samedi, 05 juillet 2014

"La Passion considérée comme course de côte"

Le Canard Sauvage, 11-17 avril 1903
Alfred Jarry

La Passion considérée comme course de côte


Barrabas, engagé, déclara forfait.

Le starter Pilate, tirant son chronomètre à eau ou clepsydre, ce qui lui mouilla les mains, à moins qu’il n’eût simplement craché dedans – donna le départ.

Jésus démarra à toute allure.

En ce temps-là, l’usage était, selon le bon rédacteur sportif saint Mathieu, de flageller au départ les sprinters cyclistes, comme font nos cochers à leurs hippomoteurs. Le fouet est à la fois un stimulant et un massage hygiénique. Donc, Jésus, très en forme, démarra, mais l’accident de pneu arriva tout de suite. Un semis d’épines cribla tout le pourtour de sa roue avant.

On voit, de nos jours, la ressemblance exacte de cette véritable couronne d’épines aux devantures de fabricants de cycles, comme réclame à des pneus increvables. Celui de Jésus, un sigle-tube de piste ordinaire, ne l’était pas.

Les deux larrons, qui s’entendaient comme en foire, prirent de l’avance.

Il est faux qu’il y ait eu des clous. Les trois figurés dans des images sont le démonte-pneu dit "une minute".

Mais il convient que nous relations préalablement les pelles. Et d’abord décrivons en quelques mots la machine.

Le cadre est d’invention relativement récente. C’est en 1890 que l’on vit les premières bicyclettes à cadre. Auparavant, le corps de la machine se composait de deux tubes brasés perpendiculairement l’un sur l’autre. C’est ce qu’on appelait la bicyclette à corps droit ou à croix. Donc Jésus, après l’accident de pneumatiques, monta la côte à pied, prenant sur son épaule son cadre ou si l’on veut sa croix.

Des gravures du temps reproduisent cette scène, d’après des photographies. Mais il semble que le sport du cycle, à la suite de l’accident bien connu qui termina si fâcheusement la course de la Passion et que rend d’actualité, presque à son anniversaire, l’accident similaire du comte Zborowski à la côte de la Turbie, il semble que ce sport fut interdit un certain temps, par arrêté préfectoral. Ce qui explique que les journaux illustrés, reproduisant la scène célèbre, figurèrent des bicyclettes plutôt fantaisistes. Ils confondirent la croix du corps de la machine avec cette autre croix, le guidon droit. Ils représentèrent Jésus les deux mains écartées sur son guidon, et notons à ce propos que Jésus cyclait couché sur le dos, ce qui avait pour but de diminuer la résistance de l’air.

Notons aussi que le cadre ou la croix de la machine, comme certaines jantes actuelles, était en bois.

D’aucuns ont insinué, à tort, que la machine de Jésus était une draisienne, instrument bien invraisemblable dans une course de côte, à la montée. D’après les vieux hagiographes cyclophiles sainte Brigitte, Grégoire de Tours et Irénée, la croix était munie d’un dispositif qu’ils appellent "suppedaneum". Il n’est point nécessaire d’être grand clerc pour traduire : "pédale".

Juste Lipse, Justin, Bosius et Erycius Puteanus décrivent un autre accessoire que l’on retrouve encore, rapporte, en 1634, Cornelius Curtius, dans des croix du Japon : une saillie de la croix ou du cadre, en bois ou en cuir, sur quoi le cycliste se met à cheval : manifestement sa selle.

Ces descriptions, d’ailleurs, ne sont pas plus infidèles que la définition que donnent aujourd’hui les Chinois de la bicyclette : "Petit mulet que l’on conduit par les oreilles et que l’on fait avancer en le bourrant de coups de pied."

Nous abrégerons le récit de la course elle-même, racontée tout au long dans des ouvrages spéciaux, et exposée par la sculpture et la peinture dans des monuments "ad hoc" :

Dans la côte assez dure du Golgotha, il y a quatorze virages. C’est au troisième que Jésus ramassa la première pelle. Sa mère, aux tribunes, s’alarma.

Le bon entraîneur Simon de Cyrène, de qui la fonction eût été, sans l’accident des épines, de le "tirer" et lui couper le vent, porta sa machine.

Jésus, quoique ne portant rien, transpira. Il n’est pas certain qu’une spectatrice lui essuya le visage, mais il est exact que la reporteresse Véronique, de son kodak, prit un instantané.

La seconde pelle eut lieu au septième virage, sur du pavé gras. Jésus dérapa pour la troisième fois, sur un rail, au onzième.

Les demi-mondaines d’Israël agitaient leurs mouchoirs au huitième.

