vendredi, 13 juin 2014

FIFA : le capitalisme tourne rond

Sepp Blatter, président de la Fifa et membre du CIO, a affirmé que la Coupe du monde 1978 en Argentine, sous la dictature de Videla, avait été " une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système politique, qui était à l’époque un système militaire". Malgré des appels au boycott en France, la compétition avait eu lieu.

fifa-go-home.jpgSao-Paulo : à quelques heures de l'ouverture du match inaugural Brésil-Croatie la police militaire a remplacé les poms-poms girls et a sorti son attirail : matraques, gaz lacrymogène et balles de caoutchouc. 

Mercredi, à Sao Paulo, des milliers de manifestants défilaient au cri de " Fifa go home ", et dénonçaient la spéculation immobilière et l'ingérence de la Fifa dans la législation brésilienne.

La FIFA

La mainmise de la FIFA se fait pas sentir que sur l’économie du pays organisateur :  au Brésil, un nouvel appareil législatif a été imposé par la FIFA. En juin 2012, le Parlement brésilien votait la " Lei Geral da Copa"  ( (loi générale de la Coupe) présentée devant le Congrès dès septembre 2011 par le député du Parti des Travailleurs, Vincente Cândido. Au delà de quelques mesures d’ordre " technique " cette loi marque l'emprise de la FIFA - Etat dans l'Etat - qui a même su imposer des modifications du code pénal : est ainsi considéré comme crime fédéral toute atteinte à l’image de la FIFA ou de ses sponsors ainsi que les publicités " d’embuscade " ou "d’intrusion " qui utiliseraient sans autorisation toute image reliée à la compétition et au football en général. Des tribunaux d'exception - tribunaux contraires à la Constitution brésilienne de 1988 - appliqueront plus rapidement les sanctions qui vont de la simple amende à des peines de deux ans de prison.

Comme le montrent les signataires de la tribune parue dans Libération "boycottons le foot et la Fifa

" Non seulement l’emprise de la Fifa sur l’organisation est totale mais elle s’exerce aussi sur le gouvernement brésilien et sur les Brésiliens eux-mêmes qui manifestent trop bruyamment aux yeux de Sepp Blatter, Jérôme Valcke, secrétaire général, ou encore Michel Platini, l’un des vice-présidents de la Fifa, qui souhaite que cessent les manifestations ("calmez-vous !"). Autrement dit, la souveraineté d’un pays de 200 millions d’habitants est mise à mal par une bande de marchands d’illusions installés dans une Suisse qui les protège par le biais de la forme juridique de la Fifa, organisation internationale non gouvernementale (association à but non lucratif de droit helvétique, inscrite au registre du commerce au sens des articles 60 et suivants du code civil suisse). De fait, la Fifa brasse des milliards d’euros et exerce sa puissance financière et idéologique dans une totale opacité."

> Boycottons le foot et la Fifa - Libération sports - Tribune par Michel CAILLAT Economiste, Pierre GUERLAIN Américaniste, Marc PERELMAN Esthétique philosophique, Antonin KOSIK Philosophe (République tchèque), Patrick VASSORT Sociologue, Valério ARCARY Historien (Brésil), Tilo SCHABERT Philosophe (Allemagne) et Charles-André UDRY Economiste (Suisse)

> Mondial : Comment la FIFA fait sa loi, par David Robert -So Foot

> Cette "loi Fifa" qui ligote le Brésil,  par Pauline Hofmann - Europe1

Bras de fer entre la FIFA et le Congrès brésilien Copa 2014 - Les exigences de la FIFA,  par Lucas Gardenal  - mars 2012

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Le mot de la fin : Les éclats sociaux de Platini qui auront peut-être échappés au non-adeptes peu télévisuels.

« Au Brésil, il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu... sociaux, ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on ne maîtrise pas, quoi…

Le climat est tendu, oui et bien justement, il faut qu’on appelle, nous, les gens à dire : le Brésil faîtes un effort pendant un mois, calmez-vous, rendez hommage à cette belle coupe du monde. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. Moi j’avais dis la dernière fois, si on va au Brésil c’est comme si, euh... les musulmans allaient à la Mecque, si les chrétiens allaient à Rome et si les juifs allaient à Jérusalem. C’est exactement ça d’aller à la Coupe du Monde au Brésil. Bon, c’est pour ça que tout le monde se fait une joie d’aller au Brésil ! Bien les Brésiliens il faut qu’ils se mettent dans l’idée de recevoir les touristes du monde entier et que pendant un mois ils fassent la trêve. Pas des confiseurs, mais qu’ils fassent une trêve.»

> Platini recommande aux Brésiliens d’augmenter les doses d’opium - Jérôme Latta, 28 avril 2014

jeudi, 12 juin 2014

Prisonniers palestiniens : 50 jours de grève de la faim

  Détenus palestiniens dans la prison d’Ayalon, à Ramla, au sud-est de Tel-Aviv

 3992716853.pngRamallah occupée, 5 juin 2014 Des détenus administratifs palestiniens entrent aujourd’hui dans le 43e jour de grève de la faim effective qu’ils ont lancée pour protester contre la politique des détentions administratives, alors que ni les corps et institutions internationaux, ni l'’Autorité palestinienne n’exercent de pression sur la puissance occupante en vue de protéger les grévistes de la faim.

Addameer estime que ce silence aide la puissance occupante dans son refus d’accéder aux revendications des grévistes de la faim. Ceci est visible à travers deux faits extrêmement dangereux : primo, dans le fait que le Service pénitentiaire israélien (IPS – Israeli Prison Service) a informé le comité des grévistes de la faim qu’il n’était pas dans son pouvoir de négocier avec les grévistes et, secundo, dans la tentative du pouvoir occupant de faire passer une loi qui permettra de nourrir de force les grévistes de la faim.

