vendredi, 10 mai 2013
Rétablissement de l'esclavage
Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'assemblée de la Convention votait l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.
En 1802, par le rétablissement de l'esclavage dans les colonies et l'établissement d'un ordre raciste, Bonaparte achevait la rupture avec la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et consacrait aussi le triomphe de la contre-révolution en France.
Avec le Consulat toute notion de droits de l'humanité disparaissait de toutes les constitutions de la France, et ce jusqu'en 1946.
Par le traité d'Amiens du 25 mars 1802, le gouvernement britannique restituait les colonies françaises de la Martinique, de Tobago et de Sainte-Lucie. Les 16 et 18 mai suivants, Bonaparte faisait voter le maintien de l'esclavage dans ces colonies restituées :
"Art. 1er. Dans les colonies restituées à la France, en exécution du traité d'Amiens, l'esclavage sera maintenu, conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.
Art. 3. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789."
En Guadeloupe et en Guyanne, la législation du Consulat accorda au parti ségrégationniste ce que la monarchie lui avait alors refusé,vouant des humains à être des esclaves en raison de la couleur de leur peau.
"Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la Philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'hommes noirs, ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage." Louis Delgrès
Le Consulat mit donc en place un ordre juridique raciste qui n'accordait la citoyenneté française qu'aux seuls Blancs, interdisait les mariages entre "races" et considérait les personnes libres de " couleur" comme des étrangers inassimilables comme l'affirme le génral Richepance dans son arrêté pris en Guadeloupe le 17 juillet 1802.
"…Considérant que les colonies ne sont autre chose que des établissements formés par les Européens qui y ont amené des Noirs comme les seuls individus propres à l'exploitation de ce pays ; qu'entre ces deux classes fondamentales des colons et de leurs esclaves, se sont formées des races de sang-mêlé toujours distinctes des Blancs qui ont formé ces établissements ;
Considérant que ceux-ci seuls sont les indigènes de la nation française et doivent en exercer les prérogatives ;
…Art. premier. Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté dans l'étendue de cette colonie et dépendances que par les Blancs. Aucun autre individu ne pourra prendre ce titre ni exercer les fonctions ou emplois qui y sont attachés."
Quant à notre époque, les conflis sociaux en Outre-mer montrent habituellement que la conception raciste et néo-colonialiste du monde n'a craché ni son dernier mot ni son dernier souffle.
> 1793-94 : La Révolution abolit l'esclavage. 1802 : Bonaparte rétablit l'esclavage - Par Florence Gauthier, Université Paris VII Denis Diderot.
> Hérodote, " 20 mai 1802 Bonaparte légalise l'esclavage"
> Guadeloupe : la politique du mépris - Communiqué de la LDH (février 2009)
10/05/2009
10:27 Publié dans / Droits de l'Homme, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
| Tags : esclavage, consulat, bonaparte, contre-révolution |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
mardi, 30 avril 2013
1er mai
En ces temps de fête perpétuelle du patronat, quelques souvenirs du 1er mai : de celui de 1886 des travailleurs à Chicago à celui de 1941, à Saint-Etienne, avec Pétain aux manettes, grand adorateur du corporatisme et grand pourfendeur de la lutte des classes.

Quelles sont les origines du 1er mai ?
Rosa Luxemburg
L’heureuse idée d’utiliser la célébration d’une journée de repos prolétarienne comme un moyen d’obtenir la journée de travail de 8 heures [1], est née tout d’abord en Australie. Les travailleurs y décidèrent en 1856 d’organiser une journée d’arrêt total du travail, avec des réunions et des distractions, afin de manifester pour la journée de 8 heures. La date de cette manifestation devait être le 21 avril. Au début, les travailleurs australiens avaient prévu cela uniquement pour l’année 1856. Mais cette première manifestation eut une telle répercussion sur les masses prolétariennes d’Australie, les stimulant et les amenant à de nouvelles campagnes, qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans.
De fait, qu’est-ce qui pourrait donner aux travailleurs plus de courage et plus de confiance dans leurs propres forces qu’un blocage du travail massif qu’ils ont décidé eux-mêmes ? Qu’est-ce qui pourrait donner plus de courage aux esclaves éternels des usines et des ateliers que le rassemblement de leurs propres troupes ? Donc, l’idée d’une fête prolétarienne fût rapidement acceptée et, d’Australie, commença à se répandre à d’autres pays jusqu’à conquérir l’ensemble du prolétariat du monde.
Les premiers à suivre l’exemple des australiens furent les états-uniens. En 1886 ils décidèrent que le 1er mai serait une journée universelle d’arrêt du travail. Ce jour-là, 200.000 d’entre eux quittèrent leur travail et revendiquèrent la journée de 8 heures. Plus tard, la police et le harcèlement légal empêchèrent pendant des années les travailleurs de renouveler des manifestations de cette ampleur. Cependant, en 1888 ils renouvelèrent leur décision en prévoyant que la prochaine manifestation serait le 1° mai 1890.
Entre temps, le mouvement ouvrier en Europe s’était renforcé et animé. La plus forte expression de ce mouvement intervint au Congrès de l’Internationale Ouvrière en 1889 [2]. A ce Congrès, constitué de 400 délégués, il fût décidé que la journée de 8 heures devait être la première revendication. Sur ce, le délégué des syndicats français, le travailleur Lavigne [3] de Bordeaux, proposa que cette revendication s’exprime dans tous les pays par un arrêt de travail universel. Le délégué des travailleurs américains attira l’attention sur la décision de ses camarades de faire grève le 1° mai 1890, et le Congrès arrêta pour cette date la fête prolétarienne universelle.
A cette occasion, comme trente ans plus tôt en Australie, les travailleurs pensaient véritablement à une seule manifestation. Le Congrès décida que les travailleurs de tous les pays manifesteraient ensemble pour la journée de 8 heures le 1er mai 1890. Personne ne parla de la répétition de la journée sans travail pour les années suivantes. Naturellement, personne ne pouvait prévoir le succès brillant que cette idée allait remporter et la vitesse à laquelle elle serait adoptée par les classes laborieuses. Cependant, ce fût suffisant de manifester le 1° mai une seule fois pour que tout le monde comprenne que le 1er mai devait être une institution annuelle et pérenne.
