samedi, 05 juillet 2014

"La Passion considérée comme course de côte"

Le Canard Sauvage, 11-17 avril 1903
Alfred Jarry

La Passion considérée comme course de côte


Barrabas, engagé, déclara forfait.

Le starter Pilate, tirant son chronomètre à eau ou clepsydre, ce qui lui mouilla les mains, à moins qu’il n’eût simplement craché dedans – donna le départ.

Jésus démarra à toute allure.

En ce temps-là, l’usage était, selon le bon rédacteur sportif saint Mathieu, de flageller au départ les sprinters cyclistes, comme font nos cochers à leurs hippomoteurs. Le fouet est à la fois un stimulant et un massage hygiénique. Donc, Jésus, très en forme, démarra, mais l’accident de pneu arriva tout de suite. Un semis d’épines cribla tout le pourtour de sa roue avant.

On voit, de nos jours, la ressemblance exacte de cette véritable couronne d’épines aux devantures de fabricants de cycles, comme réclame à des pneus increvables. Celui de Jésus, un sigle-tube de piste ordinaire, ne l’était pas.

Les deux larrons, qui s’entendaient comme en foire, prirent de l’avance.

Il est faux qu’il y ait eu des clous. Les trois figurés dans des images sont le démonte-pneu dit "une minute".

Mais il convient que nous relations préalablement les pelles. Et d’abord décrivons en quelques mots la machine.

Le cadre est d’invention relativement récente. C’est en 1890 que l’on vit les premières bicyclettes à cadre. Auparavant, le corps de la machine se composait de deux tubes brasés perpendiculairement l’un sur l’autre. C’est ce qu’on appelait la bicyclette à corps droit ou à croix. Donc Jésus, après l’accident de pneumatiques, monta la côte à pied, prenant sur son épaule son cadre ou si l’on veut sa croix.

Des gravures du temps reproduisent cette scène, d’après des photographies. Mais il semble que le sport du cycle, à la suite de l’accident bien connu qui termina si fâcheusement la course de la Passion et que rend d’actualité, presque à son anniversaire, l’accident similaire du comte Zborowski à la côte de la Turbie, il semble que ce sport fut interdit un certain temps, par arrêté préfectoral. Ce qui explique que les journaux illustrés, reproduisant la scène célèbre, figurèrent des bicyclettes plutôt fantaisistes. Ils confondirent la croix du corps de la machine avec cette autre croix, le guidon droit. Ils représentèrent Jésus les deux mains écartées sur son guidon, et notons à ce propos que Jésus cyclait couché sur le dos, ce qui avait pour but de diminuer la résistance de l’air.

Notons aussi que le cadre ou la croix de la machine, comme certaines jantes actuelles, était en bois.

D’aucuns ont insinué, à tort, que la machine de Jésus était une draisienne, instrument bien invraisemblable dans une course de côte, à la montée. D’après les vieux hagiographes cyclophiles sainte Brigitte, Grégoire de Tours et Irénée, la croix était munie d’un dispositif qu’ils appellent "suppedaneum". Il n’est point nécessaire d’être grand clerc pour traduire : "pédale".

Juste Lipse, Justin, Bosius et Erycius Puteanus décrivent un autre accessoire que l’on retrouve encore, rapporte, en 1634, Cornelius Curtius, dans des croix du Japon : une saillie de la croix ou du cadre, en bois ou en cuir, sur quoi le cycliste se met à cheval : manifestement sa selle.

Ces descriptions, d’ailleurs, ne sont pas plus infidèles que la définition que donnent aujourd’hui les Chinois de la bicyclette : "Petit mulet que l’on conduit par les oreilles et que l’on fait avancer en le bourrant de coups de pied."

Nous abrégerons le récit de la course elle-même, racontée tout au long dans des ouvrages spéciaux, et exposée par la sculpture et la peinture dans des monuments "ad hoc" :

Dans la côte assez dure du Golgotha, il y a quatorze virages. C’est au troisième que Jésus ramassa la première pelle. Sa mère, aux tribunes, s’alarma.

Le bon entraîneur Simon de Cyrène, de qui la fonction eût été, sans l’accident des épines, de le "tirer" et lui couper le vent, porta sa machine.

Jésus, quoique ne portant rien, transpira. Il n’est pas certain qu’une spectatrice lui essuya le visage, mais il est exact que la reporteresse Véronique, de son kodak, prit un instantané.

La seconde pelle eut lieu au septième virage, sur du pavé gras. Jésus dérapa pour la troisième fois, sur un rail, au onzième.

Les demi-mondaines d’Israël agitaient leurs mouchoirs au huitième.

Le déplorable accident que l’on sait se place au douzième virage. Jésus était à ce moment dead-heat avec les deux larrons. On sait aussi qu’il continua la course en aviateur... mais ceci sort de notre sujet.

vélo

 > le texte sur Wikisource

A lire aussi, dans le Surmâle, "roman moderne" d'anticipation, le chapitre intitulé "La course des dix mille milles", où une quintuplette de cyclistes, alimentée par le Perpetual-Motion-Food de William Elson qui régénère les muscles durant l'effort, devra parcourir la distance Paris-Irkoutsk en vue de "proclamer le moteur humain supérieur aux moteurs mécaniques sur les grandes distances".

quintuplette

Karm, Gouin, Landrin, Avonet, Rodier

jeudi, 22 mai 2014

André Gill et ses portraits-charge

" Thiers, ce nabot monstrueux, a tenu sous le charme la bourgeoisie française pendant plus d'un demi-siècle, parce qu'il est l'expression intellectuelle la plus achevée de sa propre corruption de classe.

K. Marx

" La charge de M. Thiers "
1883

par André Gill

3710083803.jpgJe l'écris pour l'ahurissement des provinciaux: je n'ai jamais vu M. Thiers. Je l'ai, à ma façon, dessiné cinq cents fois peut-être; je ne l'ai jamais vu.

Cela tient probablement à ce qu'il en est de mon humble individu comme de la plupart des Parisiens qui, peu soucieux de leurs monuments, laissent volontiers s'écouler la vie sans s'inquiéter de savoir si l'obélisque a une porte et sans gargariser d'ascensions exténuées la colonne.

Je n'ai pas enjambé le petit Thiers. Cet aveu fait, je n'ai plus qu'à exaspérer les peintres fanatiques de la copie méticuleuse du modèle, en déclarant qu'il me semble avoir mieux fait pour dessiner Thiers de ne le pas voir, et que, par ce moyen, j'ai mieux tenu compte de la légende et servi au public une silhouette plus conforme à ses idées préconçues.

J'ai eu l'honneur d'obtenir un soir, à dîner, l'approbation du grand Hugo pour cette parole.

On a le droit d'être laid jusqu'à trente ans; plus tard, la laideur est haïssable, car elle ne vient plus de la nature, mais du caractère. Thiers n'était pas absolument laid, mais petit, grincheux et bourgeois.

C'est la bourgeoisie qui lui doit des statues; le peuple ne lui doit rien ; au reste, il a eu soin de donner la mesure de sa tendresse pour le peuple à Transnonain et en mai 71.

Le Mirabeau-mouche, l'élève de Talleyrand, Pickochole, disait Castille, Foutriquet, disait le maréchal Soult, sans foi politique, ajoutait Cormenin, mais avide de pouvoir, non pour le bien qu'il peut faire, mais pour celui qu'il procure, le trafiquant, avec Simon Deatz, de la duchesse de Berry, M. Thiers a bu largement et peut-être immodérément à la coupe d'une popularité qui faisait fausse route.

J'ai la satisfaction d'avoir, au cours de mon œuvre modeste, osé parfois dépailleter sa robe de prophète et montrer l'étincelle méchante qui crépitait au fond de ses lunettes. Le faux-col de Prudhomme se hausse de lui-même aux oreilles et à la mâchoire de ce partisan du pape, de cet ennemi de Proudhon et des chemins de fer. Le pli de sa lèvre serrée a le tranchant du sabre.

Est-ce à dire que la mémoire de M. Thiers usurpe la grande place que lui a concédée l'histoire? Non; mais j'ai trouvé un peu vaste pour lui le manteau que lui a taillé le peintre Vibert dans le drapeau tout entier de la France. Il eût suffi du moindre lambeau du haillon sublime qui couvre l'Humanité.

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André Gill (1840-1885)

Artiste talentueux, provocateur et prolixe, André Gill fut un acteur important de la vie littéraire et artistique française de la fin du Second Empire aux débuts de la IIIe République. On le connait pour ses portraits-charge des personnalités du Paris des années 1860 et 1870. Il meurt, quasiment ruiné et  après quatre années d’internement, à l’asile d’aliénés de Charenton près de Paris.