Bien que l’Association médicale israélienne s’oppose fermement à cette proposition de loi en vue de nourrir les grévistes de force, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré récemment que l’on trouvera bien des médecins israéliens qui se chargeront de cette alimentation forcée et il a également déclaré que le processus de promulgation de cette loi sur l’alimentation forcée sera accéléré, et ce, afin d’essayer de traiter du cas des actuels grévistes de la faim. Et, en effet, si cette loi devait passer, elle aurait de sérieuses implications car, comme le dit l’Association médicale mondiale dans sa Déclaration de Malte concernant les grévistes de la faim, « l’alimentation forcée n’est jamais acceptable sur le plan de l’éthique ».

L’IPS et ses unités spéciales continuent à prendre des mesures punitives extrêmes contre les grévistes de la faim dans une tentative de briser leur grève. Ces mesures comprennent l’interdiction de toute communication avec le monde extérieur ; la restriction de l’accès à leurs conseillers juridiques ; le transfert continuel des grévistes de la faim d’une prison à l’autre ; l’isolement ; l’enfermement solitaire de la direction des grévistes de la faim ; le refus des visites de la famille ; et des amendes (allant jusqu’à 100 euros).

Les grévistes de la faim sont gardés dans des sections et des cellules vides ; leurs vêtements et leurs objets personnels élémentaires ont été confisqués ; et on ne les autorise qu’à garder des tasses pour boire de l’eau. Dans certaines prisons, on les oblige à boire de l’eau sale des robinets ou de parcourir 40 mètres afin de pouvoir avoir de l’eau.

Les gardiens de la prison et les unités spéciales de l’IPS battent et insultent les grévistes de la faim quotidiennement, les forçant à se tenir debout pour le comptage, sans prendre du tout en considération leurs conditions de santé et leur incapacité à se tenir debout.

En outre, les médecins et infirmières de l’IPS continuent à traiter les grévistes de la faim de façon inhumaine, ce qui constitue une violation de la déontologie professionnelle, selon les déclarations de Tokyo et de Malte. Parmi ces violations, le fait de donner au gréviste de la faim de l’eau salée dans des éprouvettes de prélèvement d’échantillons d’urine ; ou le fait que les unités spéciales de l’IPS retardent le moment de transférer les grévistes vers les chambres où ils doivent se reposer. Bien des grévistes qui ont été transférés dans des hôpitaux civils et qui y ont été mis aux fers sur leur lit même 24 heures sur 24, ont demandé d’être ramenés à la prison, au lieu de rester dans ces hôpitaux. Actuellement, quelque 80 grévistes de la faim se trouvent dans des hôpitaux civils.

Selon des témoignages confiés aux avocats d’Addameer, les grévistes de la faim ont déjà perdu entre 13 et 20 kilogrammes et le nombre de ceux qui s’évanouissent s’accroît rapidement. Suite à la dégradation de leur santé, certains grévistes de la faim souffrent d’hémorragies intestinales et vomissent également du sang.

La majorité des grévistes de la faim ont boycotté la clinique de la prison et refusent de prendre des vitamines et des suppléments, ce qui a abouti au transfert de 80 grévistes dans des hôpitaux et centres médicaux : centre médical Meir, hôpital Ichilov, centre médical Kaplan, centre médical Barzilai, hôpital Tel HaShomer, hôpital Beilinson, hôpital Afouleh, centre médical Soroka, centre médical Wolfson.

En réponse aux grèves de la faim en cours, les Forces d’occupation israéliennes (IOF) continuent à commettre des crimes contre les prisonniers et détenus palestiniens, de même que contre leurs partisans et tous ceux qui sont solidaires avec leur cause. Par exemple, le 15 mai 2014, deux jeunes hommes palestiniens ont été abattus et tués par les IOF au cours d’une manifestation pacifique de soutien aux grévistes de la faim, à l’extérieur de la prison d’Ofer.

Addameer demande à l’Organisation de libération de la Palestine et au Gouvernement palestinien de :

- Développer une stratégie juridique nationale s’appuyant sur les lois humanitaires internationales et sur les lois internationales en matière de droits de l’homme afin de protéger et de garantir les droits des prisonniers et de tenir la puissance occupante pour responsable des crimes actuels commis contre tous les prisonniers et détenus palestiniens.

- Appeler les parties contractantes de la Quatrième Convention de Genève à organiser une rencontre urgente qui réfléchira sur les violations continuelles des droits des prisonniers et détenus palestiniens par la puissance occupante, en s’appuyant sur l’article 1 de la Quatrième Convention de Genève, qui oblige les parties contractantes à respecter et garantir l’application des Conventions de Genève en toutes circonstances.

  •  Appeler le Conseil de sécurité à se réunir immédiatement pour discuter la question des détenus administratifs palestiniens en grève de la faim et pour intervenir afin de les protéger.
  •  Requérir un avis consultatif auprès de la Cour internationale de Justice à propos de la légalité de l’occupation israélienne et son contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, sur base de plus de 1700 ordonnances militaires israéliennes.

Addameer demande au nouveau Gouvernement palestinien de respecter ses promesses de donner la priorité aux prisonniers et de mobiliser toutes ses ressources, tant au niveau local qu’au niveau international, dans des actions véritables et efficaces, en particulier de la part du ministère de la Justice et du ministère des Affaires étrangères, afin de dénoncer les violations et crimes commis par le puissance d’occupation.

En outre, Addameer demande aussi qu’il s’emploie à activer et soutenir le mouvement BDS en tant que moyen de tenir la puissance occupante pour responsable de ses propres violations en cours contre le peuple palestinien.

Addameer demande au Comité international de la Croix-Rouge de :

  •  Constituer immédiatement une équipe médicale afin de contrôler les conditions de santé des grévistes de la faim.
  •  Condamner publiquement le recours par Israël à la détention administrative contre les Palestiniens, alors que ce recours constitue une violation de la Quatrième Convention de Genève.
  •  Exercer des pression sur l’ISP afin qu’il respecte les droits des grévistes de la faim, et ce, en vue d’assurer leur bien-être.

