mardi, 27 mai 2014

Les morts de Thatcher

Irlande du nord

En 1968 débutèrent des manifestations pour les droits civiques des catholiques de l'Irlande du Nord, c'est-à-dire pour l'égalité des droits entre les républicains (catholiques) et les unionistes (protestants) .

En 1969, à la demande du gouvernement unioniste, les troupes britanniques furent envoyées en Irlande du nord pour maintenir l'ordre.
 
En août 1971, le gouvernement britannique mettait en application l'internement administratif permettant d'emprisonner sans procès toute personne suspecte de terrorisme :des centaines de partisans de l'IRA furent arrêtés et incarcérés.

En mars 1972, le Parlement semi-indépendant de Stormont fut dissous et l'Irlande du Nord passa sous le contrôle du gouvernement britannique (Direct Rule). Ce n'est que le 1er décembre 1999, après 27 ans d'administration directe de Londres sur la province que l'assemblé nord-irlandaise sera investie de pouvoirs d'autonomie

H-Block

En 1981, Margarett Thatcher, la Dame de fer, est au pouvoir depuis deux ans.  Le 5 mai 1981, à la prison de Long Kesh, en Irlande du Nord, Bobby Sands, républicain irlandais, décède après 66 jours de grève de la faim. Il avait 27ans. Neuf autres de ses camarades le suivront bientôt.

Bobby Sands est détenu sous le statut de prisonnier politique jusqu'au 1er mars 1976. A cette date le statut est  aboli par le gouvernement travailliste de Harold Wilson. Tous les prisonniers politiques doivent alors être traités comme des prisonniers de droit commun.

 Le corps nu comme seule arme

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Le 1er septembre 1976, débute la Blanket protest (mouvement de protestation de la couverture): les prisonniers républicains refusent de porter le costume carcéral des droits communs. Ils vivent alors nus dans leur cellule seulement vêtus de leur couverture.
Ce mouvement sera suivi par le Dirty protest ou No wash protest  - Grève de l’Hygiène: douches et tinettes leur étant interdites les prisonniers refusent alors de se laver, ils font leur besoin sur le sol et badigeonnent les murs de leurs excréments.

> Un reportage de Robin Denselow sur les effroyables conditions d'internement des prisonniers républicains à la prison de Maze. BBC  'Blanket' and 'no-wash' protests in the Maze prison - September 1976 - October 1981

Mars 1981

Sands et d'autres détenus demandent le rétablissement du statut de prisonnier politique et de meilleures conditions de détention :

  •  le droit de porter des vêtements civils,
  •  le droit de refuser le travail carcéral,
  •  le droit d'association avec les autres prisonniers,
  •  le droit à une visite hebdomadaire et à des activités éducatives et récréatives,
  •  le droit à des remises de peine.

Quand Bobby Sands commence sa grève de la faim, cela fait quatre ans que les prisonniers de Maze luttent pour leurs droits. Margareth Thatcher refuse de céder : Bobby Sands,  tout juste élu député à la Chambre des communes du Royaume-Uni, est le premier à mourir - ses funérailles seront suivies par 100 000 personnes. 

> "Une vie, une œuvre"  de Matthieu Garrigou-Lagrange, une émission consacrée à Bobby Sands, par Louise Hénaff

> Mourir pour des idées - Sonuma, les archives audiovisuelles - un sujet tv de Marco Lamensch, diffusé dans le magazine "A suivre" le 15 mai 1981 (11'53")

Neuf autres grévistes de la faim mourront bientôt, à chaque nouveau mort un de ses camarades prend le relais :

Francis Hughes : meurt le 12 mai 1981, après 59 jours de grève de la faim, à l'âge de 25 ans ,
Raymond McCreesh :meurt le 21 mai, après 61 jours de grève de la faim, à l'âge de 24 ans, 
Patsy O’Hara : meurt le 21 mai, après 61 jours de grève de la faim, à l'âge de 23 ans,
Joe McDonnell : meurt le 8 juillet, après 61 jours de grève de la faim, à l'âge de 30 ans, 
Marin Hurson
: meurt le 13 juillet, après 46 jours de grève de la faim, à l'âge de 27 ans,

Kevin Lynch :meurt le 1er août, après 71 jours de grève de la faim, à l'âge de25 ans,
Kieran Doherty :meurt le 2 août, après 73 jours de grève de la faim, à l'âge de 25 ans, 
Thomas McElwee :meurt le 8 août, après 32 jours de grève de la faim, à l'âge de 23 ans,  
Michael Devine : meurt le , après 60 jours de grève de la faim, à l'âge de 23 ans.

> Les grévistes de la faim sur le site consacré à la mémoire de Bobby Sands : http://www.bobbysandstrust.com/hungerstrikers

Les grévistes de la faim, Long Kesh

le 3 octobre 1981, six prisonniers républicains en grève de la faim mettent fin au mouvement : leur famille ayant décidé une intervention médicale pour sauver leur vie.

Le 6 Octobre 1981 James Prior, alors secrétaire d'État pour l'Irlande du Nord , annonce une série de mesures se rapprochant des demandes formulées antérieurement par les  prisonniers politiques.
 
Quelques temps après la mort de Bobby Sands, une équipe de l'émission Première Page de Radio-Canada s'est rendue  en Irlande du Nord pour tenter de comprendre les raisons de cette grève de la faim. (Le reportage en ligne)
 
 

 
Par Skibbereen18
The H-Block Song
Irish Rebel Song

 *

Femmes résistantes

" Si l'engagement des femmes catholiques  - républicaines a pris de multiples formes, il témoigne du rôle majeur qu'elles ont joué pour défendre leur communauté – un rôle pourtant très peu représenté. La grève de l'hygiène de 1980 dans la prison d'Armagh, à 50 km de Belfast, en est l'exemple le plus probant."

>  Corps en résistance : quand les femmes républicaines entrent en grève, un documentaire radiophonique de Louise Hénaff, réalisé par Charlotte Roux.  Prise de son et mixage : Pierric Charles.