Le 1er mai revendiquait l’instauration de la journée de 8 heures. Mais même après que ce but fût atteint, le 1er mai ne fût pas abandonné. Aussi longtemps que la lutte des travailleurs contre la bourgeoisie et les classes dominantes continuera, aussi longtemps que toutes les revendications ne seront pas satisfaites, le 1er mai sera l’expression annuelle de ces revendications. Et, quand des jours meilleurs se lèveront, quand la classe ouvrière du monde aura gagné sa délivrance, alors aussi l’humanité fêtera probablement le 1er mai, en l’honneur des luttes acharnées et des nombreuses souffrances du passé.
1894 - article publié dans le journal polonais « Sprawa Robotnicza »
Notes
1 - L’usage était alors une journée de travail d’au moins 10 à 12 heures par jour.
2 - Il s’agit du premier congrès de la II° internationale.
3 - Raymond Lavigne (1851- ?), militant politique et syndicaliste.

Chicago, 1884-1886
En 1884, au cours du IVème congrès de l’American Federation of Labor, les principaux syndicats ouvriers américains se décident à « imposer avant deux ans à leurs patrons la journée de 8 heures »
Les jours qui précèdent le 1er Mai 1886, le mot d’ordre court : « Samedi prochain les ouvriers doivent défiler ». Environ 200 000 grévistes répondent pacifiquement à cet appel - plus de 80 000 à Chicago. Certains patrons accordent la journée de 8 heures, d'autres non.
Le lundi 3 mai 1886, à Chicago, c’est donc la grève. Devant les usines Mc Cormik la police tire et tue un ouvrier. Le mardi 4 mai 3 000 personnes se joignent à une marche de protestation place Haymarket.
Tout se déroule dans le calme jusqu’à l'arrivée de près de 180 policiers. Il est demandé à la foule de se disperser et à ce moment une bombe est jetée dans les rangs de la police tuant huit hommes et en blessant soixante-sept autres. La police riposte : le nombre de morts ne sera jamais divulgué mais on sait que plus de 200 autres seront gravement blessées.
Les « Martyrs de Chicago » ont des noms : Albert Parsons, August Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden, Louis Lingg. Parsons, Fielden, Fischer, Engel vont être pendus tandis que Lingg est suicidé en prison. Pendus par un Black Friday le 11 novembre 1887. Depuis, chaque 1er Mai, en dépit de la répression, le prolétaire tente de fleurir les rues pavées de la planète !" ( Jacques-Marie Bourget )
A Chicago, sur une stèle commémorative du cimetière de Waldheim, sont inscrites les dernières paroles de August Spies, l'un des condamnés :« Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui .»

Paris - 20 juin 1889
Exposition universelle commémorant le centenaire de la Révolution française. Congrès international socialiste de fondation de la IIe Internationale
Ce fut Edouard Anseele, socialiste belge, qui formula l'idée d'une grève internationale le 1er mai associant notamment les travailleurs français et allemands en une action commune. Lors du congrès international socialiste de Paris, Raymond Lavigne, syndicaliste français, déposa une résolution amendée par le dirigeant social-démocrate allemand Gustav Bebel et qui fut adoptée à l'unanimité :
“ Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes, les travailleurs mettent, le même jour, les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement la journée de travail à huit heures et d’ appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.”.
“ Attendu qu’ une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er mai 1890 par l’ American Federation of Labor, dans son congrès de décembre 1988, tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale”.
“ Les travailleurs des diverses nations auront à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur sont imposées par la situation spéciale de leur pays.”
Fourmies, 1er mai 1891
Le 1er mai 1891, les organisations ouvrières se préparent par différents moyens, dont la grève, à obtenir enfin la journée de 8 heures.
A Fourmies, petite ville textile du Nord de la France, à 10 Heures du matin, Les délégués désignés en Assemblée Générale des Travailleurs et réunis au Café du Cygne, rue des Eliets, se rendent à la Mairie. Ils ont prévu d'y exposer leurs revendications :
- La journée de huit heures ;
- L'application de l'unification de l'heure pour la rentrée et sortie des fabriques et la même heure pour toutes, annoncée par la cloche locale ;
- Création d'une Bourse du Travail ;
- Révision générale des tarifs, suppression des règlements léonins, abrogation des amendes et des mal façons ;
- Fixation de la paie tous les huit jours, sans retard laissé dans la caisse des patrons au détriment de l'ouvrier, et l'obligation réciproque de prévenir 8 jours à l'avance en cas de cessation de travail ;
- Suppression des octrois ;
- Amélioration hygiénique à apporter dans certains ateliers en particulier à Fourmies et sa région.
- Création de Caisses de retraites pour les ouvriers.
En réaction le patronat menaçe de licenciement celles et ceux qui arrêteront le travail. Pour lui venir en aide, il obtient du préfet la mobilisation de deux compagnies d'infanterie équipées du nouveau fusil Lebel ( 9 balles de calibre 8 mm).
"Ils avaient espéré épouvanter les ouvriers, mais ils ne purent que les exaspérer. Les plus indifférents furent pris de rage à cette menace qui les poussait à une cessation générale du travail. La quantité d'ouvriers qui ont été le 1er mai an travail fut si infime, que les fabricants durent les renvoyer chez eux." Paul Lafargue
En fin de journée, face aux centaines de manifestants qui tentent d'obtenir la libération de grévistes interpellés dans la matinée et emprisonnés dans la mairie, le commandant Chapus crie : " Feu ! feu ! feu rapide ! Visez le porte-drapeau ! " La troupe s'exécute tuant en quelques dizaines de secondes 9 manifestants - dont 4 femmes et un enfant - et en blesse une quarantaine d'autres.
Le Matin, du 5 mai 1891, dénonce les responsables du drame :
"Le crime vient de plus haut et de plus loin. Il vient de ces faux apôtres du progrès, philosophes de quatre sous et politiciens de pacotille, qui ont entrepris de réformer les mœurs politiques de la France, en la déshabituant de ses anciennes croyances. C’est l’enseignement matérialiste inauguré par eux dans nos écoles qui engendre ces revendications impatientes et brutales."
Le Nouvel Éclaireur de l’Oise, du 9 mai juge les enragés :
"On a tué des femmes et des enfants ! crie-t-on. C’est vrai, c’est très fâcheux, soit ; mais qu’est-ce que ces femmes et ces enfants allaient faire là, s’il vous plaît ? Ils allaient porter aux hommes des pierres et des bâtons pour les jeter sur les soldats ; les femmes étaient là pour exciter les hommes et pour leur servir de bouclier. Tant pis pour eux. " Fallait pas qu’ils y aillent " dit la chanson, et ici la chanson dit vrai."
