mardi, 15 avril 2014

Cambadélis : le meilleur d'entre eux...

"Si les poutres supérieures ne sont pas droites, les poutres inférieures sont également de travers"

Proverbe chinois

"Moi-président-de-la-république" ne serait pas le chef de la majorité promettait-il, et c'est pourquoi il vient d'introniser l'incomparable Cambadélis à la tête du PS - après s'être débarrassé du tout aussi incomparable Harlem Désir par une promotion-sanction dans la foulée des municipales. Chaises musicales, révolution de palais et couacs divers.

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Bruits de godillots froissés et jérémiades à "l'aile gauche" plaintive du PS devant le choix imposé par leur chef suprême de Cambadélis à leur tête - il lorgnait déjà ce poste il y a un an et demi.

" J’apprends par ITV que JC Cambadelis remplacerait Harlem Désir a la tête du PS. Eh ! le premier secrétaire doit être élu par les militants !" glapit Marie-Noëlle  surs twitter.

"On a changé de Premier ministre, c'est le pouvoir constitutionnel du président de la République. En revanche, le changement de premier secrétaire appartient aux militants comme le prévoient les statuts, au terme d'un congrès et d'un vote", grogne Juliette Méadel, l'avocate d'affaires à la tête du think tank Terra Nova et secrétaire nationale du PS à l'Industrie.

" Il revient aux militants et à eux seuls de dire la suite. Un Congrès extraordinaire où les adhérents pourront débattre et voter l’orientation, la stratégie et pour les personnes qui les incarneront, est désormais indispensable", récrimine le courant  " Un Monde d'avance"

" Je demande à Jean-Christophe Cambadélis de bien réfléchir. Soit il est d’accord pour l’organisation d’un congrès avant la fin de l’année, et nous n’aurons aucun problème pour voter pour lui. Soit il refuse, et nous présenterons mardi un candidat lors du conseil national pour rendre la parole aux militants. Il est urgent de reconstruire une synthèse socialiste pour reconstruire ensuite une synthèse à gauche à travers un vrai débat de fond. Car on ne sort pas d’une crise politique de cette ampleur par des combines de couloirs mais en refaisant de la politique au grand jour ",  criaille Pascal Cherki, dans le Figaro.

Pour contrecarrer ces pleurnicheries et bêlements, Cambadélis a promis, si la décision de Hollande était avalisée par le Bureau national du PS, de consulter les socialistes de base avec un vote sur son nom et sa stratégie - mais uniquement lorsqu'il sera installé dans son fauteuil de première secrétaire. Joie de la démocratie. Fin de la Fronde glapissante.

Pour le résumé de cette tambouille écouter les infos à 2'45 du début. 

Jean-Christophe Cambadélis

 cambadelis.png J-C Cambadélis, ex-strauss-khanien,  éliminé lors de la précedente nomination à la tête du PS, rappelle sur son blog, en parlant de lui à la troisième personne, que deux affaires, coup sur coup, ont entravé son ascension remarquable : "Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères."

Entre 1993 et 1995,  il fut salarié ( 20.000 francs par mois) de la société AGOS,  une filiale de l'Agence des foyers et résidences hôtelières privées (AFRP) qui logeait quelques milliers de travailleurs immigrés dans 35 foyers souvent insalubres. L'AFRP fut mise en liquidation judiciaire en 1996. Cette société gestionnaire était alors entre les mains d'Yves Laisné, un ancien cadre du Front national.

" Réputé pour sa qualité d'expert sur le FN. Yves Laisné fut en effet proche de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et membre du Front national dans les années 70. Il a même siégé au comité central du parti d'extrême droite de 1975 à 1977, y incarnant la tendance ultralibérale." (Fabrice Tassel)

 A ce propos,  en 1995, lorsque l'affaire éclate, Cambadélis déclare : "Il m'avait dit que, par le passé, il avait été violemment anticommuniste, mais rien d'autre. Et puis tout le monde a fait des erreurs de jeunesse".

Comment imaginer en effet que le fondateur du " Manifeste contre le Front national" et coauteur de la France blafarde, une étude sur l'histoire du mouvement lepéniste, ait pu naviguer en  compagnie d'Yves Lainé ? ce dernier sera poursuivi pour "abus de confiance, abus de biens sociaux et présentation de bilans inexacts" et condamné à 15 mois de prison avec sursis et 500.000 francs d'amende.

