11.09.2009

Corporatisme

Le corporatisme est un courant politique,  apparu au XIXe siècle, favorable à  un ordre social chrétien.  Dans cette société sans classeet surtout sans lutte de classesl'organisation du travail de chaque entreprise serait subordonner à des conseils mixtes composés de représentants patronaux et syndicaux. Les organisations syndicales devenant ainsi partie prenante de la gestion des différents secteurs de l'économie au profit exclusif des entreprises.

Ce projet fut mis en œuvre pour le bien être de tous, et avec le succès que l'on sait , dans l'Italie fasciste, l' Allemagne nazie, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne. En France,  le Maréchal Pétain en 1941 en donne la définition suivante de "l'ordre nouveau corporatiste" :

"Abandonnant tout ensemble le principe de l'individu isolé devant l'État et la pratique des coalitions ouvrières et patronales dressées les unes contre les autres, il institue des groupements comprenant tous les membres d'un même métier : patrons, techniciens, ouvriers. Le centre du groupement n'est donc plus la classe sociale, patronale ou ouvrière, mais l'intérêt commun de tous ceux qui participent à une même entreprise."

"'Intérêt commun" formule magique et anesthésiante qui  donne aux intérêts particuliers et à ceux  de la bourgoisie l'apparence de la normalité et les couleurs du bien commun. L’historienne Miranda Pollard a montré que ce corporatisme était " à la fois paternel et familial, enveloppant les ouvriers dans un lien étroit qui neutralisait et l’individu et les identifications collectives de la lutte des classes."

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> Le corporatisme - Wikiliberal

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Aujourd'hui, changement d'époque  et de vocabulaire. Mais comme l'ordre social chrétien a le vent  en poupe on nous annonce  la naissance à répétition d’
États généraux, ces " forces de propositions et lieux de dialogue" entre gens de bonne compagnie  cooptés en dehors de toute forme de démocratie représentative élémentaire. Colégislation et confusion des genres.

Les États généraux de l’industrie, annoncés par Sarkozy lors de son dernier show laborieux  chez l'équipementier automobile Faurécia, nous les devrons à  Bernard Thibaut, de la CGT ( traité de "racaille" par Xavier Matthieu, le délégué CGT de Continental ) , conseiller de bonne volonté en capitalisme nouvelle vague qui veut " changer les stratégies inadaptées des entreprises " ( sic !)
François Cherec, de la CFDT ( hué dans les manifs) n'est pas en reste :"  Les états généraux de l’industrie peuvent être une bonne chose. Mais la relance industrielle fait partie du débat sur le grand emprunt. La CFDT entend y participer pour définir les grands enjeux de l’avenir."
De rerum novarum !

Tous ces États généraux et réunionites au sommet  verront donc syndicats ouvriers, patronat et gouvernementpouvoir et contre-pouvoirscollaborer main dans la main pour définir une " nouvelle politique industrielle pour la France" sur fond  de destructions d’emplois et de fermetures d’usines.

Tous ensemble ! tous ensemble ! ouais ! ouais !"


>
"Une très bonne idée ? " Editorial de Daniel Glückstein - Informations ouvrières

> "Thibaud-Chérec examen de rentrée", par François-Wens Dumas - Libération
Afin de ne pas heurter leurs militants, Bernard Thibault et François Chérèque ont refusé un entretien "croisé" qui leur aurait permis de répondre ensemble aux mêmes questions précise le journal !

> Rerum novarum sur Wikipedia

11 septembre 1973 : Chili

11 Septembre 1973,  l’armée du général Pinochet, appuyée par la CIA, bombardait le palais présidentiel. Après un combat de quelques heures, Salvador Allende, le président du Chili depuis 1970 se suicidait.

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Les États-Unis ont une énorme  responsabilité dans ce qui s'est passé au Chili dans les années 60  et le coup d’État qui imposera la terreur à tout un peuple jusqu'en 1990..
Pour protéger leurs intérêts, ils ont tenté sous l'administration Nixon d'empêcher  que Salvador Allende puisse prendre ses fonctions,  puis ils ont incité l'armé à intervenir pour annuler ces élections
et enfin ils ont financé et organisé des opérations visant à déstabiliser l'économie du pays.
L
es directives à la CIA à l'époque étaient claires : " Dépenses illimitées. Peu importe les risques. Ne pas impliquer l'ambassade. "Faire crier de douleur l'économie chilienne."
En octobre 1972 une grève patronale, largement financée par la CIA, paralysait le pays : 70 000 camions et des milliers d’autobus bloquaient le pays, petits commerçants et  professions libérales arrêtaient le travail. 
Un an plus tard  l'instauration d'une dictature mettait fin à la démocratie chilienne.


