples vivant hors du cadre du mariage". Mais il parviendra à torpiller la réforme.

Affaire Xavière Tiberi :

En octobre 1996, Toubon met tout en œuvre pour éviter une mise en examen à Xavière Tiberi. L'épouse du maire de Paris est accusé d'avoir touché un salaire fictif de 200 000 francs pour un rapport contesté et bâclé sur la coopération décentralisée

"Le procureur d'Evry étant  en vacances dans l'Himalaya, Henri Dujardin, le procureur adjoint décide d'ouvrir une information judiciaire confiée à un juge d'instruction, contre l'avis de son supérieur hiérarchique qui n'avait ordonné qu'une enquête préliminaire confiée à la police. Qu"à cela ne tienne : dans l'espoir que Laurent Davenas, le procureur de l'Essonne, puisse revenir sur cette décision, Toubon, alors ministre RPR de la Justice, décide d'employer les grands moyens. " Un hélicoptère est alors affrété au Népal. Un membre de l'ambassade de France à Katmandou est chargé de remettre au procureur un document lui demandant de confirmer par écrit les consignes d'enquête préliminaire qu'il a laissées en partant..."(Le Monde)

Marchés publics de la Ville de Paris :  Le Canard enchaîné du 22 janvier 1997, met les palmes dans le bourbier des affaires de la Chiraquie :

" Pendant que l’Elysée discourt sur l’indépendance de la justice, le parquet général de Paris et le parquet de Créteil s’affairent. Les deux procureurs s’apprêtent à donner un sérieux coup de frein aux investigations du juge Philippe Vandingenen sur des marchés publics de la Ville de Paris passés à l’époque où Chirac en était le maire.

Charger d’enquêter sur un délit de favoritisme dont aurait bénéficié l’entrepreneur J.Lebourgeois, ce juge a constaté que d’autres sociétés ont, elles aussi, bénéficié d’appels d’offres truqués. Ils étaient lancés par la direction de l’architecture et le bureau des musées de la Ville de Paris. Mais le magistrat ne pourra pousser très loin ses recherches.

Pour pouvoir exploiter ses découvertes, Vandingenen avait besoin d’une réponse positive à la demande de réquisitoire supplétif qu’il a déposée en décembre 1996 sur le bureau du procureur Michel Barrau. Aujourd’hui, après consultation du cabinet de Toubon, le procureur général, Alexandre Benmakhlouf, s’apprête à lui signifier un refus tout net. Et un haut magistrat de conclure : "Accorder au juge ce qu’il demande lui permettrait d’enquêter sur tous les marchés de la Ville de Paris".  Et, bien entendu, il n’en est pas question. " Canard Enchaînné

Prises illégales d'intérêts :

Mis en examen en novembre 1999 pour « prise illégale d'intérêts », Toubon est écarté par Philippe Séguin de la tête de liste RPR pour les municipales de 2001 dans le XIIIe arrondissement.

Toubon est alors soupçonné d'avoir fait pression en 1995 sur la Safer Languedoc-Roussilon (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural)  pour qu'elle favorise l'attribution d'un domaine agricolede 70 hectares dans le village de Castelnou à la société immobilière parisienne La Topaze, et ce au détriment d'un couple de restaurateurs qui a porté plainte. Le directeur de La Topaze,Roland Laplace, est aussi le coiffeur de Lise, l'épouse de Jacques Toubon.

Nous avons vainement cherché l'heureux dénouement de cette bien triste affaire... Non lieu ?

2012 - le missionnaire en or :

Comme nous le rappelle le Canard Enchaîné qui avait déjà éventé le précédent épisode heliporté :

En décembre 2010, Sarkozy lui avait offert une « mission de réflexion et de proposition sur les défis de la révolution numérique aux règles fiscales européennes«". Hollande a ensuite reconduit Toubon dans cette tâche de la plus haute importance. Et les premiers résultats sont à la hauteur des attentes.

Entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, Jacques Toubon a ainsi amassé plus de 19 000 euros de notes de taxi. Près de 160 euros, en moyenne, par jour ouvré. Et aussi 8 679 euros de notes de restaurant, hors frais de mission à l’étranger ( 21 518 euros, tout de même). En revanche, et il faut le souligner, Toubon s’est montré d’une sobriété exemplaire pour les fournitures de bureau, les prestations d’impression ou de reprographie. Rien, zéro euro au compteur !

Au total, pour le 1er semestre 2012, la mission Toubon aura déjà coûté la bagatelle de 53 657 euros à l’ État. A quoi il convient d’ajouter la mise à disposition d’une assistante, d’un stagiaire et d’un bureau, rue de Tolbiac, à Paris. (Source)

On en oublie...?

On comprend que le syndicat de la Magistrature ait dit récemment tout le bien qu'il pensait de cette proposition de nomination où l'incompétence le dispute au choix partisan sur fonds musical de quelques casseroles :

(..) Lors de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Syndicat de la magistrature avait dénoncé tant l’absorption – à des fins politiques - du Défenseur des enfants et de la HALDE dans cette autorité administrative indépendante, que la mainmise du président de la République sur la nomination du Défenseur, qui venait immédiatement contredire l’indépendance constitutionnellement affirmée.

Confier un tel pouvoir au Président de la République, même sous la condition de validation par les 3/5ème des membres des commissions des assemblées parlementaires, c’était autoriser toutes les nominations partisanes et créer les conditions d’une dépendance à l’égard de l’exécutif.

François Hollande a fait le choix de s’en départir, en proposant la nomination d’un membre éminent du RPR, proche de Jacques Chirac, et qui serait à cet égard insoupçonnable.

L’erreur est là. Car pour une telle fonction, l’appartenance partisane est indifférente. Ce qui ne l’est pas, c’est la compétence, la crédibilité et la capacité à incarner une indépendance au service des droits.

[...]

N’était-il donc pas possible de proposer comme Défenseur des droits une personnalité, transcendant les divisions partisanes, dont les convictions et les engagements sont forts et unanimement reconnus ?

Il appartient désormais aux commissions des assemblées parlementaires de nous le dire.

Dans une tribune publiée sur Rue89, les députés PS Yann Galut et Alexis Bachelay appellent les parlementaires à voter contre la nomination de Toubon.

Mehdi Ouraoui (Conseil national PS) et Julien Bayou (Porte-parole EELV) ont mis en ligne une pétition contre la nomination de Toubon.

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samedi, 14 juin 2014

"On a Slow Train" : David Linx & Diederik Wissels

"Session Jazz Vocal avec David Linx, chanteur originaire de Bruxelles, lié à l’œuvre de l’écrivain James Baldwin comme à André Ceccarelli. Il fête cette année 25 ans de collaboration avec le pianiste Diederik Wissels, plusieurs de leurs morceaux sont déjà inscrits dans le Real Book (livre de standards américain)... ils interprètent une de leur composition : On a Slow Train."



La Session de David LINX et Diederik WISSELS

Enregistrée à Radio France le 27 juin 2013.
Une programmation musicale signée : Matthieu CONQUET
Le Site du Rendez-vous : http://www.franceculture.fr/emission-le-rendez-vous

Région-Etat : féodalité et caporalisation

Corse : langue et système des dépouilles

" Le système des dépouilles repose sur la vieille idée de sinécure et de patronage : les postes dans les services publics sont distribués selon la faveur du prince. Il a conduit par exemple au spoil system pratiqué dans l’administration fédérale américaine au dix-neuvième siècle. Dans un tel système, la rotation des agents est fonction des majorités politiques au pouvoir. Une partie des emplois est réservée aux fidèles du ou des partis vainqueurs dans la lutte pour le pouvoir et l’exercice du gouvernement."  Christian De Visscher et Gauthier Le Bussy

cheval de troie.jpgL'Assemblée de Corse a voté le 17 mai la co-officialité du corse et du français qui prévoit l'utilisation de la langue corse "normalisée" dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale - comme l'éducation, les services publics et les médias.