 En 2000, Cambadélis est mis en examen pour abus de confiance dans l'affaire de la MNEF. Il est alors soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs au titre d'une activité permanente de conseil :

" De 1991 à 1993, c'est en qualité de "sociologue" que Jean-Christophe Cambadelis a été rétribué à hauteur de 420 499 francs par la Mutuelle interprofessionnelle de France (MIF), une filiale de la Mnef destinée aux étudiants déjà actifs ou étrangers. Cambadelis était alors député, avec revenus afférents. Non réélu en 1993, il reçoit jusqu'en 1995 quelque 200 000 francs supplémentaires de la MIF, en tant qu'administrateur «chargé des contacts auprès des ambassades ou des universités». Seuls «trois documents manuscrits» attestent du "travail" du député. "Des écrits d'une extrême pauvreté", signale le magistrat instructeur, Armand Riberolles. Dans son ordonnance de renvoi, il conclut : "Les emplois occupés par Cambadelis peuvent être qualifiés de complaisance. "  (Karl Laske)

 En 2006,  dans l'affaire des emplois fictifs de la MNEF, il est reconnu « coupable de recel d'abus de confiance » et il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

 Concernant ces affaires judiciaires Cambadélis s'est exprimé dans un communiqué de presse:

" Je ne peux pas dire que j’aborde cette épreuve avec soulagement, mais il s’agit quand même pour moi d’un dénouement bien venu. Car cette épée de Damoclès m’a été opposée à chaque fois qu’une responsabilité politique de premier plan me fut proposée. J’ai été stoïque, mais si j’étais coupable, j’aurais déjà “payé dix fois” par les handicaps, les refus, voire l’opprobre que cette " affaire " m’a causée. Mais tout cela a fini avec le temps — dix ans — par se dégonfler.
Alors je suis serein. L’essentiel des accusations contre moi a été levé. Souvenons-nous des allégations de l’époque : financements occultes, trafic d’influences, vente à vil prix d’une imprimerie, mise en place d’un système d’enrichissement, que sais-je encore… De tout cela l’instruction n’a retenue qu’une mise en cause résiduelle et vraisemblablement prescrite (le parquet l’avait demandé), dans un dossier annexe de l’ “affaire MNEF”. 

"La sauce fait passer le poisson."  

proverbe français

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 *

> " Les passés judiciaires de MM.Cambadélis et Désir suscitent une gêne au PS"  Le Monde 08.09.2012 par Bastien Bonnefous

>Les salaires embarrassants de Harlem Désir. Avec un autre ex-responsable de SOS Racisme, il comparaissait hier devant le tribunal. 6 novembre 1998- Libération, par Beaudoin HUGUES

> " Un homme de réseaux très politique. Yves Laisné, ex-membre du FN, salariait le socialiste Cambadélis",  par Armelle Thoraval, 21 novembre 1995. Libération

>" Cambadélis, employé fictif d'un ex-FN?. Le numéro deux du PS est renvoyé devant le tribunal correctionnel".  Par Tassel Fabrice, 13 février 1999. Libération

> " Pour Cambadelis, le procès de la Mnef n'est plus fictif." Karl Lask, 1 mars 2006 2006. Libération

> L'affaire de la MNEF - Wikipedia

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vendredi, 04 avril 2014

Hollande est roi, Royale est sa reine...

Les racines opéra-comiques de la France

C’ n’était pas la peine
Non pas la peine, assurément
De changer de gouvernement !


La fille de Madame Angot par ca2r

Jadis les rois, race proscrite,
Enrichissaient leurs partisans;
Ils avaient mainte favorite.
Cents flatteurs, mille courtisans !

vendredi, 17 janvier 2014

François Morel : boîte à outils


La boite à outils par franceinter

15:47 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois morel, boîte à outils, hollande | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 02 août 2013

Contribution à l'extinction du paupérisme

" Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles; c'est très joli, très bien porté... "

Que  faire de la surproduction de nos cochons de pauvres inutiles et coûteux qu'on ne peut même pas exporter outre-mer tant les colonies et les bagnes nous font actuellement défaut ? Dans les hautes sphères autocratiques on pinaille, on alterne, on cohabite, on réforme à la petite semaine sans vouloir prendre les mesures qui s'imposent, sans laisser aux Marchés la Liberté de s'occuper du fléau de la pauvreté.

En ces temps d'université d'été de notre bourgeoisie petite et grande qui mène à la baguette le peuple voici, sans tabous, une aimable contribution à l'extinction du paupérisme dans un souci d'efficacité et de profits juteux.