Le déplorable accident que l’on sait se place au douzième virage. Jésus était à ce moment dead-heat avec les deux larrons. On sait aussi qu’il continua la course en aviateur... mais ceci sort de notre sujet.

vélo

 > le texte sur Wikisource

A lire aussi, dans le Surmâle, "roman moderne" d'anticipation, le chapitre intitulé "La course des dix mille milles", où une quintuplette de cyclistes, alimentée par le Perpetual-Motion-Food de William Elson qui régénère les muscles durant l'effort, devra parcourir la distance Paris-Irkoutsk en vue de "proclamer le moteur humain supérieur aux moteurs mécaniques sur les grandes distances".

quintuplette

Karm, Gouin, Landrin, Avonet, Rodier

jeudi, 22 mai 2014

André Gill et ses portraits-charge

" Thiers, ce nabot monstrueux, a tenu sous le charme la bourgeoisie française pendant plus d'un demi-siècle, parce qu'il est l'expression intellectuelle la plus achevée de sa propre corruption de classe.

K. Marx

" La charge de M. Thiers "
1883

par André Gill

3710083803.jpgJe l'écris pour l'ahurissement des provinciaux: je n'ai jamais vu M. Thiers. Je l'ai, à ma façon, dessiné cinq cents fois peut-être; je ne l'ai jamais vu.

Cela tient probablement à ce qu'il en est de mon humble individu comme de la plupart des Parisiens qui, peu soucieux de leurs monuments, laissent volontiers s'écouler la vie sans s'inquiéter de savoir si l'obélisque a une porte et sans gargariser d'ascensions exténuées la colonne.

Je n'ai pas enjambé le petit Thiers. Cet aveu fait, je n'ai plus qu'à exaspérer les peintres fanatiques de la copie méticuleuse du modèle, en déclarant qu'il me semble avoir mieux fait pour dessiner Thiers de ne le pas voir, et que, par ce moyen, j'ai mieux tenu compte de la légende et servi au public une silhouette plus conforme à ses idées préconçues.

J'ai eu l'honneur d'obtenir un soir, à dîner, l'approbation du grand Hugo pour cette parole.

On a le droit d'être laid jusqu'à trente ans; plus tard, la laideur est haïssable, car elle ne vient plus de la nature, mais du caractère. Thiers n'était pas absolument laid, mais petit, grincheux et bourgeois.

C'est la bourgeoisie qui lui doit des statues; le peuple ne lui doit rien ; au reste, il a eu soin de donner la mesure de sa tendresse pour le peuple à Transnonain et en mai 71.

Le Mirabeau-mouche, l'élève de Talleyrand, Pickochole, disait Castille, Foutriquet, disait le maréchal Soult, sans foi politique, ajoutait Cormenin, mais avide de pouvoir, non pour le bien qu'il peut faire, mais pour celui qu'il procure, le trafiquant, avec Simon Deatz, de la duchesse de Berry, M. Thiers a bu largement et peut-être immodérément à la coupe d'une popularité qui faisait fausse route.

J'ai la satisfaction d'avoir, au cours de mon œuvre modeste, osé parfois dépailleter sa robe de prophète et montrer l'étincelle méchante qui crépitait au fond de ses lunettes. Le faux-col de Prudhomme se hausse de lui-même aux oreilles et à la mâchoire de ce partisan du pape, de cet ennemi de Proudhon et des chemins de fer. Le pli de sa lèvre serrée a le tranchant du sabre.

Est-ce à dire que la mémoire de M. Thiers usurpe la grande place que lui a concédée l'histoire? Non; mais j'ai trouvé un peu vaste pour lui le manteau que lui a taillé le peintre Vibert dans le drapeau tout entier de la France. Il eût suffi du moindre lambeau du haillon sublime qui couvre l'Humanité.

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André Gill (1840-1885)

Artiste talentueux, provocateur et prolixe, André Gill fut un acteur important de la vie littéraire et artistique française de la fin du Second Empire aux débuts de la IIIe République. On le connait pour ses portraits-charge des personnalités du Paris des années 1860 et 1870. Il meurt, quasiment ruiné et  après quatre années d’internement, à l’asile d’aliénés de Charenton près de Paris.

" Gill a publié ses premiers dessins en 1859 dans Le Journal amusant de Philipon, où Nadar l’avait recommandé. Mais c’est au cours de l’année 1866 qu’il devient en quelques mois, après un rapide passage par Le Hanneton, le collaborateur régulier de La Lune dirigée par François Polo, dont il dessinera la « une » presque sans discontinuer dès la 25e livraison. En peu de temps, ce journal s’identifiera presque exclusivement à Gill et ses caricatures polychromes en pleine page, occultant largement le contenu des pages intérieures (tant les articles et les échos que les vignettes et les revues dessinées par d’autres caricaturistes) – au point que lorsque La Lune s’éteindra sous le coup de la censure, en janvier 1868, L’Éclipse qui lui succèdera aussitôt reprendra la même formule et recourra encore à la caricature monumentale de  Gill. Quand en juin 1876, après 400 livraisons, L’Éclipse disparaîtra, l’assimilation du dessinateur et du journal satirique sera complète, qui permettra au caricaturiste de lancer son propre titre: La Lune rousse. Cette identification de Gill à la petite presse est aussi attestée par les journaux plus ou moins éphémères que Gill a fondés, sur son nom et sa réputation, tout au long de sa carrière : Gill-Revue (1868), La Parodie (1869-1870), Les Hommes d’aujourd’hui (1878), La Petite Lune (1878-1879) ou L’Esclave ivre (1881)."  Bertrand Tillier