 

27/05/2014 - 2008/11/25

mardi, 13 mai 2014

IVG : un parcours d'obstacles

siteon0.png?1381152063" Plus d’une femme sur trois avorte en France. Pourtant, le parcours est encore loin d’être fléché. Les obstacles semblent même se multiplier. Informations et accompagnement manquent. Les délais d’attente sont longs. De nombreux établissements publics ne pratiquent pas l’interruption volontaire de grossesse alors qu’ils le devraient. Dans un contexte où, en Espagne, le droit à l’IVG est menacé, alors qu’en France les anti-avortements profitent des lacunes en matière d’accès à l’information."
 
 
L' ’avortement n’est pas un problème,c’est la solution à un problème.

Il existe 2 méthodes d'IVG :

  • par aspiration : elle peut être pratiquée jusqu'à 12 semaines de grossesse, mais uniquement en établissements hospitaliers.
  • L'IVG médicamenteuse : elle ne nécessite pas d'hospitalisation, elle peut être pratiquée jusqu'à 5 semaines de grossesse (7 semaines après les dernières règles).

Lorsqu'une interruption volontaire de la grossesse (avortement) est décidée, il est souhaitable que le délai de prise en charge par l'établissement ne soit pas trop long afin de ne pas dépasser les limites légales.

 Lieux d’information et d’écoute à BREST

  •   Mouvement Français pour le Planning Familial (M.F.P.F)4, rue Ernest Renan - Brest
  • 02 98 44 08 14  planningfamilial.brest@gmail.com
    Permanences : lundi de 18h30 à 20h et le samedi de 10h00 à 11h30 
    www.planning-familial.org

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Hôpital et cliniques à Brest

  • CHRU - Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Brest
    2 avenue Foch, 29609 Brest cedex

Vous êtes accueillies au Centre de Planification et d'Education Familiale Hôpital Morvan (bât 5 - rez-de-chaussée) - 5 avenue Foch - Brest
ou au téléphone (02.98.22.34.39) par la secrétaire du Centre.

Votre premier rendez-vous peut être réalisé au Centre ou bien par un médecin extérieur qui établit l'attestation de 1er demande d'IVG. Le 2ème rendez-vous est programmé au CHRU pour la confirmation de votre demande et échographie de datation si nécessaire.

Lors des consultations vous recevez des informations sur :

  • Les différentes méthodes IVG (en fonction de l'âge gestationnel)
  • Le délai de réflexion obligatoire de 1 semaine
  • Des informations concernant la contraception

Un entretien psycho-social d'information, de soutien, d'écoute est proposé avec une conseillère conjugale et familiale.

Les IVG sont possibles jusqu'à 14 SA (semaines d'aménorrhée)

Les possibilités de prise en charge médicales sont différentes en fonction de l'âge de la grossesse :

Grossesse inférieure à 9 SA (semaines d'aménorrhée) Choix entre la méthode médicamenteuse (sauf contre indication) et méthode chirurgicale

Grossesse supérieure à 9 SA (semaines d'aménorrhée) jusqu'à 14 SA Méthode chirurgicale

  Cas particulier des mineures :

  Mineures souhaitant garder le secret à l'égard de son père et de sa mère, ou de son représentant légal :

Article L2212-7 : « Si la femme mineure non émancipée désire garder le secret, le médecin doit s'efforcer, dans l'intérêt de celle-ci, d'obtenir son consentement pour que le ou les titulaires de l'autorité parentale ou, le cas échéant, le représentant légal soient consultés »

 Article L 2212-4 : « Si elle exprime le désir de garder le secret à l'égard des titulaires de l'autorité parentale ou de son représentant légal », ou si le consentement parental n'est pas obtenu (refus des parents ou impossibilité de contacter l'un d'entre eux),« elle est conseillée sur le choix de la personne majeure ¿susceptible de l'accompagner dans sa démarche »

  • Clinique Pasteur
    32 rue Auguste Kervern, CS 82936, 29229 Brest
    0899032199 : Coût de l'appel 1,35€ par appel + 0,34€ /minute - numéro utilisable 5 minutes
  • Polyclinique de Keraudren
    Rue Ernestine de Tremaudan, 29287 Brest Cedex
    0899032201 : Coût de l'appel 1,35€ par appel + 0,34€ /minute - numéro utilisable 5 minutes

Sources : http://www.guidedesdemarches.com/SANTE/ivg-29-finistere.htm

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samedi, 03 mai 2014

Le PS et les plus démunis...

Gel des prestations sociales : 11 milliards d'euros

« Pour veiller au sort des plus démunis, les minima sociaux seront préservés »

Valls, premier ministre

4097133891.png Sur les 50 milliards d’euros à trouver, 11 milliards le seront par le biais d’un gel des prestations sociales. Pour cela, le gouvernement a, entre autres, décidé de reporter d’un an (en attendant la suite ?) l’augmentation, pourtant symbolique, du RSA octroyée début 2013. Rappelons que, depuis la création du RMI, les prestations835015738.jpg versées aux plus démunis n’ont fait que perdre en pouvoir d’achat, ce qui avait amené les associations caritatives à demander dès 2012 la revalorisation du RSA de 25 %, afin de retrouver le niveau de 1988.

 

> Pacte de « solidarité » : ce sont encore les plus pauvres qui vont trinquer ! Par Julien Bonnefond, membre de la Fondation Copernic - 17 avril 2014

également sur le site de la Fondation Copernic :

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http://www.fondation-copernic.org/

*

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POI

samedi, 08 mars 2014

8 mars : Silence, on tape !

Action collective 

Campagne contre les violences faites aux femmes,

version Roissy ?

Silence, on tape !

Mercredi 26 février 2014, zone d’attente de l’aéroport de Roissy-Charles-De-Gaulle. Six femmes honduriennes et nicaraguayennes se rendent dans le bureau de l’Anafé et racontent avoir été victimes quelques heures plus tôt de violences policières lors d’une tentative de renvoi forcé à destination de Mexico. Cette première tentative a échoué devant le refus du commandant de bord d’embarquer des passager.e.s dans de telles conditions. Ces femmes apparaissent bouleversées, et souhaitent porter plainte. L’Anafé les assiste dans cette démarche et récolte leurs témoignages. Quatre d’entre elles sont examinées par le médecin intervenant en zone d’attente, et se voient délivrer un certificat médical attestant de lésions et hématomes multiples.