Addameer demande aux Nations unies de :

Condamner publiquement le recours par Israël à la détention administrative, recours qui enfreint la Quatrième Convention de Genève et les lois internationales qui garantissent des normes de procès équitables.

Addameer demande aux Nations unies d’instaurer immédiatement une commission permettant une enquête internationale et la visite des prisons afin d’observer les traitements et les conditions de vie des prisonniers et détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

Addameer demande à l’Organisation mondiale de la santé d’entamer immédiatement une enquête sur les pratiques et les violations commises par les médecins des prisons, en faisant référence ici aux Déclarations de Malte et Tokyo à propos des grévistes de la faim.

Addameer demande à l’Union européenne de :

  •   Mettre un terme à sa politique des deux poids et deux mesures et de se décider à condamner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par Israël contre des civils palestiniens. Addameer demande également que le haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Catherine Ashton, d’exprimer publiquement son inquiétude à propos des vies des grévistes de la faim et du recours systématique et permanent par Israël à la détention administrative, et d’insister sur la nécessité de protéger les droits des grévistes de la faim conformément aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits de l’homme.
  •   Condamner publiquement le recours par la puissance occupante à la détention administrative contre les civils palestiniens, alors que ce recours constitue une violation des Conventions de Genève et des autres lois et réglementations internationales, lesquelles ne permettent le recours à la détention administrative que sur base individuelle, au cas par cas, et dans des cas graves de menace pour la sécurité, et qui garantissent également des normes de procès équitables.

Source: Addameer / Traduction: JM Flémal – Plateforme-Palestine-Charleroi

mercredi, 11 juin 2014

La Coupe contre le peuple brésilien

Faut-il détester la Coupe du monde de football?, 16 mai 2014, sur France2, dans l'émission de Frédéric Taddeï  Ce soir ou jamais.

Extrait avec Marc Perelman

Marc Perelman est architecte et professeur d'esthétique à Paris X. Il est l'auteur de différents ouvrages dont:

Le football, une peste émotionnelle. La barbarie des stades avec Jean-Marie Brohm (Folio Actuel, 2006),

le-football-une-peste-emotionnelle.png" Aux thuriféraires de la « religion athlétique » et du « culte de la performance », voici opposée la têtue réalité des faits.
Censurées, occultées, refoulées, ces réalités, loin d’être de simples « déviations », « dénaturations » ou « dérives » comme le répètent à l’envi les idéologues sportifs, constituent au contraire la substance même du football-spectacle. Derrière le matraquage footballistique de l’espace public se profilent toujours la guerre en crampons, les haines identitaires et les nationalismes xénophobes. Et derrière les gains, transferts et avantages mirobolants de stars des pelouses, promues « exemples pour la jeunesse », se cachent les salaires de misère, le chômage, l’exclusion, la précarité et l’aliénation culturelle de larges fractions de la population invitées à applaudir les nouveaux mercenaires des stades comme naguère les foules romaines étaient conviées par les tyrans aux combats des gladiateurs. Le football-spectacle n’est donc pas simplement un « jeu collectif », mais une politique d’encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social qui permet la résorption de l’individu dans la masse anonyme, c’est-à-dire le conformisme des automates. "

400 pages - ISBN : 2-07-031951-2 - Prix  : 8,20 €

*

L'ère des stades: Genèse et structure d'un espace historique (Infolio, 2010) 

l-ere-des-stades.png" Au cœur des villes, le stade apparaît comme le lieu historique de la compétition sportive et d’un spectacle planétaire. Né à Olympie, il s’est métamorphosé en une machine à voir grâce à la modernité technologique – acier et verre, béton et gigantesques porte-à-faux, systèmes télévisuels et vidéosurveillance.

Consacrant une architecture monumentale, le stade est devenu une puissance visuelle ostensible magnétisant les foules fascinées. La rigueur de sa géométrie en anneau participe du façonnement de la masse qui clame sa soumission à l’ordre de la compétition sportive au sein d’un espace clos et dans un temps rythmé par les prouesses des athlètes.
Loin de la neutralité, de l’innocence, de la pureté où il puiserait une force originelle, le stade est le réceptacle dans lequel s’accumulent les ferments de la violence. Les rancœurs politiques et sociales sont captées, orientées et amplifiées par la logique de la compétition sportive dont le stade est la matrice."

464 pages -  ISBN : 978-2-88474-532-1 - Prix  : 32,00 €

*

Le sport barbare - Critique d'un fléau mondial (Michalon, 2012).

le-sport-barbare-2.png" Le sport, en quelques décennies, s’est élevé au niveau d’une puissance mondiale incontournable, la nouvelle et vraie religion du XXIe siècle. Sa liturgie singulière mobilise dans le même temps d’immenses masses coagulées dans les stades ou agglutinées devant les écrans de toute taille que les supporters visualisent de façon compulsionnelle. Ces masses grégaires, obéissantes, souvent violentes, mues par des pulsions chauvines, nationalistes, parfois xénophobes et racistes, sont assoiffées de compétitions sportives, euphorisées par les victoires mais oublieuses des luttes sociales et politiques, surtout la jeunesse.
L’organisation même d’un sport planétaire, étayée par un ordre pyramidal opaque, s’est érigée et solidifiée comme un mode de production et de reproduction socio-économique, envahie par une esthétique crépusculaire, exhibant des champions dopés et accumulant des quantités de marchandises très ordinaires. Le sport, désormais un spectacle total, s’affirme comme le seul média structurant dans toute sa profondeur le quotidien de milliards d’individus.
Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport- spectacle lamine tout sur son passage et devient un projet d’une société sans projet."