*

> André Gill, Vingt années de Paris, avec une préface par Alphonse Daudet

La retraite d'Achille, par Gill  - Prometheus, université de Cologne.

> André Gill, la caricature et l'esprit de Paris - Bertrand Tillier - Etudes romantiques ISH Lyon

> Aude Fauvel, " Punition, dégénérescence ou malheur ? , Revue d'histoire du XIXe siècle  26/27 | 2003, . http://rh19.revues.org/751  ; DOI : 10.4000/rh19.751

>  Caricatures & caricature - site de Guillaume Doizy

> Thiers, sur ce blog :Le "Thiers Etat" : asservissement du travail au capital et répression

samedi, 17 mai 2014

André Frédérique

" Nul n'est censé ignorer l'origine crapuleuse des chants grégoriens"

André Frédérique

Le 17 mai 1957, à l'âge de 42  ans, André Frédérique se suicida.

" Adepte de l'humour noir. Il était le fils unique d'un commissaire de police, qu'il détestait viscéralement (un personnage de père monstrueusement autoritaire revient sans cesse dans ses textes). Il fréquentait une certaine bohème du Paris d'après-guerre, dont des comédiens comme Jean Carmet, les Branquignols. C'est en leur compagnie, et en celle de son alter ego Géo Lhoir, autre pharmacien, qu'il cultivait l'obsession de son existence : le gag. Il travaillait également pour le Club d'Essai de la radio, tenait une rubrique dans Paris-Match, et écrivait. Son principal livre anthume, Histoires blanches, fut remarqué par Raymond Queneau et publié en 1945. Sa poésie est proche de celle de Henri Michaux, avec une approche plus « cabaret », moins lettrée, le personnage lui-même faisant plutôt penser à Jarry. Il se suicida à l'âge de 42 ans : son humour noir cachait un désespoir métaphysique.  Cherche-Midi

Sa bibliographie tient en quatre livres : Histoires blanches (1946), Aigremont (1947), poésie sournoise (1957) et  La Grande fugue, son unique roman inachevé.

*

André Dussolier lit " A un auteur" et " Condamné"

dans l'émission Lecture du soir.

 *

Monsieur,

Je tiens à vous signaler que la maison hantée n’a pas fonctionné comme convenu. Les cris de terreur ont été poussés bien au-delà de minuit et faiblement. D’autre part, ni ma femme, ni moi, n’avons entendu les bruits de chaîne promis. Quant au chien vert à sept queues annoncé, c’est un méchant roquet de sorcière à six pattes, à peau sulfureuse, mais sans reflets dans le couchant comme le décrit votre programme.

J’ai été très surpris de ne trouver qu’un décapité parlant dans le lit de ma mère. Nous avions payé, il me semble, pour elle comme pour nous. Il n’est pas juste que ce soit Monsieur votre oncle, couchant dans l’aile gauche du château, qui bénéficie seul de la ronde des squelettes et des vautours sanglants.

Si sa présence doit nous léser d’une partie du spectacle, je suis prêt à reprendre sa chambre pour y loger ma mère. Je garderai la petite chambre rouge et les fontaines de larmes pour mes deux petites-nièces. Je vous fais remarquer en terminant que ce n’est pas nous qui avons fait fuir le couple enlacé dit des deux écorchés vivants.

Inutile de vous dire que les fantômes blancs à draperie, les esprits frappeurs et guivrés* ont fait correctement leur service.

Tâchez si faire se peut, comme le demande mon père, de nous faire avoir quelques scènes d’œil crevé, qui intéressent toujours.

Votre fidèle client, M. Poinsse.

André Frédérique ou l’art de la fugue,  Claude Daubercies,
Le Cherche Midi Editeur

*

Autour d'André Frédérique, " poète anthracite" de la radio.

avec José Artur et Patrice Delbourg

Dans l' émission  Mythologie de poche de la radio,  par Thomas Baumgartner

andré frédérique

*

Boris Vian, dans ses Chroniques du menteur, propose une critique littéraire documentée et, définitive d'Histoires blanches de son ami André Frédérique (avec qui il organisait des soirées dans les caves de Saint-Germain-des-Près).