Devant la gravité des accusations, l’Anafé saisit immédiatement le ministère de l’intérieur de cette situation, et lui demande de surseoir au renvoi forcé de ces femmes dans l’attente qu’une enquête soit diligentée. Dès le lendemain, la police aux frontières (PAF) tente à nouveau de les refouler. Depuis, les tentatives de renvoi sont quotidiennes et le ministère de l’intérieur ne manifeste aucune réaction.

Mardi 4 mars, la PAF parvient à expulser deux d’entre elles : l’une d’elles aurait été menottée et bâillonnée, tandis que l’autre est renvoyée la veille de l’audience prévue devant le Juge des libertés et de la détention, et ne pourra pas faire valoir sa cause devant la Justice.

Mercredi 5 mars : les tentatives pour refouler les quatre femmes, toujours maintenues en zone d’attente se poursuivent, de même que le silence du ministère de l’intérieur. L’une d’entre elles est placée en garde à vue pour avoir refusé d’embarquer vers le Mexique, et sera finalement condamnée par le tribunal correctionnel à deux mois de prison et cinq ans d’interdiction du territoire français.

Au moment même où le gouvernement lance une campagne, conduite par la ministre des droits des femmes, pour « libérer la parole face aux violences et orienter les victimes vers les professionnels », ce slogan resterait-il lettre morte pour les femmes étrangères placées en zone d’attente ?

Face à la gravité de cette situation, nos organisations demandent au gouvernement :

  • de permettre à celles qui ont été expulsées le 4 mars de pouvoir, si elles le souhaitent, revenir en France pour soutenir leur cause devant la Justice, et de veiller à ce que celle qui a été condamnée puisse faire valoir ses droits en appel ;
  • de protéger d’un renvoi forcé les femmes toujours maintenues en zone d’attente de Roissy, dans l’attente que leurs plaintes soient examinées ;
  • de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le droit à la protection contre les violences faites aux femmes soit également une réalité en zone d’attente ;
  • et, pour les personnes demandeuses d’asile, de garantir la présence en zone d’attente de référent.e.s sur les questions de violences liées au genre.
7 mars 2014
(veille de la journée internationale des droits des femmes)

Organisations signataires : Acat, ADDE, Anafé, Comede, Fasti, Femmes de la terre, Femmes pour le dire, Femmes pour agir, Forum Femmes Méditerranée, Genepi, Gisti, Ligue du droit international des femmes, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement Français pour le Planning Familial, Mouvement Jeunes Femmes, Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau, Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE), Osez le Féminisme, Rajfire, Revue Pratiques, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la Magistrature (SM), Syndicat de la Médecine générale (SMG), SOS Sexisme

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La réaction espagnole et l'avortement

Journée internationale des femmes

Forte mobilisation en Espagne prévue contre la loi de limitation du droit à l’avortement du gouvernement de droite de Mario Rajoy soutenu par l'Eglise.

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2 février 2014

En soutien au rassemblement organisé à Madrid, plusieurs milliers de manifestant samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l’avortement en Espagne. Là-bas des milliers de personnes ont défilé pour la première grande manifestation contre le projet de loi qui supprimerait le droit à l’interruption de grossesse.

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" Mais n’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. " 

Simone de Beauvoir

Le projet du gouvernement conservateur espagnol supprime presque entièrement le droit à l’IVG dans un pays ou les bordels sont une institution légale. Il Rejeté par plus de 75 % d'Espagnol(e) cet avant-projet de loi est avant tout destiné à séduire l'aile droite du Parti Populaire et l’Église :  la Conférence des évêques espagnols considère tout ceci  comme une « avancée positive »

" Malheureusement, ce ne sont pas seulement la nourriture ou les biens superflus qui sont objet de déchet, mais souvent les êtres humains eux-mêmes, qui sont « jetés » comme s’ils étaient des « choses non nécessaires ». Par exemple, la seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l’avortement, nous fait horreur " Le pape

pape

Pour le Planning familial le projet : subordonne le choix des femmes au contrôle médical et social puisque cette proposition de loi prévoit l’autorisation d’avorter dans 3 cas très précisément encadrés :

  1. Grave danger encouru par la femme pour sa vie ou sa santé physique ou psychologique : le texte impose que le diagnostic soit émis par deux médecins différents et étrangers à l'établissement pratiquant l'avortement.
  2. Viol, à la condition est qu’elle ait déposé plainte.
  3. Malformation fœtale, sous réserve de deux rapports médicaux - l'un sur la mère et l'autre sur le fœtus, qui confirmeront le motif d'interruption de grossesse.

Autre recul : les personnes mineures devront avoir obligatoirement l'autorisation de leurs parents pour interrompre une grossesse non voulue.

En renouant avec des pratiques déniant la liberté de choix, c’est le mépris des droits humains fondamentaux des femmes et des couples à maitriser leur fécondité et à décider de leur vie que le gouvernement espagnol vient de signer. Il annonce clairement son projet de société : maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission !

Après l’offensive des opposants aux droits des femmes contre le rapport Estrela, rejeté le 10 décembre dernier au Parlement européen, cette démarche du gouvernement espagnol vient s’inscrire dans le mouvement européen réactionnaire et conservateur qui n’a toujours pas accepté le droit des femmes à de disposer de leur corps, et les considère comme des sous citoyennes incapables de décider par elles-mêmes.

Le combat des forces démocratiques et associatives espagnoles pour ce droit fondamental est le nôtre, et nous le soutiendrons ici et ailleurs, car il est le combat est celui de celles et ceux qui veulent l’égalité entre les femmes et les hommes. "

Interactiv' : l'avortement en question en Espagne par franceinter

Mercedes Yusta : Historienne. Ses travaux portent sur la résistance contre la dictature de Franco et sur les organisations féminines antifascistes. Elle enseinge à Paris-VIII-Vincennes - Saint-Denis.

Nathalie Bajos :  sociologue, Spécialiste de la contraception, qui a dirigé l'étude Fecond.  directrice de recherche à l'Inserm, responsable de l'équipe "Genre, santé sexuelle et reproductive".

Véronique Séhier : Co-présidente du planning familial

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mardi, 04 février 2014

1968 : La reprise du travail aux usines Wonder

 Chienlit, fuite et tour de vis

27 mai 1968 : Les accords coupe-feu de Grenelle, négociés  dans l'urgence par les représentants du gouvernement Pompidou, des syndicats et des organisations patronales sont rejetés par la base. Les grèves se poursuivent.