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Octave Mirbeau :  " Pour les pauvres "

par Paul Reboux & Charles Müller - " À la manière de "  1913

   Depuis que M. Leygues a fait un héritage de cinq milliards, il n'est plus seulement un grand ministre et un grand poète, il est devenu un grand industriel. 

   Je suis allé visiter ses usines. Le directeur de l'exploitation m'attendait à la porte. C'est un de mes anciens condisciples du collège d'Arcueil. Il occupe un poste de confiance bien mérité. En effet, ce fut lui qui empoisonna les vingt-trois personnes dont les héritages successifs composèrent la fortune de M. Leygues. Il n'avait pas changé. Je le retrouvai tel que je l'avais connu, rubicond, poupin, jovial, ses petits yeux ricaneurs tapis entre ses joues et son front bombé, portant en arrière ses cheveux rouge carotte, et fumant une pipe dont le fourneau d'écume représente une croupe de femme, assise sur une main galante.
   Fichtre ! lui dis-je, tandis qu'il faisait manœuvrer une sorte de pont-levis, tu prends tes précautions contre les voleurs !
   Il émit un petit ricanement :
   –  Ha ! ha !... Tu veux dire contre les évasions...
   – Quelles évasions ?
   –  Les évasions de notre matière première... Comment ? Tu ne sais pas ?
   J'avouai mon ignorance. Il poursuivit :
   –  Mes pauvres, nom de Dieu ! mes pauvres !... J'en ai plus de quarante-cinq mille, là dedans !...          C'est d'eux que nous tirons tout, mon cher, tout !... Pas un atome de déchet... C'est comme les cochons de Chicago...
    Je demeurais muet de surprise. Il m'allongea sur les côtes un coup de poing familier, en éclatant de rire ;
   –  Les pauvres, mais c'est des cochons !... Puis il m'expliqua :
   –  Ç'a été la grande idée de Leygues, et, on peut bien le dire, la grande idée du siècle... D'un côté, ça crée un commerce épatant... Et de l'autre, ça supprime les pauvres... L'extinction du paupérisme, quoi !... Et quelle matière première !... Bon marché !... Facile à travailler !... Abondante ! Ah ! nom de Dieu !...
   Il lança un jet de salive roussâtre et poursuivit :
   –  Sais-tu à combien ça nous revient, un pauvre ?...
   –  Ma foi non.
   –  Dix centimes !... Ha ! ha !... Dix centimes... Le prix du timbre... Nous n'avons qu'à écrire... aux manufacturiers qui réduisent leur personnel... ou aux bourgeois qui renvoient leurs bonnes... ou aux associations philanthropiques... Oui, mon cher... Elles reçoivent de l'argent pour leurs pauvres... Elles nous expédient les pauvres, et elles gardent l'argent !... C'est tout bénéfice... Pas plus tard que ce matin, l'œuvre du Coin-du-Feu nous a fait une livraison de cinq cents kilos !
   – Combien cela fait-il de pauvres ? demandai-je.
   –  Peuh !... souffla-t-il, une quarantaine à peu près... Un pauvre, c'est maigre, tu sais... Ça ne pèse rien... Mais viens par ici... Tu vas voir... Il me conduisit vers des bâtisses d'où se dégageait une fade odeur d'abattoir. J'aperçus là une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants qui tenaient leurs bras étendus au-dessus d'une rigole. Tous avaient à la même place une plaie d'où le sang coulait comme une fontaine, avec un bruit doux, pour s'en aller rejoindre l'intarissable flot que la rigole guidait vers un réservoir.
   –  Tu as de la chance, fit mon guide. C'est justement l'heure de la saignée... Tout le monde y passe une fois par jour.
   – Et que faites-vous de ce sang ?
Il sortit de sa poche une petite bonbonnière.
   –  Des pilules... des pilules de fer, pour les anémiques riches... Le sang contient beaucoup de fer, tu sais ça ... En veux-tu une ?
   Il me tendait son drageoir. Je refusai avec politesse.
   –  Maintenant, allons voir les Anglaises !...
   Il me prit amicalement sous le bras, et me conduisit dans une salle voisine, où s'élevait une immense cage. Là, des créatures décharnées se tenaient misérablement serrées les unes contre les autres. On lisait sur leur face une expression d'agonie. Certaines gisaient à terre, comme mortes.
   –  How do you do ? leur cria mon ami, badin.
   Puis il m'expliqua :
   –  C'est un arrivage de Londres, un cadeau d'Édouard VII... Des suffragettes... Pour notre manufacture de pianos... Tu prends des Anglaises, tu les fais mourir de faim ... Ça leur allonge encore les dents... Avec deux Anglaises, il y a de quoi faire un clavier complet... les dents blanches pour les grandes touches...
   Il ajouta, avec une gaieté cordiale :
   –  Et les dents gâtées pour les bémols... Tordant, hein, tordant !...