208 pages - ISBN : 978-2-84186-647-8 - Prix : 16,00 €

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Sarkozy bling-bling

La république irréprochable

"Quand je sortirai, la cote de mes concurrents s’effondrera"

Sarkozy

Bling-bling, c'est aussi le bruit des casseroles sarkosystes : affaire Bygmalion, financement "libyen" de la campagne présidentielle de 2007, affaire-dossier Woerth-Bettencourt et son sous-dossier Gilbert Azibert, affaire Tapie/ Lagarde, sondages de l’Elysée... En oublierait-on ?


UMP - Je veux une République irréprochable par ump

> Les casseroles judiciaires de Nicolas Sarkozy,  Par , publié le 27/05/2014

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Chirurgie esthétique

Kosciusko-Morizet - à défaut de sacrifier de la poule - a trouvé la solution pour faire taire le vacarme et conjurer le mauvais sort : changer de nom au parti - parce que nommer c'est faire exister - et vendre dans la foulée le siège de l'UMP... Adieu mauvais souvenirs ! adieu méchants fantômes... de quoi contredire le destin calamiteux de la droite.

De 1947 à 2002, cette droite s'est successivement présentée aux citoyennes et citoyens ébahis sous les vocables de Rassemblement du peuple français (RPF), d'Union pour la nouvelle République (UNR) - devenue UNR-UDT après le regroupement de l'UNR avec les gaullistes de gauche de l'Union démocratique du travail, (UDT) -, d'Union des démocrates pour la Ve République (UD-Ve), d'Union pour la défense de la République (UDR), de Rassemblement pour la République (RPR) et d'Union pour la démocratie française (UDF), d'Union pour un mouvement populaire (UMP) - en oublierait-on ?  A  chaque opération le même pot et la même tambouille, à chaque fois l'apparition d'une nouvelle virginité proclamée comme un miracle qui ravit les abonnés de la crèche pour qui les chapeaux haut-de-forme accouchent de lapins albinos.

P-S: Ce n'est qu'une suggestion, mais on sait que chez les Patrignoles celui qui veut se protéger du mauvais œil prend le nom de gragnouflasse, parce que c'est celui d'un animal venimeux aux dents longues qui dégage une telle puanteur que même l'Ankou file sans demander son dû.

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lundi, 09 juin 2014

Le mantra libre-échangiste

capitalisme"Ce qu'on appelle, non sans quelque niaiserie, la mondialisation doit être diagnostiquée comme un effort collatéral massif de la subordination de l'économie au marché financier central représenté par les Bourses." 

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau, économiste, ancien expert du CNPF et du MEDEF, rappelle que, depuis vingt-cinq ans, chaque nouvelle percée libérale — marché unique, monnaie unique, marché transatlantique — a été défendue en prétextant qu’elle résorberait le chômage. Ainsi, un rapport de 1988, "Défi 1992", annonçait que "nous devions gagner cinq ou six millions d’emplois grâce au marché unique. Toutefois, au moment où celui-ci a été instauré, l’Europe, victime de la récession, en a perdu entre trois et quatre millions "

" Au fil des cycles de crise et d’expansion économique, des concentrations industrielles et bancaires gigantesques ont émergé dans les pays capitalistes les plus puissants. Ces trusts sont devenus les vrais dirigeants de la société. Et, par leur poids économique et leurs liens innombrables dans les appareils d’État de leurs pays respectifs, ils dictent leur politique aux États. Libre-échange et protectionnisme ne sont toujours que deux aspects non pas contradictoires mais complémentaires des politiques de la classe capitaliste.

Cette domination des grands trusts sur les États, qui date au bas mot d’une centaine d’années, fait qu’il est absurde de penser que les appareils d’État puissent représenter des intérêts différents de ceux des grands trusts. Or, dans la propagande des antilibéraux, la casse des services publics et le recul de la protection sociale seraient la conséquence de choix politiques fait sous l’influence de la pensée libérale. Il suffirait que des politiciens antilibéraux accèdent aux manettes du pouvoir pour protéger et rétablir cet étatisme social qui se délite. "  (LO)

Traité transatlantique :

en finir avec la protection sociale et le droit du travail

Pour ce qui concerne le traité transatlantique, les promesses en termes de création de richesse et d’emploi ne seront pas tenues, mais toutes les politiques de protection sociale et le droit du travail, considérés comme des " barrières non-tarifaires ", ont du souci à se faire.

" A travers l’harmonisation des normes et règles entre les deux puissances transatlantiques, il se pourrait que le droit du travail soit lui aussi remis en cause. Les États-Unis ont catégoriquement refusé de ratifier certaines des normes les plus élémentaires en matière de droit du travail, dans le cadre de l’organisation internationale du travail (OIT), y compris les conventions sur la liberté d’association et de pratiques syndicales. Dans le même temps, les récentes attaques de la commission européenne sur les salaires, dans le cadre de la crise de l’euro, démontrent les dispositions particulièrement menaçantes de l’UE à l’égard des normes en matière de travail. Le PTCI pourrait servir d’instrument pour réformer la législation du travail en Europe, et l’« harmoniser » avec celle des Etats-Unis. Celle-ci comprend par exemple une disposition anti-syndicale tristement célèbre, sous une dénomination trompeuse (The Right To Work), qui restreint systématiquement la liberté des employés de s’associer – avec des conséquences désastreuses pour leurs droits .

Selon la fédération syndicale AFL-CIO, la législation étatsunienne a contribué à une course au moins-disant social en termes de salaires, de normes de santé et de sécurité, à mesure que les états étaient mis en compétition pour attirer les capitaux. Lorsque la commission européenne annonce qu’elle souhaite faire l’inventaire de la législation du travail de sorte à « réduire le risque de voir l’investissement étatsunien diminuer en Europe au bénéfice d’autres régions du monde », il y a fort à craindre que la compétition entre les Etats membres de l’Union européenne soit exacerbée par la signature d’un accord transatlantique. Après tout, la législation du travail européenne n’a-t-elle pas été identifiée comme « mesure non-tarifaire » qui ferait obstacle au commerce transatlantique ?