> Salvador Allende Wikipedia

>Alvaro Cuadra - 11 septembre 1973, coup d'Etat au Chili.

>Patricia Parga-Vega -Chili, 35 ans après...

>Eduardo Hurtado - Paradoxes de la dictature et de la démocratie.

>Ernesto Carmona - Le côté obscur du Chili actuel.

12.08.2009

"L'épiphanie de l'histrion fleurdelysé..."

A Sa Majesté la Reine de Portugal,
Laurent Tailhade

(...)

Autrefois, dans ce bon vieux temps où la Monarchie et l'Église, l'une et l'autre glaive au poing, absorbaient la richesse publique, où le Spirituel, d'accord toujours avec le Temporel, efficacement, collaborait à la tonte du bétail humain, le Peuple s'empressait afin de contempler les Rois.
Borgne, bancal, scrofuleux comme Charles IX, idiot comme Louis XIII, ou fétide comme Louis XIV, le Prince en justaucorps doré, en pourpoint de satin ou même en redingote bleue, ainsi qu'on voit Louis-Philippe sur un vitrail de Saint-Denis, le Prince, entouré d'une pompe religieuse et militaire, à la fois évêque et généralissime, donnait contentement au goût français pour les dictateurs et les prélats. Deuil, hyménée ou baptême, processions ou carnages, tout servait de prétexte à l'épiphanie de l'histrion fleurdelysé.
La maladie elle-même, les infirmités les plus dégoûtantes concouraient à l'apothéose. Et du trône à la garde-robe, le monarque très chrétien gardait son allure triomphante. Un  troupeau de ducs, de gentilshommes, de princesses et de mémorialistes se prosternaient devant la bile noire et les digestions du Roi-Soleil, Dangeau n'a pas fait grâce d'un lavement à la postérité.
Chose plus étrange la foule obscure, qui n'attendait ni grands cordons, ni brevets, ni épingles de la cassette royale, dont les femmes et les vierges ne montraient pas les quartiers suffisants pour les ruelles de Versailles et ne pouvaient, comme les Rohan, les Mortemart ou même  les Sabran, offrir à l'Oint du Seigneur des gouines blasonnées, la foule ne voulait rien perdre néanmoins du royal spectacle. Elle tenait  à voir son maître au lit, à table, à la promenade, à la messe, au bal, sur sa chaise percée, remportant des victoires toutes faites, dansant une entrée de ballet ou jetant des épluchures aux carpes de Fontainebleau.

(...)

Laurent Tailhade (1854-1919).
A Sa Majesté la Reine de Portugal
.
Lettres familières. 1904.

Casseroles et klaxons

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Klaxons

Le 19 mars 1962 prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans de guerre en Algérie. Mais le général Salan, dans une " émission pirate " de l’Organisation de l'Armée Secrète  d'extrème-droite (OAS) remet en cause le processus de paix et d'indépendance.
Les grandes villes d' Algérie suivent le mot d'ordre de l’OAS et connaissent  des manifestations sonores  de casseroles et surtout de  klaxons qui, par trois coups brefs suivis de deux autres coups, proclament : " Al-gé-rie fran-çaise ! "
L'OAS sera responsable d'environ 2.400 assassinats  de Français et d' Algériens.

> 19 mars 1962  Cessez-le-feu en Algérie - Hérodote.
> "ll y a 46 ans, l’attentat du port d’Alger" - Mai 2008, par Mohammed El Korso, El-Watan.

Casseroles

Au Chili, le 1er décembre 1971, alors que Fidel Castro est en visite dans le pays, le Parti National (droite), la Démocratie Chrétienne et le groupe d’extrême droite Patria y Libertad mènent à bout une manifestation massive dans les rues de Santiago, une des manifestations les plus importantes  durant le gouvernement de l’Unité Populaire d'Allende.
Des femmes  manifestent  en tapant sur des casseroles pour
dénoncer la cherté de la vie et le manque de biens alimentaires conséquence, selon elles, de la politique du gouvernement.
Cette manifestation, qui sera suivie de bien d'autres, est la première apparition publique des principaux partis de l'opposition. Le projet politique de cette opposition s'exprimera plus clairement en 1973, lors de l'intervention  militaire et la mise en place de la dictature de Pinochet qui s'éternisera durant 17 années.