29 mai : De Gaulle s'enfuit en Allemagne pour y rencontrer le Général Massu.  Les chefs militaires  consultés assurent le général de leur loyauté : le cas échéant l'armée garantira  la sécurité des élections générales annoncées pour le 30 mai 1968.  Un plan prévoit même  l'implantation d'un PC opérationnel à Verdun au cas où des troupes françaises ramenées d'Allemagne auraient à intervenir... (  "Une journée à Baden-Baden" L' Express - extraits)

 Le 30 mai : De Gaulle dissout l'Assemblée Nationale.

Il faut savoir terminer une grève

« Le bureau confédéral de la CGT estime que partout où les revendications essentielles ont été satisfaites, l’intérêt des salariés est de se prononcer en masse pour la reprise du travail dans l’unité. » et de préciser que  « Toute autre attitude fournirait à De Gaulle le prétexte qu’il attend, qu’il espère, pour éviter la consultation du peuple. »

Le 6 juin 1968 L’Humanité  titre : « Sidérurgie : Rentrée générale sous le signe d’un succès sans précédent. » Le très réactionnaire Parisien Libéré s’associe à la joie :  « Quatre bonnes nouvelles. Reprise du travail à la RATP, la SNCF, les PTT et les Services municipaux. »  Tandis que Le Figaro daigne donner un certificat de bonne conduite :  « La CGT montre qu’elle sait ne pas céder aux gesticulations révolutionnaires !»  

En effet. Sous le titre « Vigilance » l’Humanité du 6 Juin :

 « Des groupes gauchistes, le plus souvent étrangers au personnel des entreprises interviennent avec violence pour s’opposer à la volonté des travailleurs de reprendre le travail là ou les revendications sont satisfaites. »  (Mai-Juin 1968 au jour le jour  : Revue de presse par André Calvès)

Tout ceci fait écho au discours menaçant du général-qui-a-peur prononcé le 30 mai :

" Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu’on entende bâillonner le peuple français tout entier en l’empêchant de s’exprimer en même temps qu’on l’empêche de vivre par les mêmes moyens qu’on empêche les étudiants d’étudier, les enseignants d’enseigner, les travailleurs de travailler.

Ces moyens, ce sont l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main en conséquence, et par un parti qui est une entreprise totalitaire même s’il a déjà des rivaux à cet égard. Si donc cette situation de force se maintient, je devrai, pour maintenir la République, prendre, conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays. En tout cas, partout et tout de suite, il faut que s’organise l’action civique. "

A bon maître, bon valet.

 La reprise du travail aux usines Wonder

1968, accords de Grenelle, Wonder, grève,  Jacques Willemont

10 Juin 1968 : l'usine Wonder est occupée depuis trois semaines. Les ouvriers viennent de voter la reprise du travail. Des syndicalistes crient victoire et une ouvrière sa colère, son dégoût.

La séquence sur Wonder faisait partie d'un long métrage documentaire "Sauve qui peut Trotsky" de Jacques Willemont :

 "En 1968, après que les cinéastes se soient mis en grève, l’IDHEC a été occupé par ses étudiants. Une des premières actions du Comité de Grève a été, là comme partout ailleurs, de mettre dehors à la fois la plupart des professeurs et le directeur qui était, à l’époque, Monsieur TESSONNEAU. Après le départ de ces derniers, les étudiants se sont réunis en Assemblée Générale et ont décidé de poursuivre l’enseignement. Les étudiants de deuxième année, dont je faisais partie, furent chargés de donner des cours aux étudiants de première année et aux étudiants qui étaient venus passer le concours de l’IDHEC, le jour même du début de la grève.

C’est ainsi que je me suis retrouvé avec le titre de « chargé de cours de cinéma direct », alors que je n’avais pratiqué, durant mes deux années à l’IDHEC, que du cinéma en 35 mm, sur pied et en studio ! Qu’importe, je trouvais très rapidement la technique et le vocabulaire nécessaire et nous décidions de prendre pour sujet d’exercice, les événements qui se déroulaient autour de nous.

Comme beaucoup d’équipes tournaient sur les barricades, ou sur la JCR (1), - qui étaient les sujets à la mode -, je proposais un deuxième tournage sur deux mouvements assez mal considérés, ceux de la FER  et de l’OCI (2), dans le but de comprendre les raisons qui faisaient que ces mouvements n’étaient pas en odeur de sainteté révolutionnaire. Ces trotskistes nous conduisirent dans divers endroits où ils menaient leurs actions.

Ce sont eux qui nous ont amenés à tourner à l’usine WONDER. Après différents contacts, il fut convenu que nous viendrions tourner tel jour, le matin, une assemblée générale de l’OCI. Et lorsque,le jour dit, nous sommes arrivés, les ouvriers de chez WONDER rentraient."

> Source : la reprise du travail aux usines Wonder : http://willemont.net/resources/wonder+dossier+de+presse+d...

1 - JCR : Jeunesse Communiste Révolutionnaire

2 - OCI : Organisation Communiste Internationaliste et son organisation étudiante la FER, Fédération des Etudiants Révolutionnaires.

  - MAI 1936 -

En mai 1936 une vague nationale de grèves avec occupation des entreprises  déferle sur le pays tout entier. Dès le 3 juin Roger Salengro, avant de prendre ses fonctions de ministre de l’Intérieur du gouvernement  Léon Blum, déclare à l’Assemblée:

" Que ceux qui ont pour mission de guider les organisations ouvrières fassent leur devoir. Qu’ils s’empressent de mettre un terme à cette agitation injustifiée. Pour ma part, mon choix est fait entre l’ordre et l’anarchie. Je maintiendrai l’ordre contre l’anarchie."

Il réaffirme sa position devant le Sénat qui veut obtenir la condamnation des occupations d’usines par le gouvernement et l’assurance qu’elles cesseront 

" Si demain des occupations de magasins, de bureaux, de chantiers, d’usines, de fermes, étaient tentées, le gouvernement, par tous moyens appropriés, saurait y mettre un terme. "

Les arrestations se multiplient et  le gouvernement « socialiste », soutenu par le PCF, fait procéder à des centaines d’expulsions de militants étrangers

Dans sa circulaire aux préfets du 4 juillet, Roger Salengro  justifie ainsi cette chasse à l'étranger fauteur de troubles: 

"La France entend rester fidèle à sa tradition de terre d’asile. Il ne serait pas cependant admissible que des étrangers […] puissent sur notre territoire prendre part de manière active aux discussions de politique intérieure et provoquer des troubles et du désordre. "

Le désordre c'est l'appel à constituer milices ouvrières et comités d’usine.