" Gill a publié ses premiers dessins en 1859 dans Le Journal amusant de Philipon, où Nadar l’avait recommandé. Mais c’est au cours de l’année 1866 qu’il devient en quelques mois, après un rapide passage par Le Hanneton, le collaborateur régulier de La Lune dirigée par François Polo, dont il dessinera la « une » presque sans discontinuer dès la 25e livraison. En peu de temps, ce journal s’identifiera presque exclusivement à Gill et ses caricatures polychromes en pleine page, occultant largement le contenu des pages intérieures (tant les articles et les échos que les vignettes et les revues dessinées par d’autres caricaturistes) – au point que lorsque La Lune s’éteindra sous le coup de la censure, en janvier 1868, L’Éclipse qui lui succèdera aussitôt reprendra la même formule et recourra encore à la caricature monumentale de  Gill. Quand en juin 1876, après 400 livraisons, L’Éclipse disparaîtra, l’assimilation du dessinateur et du journal satirique sera complète, qui permettra au caricaturiste de lancer son propre titre: La Lune rousse. Cette identification de Gill à la petite presse est aussi attestée par les journaux plus ou moins éphémères que Gill a fondés, sur son nom et sa réputation, tout au long de sa carrière : Gill-Revue (1868), La Parodie (1869-1870), Les Hommes d’aujourd’hui (1878), La Petite Lune (1878-1879) ou L’Esclave ivre (1881)."  Bertrand Tillier

*

> André Gill, Vingt années de Paris, avec une préface par Alphonse Daudet

La retraite d'Achille, par Gill  - Prometheus, université de Cologne.

> André Gill, la caricature et l'esprit de Paris - Bertrand Tillier - Etudes romantiques ISH Lyon

> Aude Fauvel, " Punition, dégénérescence ou malheur ? , Revue d'histoire du XIXe siècle  26/27 | 2003, . http://rh19.revues.org/751  ; DOI : 10.4000/rh19.751

>  Caricatures & caricature - site de Guillaume Doizy

> Thiers, sur ce blog :Le "Thiers Etat" : asservissement du travail au capital et répression

samedi, 17 mai 2014

André Frédérique

" Nul n'est censé ignorer l'origine crapuleuse des chants grégoriens"

André Frédérique

Le 17 mai 1957, à l'âge de 42  ans, André Frédérique se suicida.

" Adepte de l'humour noir. Il était le fils unique d'un commissaire de police, qu'il détestait viscéralement (un personnage de père monstrueusement autoritaire revient sans cesse dans ses textes). Il fréquentait une certaine bohème du Paris d'après-guerre, dont des comédiens comme Jean Carmet, les Branquignols. C'est en leur compagnie, et en celle de son alter ego Géo Lhoir, autre pharmacien, qu'il cultivait l'obsession de son existence : le gag. Il travaillait également pour le Club d'Essai de la radio, tenait une rubrique dans Paris-Match, et écrivait. Son principal livre anthume, Histoires blanches, fut remarqué par Raymond Queneau et publié en 1945. Sa poésie est proche de celle de Henri Michaux, avec une approche plus « cabaret », moins lettrée, le personnage lui-même faisant plutôt penser à Jarry. Il se suicida à l'âge de 42 ans : son humour noir cachait un désespoir métaphysique.  Cherche-Midi

Sa bibliographie tient en quatre livres : Histoires blanches (1946), Aigremont (1947), poésie sournoise (1957) et  La Grande fugue, son unique roman inachevé.

*

André Dussolier lit " A un auteur" et " Condamné"

dans l'émission Lecture du soir.

 *

Monsieur,

Je tiens à vous signaler que la maison hantée n’a pas fonctionné comme convenu. Les cris de terreur ont été poussés bien au-delà de minuit et faiblement. D’autre part, ni ma femme, ni moi, n’avons entendu les bruits de chaîne promis. Quant au chien vert à sept queues annoncé, c’est un méchant roquet de sorcière à six pattes, à peau sulfureuse, mais sans reflets dans le couchant comme le décrit votre programme.

J’ai été très surpris de ne trouver qu’un décapité parlant dans le lit de ma mère. Nous avions payé, il me semble, pour elle comme pour nous. Il n’est pas juste que ce soit Monsieur votre oncle, couchant dans l’aile gauche du château, qui bénéficie seul de la ronde des squelettes et des vautours sanglants.

Si sa présence doit nous léser d’une partie du spectacle, je suis prêt à reprendre sa chambre pour y loger ma mère. Je garderai la petite chambre rouge et les fontaines de larmes pour mes deux petites-nièces. Je vous fais remarquer en terminant que ce n’est pas nous qui avons fait fuir le couple enlacé dit des deux écorchés vivants.

Inutile de vous dire que les fantômes blancs à draperie, les esprits frappeurs et guivrés* ont fait correctement leur service.

Tâchez si faire se peut, comme le demande mon père, de nous faire avoir quelques scènes d’œil crevé, qui intéressent toujours.

Votre fidèle client, M. Poinsse.

André Frédérique ou l’art de la fugue,  Claude Daubercies,
Le Cherche Midi Editeur

*

Autour d'André Frédérique, " poète anthracite" de la radio.

avec José Artur et Patrice Delbourg

Dans l' émission  Mythologie de poche de la radio,  par Thomas Baumgartner

andré frédérique

*

Boris Vian, dans ses Chroniques du menteur, propose une critique littéraire documentée et, définitive d'Histoires blanches de son ami André Frédérique (avec qui il organisait des soirées dans les caves de Saint-Germain-des-Près).

Lumière sans pays, d’Eisenstein

Voulant boucler la boucle et fermer la permutation, jouer les scorpions ou Barbara la May, obturer l’inclos, et kohêtéra, et kohêtéra, ce n’est pas un hasard si Einstein publie tout juste un important ouvrage Lumière sans pays, traduit par Gallimard sous le titre : Histoires blanches et signé André Frédérique, car Eisenstein est communiste et ça se saurait. Dans une préface qui est un chef-d’œuvre de perversité ingénue, Alexandre Astruc présente l’auteur au lecteur en des termes que nous ne rapporterons pas ici, il serait trop content. Si Eisenstein ne se montre pas à la hauteur de sa réputation dans l’édition originale en langue douraque, la traduction signée Frédérique est excellente, supérieure, disons-le, à tout ce qu Eisenstein n’a jamais pu écrire. On commence même à penser dans les milieux littéraires bien informés, que ce n’est pas Eisenstein l’auteur de Lumière sans pays traduit sous le titre Histoires blanches, d’André Frédérique, et (après tout, on n’en sait rien, mais c’est peut-être vrai) on ajoute que l’auteur s’appelle en réalité André Frédérique, et qu’Histoires blanches, ce n’est pas la traduction de Lumière sans pays, d’Eisenstein, écrit en langue douraque, à l’origine, puis traduit, dit-on, par la suite, sous le nom de : Histoires blanches, et signé André Frédérique, mais bien une œuvre originale, d’un certain André Frédérique, professeur de Judo au Club de Passy, et d’ailleurs, il n’y a aucune raison, surtout quand on ne le connaît pas, de penser qu’André Frédérique soit incapable d’écrire lui-même un livre qu’il pourrait, le titre n’étant pas encore breveté, intituler Histoires blanches ; mais le plus curieux de l’affaire c’est qu’il vient de paraître, chez Gallimard, Histoires blanches, par André Frédérique, ce qui se passe de commentaires.

 Il est donc permis de penser qu'Aragon n’est pas sincère lorsqu’il écrit, à propos de Lumière sans pays d’Eisenstein ; « C’est le monument le plus impérissable que le vaillant pionnier ait jamais réalisé à la gloire de sa patrie, et, à côté de ça, les Histoires blanches d’André Frédérique, c’est de l’eau de rose et de réséda. »

 Au risque de nous trouver en désaccord avec Aragon (car l’on se rappelle que ce pseudonyme cache l’évêque de Bézier), nous croyons au contraire que Lumière sans pays, d’Einstein, perd des points à la comparaison. Nous irons même plus loin : à notre avis, Lumière sans pays d’Eisenstein, ça n’existe pas.

Boris Vian, Chroniques du menteur

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jeudi, 08 mai 2014

Météo : il va pleuvoir...

 Il pleut des... pavés !