> "Les manifestations de rue à Santiago du Chili (1970-1973)", par Eugenia Palieraki - Institut Pierre Renouvin /Université Paris I.

> "Les expériences révolutionnaires : un modèle pour la voie chilienne vers le socialisme ?" par Eugenia Palieraki - Nuevo Mundo.

 

11.08.2009

Le "Ça ira", ou comment naissent les chansons.

"Ah, ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne !"

Retournement de situation : un beau jour, la révolution. Jour du grand soir lorsque "  ceux d’en-haut ne peuvent plus gouverner comme avant ; lorsque ceux d’en-bas ne supportent plus d’être opprimés comme avant", comme disait Lénine.
Ainsi, en  1789, le pouvoir royal de Louis Capet arrive en bout de course et trouve en face de lui  une  bourgeoisie laborieuse et commerçante et le peuple.

Dans les premiers temps de la Révolution, c'est la modeste lanterne des rues qui, à Paris du moins, devient le symbole de la justice populaire. Une justice expéditive que l'on flatte, que l'on tentera aussi de contrôler  et de  manipuler.
La violence répond à la violence et les nouveaux modes d'exécution capitale dans l'espace public répondent  à ceux de la royauté :  rouer, écarteler, pendre et décapiter.

Camille Desmoulins,  qui vient de rédiger "la France libre"
un violent réquisitoire contre l'Ancien Régime, censuré et  condamné par le Parlement de Toulouse à être brûlé, publie après la nuit du 4 août, un pamphlet, Discours de la lanterne aux Parisiens, qui lui vaudra le surnom de " Procureur Général de la Lanterne" et qui commence ainsi :

"Braves Parisiens, quels remerciements ne vous dois-je pas ? Vous m'avez rendue à jamais célèbre et bénie entre toutes les lanternes. Qu'est-ce que la lanterne de Sosie ou la lanterne de Diogène, en comparaison de moi ? Il cherchait un homme, et moi, j'en ai trouvé 200 mille. Dans une grande dispute avec Louis XIII, mon voisin, je l'ai obligé de convenir que je méritais mieux que le surnom de juste.
Chaque jour je jouis de l'extase de quelques voyageurs Anglais, Hollandais, ou des Pays-Bas, qui me contemplent avec admiration; je vois qu'ils ne peuvent revenir de leur surprise, qu'une lanterne ait fait plus en deux jours que tous leurs héros en cent ans. Alors je ne me tiens pas d'aise, et je m'étonne qu'ils ne m'entendent pas m'écrier: " Oui, je suis la reine des lanternes. "

Malgré cette ouverture, le texte n'est pas un appel au meurtre mais le journal  et le compte rendu d'une révolution  en marche;  un éloge de la toute récente abolition des privilèges ainsi qu'une  mise en garde adressé au peuple contre une conspiration  et une menace d'intervention militaire visant à détruire Paris et mettre bas les premiers acquis de la révolution.  La lanterne  est ici  l'équivalent  symbolique du glaive de la justice face à la menace d'un complot insurrectionnel.

Pour Camille Desmoulins la page de la monarchie est définitivement tournée et tout doit être fait pour qu'elle le reste :

" Nous n'avons plus d'Etats généraux qui faisaient des doléances, nous avons une assemblée nationale qui fait des lois, une telle assemblée ne peut être composée que des représentants de la Nation, et la Lanterne ne reconnaît pour ses représentants que les six cents députés des communes. Il est évident que les 600 autres membres sont députés non de la Nation, mais du clergé et de la noblesse."  (p. 54)

La différence est de taille. Le fait du prince n'a plus lieu d'être, et l'égalité des citoyens demande une représentation parlementaire proportionnée.