   Je crus devoir rire, bien que ma gorge contractée me causât une sensation d'étouffement. En tournant la tête, j'avisai dans un coin quelques jeunes femmes moins amaigries que les autres.
   – Et celles-là ?
   –  Elles sont enceintes... Nous attendons le sixième mois ...
   –  Le sixième mois... Pourquoi donc ?
   –  Pour la peau !
   –  Comment ?
   Il gonfla ses bajoues et souffla un nuage de fumée.
   –  Ha !... ha !... La peau des gosses, parbleu !... Tu sais comment on fait l'astrakan ? On va chercher les agneaux dans le ventre des brebis et on les écorche... Nous appliquons le procédé aux enfants de pauvres... Nous obtenons ainsi un cuir lisse, délicat, tout blanc, qui nous est très demandé pour relier les livres de première communion...
   À ce moment jaillirent des cris si déchirants que mes tympans éclatèrent, et que je sentis un crispement me tordre l'épiderme de la nuque jusqu'aux orteils.
   Mon guide tira tranquillement sa montre.
   – Cinq heures... Diable !... Notre commande de bourrelets doit être livrée ce soir... Il n'est que temps qu'on s'y mette...
   –  Des bourrelets ?...
   –  Viens voir ça , fit-il en m'entraînant. C'est très curieux .
   J'aperçus une chose horrible... On venait de fendre du sternum au pubis plusieurs malheureux ligotés sur une claie. De leurs péritoines ouverts sortaient comme des câbles les intestins qui allaient s'enrouler sur d'énormes bobines de bois.
   Mon ami rassembla les talons comme un soldat qui se met au garde à vous, et son ton devint respectueux.
   –  C'est pour garnir les fenêtres de l'Élysée... Une commande de Mme Fallières...
   Incapable de supporter l'émoi que me causait un tel spectacle, je prétextai l'heure de l'absinthe pour entraîner mon compagnon.
   Quand nous fûmes attablés devant la boisson apéritive, il se renversa béatement sur sa chaise, et, peignant sa chevelure de ses doigts écartés, il déclara :
   –  Tu n'as pas vu le plus beau... Je te montrerai les magasins d'expédition... Nous détaillons le pauvre, mais nous pouvons le livrer entier... Ainsi nous en envoyons un par semaine aux dames de la Croix-Rouge... Elles lui cassent la tête, elles lui coupent les bras, les jambes... pour apprendre à faire des pansements... Tu saisis ? La charité !... Très ingénieux. Ha ! ha !... Et puis il y a Claretie... Il lui en faut un par jour, à celui-là, tous les matins... Il l'attache à un poteau, dans son cabinet, et, à coups de poing, à coups de fouet, à coups de sabre, il le massacre en l'engueulant... Tu comprends, ça lui décharge le caractère... Après ça, toute la journée, il peut être doux, poli, conciliant... Fameux, hein ?
   –  En effet, acquiesçai-je, soudain éclairé sur les origines d'une mansuétude dont j'avais moi-même éprouvé toute la suavité.
   Mon camarade reprit :
   –  Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles ; c'est très joli, très bien porté... Et ceux où on met en boîtes à conserves les oreilles et les nez coupés... Elles ne sont pas fameuses, entre nous, ces conserves-là... Mais c'est pour la troupe, alors, tu comprends... Je te montrerai encore notre séchoir de vessies... C'est avec elles qu'on fait les ballons du Louvre...
   Une sorte d'exaltation le gagnait peu à peu. Il s'écria, en se frottant les mains :
   –  Car nous utilisons tout, nom de Dieu, tout... C'est ça, l'idée de génie... Avec les os, nous faisons des cure-dents et des débourre-pipes... avec les cheveux, des pinceaux premier choix... avec les tendons, des raquettes de tennis... avec les ongles, des pelles à sel... avec les poitrines des hommes, des dessus de malles... Rien n'est perdu... Les nombrils se transforment en petites salières, les estomacs en réticules, les crânes en pommes d'escalier... Tout sert... jusqu'aux doigts des petits enfants... Devine ce qu'on en fait, des doigts des petits enfants ?... On les coupe, on les sèche... Et ça se vend comme bigoudis... Ha ! ha !
   Il m'allongea de nouveau une bourrade familière si violente que j'en suffoquai.
   Agacé par sa prétentieuse assurance, je voulus le prendre en défaut :
   – Vraiment ! Tu utilises tout ? Et les seins des femmes, qu'est-ce que tu en fais?
   –  Des étuis à éponges, des pelotes à épingles, ou encore des couvre-théières...
   –  Et leur... ?
   Pudique, il m'imposa silence. Puis, plissant d'un air farceur ses petits yeux :
   - Ça ? Je le naturalise en lui gardant sa souplesse... pour les capitaines au long cours...
   Exaspéré, je perdis toute mesure, et, approchant mon visage du sien, je criai :
   - Et les trous du cul, en fais-tu quelque chose ?
   Il répliqua tranquillement :
   –  Des coupe-cigares...
   D'une claque sur la table, je fis trembler les verres et les petites cuillers où le sucre fondait.
   –  Enfin, sacrebleu, tes quarante-cinq mille pauvres... si mal nourris qu'ils soient, ils font bien... chaque jour ou à peu près ... quelque chose que... que tu n'utilises pas, j'imagine...
Il eut une explosion de joie triomphante :
   – Mais si...
   –  Comment ? Vous avez des clients pour cela aussi ?
   –  Non, pas des clients... Un seul, et qui prend tout...
   Il mit un doigt sur sa bouche, pour me recommander la discrétion, et me confia, penché par-dessus son absinthe :
   –  M. Bonnat . "