Déniché par Infovite

Le groupe  Mise en Demeure,  Album: Il pleut des pavés (2013)
Site web: http://miseendemeure.org

On est descendu-e-s à Victo
On n'avait pas regardé la météo
Les policiers avaient des beaux habits
Ils savaient qu'il y allait avoir des intempéries

Refrain :  Il pleut des pavés

On est arrivés en retard
Fallait passer par le chalet
Chercher nos balles de peinture
Pendant que le RRQ défonçait la clôture

On a crié des gros mots
Ils ont rétorqué avec des lacrymo
Ils ont tiré des balles de plastiques
On a rétorqué avec des briques

Refrain

On avait presque tout pété
Mais on en voulait plus
Et dans le parking d'à côté
On a trouvé leurs autobus

Il y a un flic un peu téméraire
Qui a voulu faire une arrestation
Il a eu soudain l'air un peu con
Nous, on négocie avec des barres de fer

Fallait pas nous faire chier ;)

Refrain

Mais...
... On n'a jamais lancé de pavé
On ne s'est même jamais masqué
On est toujours resté très calme
On n'a jamais fabriqué de napalm
Sauf une fois,
Au chalet.

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mardi, 15 avril 2014

Cambadélis : le meilleur d'entre eux...

"Si les poutres supérieures ne sont pas droites, les poutres inférieures sont également de travers"

Proverbe chinois

"Moi-président-de-la-république" ne serait pas le chef de la majorité promettait-il, et c'est pourquoi il vient d'introniser l'incomparable Cambadélis à la tête du PS - après s'être débarrassé du tout aussi incomparable Harlem Désir par une promotion-sanction dans la foulée des municipales. Chaises musicales, révolution de palais et couacs divers.

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Bruits de godillots froissés et jérémiades à "l'aile gauche" plaintive du PS devant le choix imposé par leur chef suprême de Cambadélis à leur tête - il lorgnait déjà ce poste il y a un an et demi.

" J’apprends par ITV que JC Cambadelis remplacerait Harlem Désir a la tête du PS. Eh ! le premier secrétaire doit être élu par les militants !" glapit Marie-Noëlle  surs twitter.

"On a changé de Premier ministre, c'est le pouvoir constitutionnel du président de la République. En revanche, le changement de premier secrétaire appartient aux militants comme le prévoient les statuts, au terme d'un congrès et d'un vote", grogne Juliette Méadel, l'avocate d'affaires à la tête du think tank Terra Nova et secrétaire nationale du PS à l'Industrie.

" Il revient aux militants et à eux seuls de dire la suite. Un Congrès extraordinaire où les adhérents pourront débattre et voter l’orientation, la stratégie et pour les personnes qui les incarneront, est désormais indispensable", récrimine le courant  " Un Monde d'avance"

" Je demande à Jean-Christophe Cambadélis de bien réfléchir. Soit il est d’accord pour l’organisation d’un congrès avant la fin de l’année, et nous n’aurons aucun problème pour voter pour lui. Soit il refuse, et nous présenterons mardi un candidat lors du conseil national pour rendre la parole aux militants. Il est urgent de reconstruire une synthèse socialiste pour reconstruire ensuite une synthèse à gauche à travers un vrai débat de fond. Car on ne sort pas d’une crise politique de cette ampleur par des combines de couloirs mais en refaisant de la politique au grand jour ",  criaille Pascal Cherki, dans le Figaro.

Pour contrecarrer ces pleurnicheries et bêlements, Cambadélis a promis, si la décision de Hollande était avalisée par le Bureau national du PS, de consulter les socialistes de base avec un vote sur son nom et sa stratégie - mais uniquement lorsqu'il sera installé dans son fauteuil de première secrétaire. Joie de la démocratie. Fin de la Fronde glapissante.

Pour le résumé de cette tambouille écouter les infos à 2'45 du début. 

Jean-Christophe Cambadélis

 cambadelis.png J-C Cambadélis, ex-strauss-khanien,  éliminé lors de la précedente nomination à la tête du PS, rappelle sur son blog, en parlant de lui à la troisième personne, que deux affaires, coup sur coup, ont entravé son ascension remarquable : "Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères."

Entre 1993 et 1995,  il fut salarié ( 20.000 francs par mois) de la société AGOS,  une filiale de l'Agence des foyers et résidences hôtelières privées (AFRP) qui logeait quelques milliers de travailleurs immigrés dans 35 foyers souvent insalubres. L'AFRP fut mise en liquidation judiciaire en 1996. Cette société gestionnaire était alors entre les mains d'Yves Laisné, un ancien cadre du Front national.

" Réputé pour sa qualité d'expert sur le FN. Yves Laisné fut en effet proche de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et membre du Front national dans les années 70. Il a même siégé au comité central du parti d'extrême droite de 1975 à 1977, y incarnant la tendance ultralibérale." (Fabrice Tassel)

 A ce propos,  en 1995, lorsque l'affaire éclate, Cambadélis déclare : "Il m'avait dit que, par le passé, il avait été violemment anticommuniste, mais rien d'autre. Et puis tout le monde a fait des erreurs de jeunesse".

Comment imaginer en effet que le fondateur du " Manifeste contre le Front national" et coauteur de la France blafarde, une étude sur l'histoire du mouvement lepéniste, ait pu naviguer en  compagnie d'Yves Lainé ? ce dernier sera poursuivi pour "abus de confiance, abus de biens sociaux et présentation de bilans inexacts" et condamné à 15 mois de prison avec sursis et 500.000 francs d'amende.

 En 2000, Cambadélis est mis en examen pour abus de confiance dans l'affaire de la MNEF. Il est alors soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs au titre d'une activité permanente de conseil :

" De 1991 à 1993, c'est en qualité de "sociologue" que Jean-Christophe Cambadelis a été rétribué à hauteur de 420 499 francs par la Mutuelle interprofessionnelle de France (MIF), une filiale de la Mnef destinée aux étudiants déjà actifs ou étrangers. Cambadelis était alors député, avec revenus afférents. Non réélu en 1993, il reçoit jusqu'en 1995 quelque 200 000 francs supplémentaires de la MIF, en tant qu'administrateur «chargé des contacts auprès des ambassades ou des universités». Seuls «trois documents manuscrits» attestent du "travail" du député. "Des écrits d'une extrême pauvreté", signale le magistrat instructeur, Armand Riberolles. Dans son ordonnance de renvoi, il conclut : "Les emplois occupés par Cambadelis peuvent être qualifiés de complaisance. "  (Karl Laske)

 En 2006,  dans l'affaire des emplois fictifs de la MNEF, il est reconnu « coupable de recel d'abus de confiance » et il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

 Concernant ces affaires judiciaires Cambadélis s'est exprimé dans un communiqué de presse:

" Je ne peux pas dire que j’aborde cette épreuve avec soulagement, mais il s’agit quand même pour moi d’un dénouement bien venu. Car cette épée de Damoclès m’a été opposée à chaque fois qu’une responsabilité politique de premier plan me fut proposée. J’ai été stoïque, mais si j’étais coupable, j’aurais déjà “payé dix fois” par les handicaps, les refus, voire l’opprobre que cette " affaire " m’a causée. Mais tout cela a fini avec le temps — dix ans — par se dégonfler.
Alors je suis serein. L’essentiel des accusations contre moi a été levé. Souvenons-nous des allégations de l’époque : financements occultes, trafic d’influences, vente à vil prix d’une imprimerie, mise en place d’un système d’enrichissement, que sais-je encore… De tout cela l’instruction n’a retenue qu’une mise en cause résiduelle et vraisemblablement prescrite (le parquet l’avait demandé), dans un dossier annexe de l’ “affaire MNEF”. 

"La sauce fait passer le poisson."  

proverbe français

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 *

> " Les passés judiciaires de MM.Cambadélis et Désir suscitent une gêne au PS"  Le Monde 08.09.2012 par Bastien Bonnefous

>Les salaires embarrassants de Harlem Désir. Avec un autre ex-responsable de SOS Racisme, il comparaissait hier devant le tribunal. 6 novembre 1998- Libération, par Beaudoin HUGUES

> " Un homme de réseaux très politique. Yves Laisné, ex-membre du FN, salariait le socialiste Cambadélis",  par Armelle Thoraval, 21 novembre 1995. Libération

>" Cambadélis, employé fictif d'un ex-FN?. Le numéro deux du PS est renvoyé devant le tribunal correctionnel".  Par Tassel Fabrice, 13 février 1999. Libération

> " Pour Cambadelis, le procès de la Mnef n'est plus fictif." Karl Lask, 1 mars 2006 2006. Libération

> L'affaire de la MNEF - Wikipedia

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vendredi, 04 avril 2014

Hollande est roi, Royale est sa reine...