 > source Article du CRI des Travailleurs n°22

Accords Matignon

Pour éviter la révolution, syndicats et patronat sollicitent alors le  gouvernement du Front populaire de Léon Blum nommé le 5 juin et investi par la Chambre le 6 juin, pour qu’une réunion tripartie soit organisée. 

Les accords "Matignon" sont signés le 7 juin 1936. Puis  les réformes sociales dont le patronat n'avait jusque là pas voulu entendre parler sont votées par le Parlement : congés payés (8 juin 1936) et semaine de 40 heures (12 juin 1936).

Mais pour s'assurer que tout rentrera dans l'ordre au plus vite, et que le mouvement ne prendra pas de l'ampleur, Maurice Thorez, du Parti Communiste, prend position contre la poursuite de la grève et déclare,  le 11 juin  :

"Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles revendications".

Les accords à peine signés, le patronat et le gouvernement tentent dès septembre 1936 de revenir sur les acquis de juin.

En 1937 Léon Blum annonce qu'il faut faire " une pause " dans les réformes et  deux ans plus tard, le 12 novembre  1938, sous le gouvernement  Daladier, le  ministre des Finances Paul Reynaud,  prononce à la radio un célèbre discours qui a depuis fait des émules:

" Croyez-vous que dans l'Europe d'aujourd'hui, la France puisse maintenir son train de vie, dépenser 25 milliards d'armement et se reposer deux jours par semaine? Devant les étrangers qui nous écoutent je vous annonce qu'en France la semaine des deux dimanches à cessé d'exister !  "

La droite a trouvé dans le parti radical un allié. Par décrets-lois les majorations des heures supplémentaires sont réduites de 15 à 10% - et seulement à partir de la 49 ème heure -, les heures supplémentaires deviennent obligatoires, les conventions collectives perdent leur caractère contraignant et  des "économies" sont annoncées qui, selon le Figaro de l'époque, consisteront :

"à lutter contre la multiplication des emplois administratifs, à comprimer progressivement les effectifs pléthoriques de personnel, en particulier dans les chemins de fer, à supprimer ou du moins à réduire à peu de chose les travaux civils ".

La grève générale qui tentera de s'opposer à cette régression sociale se conclue par un échec et est durement réprimée.

Un boulevard est ouvert au fascisme et à ses variantes de sinistre mémoire.

lundi, 20 janvier 2014

Quimper : centres pratiquant l'IVG

QUIMPER

  • CHG Cornouaille - Quimper - Concarneau
    14 avenue Yves Thepot, 29107 Quimper cedex
    - nombre d'IVG pratiquées (données 2010) : 642
     délai moyen de prise en charge (en jours) : 4 (moyenne en France : 8 )

Centre de planification et d'éducation familiale et d'interruption volontaire de grossesse.

Tél. : 02.98.52.60.99

Les centres de planification ou d’éducation familiale vous écoutent, vous informent et vous accompagnent dans vos démarches. Ils assurent des entretiens préalables à l’interruption volontaire de grossesse et des entretiens relatifs à la contraception à la suite d’une IVG. Ils peuvent aussi réaliser des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par mode médicamenteux (jusqu’à 5 semaines de grossesse).
 

 Consultations externes :

  • Site Laënnec (Quimper) : du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00
  • Site du Porzou (Concarneau) : Mercredi et vendredi de 14h30 à 17h00

sites d'information

: http://www.sante.gouv.fr/ivg

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Clinique à Quimper :

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samedi, 24 août 2013

Tricoteuses & Pétroleuses

tricoteuses-petroleuses
Je veux dire la haine farouche, furieuse, grossière, des gens de l'Ordre : la Mégère , la Pétroleuse , le Monstre à face humaine , tels sont les noms que plusieurs générations de bourgeois ont mis à coté de son nom ".
Henri Barbusse à propos de la communarde Louise Michel.

Tricoteuses et pétroleuses - et leurs variantes - sont des figures négatives et fantasmées de la femme publique et constitue un modèle standard du fanatisme et de la furie populaire associés à la gauche :

« Mais ordinairement, quand le despotisme populaire ne s’exerce que sur la minorité royaliste, elle laisse opprimer ses adversaires et ne se croit pas atteinte par les violences qui assaillent le côté droit : ce sont des ennemis, on peut les livrer aux bêtes. Là-dessus, le côté gauche a pris ses dispositions ; son fanatisme n’a pas de scrupules ; il s’agit des principes, de la vérité absolue ; à tout prix, il faut qu’elle triomphe. D’ailleurs peut-on hésiter à recourir au peuple dans la cause du peuple ? Un peu de contrainte aidera le bon droit (....) »

Les Origines de la France contemporaine, Hyppolite Taine

den49_lesueur_001i.jpgLa tricoteuse est l'image répulsive de la femme du peuple qui suit les débats des assemblées de  la Révolution française. Bien avant,  le terme de "tricoteuse" est déjà employé comme insulte par les femmes du peuple parmi d'autres ayant rapport à la prostitution. Ce n'est qu'assez tardivement, en 1794-1795, au moment d'affrontement très dur entre les sans culottes et les modérés et dans lequel les femmes jouent un rôle primordial,  que se précise l'image des tricoteuses qui,  assimilées aux « Jacobines » ou aux « habituées des tribunes », seront associées au sang et à la mort.

La tricoteuse est alors décrite le plus souvent en groupe de harpies, tricotant et apostrophant les législateurs d'une voix aigre ou enrouée durant les séances de la Convention; tricotant encore derrière la charrette des condamnées à mort qu'elle accompagne à l'échafaud - tricotant toujours - au  pied de la guillotine. Et si elle interrompt un instant son ouvrage, c'est  pour mieux tremper son mouchoir dans le sang du guillotiné - quand elle ne se venge pas sur son cadavre, comme  Aspasie Carlemigelli que l'on dit avoir foulé aux pieds le député Féraud.