Le Conseil régional de Bretagne à même du se fendre d'un "vœu" poli à l'adresse du gouvernement où il lui demande de " s’opposer et au Parlement européen d’apposer son veto à tout accord qui remettrait en question le cadre réglementaire en matière d’environnement, de santé, de diversité culturelle et linguistique, de protection des citoyens."

> Comment le traité transatlantique menace l’emploi et les droits sociaux -  Les dessous de Bruxelles.

> Conseil régional de Bretagne: Vigilance sur le projet de zone de libre échange transatlantique

> Un piège transatlantique par Serge Halimi, Monde diplomatique - mars 2014

> Grand marché transatlantique : les tergiversations du Parti socialiste, par Laura Raim, Monde diplomatique - mai 2014  -

Investisseurs & multinationales contre l’État  

Suite à une intense et longue campagne des lobbies de l’industrie et des officines juridiques, le mandat de négociation pour un accord étendu de libre commerce avec les États-Unis révèle la volonté de la Commission européenne de renforcer le pouvoir des entreprises transnationales : les grandes compagnies devraient pouvoir contester les réglementations nationales et internationales si elles affectent leurs profits et exiger des exiger des dommages et intérêts de plusieurs millions de dollars. " Ainsi, les Etats membres de l’UE peuvent voir leurs lois domestiques de protection des intérêts publics contestées dans des tribunaux offshore, secrets, dans lesquels les lois nationales n’ont aucun poids et les élus politiques aucun pouvoir d’intervention."

" Ce "système investisseur contre Etat", qui semblait rayé de la carte après l’abandon de l’AMI en 1998, a été restauré en catimini au fil des années. En vertu de plusieurs accords commerciaux signés par Washington, 400 millions de dollars sont passés de la poche du contribuable à celle des multinationales pour cause d’interdiction de produits toxiques, d’encadrement de l’exploitation de l’eau, du sol ou du bois, etc.. Sous l’égide de ces mêmes traités, les procédures actuellement en cours — dans des affaires d’intérêt général comme les brevets médicaux, la lutte antipollution ou les lois sur le climat et les énergies fossiles — font grimper les demandes de dommages et intérêts à 14 milliards de dollars." (Lori.M.Wallach)

Renforcement de ce qui existe déjà dans le cadre de l’ALENA en Amérique du Nord et dans le droit commercial actuel français :

"En 2013, Angers Loire Métropole a versé 500 000 euros à Décathlon et cela va se reproduire tous les ans jusqu’en 2016, pour un montant total de deux millions d’euros. Au nom de quoi Décathlon, propriété de la famille Mulliez, qui possède Auchan, peut-il réclamer cette somme ? Ces deux millions sont une pénalité que le groupe fait payer à l’agglomération angevine pour ne pas avoir réalisé la bretelle routière promise en 2007 pour obtenir l’installation d’un magasin. Et Décathlon aura le beurre et l’argent du beurre, car l’agglomération d’Angers a assuré que la bretelle serait effectivement construite en 2016 !" (LO)

On comprend que le gouvernement PS, hypnotisé par le mantra libre-échangiste et celui du " juste échange", ait tout intérêt à faire vite et à mener au pas de course les négociations pour un accord dont ses capitalistes ont tant besoin : "Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations", a benoitement confié Hollande.

> Une déclaration transatlantique des droits des multinationales, par Corporate Europe Observatory, Transnational Institute / ATTAC - octobre 2013,

> Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens, par Lori M. Wallach -

 Engagées en 2008, les discussions sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont abouti le 18 octobre. Un bon présage pour le gouvernement américain, qui espère conclure un partenariat de ce type avec le Vieux Continent. Négocié en secret, ce projet ardemment soutenu par les multinationales leur permettrait d’attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas aux normes du libéralisme.

 *

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> Le procès de TAFTA : Faut-il combattre le traité de libre-échange transatlantique ?  mardi 20 mai 2014.   Emission, présentée par Guillaume Erner, disponible en intégralité ici. Avec notamment Elvire Fabry, chercheuse au think-tank « Notre Europe-Institut Jacques Delors », Jean Quatremer (en duplex de Bruxelles), journaliste à « Libération », Karine de Crescenzo de l’UFC-Que Choisir et Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

> La lutte contre l’accord de libre-échange États-Unis-Europe, une nouvelle diversion -  Lutte Ouvrière, mars 2014

 *

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> http://www.collectifstoptafta.org/

> https://www.laquadrature.net/fr/tafta

> http://stoptafta.wordpress.com/stopper-tafta-pourquoi/

> http://www.nouvelledonne.fr/communiques/ttip-tafta

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samedi, 07 juin 2014

ASSEZ ! Pétition pour un accueil digne pour les sans papiers

Vendredi 7 juin,  200 migrants ont manifesté à Calais, plusieurs menaçant d'entamer une grève de la faim

"Quelque 200 migrants voulant passer en Angleterre ont défilé samedi après-midi à Calais avec des dizaines de militants d'associations de soutien pour demander de meilleures conditions d'accueil, dix jours après l'évacuation de campements, plusieurs menaçant d'entamer une grève de la faim" AFP 3 Nord-pas-de-Calais

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Nous vous invitons à signer et faire signer la pétition suivante avant le 18 juin 2014.