jeudi, 11 avril 2013

"Sam'suffit"

La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.

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26/02/2011

Fillon et son avion

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France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.

Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon  en a été le maire  de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "

"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."  

(France-Soir) 

lundi, 25 février 2013

Escargots

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Escargots, un poème de Raoul Ponchon 

À Louis de Monard.

On signale des fraudes dans le commerce des escargots.

 La fraude — nerf du commerce —
À notre époque s’exerce
Sur les escargots itou :
Ainsi des gens, sans vergogne,
Vont déclarant de « Bourgogne »
Ceux qu’ils cueillent n’importe où.
 
Tel escargotier cupide,
Dans une coquille vide
Et Bourguignonne, vous vend
Un escargot fantaisiste…
C’est le geai du Fabuliste
Paré des plumes du paon.

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dimanche, 17 février 2013

Merci mon Dieu

 benoit 16, Die Tageszeitung

A l'annonce de la "renonciation pontificale", le journal allemand TAZ a titré "Merci mon Dieu". En avril 2005 il  commentait l'élection du pape allemand par  "Oh mon Dieu",  mais sur une page noire.

A l'annonce de la "renonciation pontificale", c'est d'un coup de foudre que le dieu des orages a frappé ​​le dôme de Saint-Pierre de Rome (basilique). Joie, vengeance, lassitude ?

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mardi, 18 décembre 2012

Les piliers de la foi

Depardieu a préféré la Belgique à l'Ouzbékistan où niche pourtant Gulnara Karimova - plus connue sous le nom de Googooshale - la fille chanteuse d'Islam Karimov le dictateur en titre du pays.

" Plus de vingt ans après son arrivée au pouvoir, le président ouzbek n’en finit pas de battre ses propres records en matière de répression et de paranoïa. "Réélu" en 2007 avec près de 88% des voix, il a assis un pouvoir implacable, réduisant la presse d’opposition au silence à l’aide de méthodes qui font froid dans le dos : disparitions, internements forcés en hôpital psychiatrique, emprisonnements arbitraires, etc. Accusés de terrorisme, traînés devant les tribunaux pour des affaires montées de toutes pièces, les journalistes payent parfois très cher leur travail d’enquête. Au moins dix d’entre eux sont actuellement sous les verrous. Le chef de l’État reste fidèle au mode de gouvernance qu’il avait publiquement reconnu en 1999 : "Je suis prêt à faire sauter les têtes de 200 personnes, à sacrifier leur vie, afin de préserver la paix et le calme dans la République."