Les racines opéra-comiques de la France

C’ n’était pas la peine
Non pas la peine, assurément
De changer de gouvernement !


La fille de Madame Angot par ca2r

Jadis les rois, race proscrite,
Enrichissaient leurs partisans;
Ils avaient mainte favorite.
Cents flatteurs, mille courtisans !

vendredi, 17 janvier 2014

François Morel : boîte à outils


La boite à outils par franceinter

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vendredi, 02 août 2013

Contribution à l'extinction du paupérisme

" Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles; c'est très joli, très bien porté... "

Que  faire de la surproduction de nos cochons de pauvres inutiles et coûteux qu'on ne peut même pas exporter outre-mer tant les colonies et les bagnes nous font actuellement défaut ? Dans les hautes sphères autocratiques on pinaille, on alterne, on cohabite, on réforme à la petite semaine sans vouloir prendre les mesures qui s'imposent, sans laisser aux Marchés la Liberté de s'occuper du fléau de la pauvreté.

En ces temps d'université d'été de notre bourgeoisie petite et grande qui mène à la baguette le peuple voici, sans tabous, une aimable contribution à l'extinction du paupérisme dans un souci d'efficacité et de profits juteux.

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Octave Mirbeau :  " Pour les pauvres "

par Paul Reboux & Charles Müller - " À la manière de "  1913

   Depuis que M. Leygues a fait un héritage de cinq milliards, il n'est plus seulement un grand ministre et un grand poète, il est devenu un grand industriel. 

   Je suis allé visiter ses usines. Le directeur de l'exploitation m'attendait à la porte. C'est un de mes anciens condisciples du collège d'Arcueil. Il occupe un poste de confiance bien mérité. En effet, ce fut lui qui empoisonna les vingt-trois personnes dont les héritages successifs composèrent la fortune de M. Leygues. Il n'avait pas changé. Je le retrouvai tel que je l'avais connu, rubicond, poupin, jovial, ses petits yeux ricaneurs tapis entre ses joues et son front bombé, portant en arrière ses cheveux rouge carotte, et fumant une pipe dont le fourneau d'écume représente une croupe de femme, assise sur une main galante.
   Fichtre ! lui dis-je, tandis qu'il faisait manœuvrer une sorte de pont-levis, tu prends tes précautions contre les voleurs !
   Il émit un petit ricanement :
   –  Ha ! ha !... Tu veux dire contre les évasions...
   – Quelles évasions ?
   –  Les évasions de notre matière première... Comment ? Tu ne sais pas ?
   J'avouai mon ignorance. Il poursuivit :
   –  Mes pauvres, nom de Dieu ! mes pauvres !... J'en ai plus de quarante-cinq mille, là dedans !...          C'est d'eux que nous tirons tout, mon cher, tout !... Pas un atome de déchet... C'est comme les cochons de Chicago...
    Je demeurais muet de surprise. Il m'allongea sur les côtes un coup de poing familier, en éclatant de rire ;
   –  Les pauvres, mais c'est des cochons !... Puis il m'expliqua :
   –  Ç'a été la grande idée de Leygues, et, on peut bien le dire, la grande idée du siècle... D'un côté, ça crée un commerce épatant... Et de l'autre, ça supprime les pauvres... L'extinction du paupérisme, quoi !... Et quelle matière première !... Bon marché !... Facile à travailler !... Abondante ! Ah ! nom de Dieu !...
   Il lança un jet de salive roussâtre et poursuivit :
   –  Sais-tu à combien ça nous revient, un pauvre ?...
   –  Ma foi non.
   –  Dix centimes !... Ha ! ha !... Dix centimes... Le prix du timbre... Nous n'avons qu'à écrire... aux manufacturiers qui réduisent leur personnel... ou aux bourgeois qui renvoient leurs bonnes... ou aux associations philanthropiques... Oui, mon cher... Elles reçoivent de l'argent pour leurs pauvres... Elles nous expédient les pauvres, et elles gardent l'argent !... C'est tout bénéfice... Pas plus tard que ce matin, l'œuvre du Coin-du-Feu nous a fait une livraison de cinq cents kilos !
   – Combien cela fait-il de pauvres ? demandai-je.
   –  Peuh !... souffla-t-il, une quarantaine à peu près... Un pauvre, c'est maigre, tu sais... Ça ne pèse rien... Mais viens par ici... Tu vas voir... Il me conduisit vers des bâtisses d'où se dégageait une fade odeur d'abattoir. J'aperçus là une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants qui tenaient leurs bras étendus au-dessus d'une rigole. Tous avaient à la même place une plaie d'où le sang coulait comme une fontaine, avec un bruit doux, pour s'en aller rejoindre l'intarissable flot que la rigole guidait vers un réservoir.
   –  Tu as de la chance, fit mon guide. C'est justement l'heure de la saignée... Tout le monde y passe une fois par jour.
   – Et que faites-vous de ce sang ?
Il sortit de sa poche une petite bonbonnière.
   –  Des pilules... des pilules de fer, pour les anémiques riches... Le sang contient beaucoup de fer, tu sais ça ... En veux-tu une ?
   Il me tendait son drageoir. Je refusai avec politesse.
   –  Maintenant, allons voir les Anglaises !...
   Il me prit amicalement sous le bras, et me conduisit dans une salle voisine, où s'élevait une immense cage. Là, des créatures décharnées se tenaient misérablement serrées les unes contre les autres. On lisait sur leur face une expression d'agonie. Certaines gisaient à terre, comme mortes.
   –  How do you do ? leur cria mon ami, badin.
   Puis il m'expliqua :
   –  C'est un arrivage de Londres, un cadeau d'Édouard VII... Des suffragettes... Pour notre manufacture de pianos... Tu prends des Anglaises, tu les fais mourir de faim ... Ça leur allonge encore les dents... Avec deux Anglaises, il y a de quoi faire un clavier complet... les dents blanches pour les grandes touches...
   Il ajouta, avec une gaieté cordiale :
   –  Et les dents gâtées pour les bémols... Tordant, hein, tordant !...