Lacretelle, dans Dix ans d’épreuves, décrit ainsi, sa vision des mégères - dans les premiers mois de 1790 - associées à une populace stipendiée.

« C’était vers minuit, et sous les pluies, les frimas, les neiges et un froid piquant, que nous allions près de l’église des Feuillants retenir des places pour les tribunes de l’Assemblée que nous ne devions occuper qu’à midi le jour suivant. Il fallait de plus les disputer à une foule qu’animaient des passions et même des intérêts fort différents des nôtres. Car nous ne tardâmes pas à nous apercevoir qu’une grande partie des tribunes était salariée et que les scènes cruelles qui faisaient notre désolation faisaient leur joie. Je ne puis dire quelle était mon horreur, lorsque j’entendais ces femmes, que depuis l’on a appelées tricoteuses, savourer les doctrines déjà homicides de Robespierre, se délecter de sa voix aigre, et couver des yeux sa laide figure, type vivant de l’envie. » 

Tricoter, passe encore, mais chez soi, sous le toit familial. Dans l'espace public le  tricot est  perçu sous l'angle de ses aiguilles qui sont des armes à peine dissimulées.

« Je ne connais que la déesse de la Raison dont les couches, hâtées par des adultères, aient eu lieu dans les danses de la mort. Il tombait de ses flancs publics des reptiles immondes qui ballaient à l'instant même avec les tricoteuses autour de l'échafaud, au son du coutelas, remontant et redescendant, refrain de la danse diabolique.» 

Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe.

> " La « Tricoteuse » : formation d’un mythe contre-révolutionnaire". Par Dominique Godineau, CERHIO UMR 6258 Université de Rennes II (sur le site http://revolution-francaise.net/ )

> " Les tricoteuses pendant la Révolution française". Par Charlotte Denoël, sur le site "l'Histoire par l'image"

> "  Le féminisme pendant la Révolution française"  L. Devance  Annales historiques de la Révolution française - 1977

til9_lix_001i.jpgUn siècle plus tard, à peine, La pétroleuse, est le nom donné par la bourgeoisie et les journaux versaillais aux  femmes du peuple qui, dans les derniers jours de la Commune de Paris, durant la " Semaine sanglante" en 1871, auraient  allumé des incendies : celui des Tuileries, de l'Hôtel de ville, de la Cour des comptes, du Palais Royal.  Incendies des symboles du Pouvoir qui équivaut pour la bourgeoisie à l'incendie du Pouvoir.
L’imagerie anticommunarde colporte rapidement dans la presse  le mythe de la rouge incendiaire munie de  sa  "boîte " ou de sa " bouteille" de pétrole. Dans l'imaginaire français rien n'est pire qu'une femme révolutionnaire, qu'une femme qui s'écarte du droit chemin de la conservation de l'ordre établi, de la perpétuation de l'espèce et de l'éducation des enfants.
La "Pétroleuse", descendante de la "Tricoteuse", est encore un fantasme misogyne, mais les femmes qui seront accusés d'être des pétroleuses en paieront le prix fort en étant déportées - voire fusillées sur le champ.

>"Le mythe de la Pétroleuse". Par Bertrand Tillier,le site l'Histoire par l'image

>  "On les disait " pétroleuses". Par François Bodinaux, Dominique Plasman, Michèle Ribourdouille. ( format Word)


 


07:20 Publié dans - Zectionnaire, > P, > T, Femme, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tricoteuse, pétroleuse, 8 mars 2009, femme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 06 janvier 2013

Pilules " à risque " & diabolisation de la contraception

La première pilule contraceptive a été mise au point en 1956 par l'endocrinologue Gregory Pincus.

En France, c'est la loi Neuwirth, adoptée en 1967, qui abrogea celle du 31 juillet 1920 qui interdisait toute forme de contraception en France (à cette date l'information et m'accès à la contraception étaient interdits par la loi de 1920).

Il faudra attendre le 4 décembre 1974 pour que la contraception soit véritablement libéralisée et remboursée par la Sécurité Sociale, 7 ans après son autorisation. Quant à l'avortement, il fut interdit en France jusqu'à l'adoption de la loi Veil de 1975. Aujourd’hui 80 à 85% des naissances sont planifiées contre 15% dans les années 60.  (Les Bridgets)

De son côté le Vatican reste inflexible pour ce qui est de ses positions concernant l'avortement tour comme la contraception. Pour donne son indispensable avis sur la pilule, l'Eglise catholique se réfère toujours à l'encyclique "Humanae Vitae" (sur le mariage et la régulation des naissances)  promulguée par Paul VI le 25 juillet 1968... Exclure la possibilité de donner la vie " au moyen d'une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l'amour conjugal", déclarait encore et toujours Benoît XVI en 2009.

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"La ministre de la Santé, Marisol Touraine, « a pris la décision de mettre fin au remboursement des pilules contraceptives de 3ème génération dès le 31 mars 2013». Ce déremboursement devait initialement intervenir au 30 septembre 2013.

«La période transitoire permettant aux femmes utilisant ces pilules d’adapter leur mode de contraception est ainsi réduite de six mois», a noté le ministère.

Marisol Touraine a en outre demandé à l’ANSM «que la pilule de 2ème génération soit systématiquement privilégiée, sauf situations particulières», et que «les pilules de 3ème et 4ème génération ne soient plus proposées en premier choix».

L’agence préconisait déjà de ne prescrire les pilules de dernière génération qu’en seconde intention."  DNA

> N'en fait-on pas trop sur la pilule de 3e génération?  Par Vincent Olivier - L'Express

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Planning familial

- Ne diabolisons pas la pilule -

pilule.jpg" Le ministère des affaires sociales et de la santé a annoncé que les pilules de troisième et quatrième générations ne seront plus remboursées à partir du 31 mars.

 Cette décision intervient après que l'ANSM a lancé une mise en garde auprès des professionnels de santé pour qu'ils "révisent à la baisse leurs prescriptions" de ces pilules.

Le Planning Familial appelle dans ces circonstances à ne pas diaboliser la pilule, et éviter à tout prix d'induire une inquiétude chez les femmes envers les pilules de deuxième génération.
Il est a noter également que les recommandations de la Haute Autorité de Santé précisent déjà que les pilules de troisième génération ne sont jamais à prescrire en première intention.