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> Le discours de la lanterne- Gallica
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Les frères Goncourt, artistes légitimistes, rêvaient un dix-huitième siècle idéalisé fait de paradis  microcosmiques  où se réunissait une petite élite de l'aristocratie, de la bourgeoise et des " gens de lettres"; un âge d'or  du savoir vivre à la française et de l'art de la conversation  que la Révolution avait  aboli : " Fontenelle n'aimait pas la guerre parce qu'elle gâtait la conversation, Les lettres n'aiment pas la révolution parce qu'elle gâte les livres."  
Ils donnent ici leur origine du
Ça ira :

" La première lanterne, la lanterne mère siège en face de l'Hôtel de ville, au coin de la maison de l'épicier, au dessus de l'auvent, au-dessous d'un buste de Louis XIV ! Et sa belle branche de fer est si attractive pour les aristocrates, que le Petit journal du Palais-Royal écrit,en 1789: " Maison du coin du roi, dite hôtel du Réverbère, à vendre. Le propriétaire de cette maison ne veut plus coucher journellement près d'une potence."
Le réquisitoire de la lanterne est le Ça ira. Il venait du nouveau monde, ce refrain. Franklin, ce bon sens en lunettes, l'avaient apporté dans une poche de son habit brun.
Comme chaque jour on lui demandait des nouvelles de la Révolution américaine, et que cela était devenu un acquit de politesse, et une question d'habitude, le bonhomme économiste répondait dans un sourire: Ça ira, ça ira. La Révolution ramassa le mot, elle fit hymne. Et déjà en 91, le Ça ira fait une réputation à l'abbé Poirier, qui compose pour son refrain national  un accompagnement de harpe; le Ça ira scandalise déjà un orgue de couvent sous des doigts patriotes, en attendant qu'il tonne et rugisse comme l'Alleluia du sang !"

> "Histoire de la société française pendant la Révolution", par Edmond et Jules de Goncourt, 1854. Chapitre III.  Sur le site des éditions le Boucher,  au format PDF

> les différentes versions du Ça ira

Nos aristocrates des temps modernes, nouveaux "monopoleurs sur le pain", outre leur goût congénital de la rapine, leurs révérences et courbettes qui sont de tous les temps,  privilégient une vision du profit à très court terme et un enrichissement personnel mirobolant au détriment de tous. Leur cour s'appelle la bourse. Et chaque jour des gens restent sur le carreau. Rien ne va plus.

10.08.2009

"l'attentat horrible"

Président avait déjà essuyé le jet humoristique  d’épingles sur des poupées faussement vaudoues vendues à son effigie. Aïe ! Ces derniers temps nous assistons peut-être, nous disent les oiseaux de mauvais augure, aux  préparatifs d'un « sarkocide » à coups de cartouches de «  9 mm par full metal jacket 12.4g et 8.00 g d'ogive blindée de marque GECO » le tout par voie postale, en pièces détachées et à dose homéopathique.
Comme ce n’est pas de ce président dont on peut dire honnêtement qu' il n’a pas
« inventé la poudre» , et que  d’autre part  il n’ est pas ce qu'on appelle  « un petit calibre » en politique,  je suis d’aviscar il ne faut privilégier aucune absence de pisteque c’est en hommage à ces qualités que le corbeau de la « cellule 34 »   lui adresse  des cartouches.
Hélas,  l'admirateur, être timide, souhaite donner le change en accompagnant ses présents de viriles menaces de mort punies d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à trois ans et de 45.000 euros d'amende.
On peut envoyer des bonbons ?

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Ici, un innocent informaticien est arrêté.
On dirait un coupable porte-manteau de 47 ans.

- Mais changeons d'époque -

Un qui eut à subir de vrais attentats, il y était même abonné, c’est notre monarque juilletiste Louis-Philippe, l'homme  à la tête de poire. 
Un exemple, le «  poiricide anonyme » du pont Neuf qui  fit couler beaucoup d’encre, surtout dans les journaux satiriques de l’opposition. Le 19 novembre 1832, alors que le roi se rend au Palais-Bourbon pour l’ouverture de la session parlementaire, un coup de feu est tiré dans sa direction. Il n’est pas touché, il n’y a aucune victime et l’auteur parvient à s’enfuir.  Peu de temps après, Bergeron, un étudiant républicain et chef de section de la Société des Droits de l'Homme, est arrêté en raison de profil de coupable idéal. Il niera bien sûr les faits qui lui sont à tort reprochés et sera finalement acquitté le 18 mars 1833.