Lumière sans pays, d’Eisenstein

Voulant boucler la boucle et fermer la permutation, jouer les scorpions ou Barbara la May, obturer l’inclos, et kohêtéra, et kohêtéra, ce n’est pas un hasard si Einstein publie tout juste un important ouvrage Lumière sans pays, traduit par Gallimard sous le titre : Histoires blanches et signé André Frédérique, car Eisenstein est communiste et ça se saurait. Dans une préface qui est un chef-d’œuvre de perversité ingénue, Alexandre Astruc présente l’auteur au lecteur en des termes que nous ne rapporterons pas ici, il serait trop content. Si Eisenstein ne se montre pas à la hauteur de sa réputation dans l’édition originale en langue douraque, la traduction signée Frédérique est excellente, supérieure, disons-le, à tout ce qu Eisenstein n’a jamais pu écrire. On commence même à penser dans les milieux littéraires bien informés, que ce n’est pas Eisenstein l’auteur de Lumière sans pays traduit sous le titre Histoires blanches, d’André Frédérique, et (après tout, on n’en sait rien, mais c’est peut-être vrai) on ajoute que l’auteur s’appelle en réalité André Frédérique, et qu’Histoires blanches, ce n’est pas la traduction de Lumière sans pays, d’Eisenstein, écrit en langue douraque, à l’origine, puis traduit, dit-on, par la suite, sous le nom de : Histoires blanches, et signé André Frédérique, mais bien une œuvre originale, d’un certain André Frédérique, professeur de Judo au Club de Passy, et d’ailleurs, il n’y a aucune raison, surtout quand on ne le connaît pas, de penser qu’André Frédérique soit incapable d’écrire lui-même un livre qu’il pourrait, le titre n’étant pas encore breveté, intituler Histoires blanches ; mais le plus curieux de l’affaire c’est qu’il vient de paraître, chez Gallimard, Histoires blanches, par André Frédérique, ce qui se passe de commentaires.

 Il est donc permis de penser qu'Aragon n’est pas sincère lorsqu’il écrit, à propos de Lumière sans pays d’Eisenstein ; « C’est le monument le plus impérissable que le vaillant pionnier ait jamais réalisé à la gloire de sa patrie, et, à côté de ça, les Histoires blanches d’André Frédérique, c’est de l’eau de rose et de réséda. »

 Au risque de nous trouver en désaccord avec Aragon (car l’on se rappelle que ce pseudonyme cache l’évêque de Bézier), nous croyons au contraire que Lumière sans pays, d’Einstein, perd des points à la comparaison. Nous irons même plus loin : à notre avis, Lumière sans pays d’Eisenstein, ça n’existe pas.

Boris Vian, Chroniques du menteur

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jeudi, 08 mai 2014

Météo : il va pleuvoir...

 Il pleut des... pavés !

Déniché par Infovite

Le groupe  Mise en Demeure,  Album: Il pleut des pavés (2013)
Site web: http://miseendemeure.org

On est descendu-e-s à Victo
On n'avait pas regardé la météo
Les policiers avaient des beaux habits
Ils savaient qu'il y allait avoir des intempéries

Refrain :  Il pleut des pavés

On est arrivés en retard
Fallait passer par le chalet
Chercher nos balles de peinture
Pendant que le RRQ défonçait la clôture

On a crié des gros mots
Ils ont rétorqué avec des lacrymo
Ils ont tiré des balles de plastiques
On a rétorqué avec des briques

Refrain

On avait presque tout pété
Mais on en voulait plus
Et dans le parking d'à côté
On a trouvé leurs autobus

Il y a un flic un peu téméraire
Qui a voulu faire une arrestation
Il a eu soudain l'air un peu con
Nous, on négocie avec des barres de fer

Fallait pas nous faire chier ;)

Refrain

Mais...
... On n'a jamais lancé de pavé
On ne s'est même jamais masqué
On est toujours resté très calme
On n'a jamais fabriqué de napalm
Sauf une fois,
Au chalet.

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mardi, 15 avril 2014

Cambadélis : le meilleur d'entre eux...

"Si les poutres supérieures ne sont pas droites, les poutres inférieures sont également de travers"

Proverbe chinois

"Moi-président-de-la-république" ne serait pas le chef de la majorité promettait-il, et c'est pourquoi il vient d'introniser l'incomparable Cambadélis à la tête du PS - après s'être débarrassé du tout aussi incomparable Harlem Désir par une promotion-sanction dans la foulée des municipales. Chaises musicales, révolution de palais et couacs divers.

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Bruits de godillots froissés et jérémiades à "l'aile gauche" plaintive du PS devant le choix imposé par leur chef suprême de Cambadélis à leur tête - il lorgnait déjà ce poste il y a un an et demi.

" J’apprends par ITV que JC Cambadelis remplacerait Harlem Désir a la tête du PS. Eh ! le premier secrétaire doit être élu par les militants !" glapit Marie-Noëlle  surs twitter.