4 000 signatures récoltée la date du 11 juin

Le Gisti
Groupe d'information et de soutien des immigré⋅e⋅s

*

Depuis la fermeture du camp de Sangatte il y a 12 ans, point de départ du processus d’invisibilité des personnes migrantes en transit vers d’autres pays du nord de l’Europe,

Nous ne comptons plus les morts,

Nous ne comptons plus les blessures et les maladies dues aux conditions de vie,
 
Nous ne comptons plus les destructions d’abris et d’effets personnels,
 
Nous ne comptons plus les expulsions « Dublin » vers la Hongrie ou l’Italie, ni les expulsions tout court vers des pays d’origine dangereux,
 
Nous ne comptons plus les violences policières,
 
Nous ne comptons plus les actes de mépris des responsables politiques et de l’administration envers les exilés et les gens qui les soutiennent,
 
Nous ne pouvons que constater les conséquences psychologiques de toutes ces injustices, tant sur les personnes migrantes que sur celles qui leur viennent en aide,
 
Nous ne pouvons que voir augmenter le désarroi des habitants des villes et villages où ces exilés survivent et la montée des peurs, du rejet de l’autre parce qu’aucune réponse humaine, cohérente n’est apportée par les autorités de notre pays ni par l’ensemble des pays européens,

L’étendue de tous ces désastres est trop importante, c'en est assez !

Monsieur le premier ministre,
Madame la ministre du logement et de l’égalité des territoires,
Madame la ministre des affaires sociales,
Monsieur le ministre de l’intérieur,
Monsieur le secrétaire d’État aux affaires européennes,
Monsieur le délégué interministériel à l’hébergement et à l’amélioration de l’habitat,

nous vous appelons à faire cesser cette situation qui n’a que trop duré. Nous demandons :

  •  Une révision du règlement Dublin III qui fasse en sorte de permettre à chaque demandeur d’asile en Europe d’aller déposer son dossier dans le pays de son choix ;
  •  Une renégociation du traité du Touquet qui mette fin à l’absurdité et à la dangerosité de la situation à Calais ainsi qu’à Paris et dans tous les camps du Nord-Pas de Calais ;
  •  Un arrêt définitif des violences policières ;
  •  Le respect, sans hypocrisie, de l’inconditionnalité de l’hébergement qui ne peut que se traduire par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant ;

 Dans l’attente de ces dispositifs, la mise en place d’un camp humanitaire d’urgence à Calais et partout où ce sera nécessaire, géré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et/ou des ONG missionnées.

>> Signer la pétition <<

Terre d'Errance /  G.I.S.T.I  / Calais, Ouverture & humanité /Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme

 

Miossec : "Samedi soir au Vauban"


La session de Miossec : "Samedi soir au Vauban...

Dans le Rendez-vous de Laurent Goumarre, France culture
du lundi au vendredi de 19h à 19h54

08:05 Publié dans Musique, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : miossec, laurent goumarre, samedi soir au vauban, musique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 06 juin 2014

Le PS et les exigences de la mondialisation

ps-medefEn 2013, La réforme territoriale était testée en Alsace où elle fut soumise à référendum : elle fut rejetée massivement par les Alsaciens. Le gouvernement Hollande, dans son projet de réforme territoriale, va donc logiquement se passer de l’avis des citoyens français. Mais il a déjà l'appui du MEDEF qui approuve une réforme qui "doit conduire à plus de compétitivité pour les entreprises et leurs salariés."

Il y a déjà quatre ans, Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, exprimait la pensée profonde du PS quant aux réformes à venir :

« Si une collectivité devait disparaître, à long terme ce serait é évidemment le département. Non parce qu’il gère la proximité (au contraire) mais parce qu’il est devenu, en fait, le refuge du jacobinisme. C’est là que s’installent les services de l’État pour se développer. » Avant d’ajouter : « Il m’est très facile d’imaginer une cosmogonie institutionnelle dans laquelle il y aurait l’Europe, directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité. »

La suite de la logique est révélée par Emmanuelle Cosse (EELV) : le but de l’Europe est de faire disparaître les États-nations." (M'PEP)

Troadec, le bouillant et médiatique "hérault des bonnets rouges" est le fondateur du groupe autonomiste En Avant Bretagne, dont la profession de foi se veut évidement " ni de droite ni de gauche" :

" L’insertion dans la mondialisation est la clé du développement. Les États-nations sont désormais dépassés, leur cycle électoral court, et leur vision territorialement fermée sont en contradiction avec les enjeux mondiaux et de long terme..."

De quoi jeter à bas les terribles carcans des conventions collectives, du code du travail, et de ces réglementations "jacobines" qui sont les bêtes noires des multinationales - comme bon nombre d'acquis démocratiques et sociaux attachés à l’État-nation.  De quoi substituer le contrat à la loi. De quoi exacerber la concurrence entre les territoires " bassins-d'emploi".

 *

Les syndicats des services publics FSU, FO et CGT s’inquiètent des conséquences de la réforme territoriale sur la situation des milliers d'agents des régions et départements et sur l’avenir des services publics locaux.

siteon0-dc90f.gif" La CGT conteste les finalités de cette nouvelle architecture institutionnelle. Elles s’inscrivent dans la logique mortifère de l’austérité et de la compression des dépenses publiques qui affectent toutes les administrations publiques : État, collectivités locales et hôpitaux ... Et plus généralement tous les services publics. Elles répondent aux vœux de la Commission européenne qui reste vigilante sur la mise en œuvre du programme de stabilité imposé à tous les États dont la France.

L’accélération dans la mise en œuvre de cette réforme et l’absence de démocratie sociale et citoyenne dans son élaboration puisent leurs racines dans la recherche de financement des 50 milliards d’euros du « Pacte de responsabilité », dont 11 milliards d’économies demandées aux collectivités locales. Cette compression de la dépense publique et les réorganisations de services auront des conséquences sociales et professionnelles sur les fonctionnaires et les agents publics touchés de plein fouet.

Par ailleurs, quels sens et contenu donner à la création de « maisons de services au public » dans un contexte de réduction des moyens dévolus aux services publics ? Une nouvelle fois, ce sont les salariés et les populations qui vont subir la satisfaction des désidératas du patronat et des actionnaires. "

>   Réforme des territoires - Grand Monopoly et déficit démocratique

fo.jpg" Pour la fédération FO des personnels des services publics et des services de santé, la forme et le fond sont condamnables.