Et L'Illustration, du 9 mai, ne cache pas son admiration :
" C’est le fusil Lebel qui vient d’entrer en scène pour la première fois... Il ressort de ce nouveau fait à l’actif de la balle Lebel qu’elle peut très certainement traverser trois ou quatre personnes à la suite les uns des autres et les tuer. "

"Tout Fourmies participa aux obsèques des neuf cadavres; on refusa l'accès du cimetière au maire et aux conseillers municipaux. Quant aux familles des victimes, elles refusèrent l'argent offert par les autorités municipales pour les frais des funérailles et leurs besoins; les ouvriers apportèrent les sommes recueillies par souscription." Paul Lafargue
> 1er Mai 1891: la fusillade de Fourmies - Histoire par l'image
> Les effets du fusil Lebel étudiés par les médecins militaires du Val-de-Gâce
> La fusillade du 1er mai est entrée de Fourmies -
> Le Premier mai à Fourmies - Académie de Lille.
> Sur le site marxists.org, le texte de Paul lafargue, "La boucherie de Fourmies du 1er mai 1891"

Paris : manifestations du 1er mai 1906

Le Petit Journal
Pétain à Saint-Étienne, 1er mai 1941

OUVRIERS TECHNICIENS PATRONS FRANÇAIS
" Dans mon message du 10 octobre dernier, je vous ai dit que l’on ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la Nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont dressé ces classes les unes contre les autres. Ces causes, c’est la menace du chômage, c’est l’angoisse de la misère qu’elle fait peser sur vos foyers. C’est le travail sans joie de l’ouvrier sans métier. C’est le taudis dans la cité laide, où il passe les hivers sans lumière et sans feu. C’est la vie de nomade, sans terre, sans toit. Telle est la condition prolétarienne. Il n’y aura pas de paix sociale tant que durera cette injustice.
En ce qui concerne l’organisation professionnelle, un texte de loi, si parfait qu’il soit, est impuissant à accomplir une réforme de cette ampleur. La loi ne saurait créer l’ordre social ; elle ne peut que le sanctionner, dans une institution après que les hommes l’ont établi. Le rôle de l’Etat doit se borner ici à donner à l’action sociale son impulsion, à indiquer les principes et le sens de cette action, à stimuler et orienter les initiatives. En réalité, les causes de la lutte des classes ne pourront être supprimées que si le prolétaire qui vit aujourd’hui, accablé par son isolement, retrouve, dans une communauté de travail, les conditions d’une vie digne et libre, en même temps que des raisons de vivre et d’espérer.
Cette communauté, c’est l’entreprise. Sa transformation peut, seule, fournir la base de la profession organisée, qui est elle même une communauté de communautés. Cela exige qu’une élite d’hommes se donnent à cette mission. Ces hommes existent parmi les patrons, les ingénieurs, les ouvriers. C’est à eux d’abord que je fais appel, je leur demande:
1°- De se pénétrer de la doctrine du bien commun au dessus des intérêts particuliers, de s’instruire des méthodes d’organisation du travail capables de permettre à la fois un meilleur rendement et plus de justice, en donnant à chacun sa chance dans l’entreprise et dans la profession.
2°- De s’informer des réalisations sociales qui existent déjà et que des hommes clairvoyants et généreux ont su accomplir, en dépit des difficultés de tous ordres qui, dans le passé, entravaient leurs efforts.
Ainsi, peu à peu, et par l’action de tous, une œuvre définitive s’accomplira sous l’autorité et avec l’encouragement de l’Etat. Pour entreprendre cette œuvre fondamentale qui sera la vôtre, une large enquête sera faite, à laquelle prendront part tous ceux qui veulent se dévouer à la grande cause de la paix sociale dans la justice. Tous les travailleurs, qu’ils soient patrons, techniciens, ouvriers, sont aux prises chaque jour avec des difficultés nouvelles, conséquences de la situation présente de notre pays. .
Il est donc urgent qu’ils aient la possibilité de défendre leurs intérêts légitimes, d’exprimer leurs besoins et leurs aspirations. Il est indispensable de créer des organismes qui puissent résoudre vite les questions posées ou s’ils ne peuvent les résoudre eux-mêmes, donner à l’Etat des moyens de le faire, sans que ses décisions soient paralysées par une connaissance insuffisante des problèmes ou par une organisation administrative trop lente à se mouvoir.
Tel devra être l’objet d’une première loi sur l’organisation professionnelle. Cette loi créera des organismes simples qui ne seront pas des organisations de classe, mais des comités sociaux où, patrons, techniciens et ouvriers rechercheront ensemble les solutions des problèmes actuels dans une commune volonté de justice, dans le souci constant d’apaiser par l’entraide les misères et les angoisses de l’heure.
TRAVAILLEURS FRANÇAIS , JE VOUS DEMANDE D’ENTENDRE MON APPEL. SANS VOTRE ADHESION ENTHOUSIASTE A L’ŒUVRE DE RECONSTRUCTION SOCIALE, RIEN DE GRAND NE PEUT ETRE FAIT. SACHEZ VOUS Y DONNER AVEC UN DESINTERESSEMENT TOTAL.
OUVRIERS, mes amis, n’écoutez plus les démagogues. Ils vous ont fait trop de mal. Ils vous ont nourris d’illusion. Ils vous ont tout promis. Souvenez-vous de leur formule : " le pain, la paix, la liberté ". Vous avez eu la misère, la guerre et la défaite. Pendant des années, ils ont injurié et affaibli la patrie, exaspéré les haines, mais ils n’ont rien fait d’efficace pour améliorer la condition des travailleurs, parce que, vivant de leur révolte, ils avaient intérêt à encourager ses causes.
INGENIEURS, vous avez pensé trop souvent qu’il vous suffisait de remplir avec conscience votre fonction technique. Vous avez plus à faire, car vous n’êtes pas seulement des techniciens, vous êtes des chefs. Comprenez bien le sens et la grandeur du nom chef. Le chef, c’est celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer. Ce n’est pas celui qu’on impose, mais celui qui s’impose. N’oubliez pas que pour commander aux hommes, il faut savoir se donner.
PATRONS, parmi vous, beaucoup ont une part de responsabilité dans la lutte des classes. Votre égoïsme et votre incompréhension de la condition prolétarienne ont été trop souvent les meilleurs auxiliaires du communisme. Je ne vous demande pas de renoncer à tirer de vos entreprises le bénéfice légitime de vos activités, mais je vous demande d’être les premiers à comprendre vos devoirs d’hommes et de Français.