 Le Planning Familial souligne également l'incohérence suivante : si les pilules des dernières générations sont dangereuses, qu'elles soient retirées du marché, sinon, pourquoi faire une hiérarchie entre les moyens de contraception. Enfin, si ces pilules n'ont pas de service médical rendu, pourquoi ont-elles une autorisation de mise sur le marché?

 Enfin, Le Planning Familial rappelle avoir toujours dit que les pilules des troisième et quatrième générations n'apportaient pas grand-chose de plus que celles de la deuxième génération, sauf dans certaines situations. "

 En secouant le spectre d'accidents thrombo-emboliques, on est en train de balayer la contraception", a regretté le Dr Brigitte Letombe, ancienne présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale.

Selon elle, les risques de thrombose artérielle (infarctus du myocarde ou AVC) sont les mêmes pour toutes les pilules oestroprogestatives et dépendent de facteurs de risques associés comme le tabac, le surpoids ou le diabète.

Quant au risque de thrombose veineuse, il est augmenté pour toutes les pilules, particulièrement avec les pilules de 3e génération, "lorsqu'on est porteur de certaines mutations génétiques.

Mais ce risque reste inférieur à celui que représente une grossesse, comme le reconnaissait en septembre l'ANSM."

 *

Les pilules dites « à risque »
&
le d
roit des femmes au suivi gynécologique

"Pour le Dr Brigitte Letombe, de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, « en secouant le spectre d’accidents thrombo-emboliques, on est en train de balayer la contraception ».
 Le comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM) revendiquait encore, en févier 2012, l’augmentation du recrutement pour diagnostiquer assez tôt les cancers, les MST, prendre en charge les IVG, et précisait-il, « adapter la complexité des traitements contraceptifs et hormonaux aux caractéristiques de chaque femme ». Selon l’Observatoire National de Démographie des Professions de Santé, 75 % des femmes en âge de consulter ne peuvent avoir accès à un spécialiste gynécologue médical (contre 40 % en 1997)." POI

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 la liste des moyens de contraceptifs existants

sur le site des Bridgetts

Avec l’anneau délivrant régulièrement les hormones contraceptives, les femmes sont tranquilles pour trois semaines ! Il s’agit d’un anneau de 5,4 cm de diamètre, que la femme place elle-même au fond du vagin, autour du col. Pas de souci particulier, la mise en place de l’anneau ne relève pas de la gymnastique olympique. Dans le cadre d’une vaste étude portant sur plus de 2 300 femmes, l’insertion et le retrait de l’anneau ont été jugés faciles par plus de 95 % des utilisatrices.

  • Contraception chirurgicale

La stérilisation féminine est une intervention chirurgicale destinée à rendre les trompes imperméables et ainsi à empêcher la rencontre des gamètes (ovocyte et spermatozoïdes). Elle est couramment appelée ligature des trompes.
Contrairement à de nombreux pays, où des milliers d'hommes y ont recours, la vasectomie est peu courante en France. Longtemps considérée comme une intervention mutilante par l'Ordre des Médecins, elle a été légalisée pour raison médicale en France en 1999.

Finis les oublis de pilule, le premier implant contraceptif a été mis en vente en France début mai 2001. Efficace pendant trois ans, Implanon® représente une véritable révolution.

Innovation mise sur le marché au début de l'année 2004, le patch contraceptif délivre quotidiennement une dose hormonale fixe pendant une semaine. Fonctionnant sur le même principe que la pilule, il délivre les hormones à travers la peau.

  • Pilules contraceptives (cf article ci-dessus)
  • Stérilet

Le stérilet est la 2ème méthode contraceptive utilisée en France. Son mécanisme d'action est double. D'un côté, il empêche l'oeuf fécondé de s'implanter dans l'utérus. De l'autre, il produit probablement une action plus précoce sur les spermatozoïdes et sur l'ovule et rend ainsi la fécondation impossible.

 *

> Planning familial : http://www.planning-familial.org/

  • J'ai 17 ans et je voudrais prendre la pilule. Si je viens au Planning, est-ce que je devrai payer?  > la réponse

  • Comment bien prendre ma pilule ? > la réponse

> "Lettre-mémorandum adressée aux candidats à l’élection présidentielle" par le Le Comité de défense de la gynécologie médicale  ( ce comité a été créé à Albi en 1997, à l'initiative de femmes et de gynécologues médicaux pour défendre cette spécialité menacée de disparition.

> "En France, beaucoup de spécialistes devraient apprendre l’humilité"  , par Martin Winckler (Dr Marc Zaffran)

>" Il y a 40 ans que la pilule contraceptive existe" - site des Bridgets.

mercredi, 14 novembre 2012

Vous venez d'accoucher ? Qui va garder votre enfant ?

CAMPAGNE OSEZ LE FÉMINISME

 http://www.quivagarderlesenfants.fr

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Hier, la ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, a lancé une grande consultation nationale sur l’accueil de la petite enfance. Quelle bonne coïncidence, Osez le féminisme a eu envie de mettre son nez dans ce sujet !
Les chiffres sont particulièrement marquants : seul 1 enfant sur 10 a une place en crèche, 60% des 0-3 ans sont gardés par un de leurs parents (dans la majorité des cas leur mère). Derrière ces chiffres se cache des inégalités sociales importantes et de nombreux freins à l’accès ou au retour à l’emploi pour les femmes.
Si François Hollande a pris des engagements en matière de droits des femmes, la question des modes d’accueil est le point flou de son programme. Aucun engagement chiffré n’a été avancé à ce jour !
 
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui une campagne sur le sujet de l’accueil de la petite enfance. 
 
>Relayez la campagne !
 
Dès maintenant, découvrez la campagne sur le site http://www.quivagarderlesenfants.fr, sur lequel vous trouverez un état des lieux, les chiffres, nos revendications et des témoignages. Diffusez-le sans modération ainsi que l’affiche à télécharger.
Regardez et diffusez la vidéo de la campagne (en une du site), qui illustre le sentiment de loterie auquel sont confrontés de nombreux parents lors de la recherche d’un mode d’accueil de leur enfant.
 
>> Participez !
 
Laissez sur le site votre témoignage, si vous avez rencontré des difficultés pour faire garder votre enfant. L’objectif du site est qu’avec tous nos témoignages, nous montrions l’ampleur du phénomène et le fort besoin de crèche qui existe en France !
Enfin, faites signer massivement notre pétition qui demande aux pouvoirs publics la création de 500 000 places en crèches !