La forme : alors qu’il s’agit d’un redécoupage profond de la République, nous assistons à un véritable marchandage pour savoir quelle Région sera associée à telle autre Région. Cela donne un spectacle d’une distribution de baronnies où les équilibres d’ordre politique prennent le pas sur toutes autres considérations.

Le fond : la diminution du nombre de Régions, pour soi-­disant atteindre une taille critique compatible avec l’Europe, n’obéit qu’à des motivations d’ordre économiques et financières. Tout cela s’effectuant dans un contexte d’austérité et de réduction de 54 milliards des dépenses publiques. La réponse aux besoins des citoyens est totalement absente. L’extension des compétences des Régions y compris réglementaires morcèle toujours plus l’unité de la République et l’égalité républicaine. Selon la Région, les citoyens ne seront pas traités de la même façon !

Quel avenir pour 82 000 agents territoriaux concernés ?"

>  Non à la République des baronnies ! Communiqué FO Services publics et de santé

 siteon0.jpg?1399455110" Cette accélération de la réforme territoriale renforce l’idée qu’elle échappe à tout débat démocratique. Elle heurte même le processus engagé avec l’actuel avant-projet de loi. Autant d’occasions ratées d’un bilan de décennies de décentralisation, d’un rendez-vous autour des questions sur les rôles de l’État et des collectivités territoriales. Or, cette réforme mérite au contraire le nécessaire temps du débat. D’autant qu’elle exige le consensus le plus large dans la société.

"La FSU souhaite que toute nouvelle réforme territoriale permette de clarifier et définir la répartition des compétences réciproques ce qui est utile aussi bien aux usagers qu’aux personnels ; de clarifier la gestion financière et administrative ; de traiter les éléments de fiscalité et aussi de la péréquation financière en particulier entre les régions ; de respecter le pouvoir des citoyens or quid d’un lieu de démocratie locale dans ce projet et de conforter le rôle et les missions des services publics et des personnels."

> Réorganisation territoriale : un enjeu pour les Services Publics !

Les Roms : le peuple d'en bas

A l'approche des municipales de Saint-Denis,le député Mathieu Hanotin, homme de gauche (tendance PS), jugeait frauduleuse l'inscription par la mairie de 46 européens sur les listes électorales - européens, mais Roms.  Son recours a été jugé  irrecevable. Et il n'a pas gagné le fauteuil de maire.

Le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, homme de gauche (tendance PS), refusait de scolariser des enfants roms. Puis il regroupait douze d'entre eux âgés de 3 à 11 ans dans une seule classe " multiniveau " - qualifiée de classe " ethnique" par le secours catholique de l'Essonne  dont le délégué, Laurent Lurton,  déclarait même : " C’est la première fois depuis bien longtemps que dans notre République nous créons une classe, non pas en fonction de l’âge des enfants ou de leur niveau scolaire, mais en fonction de leur origine ethnique. "  Les enfants installés dans une salle annexe d’un gymnase n'avait même pas accès à la cantine de l’ensemble scolaire – distant de 100 mètres.

Et Valls, de cette gauche qui ravit la droite, nous signale que l'insertion "ne peut concerner qu'une minorité car, hélas, les occupants des campements ne souhaitent pas s'intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu'ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution" et  "Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, et qui sont évidemment en confrontation."

Quelle est cette gauche de gouvernement ? Quel est ce gouvernement de gauche ? Pour quelle politique ?

" (...) le gouvernement mène donc une politique de la race à l'encontre des populations roms. La preuve ? Ces déclarations de Manuel Valls, le 24 septembre [2013] sur France Inter, qui se veut rassurant à propos de l'ouverture imminente de l'espace Schengen, au 1er janvier 2014, aux Roumains et aux Bulgares : "Ce qui est actuellement en discussion, et pas décidé, c'est seulement une ouverture partielle limitée aux seuls aéroports. C'est une mesure qui faciliterait la vie des hommes d'affaires, sans autres conséquences." Le plus remarquable est que de tels propos passent inaperçus, ou presque. (Eric Fassin)

*

" Roms et riverains, une politique municipale de la race"

Roms_Riverains-273x290.jpg" Pour éviter race, mot par trop malsonnant, on admet plutôt que la "question rom" est une affaire de culture. De fait, la culture rom, sorte d’errance sans but dans un paysage d’ordures, de boue et de rats, est difficilement compatible avec "la nôtre". D’où leur vocation – à ne pas séjourner chez nous, à être expulsés vers leurs pays d’origine où ils trouveront plus facilement leurs marques.
Ce livre montre comment l’État français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans-papiers tunisiens ou maliens, délègue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ou supposé "ras-le-bol" des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir.
Un livre pour voir ce que nous avons chaque jour sous les yeux.

Éric Fassin est professeur à Paris 8 (département de Science politique et Centre d’études féminines et d’études de genre) et chercheur à l’IRIS et au LabTop / CRESPPA.  Carine Fouteau est journaliste à Mediapart.  Serge Guichard est militant, membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr). Aurélie Windels est journaliste et coordinatrice du collectif Cette France-là.

> Un compte rendu dans la revue Dépêches Tziganes

> Y'a-t-il une question rom ? - Émission radiophonique La Grande Table, par Caroline Broué - avec Eric Fassin,  Patrice Maniglier, philosophe, Caroline Broué et  Ludovic Piedtenu

*

"Considérant qu'il est plausible que de tels évènements puissent à nouveau survenir."

Sur l'art municipal de détruire un bidonville.

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Textes réunis et présentés par Sébastien Thiéry

" Le 29 mars 2013, un arrêté signé du maire de Ris-Orangis met en demeure les habitants du bidonville dit « de la Nationale 7 » de quitter les lieux. Trois jours plus tard, les forces de polices, accompagnées de pelleteuses, détruisent les habitations et dispersent leurs occupants. C’est à l’examen méticuleux et à la « traduction » de l’arrêté municipal que se livrent les écrivains, philosophes, architectes et juristes dont les textes sont ici réunis, à l’invitation de Sébastien Thiéry, directeur du Pôle d’exploration des ressources urbaines (PEROU).