Ouvriers, techniciens, patrons, si nous sommes aujourd’hui confondus dans le malheur, c’est qu’hier vous avez été assez fous pour vous montrer le poing. Cherchez, au contraire, à vous mieux connaître. Vous vous en estimerez davantage, vous aurez confiance les uns dans les autres, vous résoudrez ensemble le grand problème du travail et de l’ordre social. Renoncez à la haine, car elle ne crée rien ; on ne construit que dans l’amour et dans la joie. En faisant de la France une société humaine, stable, pacifiée, vous serez les meilleurs artisans du redressement de la Patrie."
> Sur le 1er Mai, l’ombre de Pétain, par Laurent Mauduit
11:05 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : premier mai, 1er mai, 1er mai 1891, rosa luxemburg, pétain, american federation of labor, chicago, fourmies |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
samedi, 27 avril 2013
Le "Thiers Etat"
Les racines historiques de la France
Le "Thiers Etat"

" Monsieur Thiers, c’est le petit homme à l’état complet. De l’esprit de la finesse, de l’envie ; de la supériorité par instants, quand il a réussi à se hisser sur quelque chose ; force gestes pour dissimuler la petitesse par le mouvement ; de la familiarité avec les grands évènements, les grandes idées et les grands hommes, pour marquer peu d’étonnement, et par conséquent quelque égalité ; de l’entrain, du parlage, de l’impertinence, des expédients, de l’abondance, qualités qui prennent les gens très médiocres ; dans la conservation, ni rayons, ni éclairs, mais cette espèce particulière d’étincelles qui éblouit les myopes ; dans le style, beaucoup de vulgarité naturelle, que le gros des lecteurs érige en clarté ; par-dessus tout de l’aplomb, de l’audace, de la confiance, taille basse et tête haute : derrière soi, à portée de la main, dans le bagage, une foule de théories de toutes dimensions, c'est-à-dire des échelles pour monter à tout."
" La République sera conservatrice ou ne sera pas ! "
" Thiers, ce nabot monstrueux, a tenu sous le charme la bourgeoisie française pendant plus d'un demi-siècle, parce qu'il est l'expression intellectuelle la plus achevée de sa propre corruption de classe. Avant de devenir homme d'État il avait déjà fait la preuve, comme historien, de sa maîtrise dans le mensonge. La chronique de sa vie publique est l'histoire des malheurs de la France.
Allié des républicains avant 1830, il se faufile au ministère sous Louis-Philippe, en trahissant son protecteur, Laffitte. Il s'insinue dans les bonnes grâces du roi en provoquant des émeutes contre le clergé, au cours desquelles l'église Saint-Germain-l'Auxerrois et l'archevêché furent pillés, et en se faisant l'espion-ministre, puis l'accoucheur-geôlier de la duchesse de Berry. Le massacre des républicains, rue Transnonain, et les infâmes lois de septembre contre la presse et le droit d'association, qui l'ont suivi, furent tous deux son œuvre.
Quand il reparut comme président du Conseil en mars 1840, il étonna la France par son plan de fortifications de Paris. Aux républicains, qui dénonçaient ce plan comme un complot perfide contre la liberté de Paris, il répliqua, de la tribune de la Chambre des députés :
Eh quoi ! s'imaginer que des fortifications puissent jamais mettre la liberté en péril ! Et d'abord, on calomnie un gouvernement, quel qu'il soit, quand on suppose qu'il puisse un jour tenter de se maintenir en bombardant la capitale... Mais ce gouvernement-là serait cent fois plus impossible après sa victoire.(...) hors de son atmosphère factice, ce petit homme, il le sait bien, se ratatine et rentre dans le néant, - Thiers a trempé dans toutes les infamies du Second Empire, de l'occupation de Rome par les troupes françaises, jusqu'à la guerre avec la Prusse, à laquelle il poussa par ses farouches invectives contre l'unité allemande, - non pas parce qu'elle servirait de façade
au despotisme prussien, mais parce qu'elle serait une atteinte au droit traditionnel de la France au morcellement de l'Allemagne.
(...) Malgré la souplesse de son talent et l'inconstance des desseins qu'il poursuit, cet homme a été enchaîné sa vie entière à la routine la plus fossile. Il est évident que les courants profonds de la société moderne devaient lui demeurer à jamais cachés ; mais même les changements les plus manifestes à sa surface répugnaient à une cervelle dont toute la vitalité s'était réfugiée dans la langue. Aussi ne se lassa-t-il jamais de dénoncer comme un sacrilège tout écart du désuet système du protectionnisme français.Ministre de Louis-Philippe, il dénigra les chemins de fer comme une folle chimère ; et, plus tard, dans l'opposition sous Louis Bonaparte, il stigmatisa comme une profanation toute tentative pour réformer le système pourri de l'armée française. Jamais, au cours de sa longue carrière politique, il ne s'est rendu coupable d'une seule mesure, si minime fût-elle, de quelque utilité pratique. Thiers n'a été conséquent que dans son avidité de richesse, et dans sa haine des hommes qui la produisent.(...) A Bordeaux, sa première mesure pour sauver la France d'une ruine financière imminente fut de se doter lui-même de trois millions par an, premier et dernier mot de la «république économe», qu'il avait fait miroiter à ses électeurs de Paris en 1869. Un de ses anciens collègues à la Chambre des députés de 1830, capitaliste lui-même et néanmoins membre dévoué de la Commune, M. Beslay, apostrophait dernièrement Thiers dans une affiche publique :L'asservissement du travail au capital a toujours été la pierre angulaire de votre politique, et depuis le jour où vous avez vu la république du travail installée à l'Hôtel de Ville, vous n'avez jamais cessé de crier à la France : Ce sont des criminels!
Référence à l'expédition militaire envoyée à Rome, en avril 1849, par Louis-Napoléon Bonaparte, pour rétablir le pouvoir du pape Pie IX, chassé par les révolutionnaires. En France, à l'Assemblée, le parti catholique mènait sa politique anti-républicaine.
07:24 Publié dans - Museum du Quinquennat, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : thiers, bourgoisie, droite, président, république, commune |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
vendredi, 26 avril 2013
Trochu : catholique et capitulard
La Commune de Paris - 1871
Septembre 1870, l'armée française est détruite, prisonnière ou sur un autre front: Napoléon III n'est plus que l'ombre de lui-même. Tout repose alors sur un gouvernement de faillis. Pour se sortir d'affaire, il n'y a que la foi qui sauve : " Vive Trochu, il a un plan !" crient les dindons.