Pour compenser l’absence d’assassin lors de «  l’attentat horrible »,  il y eut  à l’époque abondance d’ armes du non crime. Et c’est le  procureur général de  la cour royale  Royale, M. Persil, toujours très remonté contre les républicains, qui  fut chargé de faire toute la lumière sur cette triste affaire et de mettre rapidement la main au collet du tyrannicide en herbe.
Dans un article intitulé « Le voyage du pistolet », Le Charivari revient sur l'artillerie lourde utilisée pour la recherche désespérée de l'assassin évanoui :

« M. Persil   a donc penser faire voyager l’un des quatre cents pistolets, celui de tous qui offre le plus de chances. Cette arme sérénissime est expédiée successivement aux trente-neuf milles maires, qui devront la faire circuler dans  leurs communes respectives, et la présenter aux armuriers de l’endroit, pour être, par ces derniers, reconnue, s’il y a lieu, comme sortant de leur fabrique.
C’est par Saint-Denis, Gonesse, etc., que le pistolet a commencé son tour de France. Il est accompagné d’un cornac, d’un substitut, je pense, chargé de recueillir les renseignements. Je dis chargé, car tout le monde a été chargé dans cette affaire de l’attentat horrible ; il n’y a guère que le pistolet qui ne l’a pas été.   »

Depuis, Maigret et Colombo sont passés par là, et la science a fait des progrès. Ainsi  les voleurs du scooter du fils d’un ministre de l’intérieur, encore en vie, furent retrouvés en deux coups de cuillère à pot grâce à un relevé d'empreintes et deux prélèvements ADN. Gain de temps, gain d’argent.

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Le 29 novembre 1832, La Caricature publiait un dessin où  Louis-Philippe, le prestidigitateur qui tient un minuscule pistolet, s’adresse ainsi au public :

« Attention, messieurs et dames, à ce joli tour ! rien dans les mains, rien dans  les poches, rien dans le Pistolet ! eh bien, Messieurs, je vais me brûler la cervelle, au  commandement d’une dame de la société, sans me faire le moindre mal et il en sortira… explosion, détonation, conjuration, conspiration, arrestation, émotion, réception, acclamation, députation et… stupéfaction !!! »

...et communication. Et ridiculation.

> Les discours politiques de la presse satirique.
Étude des réactions à  l’ " attentat horrible " du 19 novembre 1832, par Fabrice Erre,  Revue d'histoire du XIXe  siècle - Numéro 29 (2004)

06.08.2009

Tourisme & peine de mort.

Archipel de Saint-Pierre & Miquelon.

La guillotine modèle Berger, datant des années 1885 et envoyée de Martinique à Saint-Pierre, n'a  servi qu’une seule fois,  le 24 août 1889 (à tort on disait que Marie-Antoinette y avait eu la tête tranchée). Elle est restée sur place, s'expose et se visite au Musée archives de Saint-Pierre.

31 décembre 1888, les gendarmes Dangla et Bonnaud  découvrent le corps mort et horriblement mutilé de François Coupard, marin pêcheur.
Auguste Néel et Louis Ollivier, matelot de Coupard, font des aveux complets : Néel (saoul) a frappé le premier, Ollivier (saoul) sur invitation de son complice. 
Et pourquoi  le dépeçage de Coupard en ces temps de réveillon ? Pour savoir “s’il était gras”.
Guillotine pour l'un, dix ans de travaux forcés pour l'autre.

> "Un meurtre à l'Ile aux chiens", le récit d’Emile Sasco, sur le site du Grand-Colombier : 1 - 2 - 3 - 4 - 5

La "Veuve de Saint-Pierre" (détail)

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05.08.2009

Bonnets rouges

La violence dans l'Histoire

liberte.jpgLa dernière grande révolte paysanne en France, celle de Bretagne en 1675, a lieu sous le règne de Louis XIV. Elle démarre dans les villes  avec des protestations anti-fiscales ( d’où son nom de révolte du papier timbré ) : Rennes, Nantes, Saint-Malo, Guingamp, Fougères, Dinan, Morlaix seront concernées.
Puis, début juin, elle s'étend aux campagnes de Cornouaille, où elle se transforme en une révolte antiseigneuriale, beaucoup plus radicale,  dite des "Bonnets rouges" ou encore "Torreben" ( casse-tête).