Comme cette loi sera peut-être invalidée par le Conseil constitutionnel, le Conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse (CTC), à majorité de gauche, monte aux créneaux.

Paul Giaccobi, député du Parti radical de gauche de la 2ème circonscription de Haute-Corse et président du Conseil exécutif de Corse s'est dit prêt à saisir des instances internationales pour faire appliquer ce statut de co-officialité : 

"J’examinerai tous les recours sur le plan international, y compris la mise en évidence des contradictions de la France qui voudrait imposer, avec arrogance, à d’autres pays de faire vis-à-vis de leurs langues minoritaires ce qu’elle se refuse, elle, à faire pour ses propres langues minoritaires." Et d'ajouter : "Si la France était un pays normal, il n'y aurait pas difficulté... mais elle n'est pas un pays normal... Et a une sorte d'intolérance à la diversité et à l'identité de ses régions".

Heureux homme qui, malgré tout, aura fait - et poursuit - une carrière très normale dans un pays anormal.

La co-officialité est présentée sous les plus beaux atours pour ne pas effrayer les Corses par ses conséquences désastreuses (à propos de bilinguisme, il est déjà est déjà appliqué en Corse). L'anesthésiant se compose donc de formules magiques qui ont fait leur preuve comme "principe d'égalité", "progrès démocratique", etc. Ainsi Dominique Bucchini, parti-communiste-Front de gauche et président de l'Assemblée de Corse,  déclarait publiquement en avril :

" Ce cadre - la co-officialité - n’a pas d’autre objet que l’affirmation de l’égalité juridique des deux langues sur le territoire de la Corse, en vue d’une égalité réelle dans la société. un tel statut constituerait un progrès démocratique car, s’il créerait des droits nouveaux pour les individus, ça ne serait pas au détriment des droits existants ni en contradiction avec le principe d’égalité devant la loi ; on ne peut, par ailleurs, raisonnablement penser que la co-officialité, sur le territoire de la CTC, du corse et du français, serait de nature à saper les fondements de la République Française, dont le caractère " indivisible" s’accorde avec l’" organisation décentralisée".

Menaces et promesses ont de quoi inquiéter. C'est à Ange Rovère, historien, membre du PCF et ancien premier adjoint au maire de Bastia de nous alerter sur quelques unes de ses conséquences:

" Les articles 15 et 16 effacent le statut de la fonction publique, donnent à la Collectivité Territoriale, donc à une instance politique, un pouvoir régalien sur le déroulement des carrières des fonctionnaires suivant leur niveau de pratique du corse. C’est le retour de Vichy. Que des groupes ou des hommes partisans de l’ultra libéralisme aient voté cette forfaiture peut se comprendre. Mais comment des communistes ont-ils pu jeter à la poubelle le statut de 1946 porté sur les fonts baptismaux par Maurice Thorez ?

La suppression des instances paritaires est confirmée par les articles 7 et 10: un Conseil Académique Territorial composé majoritairement d’élus devient non seulement maître des programmes mais sera habilité à gérer le recrutement des enseignants et leur affectation toujours selon le critère du niveau de maîtrise de la langue.

Ce texte dont il faudrait décortiquer les 27 articles et leurs alinéa est clair: il vise à faire du corse une " langue nationale " comme une des bases de la construction d’une " région-état " dans laquelle le corps social serait remodelé dans une logique de " spoil system " à l’anglo-saxonne aux antipodes du socle républicain. En se prévalant d’une justification supranationale (La charte des langues régionales et minoritaires) la co-officialité sert de cheval de Troie à une caporalisation de la société et à une remise en cause des valeurs de la citoyenneté.

Ces dispositions, si elles étaient appliquées, représenteraient un danger au regard des principes qui sont les fondements de l’unité et de la cohérence de la République.