De ce Trochu, " Breton, catholique et soldat », comme il se définit lui-même, l'amiral La Roncière-Le Noury dresse ce portrait peu flatteur : " Ce bon Trochu n'est pas même pour la défense de Paris seul. Là où il fallait un homme d'une rapidité et d'une énergie excessives, on a un homme qui a pour base la temporisation et la manie de discourir. Tout cela est très bien en temps de paix, mais à l’heure qu'il est !" Et encore : " Trochu n'est pas. Il ne signe pas grand-chose : il se laisse entraîner dans le torrent."
C'est à Hugo d'enfoncer le clou et de faire en sorte que Trochu passe à la postérité.
" Trochu, participe passé du verbe Trop Choir...
De toutes les vertus sans nombre dont la somme
Est zéro, soldat brave, honnête, pieux, nul,
Bon canon, mais ayant un peu trop de recul,
Preux et chrétien, tenant cette double promesse,
Capable de servir son pays et la messe... "
Le 4 septembre 1870, suite à la capitulation de l’armée française à Sedan et à la captivité de Napoléon III, des manifestants parisiens envahissent l’Assemblée nationale et empêchent le Corps législatif de délibérer. A l'hôtel de Ville de Paris la République est proclamée.
Le général de division Trochu, devenu président du gouvernement de la Défense nationale, est contraint de démissionner après la bataille de Buzenval du 19 janvier 1871 - une tentative pour forcer le blocus de l'armée prussienne qui fut un échec.
Le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation de l’Empire allemand à Versailles, l'armistice est signé. Le 26 février 1871 c'était au tour du traité de paix préliminaire, confirmé par la Paix de Francfort du 10 mai : l'Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées au nouvel Empire allemand à qui la France s'engage à payer une indemnité de guerre de cinq milliards de francs or.
" La Commune est née d’une double crainte : celle de l’entrée des troupes prussiennes dans Paris et celle d’une réaction monarchique consécutive aux élections législatives de février 1871. « Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques (3) », annonce un communiqué le 21 mars. Animés d’une passion démocratique, du souvenir du droit à l’insurrection proclamé par la Constitution de 1793 et d’une ferme volonté de résoudre la question sociale, différents groupes issus du peuple parisien vont inventer au jour le jour une forme institutionnelle inédite. " Christophe Voilliot
Dans La Guerre civile en France, Karl Marx présente ainsi ce gouvernement d'imposteurs et de parvenus où l'on trouve Adolphe Thiers, le futur massacreur de la Commune :
" Le gouvernement de la Défense nationale n'hésita pas un instant : il se transforma en un gouvernement de la Défection nationale. La première mesure qu'il prit fut d'envoyer Thiers en tournée par toutes les cours d'Europe pour y implorer médiation, moyennant le troc de la république contre un roi. Quatre mois après le début du siège, quand on crut venu le moment opportun de lâcher pour la première fois le mot de capitulation, Trochu, en présence de Jules Favre et de quelques-uns de ses collègues, harangua en ces termes les maires de Paris assemblés :
La première question que m'adressèrent mes collègues le soir même du 4 septembre fut celle-ci: Paris peut-il, avec quelque chance de succès, soutenir un siège et résister à l'armée prussienne ? Je n'hésitai pas à répondre négativement. Quelques-uns de mes collègues qui m'écoutent peuvent certifier que je dis la vérité et que je n'ai pas changé d'opinion. Je leur expliquai, en ces mêmes termes, que, dans l'état actuel des choses, tenter de soutenir un siège contre l'armée prussienne serait une folie. Sans doute, ajoutai-je, ce serait une folie héroïque, mais voilà tout... Les événements [qu'il avait lui-même conduits (K. M.)] n'ont pas démenti mes prévisions. "
Ce charmant petit discours de Trochu fut publié dans la suite par M. Corbon, un des maires présents.
Ainsi, au soir même de la proclamation de la république, le « plan » de Trochu, ses collègues le savaient, c'était la capitulation de Paris. Si la défense nationale avait été quelque chose de plus qu'un prétexte pour le gouvernement personnel de Thiers, Favre et Ciel les parvenus du 4 septembre auraient abdiqué le 5, ils auraient mis le peuple de Paris au courant du « plan » de Trochu ; ils l'auraient mis en demeure de se rendre sur l'heure, ou je prendre en main son propre sort.
Mais au lieu de cela, les infâmes imposteurs résolurent de guérir la folie héroïque des Parisiens : on leur ferait subir un régime de famine, on leur ferait casser la tête et on les bernerait entre-temps par des manifestes tapageurs : « Trochu, le gouverneur de Paris, ne capitulera jamais »; Jules Favre, ministre des Affaires étrangères, ne cédera « pas un pouce de notre territoire ! Pas une pierre de nos forteresses !» Dans une lettre à Gambetta, ce même Jules Favre, précisément, avoue que ce contre quoi ils se « défendaient», ce n'étaient pas les soldats prussiens, mais les travailleurs de Paris. Pendant toute la durée du siège, les coupe-jarrets bonapartistes, à qui Trochu avait sagement confié le commandement de l'armée de Paris, échangèrent, dans leur correspondance intime, de grasses plaisanteries sur cette bonne farce de la défense. (...)Le masque d'imposture fut enfin jeté le 28 janvier 1871. Mettant un véritable héroïsme à s'avilir jusqu'au bout, le gouvernement de la Défense nationale apparut dans la capitulation de Paris comme le gouvernement de la France par la permission de Bismarck, rôle si vil, que Louis Bonaparte lui-même, à Sedan, s'y était refusé avec horreur. Après les événements du 18 mars, dans leur fuite éperdue à Versailles, les capitulards abandonnèrent à Paris les preuves écrites de leur trahison, et, pour anéantir ces preuves, comme le dit la Commune dans son adresse aux départements, « ces hommes ne devaient pas hésiter à faire de Paris un monceau de ruines dans une mer de sang ».
Karl Marx
Victor Hugo, dans l'Année terrible, a défini pour la postérité le général
" Il y avait dans les esprits une véritable exagération de la valeur, des facultés, de l'importance de la garde nationale... Mon Dieu, vous avez vu le képi de M. Victor Hugo qui symbolisait cette situation. "
Le Général Trochu à l'Assemblée Nationale, - 14 juin 1871.