En Bretagne les droits seigneuriaux sont très lourds, le système foncier est précaire et les agents de  l'État ainsi que la noblesse, à travers les États de Bretagne, ont beaucoup d’intérêts en commun et pressurent la  paysannerie.
Comme les  requêtes adressées au pouvoir restent sans réponse, La révolte se radicalise un peu plus et
la réaction du pouvoir est à la mesure du crime des révoltés : plus de six mille soldats avance de Hennebont vers Quimperlé avec à leur tête le Duc de Chaulnes, surnommé " gros cochon" dans la province et  qui commentera son ouvrage de manière imagée et vantarde : “Les arbres commencent à se pencher sur les grands chemins du poids qu'on leur donne”.

Pour l'historien  Arthur de la Borderie
(1827-1901) qui était loin d'être un révolutionnaire   :

“Ce grand déploiement de puissance publique ne servait, avant tout, qu'à recouvrir les entreprises d'une misérable vengeance personnelle… sur ce point, le doute n'est guère possible…. Le premier mobile du duc de Chaulnes fut le désir de se venger de ses propres injures …. Madame la gouvernante, qui avait eu dans l'injure une large part, en voulut une aussi grande dans le plaisir de la vengeance”.

Mme de Sévigné, une femme de cour et amie des "de Chaulnes", écrivait le 16 août  1675 :

" On dit que nos mutins demandent pardon ; je crois qu’on leur pardonnera moyennant quelques pendus. "

puis Le 24 septembre :

" Nos pauvres bas Bretons, à ce que je viens d’apprendre, s’attroupent quarante, cinquante par les champs, et dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux et disent mea culpa : c’est le seul mot de français qu’ils sachent… On ne laisse pas de pendre ces pauvres bas Bretons. Ils demandent à boire et du tabac, et qu’on les dépêche."

Les admirateurs de Mme de Sévigné y voit une marque  de sa pitié, mais à lire ses sentiments et réactions vis-à-vis des bas Bretons et de la Bretagne tout au long de sa prose, il est permis d'en douter. Il faut préciser qu'outre son éducation et son attachement à sa classe sociale, Mme de Sévigné savait que ses lettres seraient lues, relues et commentées dans les salons et à la cour, ce qui explique le ton souvent ironique et blessant qui vise à mettre les rieurs de son côté.

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D'autres réactions et commentaires de l'époque sur cette révolte:
> "Les massacres perpétrés en Bretagne en 1675 par les armées du Roi : un souvenir qui véhicule l'épouvante "- Agence Bretagne Presse

> La Révolte du papier timbré - Wikipedia

Bibliographie :

" Les Bonnets rouges ", collection 10/18 - 1975 :  Arthur Le Moyne de La Borderie, La Révolte du Papier Timbré advenue en Bretagne en 1675Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675.

Phonautographe

Le 9 avril 1860 , sous Napoléon III, Edouard-Léon Scott de Martinville enregistrait " Au clair de la lune" sur le "phonautographe". L'ingénieux procédé consistait à recueillir des vibrations acoustiques puis de retranscrire les ondes sonores sur une feuille de papier posée sur un cylindre  noircie par de la fumée et placée au bout d'un tube acoustique.  Mais cette invention ne permettait pas la réécoute des sons enregistrés.
Earl Cornell et Carl Haber, du Lawrence Berkeley National Laboratory (Etats-Unis), ont mis au point une technologie capable de lire les enregistrements qu'Edouard-Léon Scott de Martinville, une douzaine au total déposés à l'Académie des Sciences et à l'Institut de France.

> A écouter sur  www.firstsounds.org c'est inaudible et émouvant.

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sur le site de Mike Penney’s "The Sound of a Voice"


-  Mode d'emploi -

"Il présente un grande paraboloïde A en tôle de zinc tronqué près de son sommet et fermé de ce côté par une membrane de baudruche maintenue par deux anneaux a et b.

Le centre de la membrane est au foyer du paraboloïde et par consequent c’est en ce point que se concentrent les vibrations qui frappent la surface intérieure, venant parallèlement à l’axe; c’est ce que montrent les lignes ponctuées LI, L’I’, L’’I’’.

C’est aussi en ce point qu’est monté le style inscripteur, formé d’une soie de sanglier terminée par une barbe de plume et fixé à la membrane par une goutte de cire d’Espagne.  Une petite pièce C appuie par une de ses extrémités sur la membrane et sert à la tender plus ou moins par un mouvement à vis.