Le 1er avril à midi, une patrouille placarde les huit pages de l’arrêté municipal n°2013/147 à l’entrée du bidonville dit « de la Nationale 7 », autrement nommé « Place de l’Ambassade » par le Pôle d’exploration des ressources urbaines (PEROU) qui, depuis quatre mois, inlas­sablement y construit, aménage, consolide et améliore les habitations. Le 3 avril à 6heures du matin, des dizaines de CRS sont déployés, trois pelleteuses prennent position. En quelques minutes les 150 personnes qui habitaient là sont dispersées. En quelques heures, le bidonville disparaît. La Place de l’Ambassade redevient un terrain vague, ainsi que l’exige cet arrêté publié pour cause de « péril imminent ».

> Post-éditions

> Visionner le film de Sébastien Thiéry (PEROU) : "Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir"

Intermittence : le partenariat PS/MEDEF

Intermittents du spectacle


Philippe Torreton : "L'intermittence est une... par franceinter

lundi 2 juin, les intermittents du spectacle se sont invités aux 26e Molières pour protester contre la baisse des budgets de la culture et la nouvelle convention chômage. Ils ont été soutenus par de nombreux comédiens.

Le comédien Nicolas Bouchaud a pris la parole officiellement au nom des intermittents pour exiger un engagement du ministre du Travail, François Rebsamen, contre l'agrément de l'accord.

3992716853.pngLETTRE OUVERTE au Premier ministre Manuel Valls, signée par des directeurs de lieux culturels, de festivals et de compagnies membres du SYNDEAC

 le 4 juin 2014

Monsieur le Premier ministre,

Nous dirigeons des théâtres, des festivals, des compagnies qui œuvrent pour la création et la diffusion du spectacle vivant sur l’ensemble des territoires. Acteurs du secteur public des arts et de la culture, nous vous interpellons solennellement pour vous demander que l’accord Unédic signé le 14 mai dernier par les partenaires sociaux ne soit pas agréé en l’état par votre gouvernement.

Les mesures prévues pour les annexes VIII et X viendraient aggraver le système en vigueur depuis 2003, dont les règles ont déjà prouvé leur injustice et leur inefficacité. Les salariés les plus précaires et les structures les plus fragiles seraient particulièrement affectés par la nouvelle hausse de 2 points des cotisations patronales et salariales, le nouveau différé d'indemnisation concernant 48% des intermittents contre 9% actuellement dès 8300 € bruts en 507 heures sur 10 ou 10,5 mois ainsi que le plafonnement du cumul des salaires et des indemnités mensualisé plutôt qu'annualisé en lien avec une date anniversaire comme nous le préconisions.

Depuis plus de dix ans, le SYNDEAC, d'autres organisations professionnelles et des parlementaires membres du Comité de suivi de la réforme de l'intermittence ont établi des propositions précises pour une réforme équitable et durable de ce régime spécifique d'assurance chômage. Une étude commandée à deux chercheurs indépendants a permis de démontrer la justice sociale et l'efficacité économique du modèle alternatif que nous défendons.
De même, l'Assemblée Nationale et le Sénat ont mené en 2013 des auditions sur l'emploi artistique et proposé à leur tour des pistes de réforme. Les négociations paritaires de cette année auraient dû être l'occasion d'analyser ces propositions concrètes. Mais tous ces travaux ont été ignorés par certains partenaires sociaux.

Le ministre du Travail a été interpellé ces dernières semaines par de très nombreux élus de gauche, demandant par courrier ou en question publique de ne pas agréer cette nouvelle convention pour ces mêmes motifs de justice sociale et de prise en compte des propositions de réforme existantes.

Alors oui, nous attendons plus d’un gouvernement de gauche que le strict respect du dialogue social paritaire. Nous attendons beaucoup plus d’un gouvernement de gauche que la seule préservation des annexes spécifiques pour les intermittents du spectacle. Nous attendons d'un gouvernement de gauche autre chose que des Assises dilatoires et la promesse d'une caisse de bienfaisance. Et nous attendons toujours d’un gouvernement de gauche les preuves d’une ambition pour la culture.

Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays : déjà le Printemps des comédiens de Montpellier est stoppé dans son envol… et demain ?

Il serait sage d’entendre enfin la juste colère des artistes, des techniciens, des professionnels de la culture. Il serait sage d’entendre aussi les inquiétudes que près de 100 parlementaires et élus locaux ont adressées par courrier au ministre du Travail pour lui demander de ne pas signer ce texte.
Avec eux, à travers la justice et l’équité d’une réforme du régime de l’intermittence, nous défendons aussi le développement humain, culturel et économique des territoires. Parce que l'humain est le moteur de tout acte de création, il est impératif de préserver ces emplois.

Nous continuons d'attendre de votre gouvernement qu'il renonce à agréer en l’état cette nouvelle convention Unédic ou qu'il accepte à tout le moins d'y surseoir pour partie : les annexes VIII et X méritent en urgence une nouvelle concertation élargie.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre haute considération.

> les signataires sur le site du SYNDEAC

> Fondé en 1971, le Syndicat national des Entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC) représente plus de 370 institutions, parmi lesquelles la grande majorité des centres   nationaux, des scènes nationales, des centres chorégraphiques nationaux,  de nombreuses scènes conventionnées, compagnies théâtrales et chorégraphiques, ensembles musicaux, des salles de musiques actuelles, des festivals, des lieux de production et de diffusion des arts du cirque et des arts de la rue, des entreprises travaillant dans le domaine des arts plastiques et graphiques.

> France Inter : Intermittents : vers un blocus des festivals ?

 

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