" Participe passé du verbe Trop Choir ..."
XVII
Participe passé du verbe Trop Choir, homme
De toutes les vertus sans nombre dont la somme
Est zéro, soldat brave, honnête, pieux, nul,
Bon canon, mais ayant un peu trop de recul,
Preux et chrétien, tenant cette double promesse,
Capable de servir ton pays et la messe,
Vois, je te rends justice ; eh bien, que me veux-tu ?
Tu fais sur moi, d'un style obtus, quoique pointu,
Un retour offensif qu'eût mérité la Prusse.
Dans ce siège allemand et dans cet hiver russe,
Je n'étais, j'en conviens, qu'un vieillard désarmé,
Heureux d'être en Paris avec tous enfermé,
Profitant quelquefois d'une nuit de mitraille
Et d'ombre, pour monter sur la grande muraille,
Pouvant dire Présent, mais non pas Combattant,
Bon à rien ; je n'ai pas capitulé pourtant.
Tes lauriers dans ta main se changent en orties.
Quoi donc, c'est contre moi que tu fais des sorties !
Nous t'en trouvions avare en ce siège mauvais.
Eh bien, nous avions tort ; tu me les réservais.
Toi qui n'as point franchi la Marne et sa presqu'île,
Tu m'attaques. Pourquoi ? je te laissais tranquille.
D'où vient que ma coiffure en drap bleu te déplaît ?
Qu'est-ce que mon képi fait à ton chapelet ?
Quoi ! tu n'es pas content ! cinq longs mois nous subîmes
Le froid, la faim, l'approche obscure des abîmes,
Sans te gêner, unis, confiants, frémissants ?
Si tu te crois un grand général, j'y consens ;
Mais quand il faut courir au gouffre, aller au large,
Pousser toute une armée au feu, sonner la charge,
J'aime mieux un petit tambour comme Barra.
Songe à Garibaldi qui vint de Caprera,
Songe à Kléber au Caire, à Manin dans Venise,
Et calme-toi. Paris formidable agonise
Parce que tu manquas, non de coeur, mais de foi.
L'amère histoire un jour dira ceci de toi :
La France, grâce à lui, ne battit que d'une aile.
Dans ces grands jours, pendant l'angoisse solennelle,
Ce fier pays, saignant, blessé, jamais déchu,
Marcha par Gambetta, mais boita par Trochu.
Victor Hugo —L'Année terrible
14:35 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : trochu, commune, troisisème république, commune de paris, marx, hugo, paris |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
jeudi, 25 avril 2013
Hollande en Chine
" Y'a pas seulement à Paris
Que le capitalisme fleurit "

Hollande, en tant que candidat, estimait naguère que la Chine était un "adversaire" comparable à la finance : " J’en suis arrivé à un moment où je pense qu’il faut nommer l’adversaire. Je l’avais fait pour la finance, il faudra le faire pour les Chinois."
En retour, les commentaires publiés en Chine mettent en avant la faible popularité du Hollande-président et la faiblesse économique de la France.
Au président de gôche que le patronnat et la finance ne cessent d'inspirer nous proposons de se pencher sur le système chinois du hukou qui permet d'appliquer les lois et les joies de la délocalisation sur place : exploitation à tout crin & profits juteux sont à l'horizon.
Hukou
En Chine, les travailleurs ruraux migrants sont socialement méprisés et administrativement maltraités. Exploités par l'ultra-capitalisme ils sont exclus du système d’assurance maladie ainsi que de l’éducation.
- Surveiller -
Le système hukou chinois est un système d’enregistrement de la population et son principal instrument de contrôle. Ce permis de résidence - véritable passeport - a été mis en place en 1958 dans un contexte de pénurie de céréales pour restreindre les migrations des zones rurales vers les zones urbaines. Il permettait de contrôler de la mobilité géographique des individus en dehors de leur lieu d’enregistrement de résidence.
le hukou, remis en place par des nouveaux acteurs politiques au lendemain de la prise du pouvoir des communistes chinois, reste un héritage de la Chine traditionnelle. Il a crée une société séparée en deux entités distinctes : les villes et les campagnes. Le hukou non-agricole étant supérieur au hukou agricole.
" Il a été un outil très efficace pour maintenir les paysans à la campagne et permettre une industrialisation à moindre coût, ce qui explique pourquoi celle-ci a été relativement rapide entre 1950 et 1970 alors que le taux d’urbanisation restait faible, passant de 11,20 % en 1949 à 19,40 % en 1978. Ce même système a aussi contribué, dès le début de la décennie 1980, à une croissance économique singulière et à une urbanisation plus rapide du pays "
Courrier international - Le mot de la Chine par Chen Yan" les paysans qui quittent leur district. Dans les villes où ils émigrent, ils n'ont accès ni aux soins médicaux ni à l'éducation pour leurs enfants. S'ils sont expulsés de leur logement ou si leur usine ferme, ils ne sont pas indemnisés puisque ne résidant pas dans la campagne où ils sont recensés. Ces hommes et ces femmes employés dans le bâtiment, le textile, les usines de jouets ou d'électronique, sont des citoyens de seconde zone. Une comparaison pourrait être tentée avec les sans-papiers des pays occidentaux. Mais les Mingong - ces travailleurs migrants - sont au moins 250 millions, et tous chinois. "
"Pékin avait souhaité réformer le "passeport" ne donnant pas les mêmes droits aux ruraux qu'aux citadins. C'était sans compter une initiative "malheureuse" de la presse, les conservateurs et la crise économique."
> Catalina Santana, "Le système du Hukou", Recueil Alexandries, Collections Synthèses, , url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article1147.html
> Sandra Poncet et Nong Zhu, " La dynamique migratoire des ruraux vers les villes " , Perspectives chinoises , 91 | septembre-octobre 2005 - URL : http://perspectiveschinoises.revues.org/913
> Laurence Roulleau-Berger et Lu Shi, " Routes migratoires et circulations en Chine : entre mobilités intracontinentales et transnationalisme ", Revue européenne des migrations internationales , vol. 20 - n°3 | 2004 - URL : http://remi.revues.org/2012
> Le mot de la Chine “SHIMIN” : citadin - par Chen Yan Courrier international
> Le mot de la Chine " HUKOU" : le livret de résidence - par Chen Yan Courrier international
11:54 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : le système hukou, chine, travailleurs, sans-papiers, slate.fr, revues.org |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
samedi, 20 avril 2013
Pot-de-vinat
Octave mirbeau
Pots-de-vin
Le Pot-de-vinat offre des ressources si merveilleuses, qu'un député, ne possédant qu'un traitement de neuf mille francs, peut, au bout de quelques heures d'exercice, à la barbu des gendarmes, entretenir des femmes très chères, avoir table ouverte, perdre au jeu des sommes considérables ou acheter des propriétés superbes, à son choix. Comme dans les féeries, à chaque instant, on voit des fortunes subites s'élever, s'opérer des changements à vue qui éblouissent les contribuables, des mendiants vermineux quitter leurs haillons et, au coup de baguette de la fée, apparaître en des vêtements luisants de soie et cousus d'or.