*

> Co-officialité de tous les dangers, par Ange Rovère - Respublica  (source France Corse)

>   Christian De Visscher et Gauthier Le Bussy, " La politisation de la fonction publique : quelques réflexions d’ordre comparatif ", Pyramides, 3 |- URL : http://pyramides.revues.org/538

>  CTC- La coofficialité u Corse et du Français alimente le débat  Les propos du ministre de l'Intérieur sur l'officialité de la langue corse suscitent encore des réactions. FranceTV-3

>  Les enseignants indignés par le projet de la CTC de co-officialité de la langue corse Corse-Matin - 2012 :

Fabien Minéo, secrétaire départemental du syndicat Snuipp-FSU, :

" Nous sommes contre le fait que la CTC adapte et vote les programmes scolaires, ce n'est pas raisonnable. De même, comment voulez-vous que la collectivité intègre les 4 500 fonctionnaires de l'Education nationale alors qu'aujourd'hui, il n'y a que 2 000 employés à la CTC ? Être fonctionnaire d'Etat c'est être certain de ne pas risquer la banqueroute comme on le voit en ce moment en Catalogne où la région autonome a des difficultés de budget. Mais globalement comment peut-on accepter que l'Education nationale tombe entre les mains politiques de quelque bord que ce soit ! "

vendredi, 13 juin 2014

Le sport et la mort : "Les gens ont l'air heureux..."

11 Septembre 1973 - L’armée du général Augusto Pinochet, appuyée par la CIA, bombarde le palais présidentiel. Après un combat de quelques heures, Salvador Allende, président du Chili depuis 1970, prononce à la radio son dernier discours avant de mourir.

Pinochet et ses complices prennent le pouvoir et installent la dictature qui s'éternisera durant 17 années. Du côté américain, Henry Kissinger, secrétaire d'État du gouvernement de Richard Nixon, écrit : "Aussi désagréables que soient ses actes, le gouvernement de Pinochet est meilleur pour nous que ne l'était Allende".

Le lendemain du coup d’État, l'Estadio Nacional de Santiago (60 000 places) est réquisitionné et transformé en camp de concentration - le plus grand du pays. Les opposants au nouveau régime y sont torturés et exécutés.

Le 11 septembre 1973, Victor Jara était à l’université technique de Santiago, où il enseignait le théâtre. Barricadé avec les étudiants, il est arrêté le lendemain et emmené avec 600 prisonniers, non pas au Stade national, saturé, mais dans le plus modeste Estadio Chile, un gymnase couvert. François-Xavier Gomez
Battu, les mains brisés Victor Jara sera assassiné au fusil-mitrailleur,  le corps criblé de 44 balles dont le coup de grâce dans la tête. 

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Estadio Nacional de Santiago 1973 © - 2014 / WC

Le 26 septembre 1973, en vue de la coupe du monde au Chilli prévue en 1974, les équipes chilienne et soviétique s'opposent à Moscou pour le match aller du barrage qualificatif. Mais pour organiser le match retour, il faut nettoyer le stade de Santiago que la presse internationale surnomme déjà le " stade de la mort".

Le comité d'organisation de la FIFA entérine la date du 21 novembre 1973 sous réserve d'un rapport satisfaisant de la part de ses deux délégués : Helmut Käser ( secrétaire général suisse) et Abilio d'Almeida (vice-président brésilien de l’organisation). Ils rendront, on s'en doute, un rapport impartial :  le stade est selon eux utilisé comme un centre d'orientation, les gens présents ne sont pas des prisonniers mais des détenus dont l'identité reste à établir de même que leur rôle durant les évènements du 11 septembre. Il précisent même  : " Nous avons trouvé que le cours de la vie était normal, il y avait beaucoup de voitures et de piétons, les gens avait l'air heureux et les magasins étaient ouverts, et on  nous a dit que contrairement à l'époque précédant le 11 septembre la  nourriture et d'autres biens étaient disponibles." ( Paul Dietschy)