"On a changé de Premier ministre, c'est le pouvoir constitutionnel du président de la République. En revanche, le changement de premier secrétaire appartient aux militants comme le prévoient les statuts, au terme d'un congrès et d'un vote", grogne Juliette Méadel, l'avocate d'affaires à la tête du think tank Terra Nova et secrétaire nationale du PS à l'Industrie.

" Il revient aux militants et à eux seuls de dire la suite. Un Congrès extraordinaire où les adhérents pourront débattre et voter l’orientation, la stratégie et pour les personnes qui les incarneront, est désormais indispensable", récrimine le courant  " Un Monde d'avance"

" Je demande à Jean-Christophe Cambadélis de bien réfléchir. Soit il est d’accord pour l’organisation d’un congrès avant la fin de l’année, et nous n’aurons aucun problème pour voter pour lui. Soit il refuse, et nous présenterons mardi un candidat lors du conseil national pour rendre la parole aux militants. Il est urgent de reconstruire une synthèse socialiste pour reconstruire ensuite une synthèse à gauche à travers un vrai débat de fond. Car on ne sort pas d’une crise politique de cette ampleur par des combines de couloirs mais en refaisant de la politique au grand jour ",  criaille Pascal Cherki, dans le Figaro.

Pour contrecarrer ces pleurnicheries et bêlements, Cambadélis a promis, si la décision de Hollande était avalisée par le Bureau national du PS, de consulter les socialistes de base avec un vote sur son nom et sa stratégie - mais uniquement lorsqu'il sera installé dans son fauteuil de première secrétaire. Joie de la démocratie. Fin de la Fronde glapissante.

Pour le résumé de cette tambouille écouter les infos à 2'45 du début. 

Jean-Christophe Cambadélis

 cambadelis.png J-C Cambadélis, ex-strauss-khanien,  éliminé lors de la précedente nomination à la tête du PS, rappelle sur son blog, en parlant de lui à la troisième personne, que deux affaires, coup sur coup, ont entravé son ascension remarquable : "Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères."

Entre 1993 et 1995,  il fut salarié ( 20.000 francs par mois) de la société AGOS,  une filiale de l'Agence des foyers et résidences hôtelières privées (AFRP) qui logeait quelques milliers de travailleurs immigrés dans 35 foyers souvent insalubres. L'AFRP fut mise en liquidation judiciaire en 1996. Cette société gestionnaire était alors entre les mains d'Yves Laisné, un ancien cadre du Front national.

" Réputé pour sa qualité d'expert sur le FN. Yves Laisné fut en effet proche de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et membre du Front national dans les années 70. Il a même siégé au comité central du parti d'extrême droite de 1975 à 1977, y incarnant la tendance ultralibérale." (Fabrice Tassel)

 A ce propos,  en 1995, lorsque l'affaire éclate, Cambadélis déclare : "Il m'avait dit que, par le passé, il avait été violemment anticommuniste, mais rien d'autre. Et puis tout le monde a fait des erreurs de jeunesse".

Comment imaginer en effet que le fondateur du " Manifeste contre le Front national" et coauteur de la France blafarde, une étude sur l'histoire du mouvement lepéniste, ait pu naviguer en  compagnie d'Yves Lainé ? ce dernier sera poursuivi pour "abus de confiance, abus de biens sociaux et présentation de bilans inexacts" et condamné à 15 mois de prison avec sursis et 500.000 francs d'amende.

 En 2000, Cambadélis est mis en examen pour abus de confiance dans l'affaire de la MNEF. Il est alors soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs au titre d'une activité permanente de conseil :

" De 1991 à 1993, c'est en qualité de "sociologue" que Jean-Christophe Cambadelis a été rétribué à hauteur de 420 499 francs par la Mutuelle interprofessionnelle de France (MIF), une filiale de la Mnef destinée aux étudiants déjà actifs ou étrangers. Cambadelis était alors député, avec revenus afférents. Non réélu en 1993, il reçoit jusqu'en 1995 quelque 200 000 francs supplémentaires de la MIF, en tant qu'administrateur «chargé des contacts auprès des ambassades ou des universités». Seuls «trois documents manuscrits» attestent du "travail" du député. "Des écrits d'une extrême pauvreté", signale le magistrat instructeur, Armand Riberolles. Dans son ordonnance de renvoi, il conclut : "Les emplois occupés par Cambadelis peuvent être qualifiés de complaisance. "  (Karl Laske)

 En 2006,  dans l'affaire des emplois fictifs de la MNEF, il est reconnu « coupable de recel d'abus de confiance » et il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

 Concernant ces affaires judiciaires Cambadélis s'est exprimé dans un communiqué de presse:

" Je ne peux pas dire que j’aborde cette épreuve avec soulagement, mais il s’agit quand même pour moi d’un dénouement bien venu. Car cette épée de Damoclès m’a été opposée à chaque fois qu’une responsabilité politique de premier plan me fut proposée. J’ai été stoïque, mais si j’étais coupable, j’aurais déjà “payé dix fois” par les handicaps, les refus, voire l’opprobre que cette " affaire " m’a causée. Mais tout cela a fini avec le temps — dix ans — par se dégonfler.
Alors je suis serein. L’essentiel des accusations contre moi a été levé. Souvenons-nous des allégations de l’époque : financements occultes, trafic d’influences, vente à vil prix d’une imprimerie, mise en place d’un système d’enrichissement, que sais-je encore… De tout cela l’instruction n’a retenue qu’une mise en cause résiduelle et vraisemblablement prescrite (le parquet l’avait demandé), dans un dossier annexe de l’ “affaire MNEF”. 

"La sauce fait passer le poisson."  

proverbe français

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 *

> " Les passés judiciaires de MM.Cambadélis et Désir suscitent une gêne au PS"  Le Monde 08.09.2012 par Bastien Bonnefous

>Les salaires embarrassants de Harlem Désir. Avec un autre ex-responsable de SOS Racisme, il comparaissait hier devant le tribunal. 6 novembre 1998- Libération, par Beaudoin HUGUES

> " Un homme de réseaux très politique. Yves Laisné, ex-membre du FN, salariait le socialiste Cambadélis",  par Armelle Thoraval, 21 novembre 1995. Libération

>" Cambadélis, employé fictif d'un ex-FN?. Le numéro deux du PS est renvoyé devant le tribunal correctionnel".  Par Tassel Fabrice, 13 février 1999. Libération

> " Pour Cambadelis, le procès de la Mnef n'est plus fictif." Karl Lask, 1 mars 2006 2006. Libération

> L'affaire de la MNEF - Wikipedia

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vendredi, 04 avril 2014

Hollande est roi, Royale est sa reine...

Les racines opéra-comiques de la France

C’ n’était pas la peine
Non pas la peine, assurément
De changer de gouvernement !


La fille de Madame Angot par ca2r

Jadis les rois, race proscrite,
Enrichissaient leurs partisans;
Ils avaient mainte favorite.
Cents flatteurs, mille courtisans !

vendredi, 17 janvier 2014

François Morel : boîte à outils


La boite à outils par franceinter

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vendredi, 02 août 2013

Contribution à l'extinction du paupérisme

" Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles; c'est très joli, très bien porté... "

Que  faire de la surproduction de nos cochons de pauvres inutiles et coûteux qu'on ne peut même pas exporter outre-mer tant les colonies et les bagnes nous font actuellement défaut ? Dans les hautes sphères autocratiques on pinaille, on alterne, on cohabite, on réforme à la petite semaine sans vouloir prendre les mesures qui s'imposent, sans laisser aux Marchés la Liberté de s'occuper du fléau de la pauvreté.

En ces temps d'université d'été de notre bourgeoisie petite et grande qui mène à la baguette le peuple voici, sans tabous, une aimable contribution à l'extinction du paupérisme dans un souci d'efficacité et de profits juteux.

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Octave Mirbeau :  " Pour les pauvres "

par Paul Reboux & Charles Müller - " À la manière de "  1913

   Depuis que M. Leygues a fait un héritage de cinq milliards, il n'est plus seulement un grand ministre et un grand poète, il est devenu un grand industriel. 