Le cylindre inscripteur B est recouvert d’une feuille de papier noircie au noir de fumée par l’exposition au-dessus d’une lampe ou d’une chandelle fumeuse.  Il est porté sur une axe dont  l’une des parties est taraudée et prend point d’appui sur un écrou fixe, de telle sorte que le cylindre tourne et avance à la fois; c’est là, on le voit, le cylindre décrit par Thomas Young.

Le style vibre aussitôt qu’un son est produit dans le voisinage du paraboloïde, et il suffit de faire tourner la manivelle pour obtenir une ligne sinueuse qui représente les vibrations de l’air.

L’inscription une fois faite, on coupe le papier avec un canif suivant une des génératrices du cylindre et on fixe l’épreuve en la passant dans un bain d’alcool pur ou légèrement additionné de gomme laque."

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Scott de Martinville avait déposé deux plis cachetés à l’Académie des sciences :

  • "Principes de phonautographie" le 26 janvier 1857 qui comprend sept pages et huit grands tableaux graphiques et avait été ouvert, à la demande de l’auteur, le 15 juillet 1861 (voir le compte rendu de l'invention intitulé :" Inscription automatique des sons de l'air au moyen d'une oreille artificielle; Note de M. E.-L. Scott.)
  • "Graphie du son" déposé le 27 juillet 1857 et ouvert par la Commission des plis cachetés le 9 mai 1985.

04.08.2009

Le Caillou

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1er décembre 1984, Jean-MarieTjibaou, dirigeant du Front de libération national kanak et socialiste (FNLKS), forme un gouvernement provisoire de Kanaky, et entame ainsi l'étape décisive de la décolonisation de la Nouvelle Calédonie.

Le 22 avril 1988, en Nouvelle-Calédonie, des indépendantistes attaquaient la gendarmerie d’Ouvéa, ouvrant une crise qui s’achèvera par un assaut militaire faisant 21 morts dont 19 Kanak.

en 1988, sous la conduite de Michel Rocard alors Premier Ministre, Jacques Lafleur, président du RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République) et Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste), signent un accord de paix qui mettait fin à quatre ans d’affrontements entre loyalistes et indépendantistes.

Les accords de matignon ouvraient alors la voie vers l'autodétermination que sanctionnera  le référendum du 6 novembre 1988 sur l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie.

9 mai 2004. Aux élections provinciales et du congrès. Les listes anti-indépendantistes recueillent 56,6 % des voix (dont 24,4 % pour le RPCR) et celles favorables à l’indépendance 41,2 % (dont 16,4 % pour l’Union nationale pour l’indépendance-Front de libération nationale kanak et socialiste [UNI-FLNKS] et 11,9 % pour l’Union calédonienne).

Du calcul en politique comme un des beaux-arts.

"Rocard nous avait fourni une étude réalisée par le ministère des Départements et Territoires d'outre-mer. Elle démontrait, chiffres à l'appui, que si la politique d'immigration organisée depuis la métropole et visant à maintenir minoritaire le peuple Kanak dans son propre pays était stoppée, nous retrouverions, enfin, la majorité électorale qui nous avait été confisquée.

Le gouvernement français nous avait même expliqué qu'une partie de la population européenne pouvait être transférée sur la métropole et avait même évoqué des endroits, en France, où cette population en provenance de Nouvelle Calédonie aurait pu être accueillie. Ce qui s'est passé, c'est exactement le contraire.

Entre 1988 et 1998, nous avons vu débarquer plus de 20.000 personnes en provenance de l'Hexagone. Il était donc évident que nous n'avions aucune chance de remporter une consultation électorale. C'est ainsi que le référendum sur l'autodétermination prévu par l'accord de Matignon a été enterré et que nous n'avions plus d'autre choix que celui de signer des nouveaux accords.

Voici comment est né l'accord de Nouméa de 1998 qui, formellement, fixe un processus graduel de décolonisation. Mais voilà aussi comment nous avons compris que nous avions été trompés. En signant l'accord de Matignon nous avions cru signer pour l'indépendance alors que c'était un marché de dupes." Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS (indépendantiste) au Congrès de l'archipel calédonien. - 11 juillet 2001. site Amnistia

Depuis 1998, le « Caillou » du Pacifique poursuit ce processus de décolonisation inédit et irréversible. Un référendum d’autodétermination est prévu entre 2014 et 2018.

> De nombreux liens sur le site de France-Culture

>Une biliographie

>Un diaporamma

> des repères chronologiques



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