C'est un beau spectacle, plein de dégoûts comiques et de gais écœurements et qui ne peut manquer de donner enfin à notre gouvernement la considération des honnêtes gens et le respect des foules.
Avec un ensemble qu'on rêve pour les chœurs de l'Opéra, et avec une férocité qu'on ne soupçonnait pas, tous ces gens se jettent leurs infamies à la tête. Ils s'envoient dans les jambes leurs pots-de-vin dont les cassures leur font, à chaque coup, des blessures qui saignent. Le poing menaçant, la bouche tordue, les yeux convulsés, ils se reprochent leurs trahisons, leurs consciences vendues, leurs mandats trafiqués et leurs vols. L'un l'autre et l'un par l'autre ils arrachent le voile d'austérité menteuse qui couvrait mal d'ailleurs leurs concussions longuement accumulées. C'est la folie de la boue, c'est l'ivresse hideuse de l'accusation. Et cette folie est telle, et si déréglée cette ivresse que des personnages, comme M. Ranc, qu'on n'accusait pas, se défendent publiquement d'avoir volé, et d'autres qu'on accuse répondent en dénonçant leurs amis. On dirait d'une bande d'assassins ayant trempé dans le même crime, qui se livrent et se vendent pour obtenir la vie sauve. On se demande si vraiment les gendarmes ne vont point entrer dans cette Chambre, et mettre la main au collet de ces coquins sinistres.
Pots-de-vin - Les grimaces et quelques autres chroniques - Octave Mirbeau.
> Thiéblemont Sylvie. Un journaliste faiseur d'opinion : Octave Mirbeau. In: Communication et langages. N°108, 2ème trimestre 1996. pp. 18-31.

Daumier - Pot de vin (1834)
Le roi piriforme Louis-Philippe, tel une Vierge de Miséricorde, protège sa clique sous son large manteau. S'y pressent les politiques, les juges et particulièrement les responsables du massacre de la rue Transonain. ( BM Lyon)
et aujourd'hui...
" Après tant d’autres affaires impliquant de hauts personnages de l’établissement politique, l’affaire Cahuzac est emblématique de la décomposition morale et civique des « élites » qui dirigent ce pays depuis trente ans. Tout y est : relations incestueuses de la politique, de la finance et de la grande industrie pharmaceutique, mensonge d’État, affichage indécent des liens entre la « gauche » établie et l’argent, mensonge d’État, etc. [...]
> Face à la crise morale et politique, ouvrir à notre peuple une perspective de rassemblement patriotique et progressiste Communiqué des Clubs « Penser la France », Du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP), du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF).
_-_
Les grimaces et quelques autres chroniques
Octave Mirbeau
11:28 Publié dans - Lectures, Histoire, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : octave mirbeau, pot-de-vin, daumier, louis-philippe, pot-de-vinat |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
14 avril 1834 - Massacre de la rue Transonain
Les racines historiques de la France
L'œuvre d'Adolphe Thiers
L’émeute des canuts, les ouvriers soyeux de Lyon, des 9 et 12 avril s’étend à Paris dès le 13 avril.
- "Balayer la vermine" -
" En lutte contre la Monarchie de Juillet (1830), les républicains de la Société secrète des Droits de l’Homme (François et Étienne Arago, Louis Blanc, Victor Schœlcher, Alexandre Ledru-Rollin, Auguste Blanqui) entretiennent l’agitation.
Suite à l’interdiction des associations, une émeute républicaine éclate le 14 avril 1834 à Paris. Alors qu’elle se prépare à donner l’assaut à une barricade dans la rue Transnonain, l’armée essuie des tirs depuis les toits du numéro 12 et un officier est tué. Ordre est alors donné aux soldats de « balayer la vermine ». Les portes des appartements sont enfoncées et les habitants (hommes, femmes et enfants) massacrés au pied du lit à coup de baïonnette.Un autre immeuble est détruit, avec ses habitants, à coups de canon. Cet événement inspira, Le massacre de la rue Transnonain, célèbre dessin d’Honoré Daumier. L’émeute est écrasée, puis les lois de septembre 1835 interdisent toute critique de la personne du roi, tout rassemblement public et imposent la censure préalable à toute chose imprimée, sous peine de bagne. (Grégoire Seither) "
" Il n'est aucun de nous, quelle que soit sa nuance politique, qui ne conserve encore vive et profonde l'impression d'horreur dont il a été saisi à cette triste nouvelle. « Dans une seule maison de la rue Transnonain, douze cadavres gisent affreusement mutilés ; quatre personnes ont été dangereusement blessées : femmes, enfants, vieillards, n'ont pas trouvé grâce. »
Au récit de cette scène sanglante, l'âme s'ouvrait à deux sentiments différents : l'un de pitié pour les morts , l'autre tout d'égoïsme et de personnalité. On mesurait de la pensée l'espace qui vous séparait de ce théâtre lugubre ; et, en frissonnant, on remerciait Dieu d'être sorti du sommeil autrement que par la mort.
Déjà, il est vrai, on répandait par la ville qu'il n'y avait point eu de victimes ; qu'il ne s'était rencontré que de lâches assassins, tués les armes à main ; mais à ces insinuations le bon sens public répondait que, parmi les malheureux qui avaient cessé de vivre, il en était qui, par leur âge, par leur sexe par leur sympathie même pour l'ordre de choses actuel, avaient dû être frappés suppliants, inoffensifs. Pour ceux là, au moins, il fallait en convenir, une mort imméritée était venue les surprendre au milieu de leurs pacifiques projets, de leurs douces affections... Ledru-Rollin "
10:00 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : thiers, transnonain, 13-14 avril 1834 |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
vendredi, 19 avril 2013
19 avril 1943 :soulèvement du ghetto de Varsovie
Entre juillet et la mi-septembre 1942, les nazis déportèrent au moins 300 000 Juifs du ghetto de Varsovie et décidèrent de régler leur compte aux 40 000 qui y restaient encore : le jour de l'immense rafle fut fixé le 19 avril 1943, le soir de la Pâque juive.