   Je suis allé visiter ses usines. Le directeur de l'exploitation m'attendait à la porte. C'est un de mes anciens condisciples du collège d'Arcueil. Il occupe un poste de confiance bien mérité. En effet, ce fut lui qui empoisonna les vingt-trois personnes dont les héritages successifs composèrent la fortune de M. Leygues. Il n'avait pas changé. Je le retrouvai tel que je l'avais connu, rubicond, poupin, jovial, ses petits yeux ricaneurs tapis entre ses joues et son front bombé, portant en arrière ses cheveux rouge carotte, et fumant une pipe dont le fourneau d'écume représente une croupe de femme, assise sur une main galante.
   Fichtre ! lui dis-je, tandis qu'il faisait manœuvrer une sorte de pont-levis, tu prends tes précautions contre les voleurs !
   Il émit un petit ricanement :
   –  Ha ! ha !... Tu veux dire contre les évasions...
   – Quelles évasions ?
   –  Les évasions de notre matière première... Comment ? Tu ne sais pas ?
   J'avouai mon ignorance. Il poursuivit :
   –  Mes pauvres, nom de Dieu ! mes pauvres !... J'en ai plus de quarante-cinq mille, là dedans !...          C'est d'eux que nous tirons tout, mon cher, tout !... Pas un atome de déchet... C'est comme les cochons de Chicago...
    Je demeurais muet de surprise. Il m'allongea sur les côtes un coup de poing familier, en éclatant de rire ;
   –  Les pauvres, mais c'est des cochons !... Puis il m'expliqua :
   –  Ç'a été la grande idée de Leygues, et, on peut bien le dire, la grande idée du siècle... D'un côté, ça crée un commerce épatant... Et de l'autre, ça supprime les pauvres... L'extinction du paupérisme, quoi !... Et quelle matière première !... Bon marché !... Facile à travailler !... Abondante ! Ah ! nom de Dieu !...
   Il lança un jet de salive roussâtre et poursuivit :
   –  Sais-tu à combien ça nous revient, un pauvre ?...
   –  Ma foi non.
   –  Dix centimes !... Ha ! ha !... Dix centimes... Le prix du timbre... Nous n'avons qu'à écrire... aux manufacturiers qui réduisent leur personnel... ou aux bourgeois qui renvoient leurs bonnes... ou aux associations philanthropiques... Oui, mon cher... Elles reçoivent de l'argent pour leurs pauvres... Elles nous expédient les pauvres, et elles gardent l'argent !... C'est tout bénéfice... Pas plus tard que ce matin, l'œuvre du Coin-du-Feu nous a fait une livraison de cinq cents kilos !
   – Combien cela fait-il de pauvres ? demandai-je.
   –  Peuh !... souffla-t-il, une quarantaine à peu près... Un pauvre, c'est maigre, tu sais... Ça ne pèse rien... Mais viens par ici... Tu vas voir... Il me conduisit vers des bâtisses d'où se dégageait une fade odeur d'abattoir. J'aperçus là une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants qui tenaient leurs bras étendus au-dessus d'une rigole. Tous avaient à la même place une plaie d'où le sang coulait comme une fontaine, avec un bruit doux, pour s'en aller rejoindre l'intarissable flot que la rigole guidait vers un réservoir.
   –  Tu as de la chance, fit mon guide. C'est justement l'heure de la saignée... Tout le monde y passe une fois par jour.
   – Et que faites-vous de ce sang ?
Il sortit de sa poche une petite bonbonnière.
   –  Des pilules... des pilules de fer, pour les anémiques riches... Le sang contient beaucoup de fer, tu sais ça ... En veux-tu une ?
   Il me tendait son drageoir. Je refusai avec politesse.
   –  Maintenant, allons voir les Anglaises !...
   Il me prit amicalement sous le bras, et me conduisit dans une salle voisine, où s'élevait une immense cage. Là, des créatures décharnées se tenaient misérablement serrées les unes contre les autres. On lisait sur leur face une expression d'agonie. Certaines gisaient à terre, comme mortes.
   –  How do you do ? leur cria mon ami, badin.
   Puis il m'expliqua :
   –  C'est un arrivage de Londres, un cadeau d'Édouard VII... Des suffragettes... Pour notre manufacture de pianos... Tu prends des Anglaises, tu les fais mourir de faim ... Ça leur allonge encore les dents... Avec deux Anglaises, il y a de quoi faire un clavier complet... les dents blanches pour les grandes touches...
   Il ajouta, avec une gaieté cordiale :
   –  Et les dents gâtées pour les bémols... Tordant, hein, tordant !...