" L’instance internationale du football, soucieuse de donner l’image d’un football indépendant des événements politiques, et préservant par la même occasion des intérêts économiques colossaux, cautionne la dictature de Pinochet et l’utilisation militaire du stade en acceptant le déroulement du match dans la capitale chilienne. " ( Les cahiers du football)

La fédération soviétique refuse de se déplacer au Chili et demande la tenue du match dans un pays tiers - ce qui lui est refusée. Pour effacer ce camouflet, et dans le plus pur style des dictateurs démentiels d'Amérique latine, Pinochet organise un simulacre de jeu : un arbitre, 40 000 spectateurs dans des tribunes nettoyées, onze joueurs chiliens... mais pas d'équipe adverse sur le terrain. Francisco Valdés, le capitaine de la sélection, assurera à son équipe la qualification pour la coupe du monde 1974 en marquant un but.

La sélection chilienne quittera malgré tout la compétition au premier tour sans avoir gagné un seul vrai match.


 

> Match de football Chili – URSS (1973) - Wikipedia

> Émission Partout ailleurs d'Eric Valmir  : '"Courir après un ballon, des montgolfières et le temps", Pinochet et le foot comme orgueil national -  " Le match le plus pathétique de l'histoire du foot, raconté par Adrien Bosc de la revue Desports qui publie ce mois un numéro spécial Coupe du Monde"

> Chili-URSS 73, les fantômes du Nacional, par - Les cahiers du football

> L’autre histoire de l’Estadio Nacional - par Nicolas, le blog Lucarne opposée.

 

77 pays font de l’homosexualité un crime

Sur le site de

images?q=tbn:ANd9GcTZlAuB2c4NZUiTVlWVBqYPly2vXHgMlfKSzByyYKSnXi28Pse6y9U3kPA1

http://www.abolition.fr/

La terrible répression des homosexuels

Aujourd’hui encore, 77 pays dans le monde font de l’homosexualité un crime. Pire encore, 11 d’entre eux punissent l’homosexualité de la peine de mort : Afghanistan, Arabie Saoudite, Brunei, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Nigeria (dans les 12 États du Nord ayant adopté la charia), Soudan, Somalie (dans les émirats islamiques régis par Al Shabaab), le Pakistan et le Yémen.
La défense des droits des homosexuel-le-s est devenu un combat très périlleux mais indispensable. Explications et analyse avec Richard Sédillot, avocat et administrateur d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

>> Lire l'interview

>> Voir la carte mondiale Homosexualité et Peine de mort


Homosexuels en Ouganda : « nous sommes discriminés, excommuniés »

Âgé d’une trentaine d’années, Moses Mulwinda a perdu sa famille, ses amis, son travail… en raison de son homosexualité. Il a été aussi humilié, agressé et torturé. Dans son pays, l’Ouganda, qui a adopté l’une des lois anti-gay les plus répressives d’Afrique, avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe est un crime passible de la prison à perpétuité et faire la « promotion » de l’homosexalité est illégal. Face à cette persécution étatique, qui a failli recourir à la peine de mort, Moses a décidé de réagir. Il est devenu le directeur des programmes de l’ONG Spectrume qui défend les droits des homosexuels de manière détournée. >>

> Lire le témoignage

FIFA : le capitalisme tourne rond

Sepp Blatter, président de la Fifa et membre du CIO, a affirmé que la Coupe du monde 1978 en Argentine, sous la dictature de Videla, avait été " une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système politique, qui était à l’époque un système militaire". Malgré des appels au boycott en France, la compétition avait eu lieu.

fifa-go-home.jpgSao-Paulo : à quelques heures de l'ouverture du match inaugural Brésil-Croatie la police militaire a remplacé les poms-poms girls et a sorti son attirail : matraques, gaz lacrymogène et balles de caoutchouc. 

Mercredi, à Sao Paulo, des milliers de manifestants défilaient au cri de " Fifa go home ", et dénonçaient la spéculation immobilière et l'ingérence de la Fifa dans la législation brésilienne.