L'entrée des nazis déclencha une insurrection armée dans le ghetto. L’inégalité entre les bataillons juifs et la puissante armée du Reich et les détachements de SS était telle qu'aucun des résistants n'imaginait emporter une victoire militaire. La révolte fut massacrée au bout de trois semaines.
Le 2 mai 2008, « les filles et fils de Marek Edelman... » publiaient un communiqué sur l’anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie et la solidarité aujourd’hui avec les Palestiniens.
« Les filles et fils de Marek Edelman... et d’Henri Curiel, Schmerke Kaczerginski, Lucien David Fayman, Jacov Stambul, Dvoira Vainberg… »
« A 65 ans du soulèvement du Ghetto de Varsovie, nous rendons hommage a tous ceux, modestes héros et héroïnes, qui ont engagé leur vie dans une bataille face à l’armée d’un pouvoir qui contrôlait presque toute l’Europe. Face à l’oppression, il y a toujours résistance : contre le nazisme en France, à Vilnius, en Allemagne même et, des années après, en Egypte et en Algérie contre le pouvoir colonial aussi bien qu’en Afrique du Sud contre l’apartheid. »
« Il en est de même aujourd’hui : les masques changent mais c’est toujours le même combat. Nous, filles et fils de résistants au nazisme, affirmons notre soutien a la résistance palestinienne, car le pouvoir sioniste en Israël, a usurpé notre nom collectif (juifs), pour en notre nom disent-ils, mener une politique de répression coloniale féroce et d’apartheid. »
« L’hommage à nos parents, martyrs ou survivants, est à l’unisson de l’hommage aux résistants du peuple palestinien dont les droits fondamentaux, humains et nationaux sont bafoués, jour après jour depuis 60 ans. »
Mordechaj Anielewicz (prononciation: Mordekhaï Anielevitch), fut le jeune commandant de la Żydowska Organizacja Bojowa (Organisation juive de combat), qui co-organisa avec Żydowski Związek Wojskowy, (l'Union Militaire Juive - proche de Betar) le soulèvement du ghetto de Varsovie.

> Les capitalistes et la barbarie nazie - La riposte - Greg Oxley (PCF Paris)
> Judaïsme, sionisme et fantasmes (III), Alain Gresh
14:18 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : varsovie, ghetto, soulèvement, nazisme |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
mardi, 09 avril 2013
H-Block : en mémoire des victimes de Thatcher
1981 : Margarett Thatcher est au pouvoir depuis deux ans.
Le 5 mai 1981
à la prison de Long Kesh
en Irlande du Nord,
Bobby Sands mourait après 66 jours de grève de la faim.

Commence alors " la grève des couvertures "
Douches et tinettes leur sont interdites. Comme des bêtes, pire que des bêtes, ils sont lavés au jet et font leur besoin sur le sol
Mars 1981
Sands et neuf autres détenus demandent le rétablissement du statut de prisonnier politique et de meilleures conditions de détention.
Ils ont cinq demandes :
- le droit de porter des vêtements civils,
- le droit de refuser le travail carcéral,
- le droit d'association avec les autres prisonniers,
- le droit à une visite hebdomadaire et à des activités éducatives et récréatives,
- le droit à des remises de peine.
Pour obtenir gain de cause, ils commencent une grève de la faim.
Margaret Thatcher ne cède pas
Bobby est le premier à mourir. Quatre ans que les prisonniers du Maze luttent pour ces droits
Francis Hughes (25 ans),
Raymond McCreesh (24 ans),
Patsy O’Hara (23 ans),
Joe McDonnell (30 ans),
Marin Hurson (27 ans),
Kevin Lynch (25 ans),
Kieran Doherty (25 ans),
Thomas McElwee (23 ans)
Michael Devine (23 ans),
Les neufs autres grévistes de la faim décèderont les uns après les autres.
The H-Block Song
Irish Rebel Song
11:23 Publié dans Actualités, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : bobby sands, long kesh, block h, radio canada, skibbereen18, the h-block song |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
dimanche, 31 mars 2013
Les 12 preuves de l’inexistence de Dieu
Assez de lamentations : les lamentations sont vaines.
Assez de prosternations : les prosternations sont stériles.
Assez de prières : les prières sont impuissantes.
Redresse-toi, ô homme ! Et, debout, frémissant, révolté, déclare une guerre implacable au Dieu dont, si longtemps, on imposa à tes frères et à toi-même l'abrutissante vénération.
Débarrasse-toi de ce tyran imaginaire et secoue le joug de ceux qui se prétendent ses chargés d'affaires ici-bas. Mais souviens-toi que ce premier geste de libération accompli, tu n'auras rempli qu'une partie de la tâche qui t'incombe.
N'oublie pas qu'il ne te servirait de rien de briser les chaînes que les Dieux imaginaires, célestes et éternels, ont forgées contre toi, si tu ne brisais aussi celles qu'ont forgées contre toi les Dieux passagers et positifs de la terre.
Ces Dieux rôdent autour de toi, cherchant à t'affamer et à t'asservir. Ces Dieux ne sont que des hommes comme toi.
Riches et Gouvernants, ces Dieux de la terre ont peuplé celle-ci d'innombrables victimes, d'inexprimables tourments.
Puissent les damnés de la terre se révolter enfin contre ces scélérats et fonder une Cité où ces monstres seront ; à tout jamais, rendus impossibles !
Quand tu auras chassé les Dieux du ciel et de la terre, quand tu te seras débarrassé des Maîtres d'en haut et des Maîtres d'en bas, quand tu auras accompli ce double geste de délivrance, alors, mais seulement alors, ô mon frère, tu t'évaderas de ton enfer et tu réaliseras ton ciel ! "

aux Editions libertaires
l'Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure est en ligne sous la forme de fichiers .pdf sur le site suivant : http://www.encyclopedie-anarchiste.org/index.html
Les textes sont également disponibles en format .html . textes et fichiers .pdf sont bien entendu libres de droit
![]()
07:00 Publié dans Histoire, Littérature, Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : les 12 preuves de l’inexistence de dieu, sébastien faure |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook
