   Je crus devoir rire, bien que ma gorge contractée me causât une sensation d'étouffement. En tournant la tête, j'avisai dans un coin quelques jeunes femmes moins amaigries que les autres.
   – Et celles-là ?
   –  Elles sont enceintes... Nous attendons le sixième mois ...
   –  Le sixième mois... Pourquoi donc ?
   –  Pour la peau !
   –  Comment ?
   Il gonfla ses bajoues et souffla un nuage de fumée.
   –  Ha !... ha !... La peau des gosses, parbleu !... Tu sais comment on fait l'astrakan ? On va chercher les agneaux dans le ventre des brebis et on les écorche... Nous appliquons le procédé aux enfants de pauvres... Nous obtenons ainsi un cuir lisse, délicat, tout blanc, qui nous est très demandé pour relier les livres de première communion...
   À ce moment jaillirent des cris si déchirants que mes tympans éclatèrent, et que je sentis un crispement me tordre l'épiderme de la nuque jusqu'aux orteils.
   Mon guide tira tranquillement sa montre.
   – Cinq heures... Diable !... Notre commande de bourrelets doit être livrée ce soir... Il n'est que temps qu'on s'y mette...
   –  Des bourrelets ?...
   –  Viens voir ça , fit-il en m'entraînant. C'est très curieux .
   J'aperçus une chose horrible... On venait de fendre du sternum au pubis plusieurs malheureux ligotés sur une claie. De leurs péritoines ouverts sortaient comme des câbles les intestins qui allaient s'enrouler sur d'énormes bobines de bois.
   Mon ami rassembla les talons comme un soldat qui se met au garde à vous, et son ton devint respectueux.
   –  C'est pour garnir les fenêtres de l'Élysée... Une commande de Mme Fallières...
   Incapable de supporter l'émoi que me causait un tel spectacle, je prétextai l'heure de l'absinthe pour entraîner mon compagnon.
   Quand nous fûmes attablés devant la boisson apéritive, il se renversa béatement sur sa chaise, et, peignant sa chevelure de ses doigts écartés, il déclara :
   –  Tu n'as pas vu le plus beau... Je te montrerai les magasins d'expédition... Nous détaillons le pauvre, mais nous pouvons le livrer entier... Ainsi nous en envoyons un par semaine aux dames de la Croix-Rouge... Elles lui cassent la tête, elles lui coupent les bras, les jambes... pour apprendre à faire des pansements... Tu saisis ? La charité !... Très ingénieux. Ha ! ha !... Et puis il y a Claretie... Il lui en faut un par jour, à celui-là, tous les matins... Il l'attache à un poteau, dans son cabinet, et, à coups de poing, à coups de fouet, à coups de sabre, il le massacre en l'engueulant... Tu comprends, ça lui décharge le caractère... Après ça, toute la journée, il peut être doux, poli, conciliant... Fameux, hein ?
   –  En effet, acquiesçai-je, soudain éclairé sur les origines d'une mansuétude dont j'avais moi-même éprouvé toute la suavité.
   Mon camarade reprit :
   –  Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles ; c'est très joli, très bien porté... Et ceux où on met en boîtes à conserves les oreilles et les nez coupés... Elles ne sont pas fameuses, entre nous, ces conserves-là... Mais c'est pour la troupe, alors, tu comprends... Je te montrerai encore notre séchoir de vessies... C'est avec elles qu'on fait les ballons du Louvre...
   Une sorte d'exaltation le gagnait peu à peu. Il s'écria, en se frottant les mains :
   –  Car nous utilisons tout, nom de Dieu, tout... C'est ça, l'idée de génie... Avec les os, nous faisons des cure-dents et des débourre-pipes... avec les cheveux, des pinceaux premier choix... avec les tendons, des raquettes de tennis... avec les ongles, des pelles à sel... avec les poitrines des hommes, des dessus de malles... Rien n'est perdu... Les nombrils se transforment en petites salières, les estomacs en réticules, les crânes en pommes d'escalier... Tout sert... jusqu'aux doigts des petits enfants... Devine ce qu'on en fait, des doigts des petits enfants ?... On les coupe, on les sèche... Et ça se vend comme bigoudis... Ha ! ha !
   Il m'allongea de nouveau une bourrade familière si violente que j'en suffoquai.
   Agacé par sa prétentieuse assurance, je voulus le prendre en défaut :
   – Vraiment ! Tu utilises tout ? Et les seins des femmes, qu'est-ce que tu en fais?
   –  Des étuis à éponges, des pelotes à épingles, ou encore des couvre-théières...
   –  Et leur... ?
   Pudique, il m'imposa silence. Puis, plissant d'un air farceur ses petits yeux :
   - Ça ? Je le naturalise en lui gardant sa souplesse... pour les capitaines au long cours...
   Exaspéré, je perdis toute mesure, et, approchant mon visage du sien, je criai :
   - Et les trous du cul, en fais-tu quelque chose ?
   Il répliqua tranquillement :
   –  Des coupe-cigares...
   D'une claque sur la table, je fis trembler les verres et les petites cuillers où le sucre fondait.
   –  Enfin, sacrebleu, tes quarante-cinq mille pauvres... si mal nourris qu'ils soient, ils font bien... chaque jour ou à peu près ... quelque chose que... que tu n'utilises pas, j'imagine...
Il eut une explosion de joie triomphante :
   – Mais si...
   –  Comment ? Vous avez des clients pour cela aussi ?
   –  Non, pas des clients... Un seul, et qui prend tout...
   Il mit un doigt sur sa bouche, pour me recommander la discrétion, et me confia, penché par-dessus son absinthe :
   –  M. Bonnat . "

jeudi, 11 avril 2013

"Sam'suffit"

La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.

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26/02/2011

Fillon et son avion

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France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.

Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon  en a été le maire  de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "

"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."  

(France-Soir) 

lundi, 25 février 2013

Escargots

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Escargots, un poème de Raoul Ponchon 

À Louis de Monard.

On signale des fraudes dans le commerce des escargots.

 La fraude — nerf du commerce —
À notre époque s’exerce
Sur les escargots itou :
Ainsi des gens, sans vergogne,
Vont déclarant de « Bourgogne »
Ceux qu’ils cueillent n’importe où.
 
Tel escargotier cupide,
Dans une coquille vide
Et Bourguignonne, vous vend
Un escargot fantaisiste…
C’est le geai du Fabuliste
Paré des plumes du paon.

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