   Je crus devoir rire, bien que ma gorge contractée me causât une sensation d'étouffement. En tournant la tête, j'avisai dans un coin quelques jeunes femmes moins amaigries que les autres.
   – Et celles-là ?
   –  Elles sont enceintes... Nous attendons le sixième mois ...
   –  Le sixième mois... Pourquoi donc ?
   –  Pour la peau !
   –  Comment ?
   Il gonfla ses bajoues et souffla un nuage de fumée.
   –  Ha !... ha !... La peau des gosses, parbleu !... Tu sais comment on fait l'astrakan ? On va chercher les agneaux dans le ventre des brebis et on les écorche... Nous appliquons le procédé aux enfants de pauvres... Nous obtenons ainsi un cuir lisse, délicat, tout blanc, qui nous est très demandé pour relier les livres de première communion...
   À ce moment jaillirent des cris si déchirants que mes tympans éclatèrent, et que je sentis un crispement me tordre l'épiderme de la nuque jusqu'aux orteils.
   Mon guide tira tranquillement sa montre.
   – Cinq heures... Diable !... Notre commande de bourrelets doit être livrée ce soir... Il n'est que temps qu'on s'y mette...
   –  Des bourrelets ?...
   –  Viens voir ça , fit-il en m'entraînant. C'est très curieux .
   J'aperçus une chose horrible... On venait de fendre du sternum au pubis plusieurs malheureux ligotés sur une claie. De leurs péritoines ouverts sortaient comme des câbles les intestins qui allaient s'enrouler sur d'énormes bobines de bois.
   Mon ami rassembla les talons comme un soldat qui se met au garde à vous, et son ton devint respectueux.
   –  C'est pour garnir les fenêtres de l'Élysée... Une commande de Mme Fallières...
   Incapable de supporter l'émoi que me causait un tel spectacle, je prétextai l'heure de l'absinthe pour entraîner mon compagnon.
   Quand nous fûmes attablés devant la boisson apéritive, il se renversa béatement sur sa chaise, et, peignant sa chevelure de ses doigts écartés, il déclara :
   –  Tu n'as pas vu le plus beau... Je te montrerai les magasins d'expédition... Nous détaillons le pauvre, mais nous pouvons le livrer entier... Ainsi nous en envoyons un par semaine aux dames de la Croix-Rouge... Elles lui cassent la tête, elles lui coupent les bras, les jambes... pour apprendre à faire des pansements... Tu saisis ? La charité !... Très ingénieux. Ha ! ha !... Et puis il y a Claretie... Il lui en faut un par jour, à celui-là, tous les matins... Il l'attache à un poteau, dans son cabinet, et, à coups de poing, à coups de fouet, à coups de sabre, il le massacre en l'engueulant... Tu comprends, ça lui décharge le caractère... Après ça, toute la journée, il peut être doux, poli, conciliant... Fameux, hein ?
   –  En effet, acquiesçai-je, soudain éclairé sur les origines d'une mansuétude dont j'avais moi-même éprouvé toute la suavité.
   Mon camarade reprit :
   –  Nous avons aussi les ateliers où l'on arrache les yeux, pour en faire des têtes d'épingles à chapeau, ou des pommeaux d'ombrelles ; c'est très joli, très bien porté... Et ceux où on met en boîtes à conserves les oreilles et les nez coupés... Elles ne sont pas fameuses, entre nous, ces conserves-là... Mais c'est pour la troupe, alors, tu comprends... Je te montrerai encore notre séchoir de vessies... C'est avec elles qu'on fait les ballons du Louvre...
   Une sorte d'exaltation le gagnait peu à peu. Il s'écria, en se frottant les mains :
   –  Car nous utilisons tout, nom de Dieu, tout... C'est ça, l'idée de génie... Avec les os, nous faisons des cure-dents et des débourre-pipes... avec les cheveux, des pinceaux premier choix... avec les tendons, des raquettes de tennis... avec les ongles, des pelles à sel... avec les poitrines des hommes, des dessus de malles... Rien n'est perdu... Les nombrils se transforment en petites salières, les estomacs en réticules, les crânes en pommes d'escalier... Tout sert... jusqu'aux doigts des petits enfants... Devine ce qu'on en fait, des doigts des petits enfants ?... On les coupe, on les sèche... Et ça se vend comme bigoudis... Ha ! ha !
   Il m'allongea de nouveau une bourrade familière si violente que j'en suffoquai.
   Agacé par sa prétentieuse assurance, je voulus le prendre en défaut :
   – Vraiment ! Tu utilises tout ? Et les seins des femmes, qu'est-ce que tu en fais?
   –  Des étuis à éponges, des pelotes à épingles, ou encore des couvre-théières...
   –  Et leur... ?
   Pudique, il m'imposa silence. Puis, plissant d'un air farceur ses petits yeux :
   - Ça ? Je le naturalise en lui gardant sa souplesse... pour les capitaines au long cours...
   Exaspéré, je perdis toute mesure, et, approchant mon visage du sien, je criai :
   - Et les trous du cul, en fais-tu quelque chose ?
   Il répliqua tranquillement :
   –  Des coupe-cigares...
   D'une claque sur la table, je fis trembler les verres et les petites cuillers où le sucre fondait.
   –  Enfin, sacrebleu, tes quarante-cinq mille pauvres... si mal nourris qu'ils soient, ils font bien... chaque jour ou à peu près ... quelque chose que... que tu n'utilises pas, j'imagine...
Il eut une explosion de joie triomphante :
   – Mais si...
   –  Comment ? Vous avez des clients pour cela aussi ?
   –  Non, pas des clients... Un seul, et qui prend tout...
   Il mit un doigt sur sa bouche, pour me recommander la discrétion, et me confia, penché par-dessus son absinthe :
   –  M. Bonnat . "

jeudi, 11 avril 2013

"Sam'suffit"

La "maison" de Fillon dans la Sarthe est en fait le château - ou manoir - de Beaucé qui figure à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Un lieu calme et propice au ressourcement quand le ci-dessus Fillon œuvrait comme premier ministre sarkozyste. Home sweet home et cher logis trop loin - hélas ! - des palais de la république: rejoindre la gentilhommière sarthoise n'était pas une mince affaire.

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26/02/2011

Fillon et son avion

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France Soir, révèle que François Fillon, auteur de "La France peut supporter la vérité", utilise un Falcon 7X de l'Armée de l'air pour rentrer dans sa propriété de Solesmes pour 27 000 euros le saut de puce. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre ont expliqué que le choix de l’avion était dicté par "des raisons de sécurité", en soulignant qu’il en allait de même pour le président de la République.

Solesmes fait partie de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, une ville à moins de 250 km de Paris et à 1 h 20 de TGV de Paris. François Fillon  en a été le maire  de 1983 à 2001 et lui a fait bénéficier de son entregent par la création, en 1989, d’une gare TGV. Les riverains admettent : " Il n’y avait aucune raison pour que le TGV s’arrête entre le Mans et Angers, mais on ne va s’en plaindre. "

"En empruntant le réseau routier avec une Citroën C6, le voyage entre Paris et Sablé-sur-Sarthe, en Pays-de-Loire, soit 510 km aller et retour, aurait coûté environ 110 €, dont 40 € de péages. La durée totale de ce trajet aurait été de cinq heures.
En utilisant le réseau ferré, dans un TGV Atlantique, dans un wagon de 36 places, privatisé pour des raisons de sécurité, en 1re classe, le coût total du trajet Paris-Montparnasse – Sablé-sur-Sarthe et retour se serait élevé à 5.800 €. La durée du trajet aurait été de 1 h 25 pour l’aller et autant pour le retour."  

(France-Soir) 

lundi, 25 février 2013

Escargots

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Escargots, un poème de Raoul Ponchon 

À Louis de Monard.

On signale des fraudes dans le commerce des escargots.

 La fraude — nerf du commerce —
À notre époque s’exerce
Sur les escargots itou :
Ainsi des gens, sans vergogne,
Vont déclarant de « Bourgogne »
Ceux qu’ils cueillent n’importe où.
 
Tel escargotier cupide,
Dans une coquille vide
Et Bourguignonne, vous vend
Un escargot fantaisiste…
C’est le geai du Fabuliste
Paré des plumes du paon.

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dimanche, 17 février 2013

Merci mon Dieu

 benoit 16, Die Tageszeitung

A l'annonce de la "renonciation pontificale", le journal allemand TAZ a titré "Merci mon Dieu". En avril 2005 il  commentait l'élection du pape allemand par  "Oh mon Dieu",  mais sur une page noire.

A l'annonce de la "renonciation pontificale", c'est d'un coup de foudre que le dieu des orages a frappé ​​le dôme de Saint-Pierre de Rome (basilique). Joie, vengeance, lassitude ?

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mardi, 18 décembre 2012

Les piliers de la foi

Depardieu a préféré la Belgique à l'Ouzbékistan où niche pourtant Gulnara Karimova - plus connue sous le nom de Googooshale - la fille chanteuse d'Islam Karimov le dictateur en titre du pays.

" Plus de vingt ans après son arrivée au pouvoir, le président ouzbek n’en finit pas de battre ses propres records en matière de répression et de paranoïa. "Réélu" en 2007 avec près de 88% des voix, il a assis un pouvoir implacable, réduisant la presse d’opposition au silence à l’aide de méthodes qui font froid dans le dos : disparitions, internements forcés en hôpital psychiatrique, emprisonnements arbitraires, etc. Accusés de terrorisme, traînés devant les tribunaux pour des affaires montées de toutes pièces, les journalistes payent parfois très cher leur travail d’enquête. Au moins dix d’entre eux sont actuellement sous les verrous. Le chef de l’État reste fidèle au mode de gouvernance qu’il avait publiquement reconnu en 1999 : "Je suis prêt à faire sauter les têtes de 200 personnes, à sacrifier leur vie, afin de préserver la paix et le calme dans la République."

(Reporters sans frontières)

" Le 13 mai 2005, dans la ville ouzbèke d’Andijan, les troupes gouvernementales ouvraient le feu sur des manifestants pacifiques. Plus de 500 personnes y trouvaient la mort, mais les autorités ne feront état que de 187 décès. Menacées, les familles des victimes ont été contraintes de garder le silence et une violente répression s’est abattue sur tous ceux qui ont tenté de dénoncer ce massacre : harcèlements, menaces, incarcérations, torture.  "

FIDH

Nadejda Atayeva, Présidente de l’association Droits de l’Homme en Asie Centrale témoigne :


Nadejda Atayeva, défenseure ouzbèke des droits... par fidhdailymotion


Mais revenons à la fille du dictateur et à l'émigré. Dans une chanson impérissable - Nebo molchit (Le ciel se tait) - Depardieu susurre donc quelques mots tendres à l'oreille de Googooshale. Des mots doux écrits par Googooshale soi-même qui est en sus diplômée de l'université américaine Harvard, représentante permanente de l’Ouzbékistan auprès des Nations unies à Genève, créatrice de bijoux. dame patronnesse et  qui a lancé une ligne de cosmétiques.