La FIFA

La mainmise de la FIFA se fait pas sentir que sur l’économie du pays organisateur :  au Brésil, un nouvel appareil législatif a été imposé par la FIFA. En juin 2012, le Parlement brésilien votait la " Lei Geral da Copa"  ( (loi générale de la Coupe) présentée devant le Congrès dès septembre 2011 par le député du Parti des Travailleurs, Vincente Cândido. Au delà de quelques mesures d’ordre " technique " cette loi marque l'emprise de la FIFA - Etat dans l'Etat - qui a même su imposer des modifications du code pénal : est ainsi considéré comme crime fédéral toute atteinte à l’image de la FIFA ou de ses sponsors ainsi que les publicités " d’embuscade " ou "d’intrusion " qui utiliseraient sans autorisation toute image reliée à la compétition et au football en général. Des tribunaux d'exception - tribunaux contraires à la Constitution brésilienne de 1988 - appliqueront plus rapidement les sanctions qui vont de la simple amende à des peines de deux ans de prison.

Comme le montrent les signataires de la tribune parue dans Libération "boycottons le foot et la Fifa

" Non seulement l’emprise de la Fifa sur l’organisation est totale mais elle s’exerce aussi sur le gouvernement brésilien et sur les Brésiliens eux-mêmes qui manifestent trop bruyamment aux yeux de Sepp Blatter, Jérôme Valcke, secrétaire général, ou encore Michel Platini, l’un des vice-présidents de la Fifa, qui souhaite que cessent les manifestations ("calmez-vous !"). Autrement dit, la souveraineté d’un pays de 200 millions d’habitants est mise à mal par une bande de marchands d’illusions installés dans une Suisse qui les protège par le biais de la forme juridique de la Fifa, organisation internationale non gouvernementale (association à but non lucratif de droit helvétique, inscrite au registre du commerce au sens des articles 60 et suivants du code civil suisse). De fait, la Fifa brasse des milliards d’euros et exerce sa puissance financière et idéologique dans une totale opacité."

> Boycottons le foot et la Fifa - Libération sports - Tribune par Michel CAILLAT Economiste, Pierre GUERLAIN Américaniste, Marc PERELMAN Esthétique philosophique, Antonin KOSIK Philosophe (République tchèque), Patrick VASSORT Sociologue, Valério ARCARY Historien (Brésil), Tilo SCHABERT Philosophe (Allemagne) et Charles-André UDRY Economiste (Suisse)

> Mondial : Comment la FIFA fait sa loi, par David Robert -So Foot

> Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil,  par Pauline Hofmann - Europe1

Bras de fer entre la FIFA et le Congrès brésilien Copa 2014 - Les exigences de la FIFA,  par Lucas Gardenal  - mars 2012

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Le mot de la fin : Les éclats sociaux de Platini qui auront peut-être échappés au non-adeptes peu télévisuels.

« Au Brésil, il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu... sociaux, ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on ne maîtrise pas, quoi…

Le climat est tendu, oui et bien justement, il faut qu’on appelle, nous, les gens à dire : le Brésil faîtes un effort pendant un mois, calmez-vous, rendez hommage à cette belle coupe du monde. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. Moi j’avais dis la dernière fois, si on va au Brésil c’est comme si, euh... les musulmans allaient à la Mecque, si les chrétiens allaient à Rome et si les juifs allaient à Jérusalem. C’est exactement ça d’aller à la Coupe du Monde au Brésil. Bon, c’est pour ça que tout le monde se fait une joie d’aller au Brésil ! Bien les Brésiliens il faut qu’ils se mettent dans l’idée de recevoir les touristes du monde entier et que pendant un mois ils fassent la trêve. Pas des confiseurs, mais qu’ils fassent une trêve.»

> Platini recommande aux Brésiliens d’augmenter les doses d’opium - Jérôme Latta, 28 avril 2014