> RENDEZ-VOUS SUR LE SITE DE LA CAMPAGNE <

 


Qui va garder les enfants ? par osezlefeminisme

Qui va garder les enfants ?
Pour un véritable service public de la petite enfance

Tribune publiée le mardi 13 novembre 2012 sur Médiapart

 La récente affaire de crèche clandestine à Marseille a mis en lumière une énième fois la réalité de la pénurie de modes d’accueil des jeunes enfants en France. Si l’opinion semble découvrir les difficultés pour trouver une place en crèche, quel parent n’a pas déjà été confronté à un véritable casse-tête pour accueillir son enfant ? Même en entamant des démarches dès le milieu de la grossesse, la quête d’un mode de garde est un véritable parcours de combattant-e. Il y a urgence à y remédier. En France, 60 % des enfants entre 0 et 3 ans sont gardés par leurs parents, et dans la majorité des cas par leur mère. Seuls 10 % des enfants de cette tranche d’âge ont une place en structure d’accueil collectif. Les autres enfants sont confiés à des assistantes maternelles – on devrait dire « parentales » tant l’assistant-e ne supplée l’éducation pas seulement de la mère mais des deux parents – ou encore aux grands-parents.

Aujourd’hui encore, le trop faible nombre de places en crèche implique que la question de la prise en charge des enfants de 0 à 3 ans est essentiellement d’ordre privé. Le système D prime dans la majorité des cas et la solution retenue l’est souvent par défaut. Il est encore considéré comme allant de soi que le jeune enfant soit gardé par sa mère. Pourtant, la mère n’est pas la seule personne capable de s’occuper de l’éducation, de l’éveil et du développement de son enfant. Un accueil par des professionnel-le-s de la petite enfance qualifié-e-s  favorise le développement physique et psychique de l’enfant ainsi que sa sociabilisation. Le père pourrait être également un relais et partager davantage les responsabilités familiales : ils ne sont pourtant que 6% à prendre un congé parental. La période de la petite enfance est donc essentiellement prise en charge par la mère, souvent au nom de compétences maternelles supposées innées. Or la parentalité relève d’une somme d’expériences acquises et non pas d’aptitudes naturelles qui se révéleraient à la naissance de l’enfant.

 

Alors que les couples biactifs se sont généralisés, l’offre d’accueil de la petite enfance ne suit pas cette évolution. L’accueil de la petite enfance n’a pas sa place au rang des services publics. Ainsi, il est considéré comme légitime qu’un enfant de 3 à 6 ans soit scolarisé à l’école maternelle – pré-élémentaire ou enfantine, devrait-on dire-  autant l’accueil des enfants de 0 à 3 ans semble encore une politique publique facultative. La création d’un véritable service public de la petite enfance, comme il existe un  service public de l’éducation de 6 à 16 ans devrait être dans le droit prolongement de l’avancée sociale majeure qu’a constitué la scolarisation généralisée dès 3 ans.

Car derrière cette question se cache l’enjeu de l’autonomie des femmes. Nous savons en effet que l’arrivée d’un enfant a des conséquences principalement sur la vie professionnelle et sociale des femmes, alors qu’elle en a peu sur celle des hommes. Les femmes sont les premières à interrompre ou réduire leur activité pour pouvoir articuler vie professionnelle et familiale, pour payer le prix fort, avec des inégalités professionnelles accrues des trajectoires professionnelles hachées, du temps partiel subi, de la précarité, et à l’arrivée, une retraite bien moindre. L’argument des choix personnels des femmes de vouloir élever elles-mêmes leurs jeunes enfants est souvent brandi en étendard. Mais cet argument-là, nous ne serons prêt-e-s à l’entendre que le jour où l’offre d’accueil du jeune enfant rendra réellement possible le choix – plein et libre – entre deux alternatives. La création de places de modes d’accueil des jeunes enfants est donc un levier essentiel pour l’emploi des femmes après leur congé maternité ou après une période de chômage.

De plus, les inégalités sociales et géographiques sont flagrantes : le nombre de places est très variable selon les régions ou les villes. A Paris, 30 % des enfants de cette tranche d’âge bénéficient d’une place, mais entre 6 et 9% en Charente-maritime ou en Côte-d’Armor. Si les quelques critères d’attribution peinent à prendre en compte les revenus et les situations sociales, les familles aisées ont néanmoins les coudées plus franches pour recourir à des structures privées ou à des modes d’accueil individuels à domicile. Des personnes en recherche d’emploi se voient refuser des places en crèche au prétexte qu’elles ont du temps pour garder leur enfant. Mais comment trouver un emploi sans avoir un mode d’accueil garanti pour son ou ses enfants ? Les inégalités territoriales et sociales jouent à plein.

Face à de telles inégalités, on ne peut s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche qui a fait campagne sur le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes, fasse preuve d’ambition dans ce domaine. Il y a là matière à se démarquer du précédent gouvernement : seules 42 000 places ont été créées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui en avait pourtant promis 200 000 places ainsi que la  mise en place d’un droit opposable à l’accueil de jeunes enfants qui est resté lettre morte. Dans le même esprit, le décret dit « Morano » a gonflé artificiellement le nombre de places, en augmentant la capacité d’accueil par structure et par professionnel-le, créant un véritable surbooking des crèches. La réponse de l’Etat doit passer par l’investissement dans un service public ou associatif à but non-lucratif, et non dans le recours à des solutions « clés en mains » privées et lucratives, accessibles aux seules familles aisées.

 Parmi les 40 engagements pour l’égalité femmes-hommes de François Hollande, présentés pendant la campagne présidentielle, on trouve la mise en place d’un « service public de la petite enfance » mais aucun chiffre précis n’a été annoncé. Les associations féministes demandent la création de 500 000 places en crèche d’ici cinq ans. Loin d’être exorbitante, cette exigence ne couvrirait qu’à peine 30% des besoins. La société doit se donner les moyens d’une part de développer des modes d’accueil de qualité, en nombre suffisant,  accessibles géographiquement et financièrement, et ce faisant ou partant de soutenir l’autonomie des femmes.

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Pour signer la pétition, cliquez ici !

 

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