Depardieu et Sarkozy

" Je n'entends que du mal de cet homme qui ne fait que du bien "

 

Dans un restaurant, entre la poire et le fromage, éloges de Sarkozy avocat d'affaires et bienfaiteur des arts par l'acteur réalisateur, producteur, propriétaire viticole et homme d'affaires. C'est le Canard enchaîné du 14 mars qui rapporte ce florilège de propos embaumant la reconnaissance du ventre.

" A chaque fois que j'ai demandé quelque chose à Sarko, il a répondu présent. Quand j'ai eu récemment des problèmes  avec l'une de mes affaires à l'étranger, il s'est mis en quatre et m'a réglé le problème tout de suite. Son conseiller diplomatique m'a même appelé, il a été très gentil avec moi."

" Lorsque je l'appelle, il me rappelle dans le quart d'heure. Lui, c'est le président de la République ; moi, je ne suis qu'un acteur, et il me rappelle tout de suite. C'est extraordinaire."

"J'aurais perdu beaucoup d'argent s'il ne m'avait pas aidé pour ce problème. Tout ce qu'il me demandera, je le ferai."

Depardieu : " Je n'ai jamais été ému par des gens qui n'avaient pas de dignité "

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La paire au Meeting UMPiste de Villepinte, dimanche 11 mars 2012

*

Gérard Depardieu: "Je vais jouer Dominique Strauss-Kahn parce que je ne l'aime pas" Par chance le film qu’Abel Ferrara voulait réaliser sur l’affaire DSK est « au point mort » puisque personne, ne semble presser de le financer

 

12:01 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, depardieu, ump, droite, affaires | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 30 septembre 2012

Le super patron

Le super patron - Fred Trémège

07:37 Publié dans Humour, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le super patron, fred trémège, humour | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 17 juin 2012

L'armoire aux cerveaux

Albert Londres - Chez les fous


Un après-midi, le docteur Dide me dit :

– Venez voir mon laboratoire.

Les travaux de ce savant sont célèbres par le monde.

Au moyen d’une machine perfectionnée, il coupe les cerveaux en tranches minces comme l’on fait du jambon de Parme dans les boutiques italiennes d’alimentation. Il examine ensuite la chose au microscope. De là sortira peut-être la clé de la maladie mystérieuse. Du moins espérons-le.

Je me promenais donc, respectueusement, dans ce temple de l’avenir, quand, soudain, je tombai en arrêt devant un réduit imprévu. Cent vingt pots de chambre, chacun dans un joli petit casier, ornaient seuls les murs de ce lieu. Aux anses pendaient des étiquettes portant noms d’hommes et de femmes et, en dessous : D. P. (démence précoce). Délire progressif. Confusion mentale, psychoses symptomatiques, lésions circonscrites ; P. G. marche rapide. Épilepsie. Idiotie.
Ces pots de chambre aussi correctement présentés avaient dans leur air quelque chose de fascinateur.

– C’est mon armoire à cerveaux, fit Dide.

Il tira un pot par l’anse : un cerveau nageait dans un liquide serein. Regardant l’étiquette, le savant me dit :

– C’est Mme Boivin.– 59 –
– Enchanté !

Je demeurais en extase devant l’armoire.

– Parfait ! fis-je, vous avez là de beaux cerveaux, mais pourquoi dans des pots de chambre ?

Le maître me regarda bien en face et me répondit :

– Parce que le pot de chambre, monsieur, est la forme idéale du cerveau !

Albert LONDRES, Chez les fous, récit, 1929
IX  l'armoire aux cerveaux -

Ebooks - HTMLPDF | DOC-ODT

Denis Poizat « "Chez les fous", hommage à Albert Londres », Reliance 1/2006 (no 19), p. 7-8.
URL : www.cairn.info/revue-reliance-2006-1-page-7.htm.

mercredi, 23 mai 2012

Tirez la tronche

Ruet, Depardon, Chaumeil ?... En ces temps officiels de portraits officiels,  lequel de ces photographes immortalisera l'image du président, s'interroge-t-on ?

Pour leur part, les zèbres lui conseillent de faire appel aux talents de:

  1. Tadao Cern,  photographe Lituanien
  2. et d'une  soufflerie. 

Tadao Cern portraits

Joie des électices et des électeurs dans le vent

*

> "Blow Job", sur le site de Tadao Cern : http://www.tadaocern.com/

> " Blow Up " - Facebook

> Déniché sur le site "La boîte verte" : Portraits dans le vent

11:23 Publié dans Humour, Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : portraits, tadao cer, photo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 11 mai 2012

Noblesse & vraie France

Noblesse et pouvoir socialo-communisss...

Une pensée à de Villiers... du Puy du Fou( Vendée)

retrouvé dans le " Le vieux monde qui n'en finit pas "

France éternelle

16:02 Publié dans Humour, Politique, Théâtre, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les deschiens, noblesse, droite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 04 mai 2012

Penn-Baz

Les racines épiques de la France

Le Penn-Baz

 

Tandis que Calomnie chevauchant Infamie, au faîte noir de l' Ignominie, tournoie et souffle dans ses cornes, le pur, le saint, l’auguste, le chef sacré couronné par le Pape du rameau toujours vert, court.

A
yant reçu maints  coups de penn-baz sauvages, il  court.

Il court aux jardins du palais.

On le voit,  sombre spectre, sautiller dans les ténèbres élyséens mieux qu'un taureau beuglant.

À ses reins pend la rhote et luit le large glaive.

Il court planter l'arbre de la Vengeance.

Déjà il est tout de fleurs chargé.
Déjà voici les fruits qui le ploient.
Déjà la récolte s'annonce.

L'esprit de Gaudriole souffle de joie en ses conques profondes, et le chef sacerdotal, émergeant du creux des  abîmes, s'adresse  aux vieillards, aux bardes, aux guerriers, aux femmes en larmes, à  l’innombrable essaim de ses fidèles et dit : " Ô moi !  je grimpe dans le temps et dans l’illimité ! "

A cause du penn-baz, le pur, le saint, l’auguste, le chef sacré couronné par le Pape du rameau toujours vert, a de saintes visions !

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23:42 Publié dans - Museum des Quinquennats, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : penn-baz, rumeur, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Banquier

La compagnie théatrale " Ah! mes aïeux ", de Châteaulin, recherche un homme replet pour reprendre au pied levé  et bénévolement le rôle du banquier Daubray dans " Le Sacrifice d’Iphigénie " d'Adolphe d’Ennery (1861). Le costume ne sera pas fourni.

Daubray

Ah ! Vous voilà encore avec vos phrases sonores, vos sentiments exagérés... En vérité, ma chère, vous parlez comme ferait la femme d'un philosophe ou d'un homme de lettres... Mais ayez donc l'esprit et le langage de votre position !... Je ne suis pas un homme de lettres, moi, je suis banquier, je ne suis pas philosophe, moi... je suis un honnête homme.

Madame Daubray, soupirant.

Oui, banquier !... Hélas ! Ce n'est pas ce que j'avais rêvé... J'étais née avec une âme mélancolique et tendre.

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16:08 Publié dans Humour, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chateaulin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 03 mai 2012

Pourquoi tant d'infamie ?

Quel temps pourri  !

1542552174.jpgC'est par l'intermédiaire de son avocat, Me Béchir Essid, que l'ancien Premier ministre libyen Al Baghdadi Ali al Mahmoudi, emprisonné en Tunisie, a affirmé : " Nous avons participé à la réussite de M. Sarkozy et au financement de sa campagne présidentielle de 2007".

Le futur ex-président et actuel candidat à sa propre succession a de nouveau récusé les  accusations sur cet "accord" qui sent le souffre - tout ceci n'étant à ses yeux qu' infamie et fadaises.

Et dire que la veille sa hautesse avait du faire face aux accusations d'un " menteur " et d'un  "petit calomniateur " en la personne de Hollande.

Et dire que le jour même Thierry Gaubert,  conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget du gouvernement Balladur entre 1993 et 1995 et secrétaire général de la mairie de Neuilly dans les années 1980 et 1990, était  condamné à dix mois de prison avec sursis pour abus de confiance et de biens sociaux dans une affaire de détournements de fonds issus du 1% logement.

Il y a des semaines comme ça où,  mis à part Morano, Coppé et Kosciusko-Morizet, rien ne vous sourit plus.



> "Financement de Sarkozy : l'ex-Premier ministre libyen confirme" Celine Lussato - Nouvel Obs

> Oraisons funestes - sur le blog Thierry Gaubert


L'ex-premier ministre libyen atteste que Kadhafi... par LeNouvelObservateur

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vendredi, 20 avril 2012

Le Sarkothon, c'est bon !