(Reporters sans frontières)

" Le 13 mai 2005, dans la ville ouzbèke d’Andijan, les troupes gouvernementales ouvraient le feu sur des manifestants pacifiques. Plus de 500 personnes y trouvaient la mort, mais les autorités ne feront état que de 187 décès. Menacées, les familles des victimes ont été contraintes de garder le silence et une violente répression s’est abattue sur tous ceux qui ont tenté de dénoncer ce massacre : harcèlements, menaces, incarcérations, torture.  "

FIDH

Nadejda Atayeva, Présidente de l’association Droits de l’Homme en Asie Centrale témoigne :


Nadejda Atayeva, défenseure ouzbèke des droits... par fidhdailymotion


Mais revenons à la fille du dictateur et à l'émigré. Dans une chanson impérissable - Nebo molchit (Le ciel se tait) - Depardieu susurre donc quelques mots tendres à l'oreille de Googooshale. Des mots doux écrits par Googooshale soi-même qui est en sus diplômée de l'université américaine Harvard, représentante permanente de l’Ouzbékistan auprès des Nations unies à Genève, créatrice de bijoux. dame patronnesse et  qui a lancé une ligne de cosmétiques.

Depardieu et Sarkozy

" Je n'entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien "

 

Dans un restaurant, entre la poire et le fromage, éloges de Sarkozy avocat d'affaires et bienfaiteur des arts par l'acteur réalisateur, producteur, propriétaire viticole et homme d'affaires. C'est le Canard enchaîné du 14 mars qui rapporte ce florilège de propos embaumant la reconnaissance du ventre.

" A chaque fois que j'ai demandé quelque chose à Sarko, il a répondu présent. Quand j'ai eu récemment des problèmes  avec l'une de mes affaires à l'étranger, il s'est mis en quatre et m'a réglé le problème tout de suite. Son conseiller diplomatique m'a même appelé, il a été très gentil avec moi."

" Lorsque je l'appelle, il me rappelle dans le quart d'heure. Lui, c'est le président de la République ; moi, je ne suis qu'un acteur, et il me rappelle tout de suite. C'est extraordinaire."

"J'aurais perdu beaucoup d'argent s'il ne m'avait pas aidé pour ce problème. Tout ce qu'il me demandera, je le ferai."

Depardieu : " Je n'ai jamais été ému par des gens qui n'avaient pas de dignité "

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La paire au Meeting UMPiste de Villepinte, dimanche 11 mars 2012

*

Gérard Depardieu: "Je vais jouer Dominique Strauss-Kahn parce que je ne l'aime pas" Par chance le film qu’Abel Ferrara voulait réaliser sur l’affaire DSK est « au point mort » puisque personne, ne semble presser de le financer

 

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dimanche, 30 septembre 2012

Le super patron

Le super patron - Fred Trémège

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dimanche, 17 juin 2012

L'armoire aux cerveaux

Albert Londres - Chez les fous


Un après-midi, le docteur Dide me dit :

– Venez voir mon laboratoire.

Les travaux de ce savant sont célèbres par le monde.

Au moyen d’une machine perfectionnée, il coupe les cerveaux en tranches minces comme l’on fait du jambon de Parme dans les boutiques italiennes d’alimentation. Il examine ensuite la chose au microscope. De là sortira peut-être la clé de la maladie mystérieuse. Du moins espérons-le.

Je me promenais donc, respectueusement, dans ce temple de l’avenir, quand, soudain, je tombai en arrêt devant un réduit imprévu. Cent vingt pots de chambre, chacun dans un joli petit casier, ornaient seuls les murs de ce lieu. Aux anses pendaient des étiquettes portant noms d’hommes et de femmes et, en dessous : D. P. (démence précoce). Délire progressif. Confusion mentale, psychoses symptomatiques, lésions circonscrites ; P. G. marche rapide. Épilepsie. Idiotie.
Ces pots de chambre aussi correctement présentés avaient dans leur air quelque chose de fascinateur.

– C’est mon armoire à cerveaux, fit Dide.

Il tira un pot par l’anse : un cerveau nageait dans un liquide serein. Regardant l’étiquette, le savant me dit :

– C’est Mme Boivin.– 59 –
– Enchanté !

Je demeurais en extase devant l’armoire.

– Parfait ! fis-je, vous avez là de beaux cerveaux, mais pourquoi dans des pots de chambre ?

Le maître me regarda bien en face et me répondit :

– Parce que le pot de chambre, monsieur, est la forme idéale du cerveau !

Albert LONDRES, Chez les fous, récit, 1929
IX  l'armoire aux cerveaux -

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Denis Poizat « "Chez les fous", hommage à Albert Londres », Reliance 1/2006 (no 19), p. 7-8.
URL : www.cairn.info/revue-reliance-2006-1-page-7.htm.