Pour mettre un peu d'épinard au beurre dans la Sarkozy en crise, Vent de Liberté nous propose charitablement de participer au SARKOTHON de  Kek et Loïc Sécheresse.

 Sarkothon

Le blog de Loïc Sécheresse, "gauchiste contrarié"? illustrateur pour la presse, la pub, et  auteur de BD.

Election minute papillon


Minute Papillon #28 Election Présidentielle 2012 par LangueDePub

> Les courts métrage et parodies à voir ici : http://www.langue-de-pub.com/

> LanguedePub sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/LanguedePub

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" Les Schtroumpfs de l'ombre "

dimanche, 08 janvier 2012

Twilight et les vampires

jeudi, 01 décembre 2011

" Podcast mode d'emploi "

dimanche, 13 novembre 2011

Halloween

mardi, 01 novembre 2011

01:56 Publié dans Humour, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : minute papillon, election présidentielle 2012, kriss | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 28 mars 2012

" Si j'avais su, je ne serais pas venu.."

Malhonnêteté, grossiereté, inconvenance et impolitesse... selon les critères de Guaino, nouveau  " Père la morale "  invité des Matins de France-Culture.

Etrillé paMarie Darrieussecq, chroniqueuse de France Culture avant son passage à l'antenne, le conseiller especial de Sarkozy arrivé en retard, n'a pas du tout apprécié qu'on rappelle au bon peuple de France et des colonies le fameux discours de Dakar. Enervement de la  " plume de président " qui ne peut contrôler celles des autres.

Guetté par l'apoplexie, le très moraliste Guaino qui trouve tout indécent a lâché : " Si j'avais su, je ne serais pas venu ! " Hélas il n'a  pas mis sa menace à exécution.

Le reste de l'émission est à l'avenant.


Les matins - Henri Guaino par franceculture

Le 26 juillet 2007, à Dakar, Sarkozy s'adressait à un public de notables et d'universitaires africains, et évoquait la rencontre de la culture africaine avec la modernité :

 

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance.
Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.
"

 

Vision érronée d'un "continent sans Histoire" et qui  justifie a postériori  la colonisation dans son aspect prétendument " civilisateur".
Il rendait ainsi l'homme Africain, dont le destin avait été pris en charge par l'impérialisme, la victime de lui-même

 

Quelques mois plus tard, Henri Guaino, l'auteur du discours-ritournelle, ne comprenait toujours pas la vague de critiques, souvent violentes, que sa prose et sa pensée avaient soulevée.

 

_-_-_

 

> Le discours complet de Dakar, modèle de légèreté dans le fond et  la forme.

 

> La réaction d'une vingtaine d'historiens, qui répondent  point par point à ce discours et cette "pensée",  dans un
petit  précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy.

 

> "L'Afrique de Sarkozy, un déni d'histoire " - 5 historiens français et africains, reviennent sur le discours de Dakar.

 _-_-_-_

 En 2006, suite à une plainte déposée par le Collectif des Antillais, Guyannais et Réunionais, le fabricant de la célèbre poudre de cacao décidait de bannir définitivement  le slogan "Y’a bon Banania ! ". Créé durant la première guerre mondiale, la publicité faisait  référence à l'uniforme des tirailleurs sénégalais coiffés d'une chéchia rouge.

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> Sur le site RFI : Y'aura plus " Y'a bon Banania" 02/02/2006

 


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mardi, 13 mars 2012

Louloutrage

L'article 433-5 du Code pénal définit ainsi l'outrage :

" Constituent un outrage puni de 7 500 euros d'amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l'envoi d'objets quelconques adressés à une personne chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie.

Lorsqu'il est adressé à une personne dépositaire de l'autorité publique, l'outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.

Lorsqu'il est commis en réunion, l'outrage prévu au premier alinéa est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende, et l'outrage prévu au deuxième alinéa est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. "

S6ZIEckzMWuafYPA1RzmKjl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBWtceBJAinsi l'agriculteur anonyme poursuivi pour outrage au président de la République en raison d'un tonitruant "CASSE-TOI POV’ CON ! " à l'endroit de Sarkozy et au salon de l’Agriculture en 2011. Il a vite été relaxé.

Ainsi Hervé Éon condamné à 30 € d’amende avec sursis pour avoir brandit une pancarte "CASSE-TOI POV’ CON ! " au passage du cortège présidentiel dans la bonne ville de Laval. L’affaire a depuis été portée devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Ainsi Patrick Levieux, poursuivi pour tapage diurne et surtout pour avoir crié "SARKOZY, JE TE VOIS ! " dans la gare Saint-Charles de Marseille lors d’un contrôle d’identité " musclé ". Il a été relaxé par le tribunal. 

> CODEDO – Pour une DÉpénalisation dU Délit d'Outrage et d’offense au président de la République

- Ris et jeux élyséen -

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P'tit Louis et maman Cécilia

Des gens modestes nous font savoir :

" A bove majore discit arare minor "

Louis, troisième fils Sarkozy et chenapan pubère, a pris récemment pour cible une policière en faction  en face du palais de l’Élysée. En sympathique compagnie, le sacripant  a lancé des billes et des tomates sur la policière qui a décidé de ne pas porter plainte. Personne d'ailleurs ne portera plainte. Et Loulou ne sera pas poursuivi tel une racaille de banlieue.

Comme le résume si aimablement Pure People, à propos du petit "coquin" et de son " geste malheureux " :

" Entré dans l'académie militaire, proche de Philadelphie, depuis presqu'un an, le petit Louis Sarkozy se serait-il passionné pour le tir aux billes ? Quoi qu'il en soit, l'adolescent en voulant tout simplement s'amuser avec malice comme les gens de son âge, a failli déclencher une véritable polémique !"

Par chance pour la policière, le vilain canaillou - que son papa n'aura pas manqué de gourmander d'importance - n'avait à sa disposition ni pistolet-à-eau Kärcher® ni  lance-roquettes ludique.

" A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto "

Le 28 novembre 2004, à 16h18 pétantes et tonitruantes, Sarkozy était intronisé président de l'UMP avec un score bananier de 85,1%. Le grand'messe au Bourget fut grandiose pour "mieux escamoter les dossiers de fond derrière un spectacle people".

Cerise sur les gâtés, une vidéo diffusée sur grand écran montrait des personnalités diverses apportant leur soutien militant : Jean Reno, Christian Clavier, Elie Wiesel, Marie-Anne Chazel, Alain Delon, Pierre Palmade, Michel Sardou, Fabrice Santoro, l'ancien chef du gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar,... Pour finir, Loulou soi-même ( 7 ans)  soufflant son petit compliment qui fit bien rire dans les chaumières anarcho-socialo-gauchistes : " Bônne chance mon pôpô ! "

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jeudi, 08 mars 2012

Radare dare

Remy Gaillard

son site  : N'importe qui

01:09 Publié dans Humour, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : radar, remy gaillard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 07 mars 2012

Du sérieux avant toute chose

" Un sondage, il y a dix jours, disait : le premier sujet de préoccupation, de discussion des Français, je parle sous votre contrôle, c’est cette question de la viande halal."

Affirmation lancée aux journalistes le 5 mars
par Sarkozy
lors d'une visite à Saint-Quentin (Aisne)

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> "Sarkozy ravale son steak halal " Le 6 mars 2012 Sylvain Lapoix - OWNI

> " Baromètre des préoccupations des Français" - Réalisé par TNS Sofres pour La Croix - PDF - 290 ko

samedi, 25 février 2012

Gras chats & Cie

Une fable politique
de Tommy Douglas, en 1944.



MOUSELAND - ST français
par tchels0o

Tous les quatre ans, à Mouseland,  les souris votent pour un gouvernement formé de chats noirs qui promulgue d'excellentes lois - des lois pour chats. Un jour, les souris qui en ont assez votent en masse pour des chats blancs. Quand elles se rendent compte qu'elles ont encore été roulé dans la farine elles votent à nouveau pour les chats noirs, puis au scrutin suivant pour les chats blancs, puis une nouvelle fois pour les chats noirs, etc :

"Elles ont même essayé une moitié de chats noirs avec l'autre moitié de chats blancs. À cette situation elles ont donné le nom de coalition. Elles ont même élu un gouvernement formé de chats  mouchetés : c'était des chats qui tentaient d'imiter les bruits que font les souris, mais qui mangeaient comme des chats."

Le problème n'est évidemment pas dans la couleur du chat, mais dans le fait qu'un chat reste un chat qui protège tout naturellement ses intérêts de chat. Et malheur à la petite souris qui  propose d'élire un gouvernement de souris.

07:42 Publié dans Histoire, Humour, Politique, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mouselande, sourisie, tommy douglas, chat, souris | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 20 février 2012

Grotesque pipeule

" The French are miserable but Sarkozy's my Napoleon "

"Les Français sont minables mais Sarkozy est mon Napoléon "

Carla Bruni, épouse Sarkozy

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En  2011, le septuagénaire Jacques J.P. Martin,  maire UMP de Nogent-sur-Marne, avait inauguré un dojo au nom de l'umpiste David Douillet l'ami des chiraquiennes "pièces jaunes"Pour mai 2012, l'édile s'apprête à doter sa commune d'une statue en bronze de deux mètres de haut et de 80 000 euros à l'effigie de la droitière Carla Bruni.

L’œuvre, payée pour moitié par la commune, représentera une ouvrière des anciennes fabriques de plumes de la ville - des femmes d'origine italienne pour la plupart et qui travaillaient six jours sur sept dans de telles conditions qu'elles souffraient toutes d'affections pulmonaires.

Pour l'élu  William Geib :

" Cette statue est grotesque. Et c'est une insulte pour les plumassières italiennes, de leur donner le visage d'une personne richissime. Je n'ai rien contre Carla Bruni-Sarkozy, mais elle ne représente pas le monde ouvrier."

Et l'Humanité de nous rappeler, en ce qui concerne la mairie de Nogent-sur-Marne, que le 1er octobre 2011, Jacques J.P. Martin interdisait la fouille des poubelles dans sa commune au nom de la " santé et la tranquillité publique et que chaque hiver depuis 2007, il " prend un arrêté interdisant la mendicité à plusieurs endroits de sa commune au moment de l'ouverture dans une commune voisine d'un centre d'hébergement de sans-abris."

 Grotesque, plumassière, carla bruni, chipmunk

Ce n'est semble-t-il pas sur les conseils du Dr. Alex Karidis, chirurgien esthétique à Londres que la PdF a été choisie :

" Carla montre tous les signes classiques qui suggèrent une dépendance au Botox. (...) Elle s'en est tellement injecté qu'elle doit probablement avoir des problèmes pour fermer les yeux'.

 Ni sur les conseils  du docteur Panacer :

 'Le changement de ton de la peau de Carla en à peine un an est dramatique. Il serait facile de penser que c'était une autre personne si vous la comparez aujourd'hui avec la femme à la peau luisante lors du sommet du G8. Il me semble que le processus de vieillissement a été accéléré.

Ni  sur ceux  d" meilleur dermatologue de Santa Monica ", le Dr Ben Behnam. Ce chirurgien esthétique vient en effet de clouer au pilori la feurste laidie dans le Daily Mail

" Carla Bruni est trop botoxée. Elle a fait trop d'injections c'est pourquoi elle ressemble a un chipmunk ".  

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" Chipmunk" désigne ce petit rongeur (genre tamia) également connu dans le Nouveau Monde sous l’appellation francophone de " petit suisse " en raison de ses rayures.

Si on en croit Wikipedia, Carla est cependant en bonne compagnie artistique    :

" Les deux héros de dessins animés Tic et Tac sont des tamias anthropomorphes.

Trois petits tamias sont mis en scène dans le groupe de musique fictif "Alvin et les Chipmunks."

Dans le film  " Il était une fois"  , Pip est un petit suisse.

Dans la série " Happy Tree Friends" , Giggles est un tamia."

samedi, 18 février 2012

Le temps des discours

dictateur, chaplin

Gesticulations, grimaces, tics et phrases creuses du dictateur Hinkel de Tomainie -  Une viande creuse dans son décor, face aux micros et caméras, et dont on comprend les éructations haineuses sans même les traduire.

14:03 Publié dans Cinéma, Histoire, Humour, Politique, Videos | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hinkel, dictateur, dictature, chaplin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 16 février 2012

Marketing de l'émotion

jouet-ratapoil.jpgDes associations de défense de citoyens et des" experts apolitiques"  de droite et d'extrême droite fleurissent et s'activent  en vue de la présidentielle. Ils ont pour point commun d'user et d'abuser de la manipulation, de contre-vérités et de mensonges, de chiffres faux ou invérifiables et d'une débauche d'émotion qui entrave la réflexion.

Pompeusement appelé " Institut pour la Justice", l'IPJ se présente benoîtement  comme une “ association fondée par des citoyens soucieux de  lutter contre les dysfonctionnements de la justice pénale ” .
Cette association "apolitique"
a acquis une légitimité auprès des élus de droite et use d'un lobbying intensif pour une politique toujours plus sécuritaire : automaticité des peines, amendes " plancher " automatiques, perpétuité "réelle ", augmentation du nombre des cellules...

L'IPJ fait circuler sur internet un appel à  signer un “ Pacte pour la justice ” en vue de l’élection présidentielle de 2012.

" Assez étonnamment, le Pacte 2012 pour la justice ne réclame pas plus de moyens pour la justice, une réévaluation de l'aide judiciaire, l'élargissement de son assiette pour assurer véritablement le droit d'accès à un tribunal pour tous, ni l'amélioration des conditions de travail dans la police, dont la sinistralité par suicide est très élevée. La gestion critiquable de la police ne soulève pas non plus de remarque. Il y a pourtant matière à le faire " ( All jux )

L' appel  de l'IPJ envahit les boîtes aux lettres mails et se trouve accompagné d'une vidéo-témoignage  émouvante où un policier, père d'une victime, appel à rejoindre l’institut.

" Mettre en avant la douleur d’une victime qui se défend de mettre en avant sa douleur, des affirmations que rien ne vient étayer si ce n’est la parole de la victime, étant entendu que quiconque est contre est un salaud qui méprise la douleur d’un père, un droit-de-l’hommiste bobo naïf, et bien évidemment l’ami du crime." ( Eolas)

La perte d'un enfant est de toute évidence une chose horrible. Mais aucune victime, ou famille de victime, n'acquiert ainsi la  légitimité pour parler au nom de la société toute entière et lui imposer des lois réactionnaires que l'on sait inefficaces.

*

*   *

84476055.gif " Attention manip : le "pacte 2012" de "l'Institut pour la Justice", par Maître Eolas, avocat.

Décryptage et analyse de l'appel à  signer un  “Pacte pour la justice ” en vue de l’élection présidentielle de 2012 qui accompagné d'une vidéo-témoignage , circule sur internet.

  1. « Apolitique » mais associé à l'UMP
  2. Un marketing efficace, des défections de poids
  3. Une expertise " un peu instable ", des experts disparus

84476055.gif " Ce qui se cache derrière l'Institut pour la justice " par Julie Brafman -Slate.fr

"Grâce à une vidéo-témoignage émouvante, plus d’un million de personnes auraient signé l’appel en ligne de cette association aux accents sécuritaires réclamant un durcissement des peines."

dimanche, 12 février 2012

Comme un chanoine en France

Vent de Liberté nous (re)fait partager sa revue de presse internationale :

Sarkozy vit comme Dieu en France !

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" Toute la France est concernée par la nécessité d'économie. Un seul n'y contribue pas c'est le Président de la République Française. Dans les 300 m2 des appartements privés de l'Elysée les fleurs doivent toujours être fraîches : 280 000 € par an.
Les voyages privés de Sarkozy se font toujours dans un avion vide où il est seul au cas où il faudrait qu'il rentre à Paris d'urgence. Il bénéficie de 61 voitures de service, 2 Airbus et 6 Falcon Jets. (le plus récent de 60M d'euros a été baptisé Carla (comme sa 3ème épouse) Il a près de 1000 employés (2 x plus que la Reine d'Angleterre), 44 chauffeurs, 87 cuisiniers. Les chefs cuisiniers peuvent se servir librement dans la cave à vin de l'Elysée. Le repas de midi est servi par des Laquais. Carla et Nicolas peuvent manger à toute heure. La cuisine est de service en permanence et 1 M d'€ par an pour les boissons (champagne, ...)
"

En  2007, le salaire du président des " pov'gens qu'ont bin d'la misère " augmentait de près de 140% son salaire avec l'assentiment béat de l'Assemblée nationale. Une réévaluation portant sa rémunération à 240 000 euros.

Vous ferez bien encore un gros p'tit effort dans le sacrifice, non ?

09:16 Publié dans "Vent de Liberté", Actualités, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, bruni | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook