dimanche, 06 janvier 2013

Pilules " à risque " & diabolisation de la contraception

La première pilule contraceptive a été mise au point en 1956 par l'endocrinologue Gregory Pincus.

En France, c'est la loi Neuwirth, adoptée en 1967, qui abrogea celle du 31 juillet 1920 qui interdisait toute forme de contraception en France (à cette date l'information et m'accès à la contraception étaient interdits par la loi de 1920).

Il faudra attendre le 4 décembre 1974 pour que la contraception soit véritablement libéralisée et remboursée par la Sécurité Sociale, 7 ans après son autorisation. Quant à l'avortement, il fut interdit en France jusqu'à l'adoption de la loi Veil de 1975. Aujourd’hui 80 à 85% des naissances sont planifiées contre 15% dans les années 60.  (Les Bridgets)

De son côté le Vatican reste inflexible pour ce qui est de ses positions concernant l'avortement tour comme la contraception. Pour donne son indispensable avis sur la pilule, l'Eglise catholique se réfère toujours à l'encyclique "Humanae Vitae" (sur le mariage et la régulation des naissances)  promulguée par Paul VI le 25 juillet 1968... Exclure la possibilité de donner la vie " au moyen d'une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l'amour conjugal", déclarait encore et toujours Benoît XVI en 2009.

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"La ministre de la Santé, Marisol Touraine, « a pris la décision de mettre fin au remboursement des pilules contraceptives de 3ème génération dès le 31 mars 2013». Ce déremboursement devait initialement intervenir au 30 septembre 2013.

«La période transitoire permettant aux femmes utilisant ces pilules d’adapter leur mode de contraception est ainsi réduite de six mois», a noté le ministère.

Marisol Touraine a en outre demandé à l’ANSM «que la pilule de 2ème génération soit systématiquement privilégiée, sauf situations particulières», et que «les pilules de 3ème et 4ème génération ne soient plus proposées en premier choix».

L’agence préconisait déjà de ne prescrire les pilules de dernière génération qu’en seconde intention."  DNA

> N'en fait-on pas trop sur la pilule de 3e génération?  Par Vincent Olivier - L'Express

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Planning familial

- Ne diabolisons pas la pilule -

pilule.jpg" Le ministère des affaires sociales et de la santé a annoncé que les pilules de troisième et quatrième générations ne seront plus remboursées à partir du 31 mars.

 Cette décision intervient après que l'ANSM a lancé une mise en garde auprès des professionnels de santé pour qu'ils "révisent à la baisse leurs prescriptions" de ces pilules.

Le Planning Familial appelle dans ces circonstances à ne pas diaboliser la pilule, et éviter à tout prix d'induire une inquiétude chez les femmes envers les pilules de deuxième génération.
Il est a noter également que les recommandations de la Haute Autorité de Santé précisent déjà que les pilules de troisième génération ne sont jamais à prescrire en première intention.

 Le Planning Familial souligne également l'incohérence suivante : si les pilules des dernières générations sont dangereuses, qu'elles soient retirées du marché, sinon, pourquoi faire une hiérarchie entre les moyens de contraception. Enfin, si ces pilules n'ont pas de service médical rendu, pourquoi ont-elles une autorisation de mise sur le marché?

 Enfin, Le Planning Familial rappelle avoir toujours dit que les pilules des troisième et quatrième générations n'apportaient pas grand-chose de plus que celles de la deuxième génération, sauf dans certaines situations. "

 En secouant le spectre d'accidents thrombo-emboliques, on est en train de balayer la contraception", a regretté le Dr Brigitte Letombe, ancienne présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale.

Selon elle, les risques de thrombose artérielle (infarctus du myocarde ou AVC) sont les mêmes pour toutes les pilules oestroprogestatives et dépendent de facteurs de risques associés comme le tabac, le surpoids ou le diabète.

Quant au risque de thrombose veineuse, il est augmenté pour toutes les pilules, particulièrement avec les pilules de 3e génération, "lorsqu'on est porteur de certaines mutations génétiques.

Mais ce risque reste inférieur à celui que représente une grossesse, comme le reconnaissait en septembre l'ANSM."

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Les pilules dites « à risque »
&
le d
roit des femmes au suivi gynécologique

"Pour le Dr Brigitte Letombe, de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale, « en secouant le spectre d’accidents thrombo-emboliques, on est en train de balayer la contraception ».
 Le comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM) revendiquait encore, en févier 2012, l’augmentation du recrutement pour diagnostiquer assez tôt les cancers, les MST, prendre en charge les IVG, et précisait-il, « adapter la complexité des traitements contraceptifs et hormonaux aux caractéristiques de chaque femme ». Selon l’Observatoire National de Démographie des Professions de Santé, 75 % des femmes en âge de consulter ne peuvent avoir accès à un spécialiste gynécologue médical (contre 40 % en 1997)." POI

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 la liste des moyens de contraceptifs existants

sur le site des Bridgetts

Avec l’anneau délivrant régulièrement les hormones contraceptives, les femmes sont tranquilles pour trois semaines ! Il s’agit d’un anneau de 5,4 cm de diamètre, que la femme place elle-même au fond du vagin, autour du col. Pas de souci particulier, la mise en place de l’anneau ne relève pas de la gymnastique olympique. Dans le cadre d’une vaste étude portant sur plus de 2 300 femmes, l’insertion et le retrait de l’anneau ont été jugés faciles par plus de 95 % des utilisatrices.

  • Contraception chirurgicale

La stérilisation féminine est une intervention chirurgicale destinée à rendre les trompes imperméables et ainsi à empêcher la rencontre des gamètes (ovocyte et spermatozoïdes). Elle est couramment appelée ligature des trompes.
Contrairement à de nombreux pays, où des milliers d'hommes y ont recours, la vasectomie est peu courante en France. Longtemps considérée comme une intervention mutilante par l'Ordre des Médecins, elle a été légalisée pour raison médicale en France en 1999.

Finis les oublis de pilule, le premier implant contraceptif a été mis en vente en France début mai 2001. Efficace pendant trois ans, Implanon® représente une véritable révolution.

Innovation mise sur le marché au début de l'année 2004, le patch contraceptif délivre quotidiennement une dose hormonale fixe pendant une semaine. Fonctionnant sur le même principe que la pilule, il délivre les hormones à travers la peau.

  • Pilules contraceptives (cf article ci-dessus)
  • Stérilet

Le stérilet est la 2ème méthode contraceptive utilisée en France. Son mécanisme d'action est double. D'un côté, il empêche l'oeuf fécondé de s'implanter dans l'utérus. De l'autre, il produit probablement une action plus précoce sur les spermatozoïdes et sur l'ovule et rend ainsi la fécondation impossible.

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> Planning familial : http://www.planning-familial.org/

  • J'ai 17 ans et je voudrais prendre la pilule. Si je viens au Planning, est-ce que je devrai payer?  > la réponse

  • Comment bien prendre ma pilule ? > la réponse

> "Lettre-mémorandum adressée aux candidats à l’élection présidentielle" par le Le Comité de défense de la gynécologie médicale  ( ce comité a été créé à Albi en 1997, à l'initiative de femmes et de gynécologues médicaux pour défendre cette spécialité menacée de disparition.

> "En France, beaucoup de spécialistes devraient apprendre l’humilité"  , par Martin Winckler (Dr Marc Zaffran)

>" Il y a 40 ans que la pilule contraceptive existe" - site des Bridgets.

mercredi, 14 novembre 2012

Vous venez d'accoucher ? Qui va garder votre enfant ?

CAMPAGNE OSEZ LE FÉMINISME

 http://www.quivagarderlesenfants.fr

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Hier, la ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, a lancé une grande consultation nationale sur l’accueil de la petite enfance. Quelle bonne coïncidence, Osez le féminisme a eu envie de mettre son nez dans ce sujet !
Les chiffres sont particulièrement marquants : seul 1 enfant sur 10 a une place en crèche, 60% des 0-3 ans sont gardés par un de leurs parents (dans la majorité des cas leur mère). Derrière ces chiffres se cache des inégalités sociales importantes et de nombreux freins à l’accès ou au retour à l’emploi pour les femmes.
Si François Hollande a pris des engagements en matière de droits des femmes, la question des modes d’accueil est le point flou de son programme. Aucun engagement chiffré n’a été avancé à ce jour !
 
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui une campagne sur le sujet de l’accueil de la petite enfance. 
 
>Relayez la campagne !
 
Dès maintenant, découvrez la campagne sur le site http://www.quivagarderlesenfants.fr, sur lequel vous trouverez un état des lieux, les chiffres, nos revendications et des témoignages. Diffusez-le sans modération ainsi que l’affiche à télécharger.
Regardez et diffusez la vidéo de la campagne (en une du site), qui illustre le sentiment de loterie auquel sont confrontés de nombreux parents lors de la recherche d’un mode d’accueil de leur enfant.
 
>> Participez !
 
Laissez sur le site votre témoignage, si vous avez rencontré des difficultés pour faire garder votre enfant. L’objectif du site est qu’avec tous nos témoignages, nous montrions l’ampleur du phénomène et le fort besoin de crèche qui existe en France !
Enfin, faites signer massivement notre pétition qui demande aux pouvoirs publics la création de 500 000 places en crèches !

> RENDEZ-VOUS SUR LE SITE DE LA CAMPAGNE <

 


Qui va garder les enfants ? par osezlefeminisme

Qui va garder les enfants ?
Pour un véritable service public de la petite enfance

Tribune publiée le mardi 13 novembre 2012 sur Médiapart

 La récente affaire de crèche clandestine à Marseille a mis en lumière une énième fois la réalité de la pénurie de modes d’accueil des jeunes enfants en France. Si l’opinion semble découvrir les difficultés pour trouver une place en crèche, quel parent n’a pas déjà été confronté à un véritable casse-tête pour accueillir son enfant ? Même en entamant des démarches dès le milieu de la grossesse, la quête d’un mode de garde est un véritable parcours de combattant-e. Il y a urgence à y remédier. En France, 60 % des enfants entre 0 et 3 ans sont gardés par leurs parents, et dans la majorité des cas par leur mère. Seuls 10 % des enfants de cette tranche d’âge ont une place en structure d’accueil collectif. Les autres enfants sont confiés à des assistantes maternelles – on devrait dire « parentales » tant l’assistant-e ne supplée l’éducation pas seulement de la mère mais des deux parents – ou encore aux grands-parents.

Aujourd’hui encore, le trop faible nombre de places en crèche implique que la question de la prise en charge des enfants de 0 à 3 ans est essentiellement d’ordre privé. Le système D prime dans la majorité des cas et la solution retenue l’est souvent par défaut. Il est encore considéré comme allant de soi que le jeune enfant soit gardé par sa mère. Pourtant, la mère n’est pas la seule personne capable de s’occuper de l’éducation, de l’éveil et du développement de son enfant. Un accueil par des professionnel-le-s de la petite enfance qualifié-e-s  favorise le développement physique et psychique de l’enfant ainsi que sa sociabilisation. Le père pourrait être également un relais et partager davantage les responsabilités familiales : ils ne sont pourtant que 6% à prendre un congé parental. La période de la petite enfance est donc essentiellement prise en charge par la mère, souvent au nom de compétences maternelles supposées innées. Or la parentalité relève d’une somme d’expériences acquises et non pas d’aptitudes naturelles qui se révéleraient à la naissance de l’enfant.

 

Alors que les couples biactifs se sont généralisés, l’offre d’accueil de la petite enfance ne suit pas cette évolution. L’accueil de la petite enfance n’a pas sa place au rang des services publics. Ainsi, il est considéré comme légitime qu’un enfant de 3 à 6 ans soit scolarisé à l’école maternelle – pré-élémentaire ou enfantine, devrait-on dire-  autant l’accueil des enfants de 0 à 3 ans semble encore une politique publique facultative. La création d’un véritable service public de la petite enfance, comme il existe un  service public de l’éducation de 6 à 16 ans devrait être dans le droit prolongement de l’avancée sociale majeure qu’a constitué la scolarisation généralisée dès 3 ans.

Car derrière cette question se cache l’enjeu de l’autonomie des femmes. Nous savons en effet que l’arrivée d’un enfant a des conséquences principalement sur la vie professionnelle et sociale des femmes, alors qu’elle en a peu sur celle des hommes. Les femmes sont les premières à interrompre ou réduire leur activité pour pouvoir articuler vie professionnelle et familiale, pour payer le prix fort, avec des inégalités professionnelles accrues des trajectoires professionnelles hachées, du temps partiel subi, de la précarité, et à l’arrivée, une retraite bien moindre. L’argument des choix personnels des femmes de vouloir élever elles-mêmes leurs jeunes enfants est souvent brandi en étendard. Mais cet argument-là, nous ne serons prêt-e-s à l’entendre que le jour où l’offre d’accueil du jeune enfant rendra réellement possible le choix – plein et libre – entre deux alternatives. La création de places de modes d’accueil des jeunes enfants est donc un levier essentiel pour l’emploi des femmes après leur congé maternité ou après une période de chômage.

De plus, les inégalités sociales et géographiques sont flagrantes : le nombre de places est très variable selon les régions ou les villes. A Paris, 30 % des enfants de cette tranche d’âge bénéficient d’une place, mais entre 6 et 9% en Charente-maritime ou en Côte-d’Armor. Si les quelques critères d’attribution peinent à prendre en compte les revenus et les situations sociales, les familles aisées ont néanmoins les coudées plus franches pour recourir à des structures privées ou à des modes d’accueil individuels à domicile. Des personnes en recherche d’emploi se voient refuser des places en crèche au prétexte qu’elles ont du temps pour garder leur enfant. Mais comment trouver un emploi sans avoir un mode d’accueil garanti pour son ou ses enfants ? Les inégalités territoriales et sociales jouent à plein.

Face à de telles inégalités, on ne peut s’attendre à ce qu’un gouvernement de gauche qui a fait campagne sur le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes, fasse preuve d’ambition dans ce domaine. Il y a là matière à se démarquer du précédent gouvernement : seules 42 000 places ont été créées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui en avait pourtant promis 200 000 places ainsi que la  mise en place d’un droit opposable à l’accueil de jeunes enfants qui est resté lettre morte. Dans le même esprit, le décret dit « Morano » a gonflé artificiellement le nombre de places, en augmentant la capacité d’accueil par structure et par professionnel-le, créant un véritable surbooking des crèches. La réponse de l’Etat doit passer par l’investissement dans un service public ou associatif à but non-lucratif, et non dans le recours à des solutions « clés en mains » privées et lucratives, accessibles aux seules familles aisées.

 Parmi les 40 engagements pour l’égalité femmes-hommes de François Hollande, présentés pendant la campagne présidentielle, on trouve la mise en place d’un « service public de la petite enfance » mais aucun chiffre précis n’a été annoncé. Les associations féministes demandent la création de 500 000 places en crèche d’ici cinq ans. Loin d’être exorbitante, cette exigence ne couvrirait qu’à peine 30% des besoins. La société doit se donner les moyens d’une part de développer des modes d’accueil de qualité, en nombre suffisant,  accessibles géographiquement et financièrement, et ce faisant ou partant de soutenir l’autonomie des femmes.

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Pour signer la pétition, cliquez ici !

 

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lundi, 17 septembre 2012

Appel de féministes contre le Pacte budgétaire

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Le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, sera soumis en octobre 2012 au vote du Parlement. Ce pacte, en durcissant encore les règles qui encadrent les budgets publics des États, franchit une étape majeure dans l’imposition d’une austérité permanente. Or déjà, les plans d’austérité appliqués dans les pays européens ont des conséquences très négatives sur les populations et, en touchant plus durement les plus précaires, accroissent encore les inégalités.

L’austérité est non seulement inacceptable sur le plan social, mais elle ne permet pas de sortir de la crise : les revenus des ménages stagnent ou baissent comme donc leur consommation ; de même les investissements des entreprises ; l’activité économique ralentit entraînant une baisse des recettes fiscales, d’où des difficultés supplémentaires pour diminuer le déficit public, à l’opposé du but visé. Les États empruntent alors aux marchés financiers, ce qui accroît l’endettement et sert de prétexte à ces marchés pour exiger un nouveau tour de vis. Cette situation n’a rien d’inéluctable, elle est le résultat des choix politiques qui ont été faits pour la construction néolibérale de l’Europe : la règle qui oblige les États à se financer auprès des marchés financiers, ce qui leur offre une rente sur un plateau et un pouvoir exorbitant, peut et doit être changée.

En outre, le Pacte budgétaire instaure un contrôle préalable des budgets publics par la Commission européenne, ainsi que des sanctions en cas de non-respect des règles. Loin de remettre en cause le diktat de la finance, les nouvelles normes ont pour objet de « rassurer les marchés financiers ». Le Pacte parachève ainsi la construction néolibérale de l’Europe, constitue une menace pour la démocratie et pour les droits des populations. Sa ratification par le Parlement aboutirait à une régression sociale sans précédent.

Comme de nombreux rapports l’ont montré, même si toutes les couches populaires sont concernées, les femmes subissent plus durement les mesures d’austérité, faites de coupes dans les services publics et la protection sociale. Déjà, parce qu’elles forment la grande majorité des précaires, sont plus souvent au chômage et en sous-emploi. Ensuite, en tant que responsables principales de la famille, elles sont les premières usagères de ces services, les principales allocataires des prestations sociales et familiales. Du fait de leur recul et du démantèlement progressif de l’État social, les femmes sont contraintes d’assurer tout ce qui n’est plus pris en charge par la collectivité ; leur travail (invisible) dans la sphère privée augmente, leur rôle traditionnel dans la famille s’en trouve renforcé, au détriment de leur travail rémunéré, de leur autonomie, voire de leur santé.

Les femmes sont également les premières touchées par les baisses d’effectifs et de rémunération dans le secteur public, car elles en constituent presque partout la majorité des employées. Premières touchées encore par les « réformes » des retraites qui ont été menées dans le cadre des restrictions budgétaires. Les droits des femmes sont menacés, et régressent, lorsque les coupes touchent les services de santé sexuelle et reproductive, les subventions aux organismes de lutte contre les violences faites aux femmes, ou encore lorsque de nombreuses maternités et centres d’IVG ferment, comme c’est le cas en France.

Alors que des investissements publics massifs sont indispensables en matière de protection sociale, de services publics et d’emploi pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux et réduire les inégalités, le Pacte budgétaire impose une restriction durable des finances publiques et interdit concrètement toute évolution vers le progrès social.

Alors que les inégalités entre les femmes et les hommes sont plus que jamais inacceptables, il est urgent de créer un service public de crèches et des services d’aide à la dépendance, de renforcer les services sociaux et de santé en personnels et en moyens. Or ce Pacte, en rendant impossibles ces politiques et en pérennisant l’austérité, aggrave les inégalités entre les sexes.

Nous refusons le Pacte budgétaire qui condamne l’avenir, sacrifie la démocratie et le bien-être des populations à la satisfaction des exigences des marchés financiers.

Nous appelons à la construction des résistances et des alternatives à l’austérité en France et en Europe.

Nous appelons à y porter les alternatives féministes pour une autre Europe.

Nous appelons à la manifestation unitaire organisée le 30 septembre par de nombreuses associations, organisations syndicales, partis et collectifs d’audit citoyen contre le Pacte budgétaire, contre l’austérité et pour un débat démocratique.

Pétition à signer en ligne :

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoListaSignatarios.as...

Place au peuple  ! -front de gauche

lundi, 06 août 2012

Châtiment sexué d'une collaboration

"Un être étrange bizarrement humain menait la danse. À force d'écarquiller les yeux, on reconnut des formes féminines et, sous un crâne en boule d'ivoire marqué de la peinture infamante, des yeux torves, une bouche baveuse : la hideur d'un déchet. "
Voies Nouvelles
7 septembre 1944, Périgueux.
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- "La France sera virile ou morte" -

En France, l' "épuration extra-judiciaire rampante"  que constitua le "carnaval moche" de la tonte, et  son cortège d'humiliation, ne fut pas un phénomène éphémère. Elle s'étendit de juin 1943 à mars 1946  - autant dans les villes que dans les zones rurales - et concerna des femmes  de tous âges, de toutes professions.  Près de 20 000 femmes furent tondues lors de manifestations populaires parce qu’elles étaient soupçonnées d’avoir "frayée" avec  l'armée allemande d'occupation. On lavait ainsi à bon compte la  "souillure" d'une grande partie du pays qui avait fait son lit dans le pétainisme et s'était  couchée devant les nazis.

Ce moment de crise, de passage de la guerre  vers la paix, fut également un moment de grande tension des relations entre les sexes et de réajustement des identités masculines et féminines.  Pour le  philosophe Alain Brossat ce rituel public, toléré par les autorités résistantes, était une punition sexuée  pour  des femmes considérées comme plus coupables que les hommes.  Et pour l'historien Fabrice Virgili, tout ceci indique les bases sur lesquelles se reconstruisait la France : parallèlement au droit de vote "accordé" aux femmes en 1944,  le pouvoir 'viril' des hommes leur rappelait violemment les limites de leur droit à disposer d’elles-mêmes, les limites de leur émancipation.

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La Tondue, par Robert Capa.
Femme tondue pour avoir eu un enfant d'un soldat allemand.
Chartres le 18 Août 1944.
 
"collaboration horizontale"

Tondre c'est enlaidir - le corps reflétant la laideur morale -, mais c'est aussi détruire l'image de la féminité et  faire  explicitement référence à la vermine :  la chevelure étant supposée contenir " les miasmes de l'infection bochisante".
Si le corps est dégradé par la tonte, il l'est "  aussi par les coups, les inscriptions de croix gammées faites au goudron ou à la peinture, ou encore, en détournant un autre élément de la séduction, le rouge à lèvres. "
(Fabrice Virgili)
Portant publiquement la marque de leur infamie,  les coupables désignées sous le  terme même de  " tondue " perdaient  leur statut de " femme"
.

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La "collaboration horizontale"  ou plus simplement la " vie de noces " menée en des temps de privation vaudra parfois à certaines femmes, comme à Perpignan, un traitement doublement humiliant  qui les assimilaient à des sous-prostituées. :

"à l'exception des prostituées des maisons publiques, les femmes qui ont eu des rapports intimes avec les Allemands devront avoir la tête rasée. Et seront en outre soumises pendant six mois à la visite médicale bi-hebdomadaire à laquelle sont astreintes les prostituées surveillées." ( La Voix de la patrie, 13 septembre 1944, Perpignan.)

Quant aux prostituées, si  elles furent épargnées c'est parce qu'elles n'avaient agit ni par engagement politique ni par sentiment personnel mais uniquement pour des motifs professionnels.

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- Coupable, amoureuse, victime -

Dans la confusion de la sphère publique et privée, l'adultère familial se métamorphosa en un adultère commis avec les ennemis de la Nation.  Et quand le "délit"  n'était  pas démontré, ce sont les ragots de voisinage  qui  donnaient corps à " la grande trahison des garces " - comme dans cet extrait d'un procès-verbal de gendarmerie d'une femme accusée par la rumeur et dont on ignore le sort qui lui fut réservé :

Enquête suite à lettre anonyme dénonçant un avortement de Mme X, 25 ans, ménagère, mari prisonnier de guerre, internée.

Témoin n° 1 : " elle est réputée comme étant de mœurs légères et a beaucoup fréquenté les Allemands ".

Témoin n° 2 : " cependant à en croire la rumeur publique elle aurait fait un avortement. Il est notoire qu'elle a beaucoup fréquenté les Allemands et qu'elle a été bien critiquée à ce sujet ".

Témoin n° 3 : " tout ce que je puis dire c'est qu'elle a fréquenté les troupes occupantes".

Témoin n° 4 : " la rumeur publique lui reproche d'avoir collaboré intimement avec les troupes d'occupation ".

Témoin n° 5 : " à en croire la rumeur publique elle passait pour être enceinte ".

Mme X : " je nie énergiquement les faits qui me sont reprochés ".

(Fabrice Virgili,  Les " tondues" à la Libération)

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Au fil des ans, ces femmes vont acquérir peu à peu un nouveau statut. Dans les années  1970   apparait  la représentation romantique de la tondue "amoureuse" puis celui de la " victime" qui la définit non plus par rapport à ce qu’elle a fait mais par rapport à ce qu’elle a subi. Enfin les années 1990 verront apparaître l’image de la tondue "patriote", victime de fausses accusations alors qu'elle participait à sa façon à la Résistance.

Au rendez-vous allemand -  1944
" Comprenne qui voudra "

Paul Eluard,  résistant pendant la Seconde Guerre mondiale
.

"En ce temps-là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On alla même jusqu'à les tondre".

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Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d'enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n'a pas compris
Qu'elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.

 

 

*

> Fabrice Virgili,  Les " tondues" à la Libération : le corps des femmes, enjeu d'une réaproppriation - Clio, numéro 1-1995, Résistances et Libérations France 1940-1945, URL : http://clio.revues.org/index518.html

> Fabrice Virgili,  La France "virile" - Des femmes tondues à la Libération, Payot, 2004. 392 pages.  (ouvrage réalisé à partir de la thèse de doctorat ) - Une critique sur le site Arkheia.

> Alain Brossat, Les Tondues, un carnaval moche, Hachette littérature,  réédition 2008.

> Julie Desmarais, Femmes tondues. Coupables, amoureuses, victimes-  Presses de l'Université de Laval - une critique sur le site  Le devoir

> Histoires de tondues - Emission  Là-bas si j'y suis : Sigfried et Mandoline : une histoire de tondues. Reportage de Claire Hauter sur les femmes tondues à la Libération.

mardi, 01 mai 2012

1er mai : "Osez le féminisme "

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"Osez le féminisme"

Communiqué de presse 

"La défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai, première condition pour de nouvelles conquêtes en matière d’égalité femmes-hommes

Nicolas Sarkozy s’est employé depuis 5 ans à détricoter l’égalité femmes-hommes et les droits conquis par les luttes sociales et féministes : fermeture des centres d’IVG, réforme des retraites et plans d’austérité qui précarisent tout particulièrement les femmes, remise en cause des subventions aux associations de lutte contre les violences, recul de la parité avec la réforme territoriale, etc. Les exemples sont nombreux.

Le bilan du Président-sortant est catastrophique pour l’égalité femmes-hommes.

Son programme est à l’image de son bilan : les droits des femmes y sont ignorés lorsqu’ils ne sont pas manipulés. Nicolas Sarkozy ne propose qu’une nouvelle dose d’austérité, de remise en cause des droits sociaux, de stigmatisation des étranger-e-s. Il instrumentalise l’égalité femmes-hommes à des fins électoralistes et xénophobes pour mieux cacher son absence de propositions en la matière.

Si Nicolas Sarkozy était réélu, les cinq années à venir seraient à n’en pas douter synonymes de nouveaux reculs sur le terrain de l’égalité. C’est pourquoi la défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai prochain est une nécessité : elle est la première condition pour de nouvelles conquêtes en matière d’égalité femmes-hommes.

Le score de Marine Le Pen au premier tour et les appels du pied de Nicolas Sarkozy vers son électorat sont très préoccupants : Osez le féminisme ! combattra sans relâche le projet de l’extrême droite, qui est aux antipodes du projet de société féministe que nous défendons.

L’arrivée de la gauche au pouvoir ouvrirait de nouvelles perspectives d’avancées pour les droits des femmes. François Hollande s'est notamment engagé à créer un Ministère des droits des femmes et a pris de nombreux engagements en faveur de l’égalité entre les sexes.

Nous connaissons aussi les lacunes des engagements de François Hollande, en matière de lutte contre la précarité, sur la création d’un service public de la petite enfance, ou encore sur l’abolition du système prostitueur. Nous serons d’autant plus exigeant-e-s et vigilantes que le Parti Socialiste n’a pas toujours été exemplaire en matière d’égalité femmes-hommes.

Si François Hollande est élu Président de la République, nous ne manquerons donc pas, dès le 7 mai, de lui rappeler ses engagements, pour s'assurer que les propositions faites pendant cette campagne deviennent réalité et permettent des avancées réelles pour les droits des femmes."

Communiqué de presse du 23 avril

Contact presse :
Thalia BRETON, 06.88.29.74.63., contact@osezlefeminisme.fr

autres articles

Quand Nicolas Sarkozy nie aux mineures le droit à une contraception anonyme et gratuite

 

Le Mouvement féministe

De nombreuses organisations participent au mouvement féministe français. A retrouver sur le site de "Osez le féminisme"

> Les organisations du mouvement féministe
> Les nouvelles associations féministes
> La presse féministe
> Les blogs et sites féministes

A l'occasion des 40 ans du mouvement de libération des femmes, en 2010, une association s'est créée pour fêter l'événement. Colloques, soirées, projections, expositions, congrès international ont rythmé l'année. L'association continuera en 2011 à produire, écrire, transmettre les mémoires et débattre des actualités du féminisme français. Pour en savoir plus, ou retrouver des archives du MLF, RDV sur leur blog

jeudi, 05 avril 2012

IVG : non je ne regrette rien !

En France, 220 000 femmes avortent tous les ans et 40 % d'entre elles y auront recours dans leur vie...  Pour l'instant encore, il est loin le temps béni par la réaction des faiseuses d'anges et de leurs aiguilles à tricoter. 

" L’avortement non médicalisé a aussi des effets délétères sur la santé des femmes : chaque année, c'est environ 8,5 millions de femmes des pays du sud qui souffrent de complications de l’avortement suffisamment graves pour nécessiter une attention médicale et 3 millions d’entre elles qui ne reçoivent jamais les soins nécessaires. "

(Dans le monde entier, des femmes avortent encore sans assistance )

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Osez le féminisme

EEhttp://www.osezlefeminisme.fr/

Non, il n’y a pas trop d’IVG en France !

 Depuis quelques semaines, le droit à l’avortement subit des attaques considérables. On aurait pu penser que le débat présidentiel serait propice à la mise en avant de propositions ambitieuses pour faciliter l’accès à l’IVG, mais au final nous avons assisté à une stigmatisation des femmes ayant recours à l’avortement !

L’extrême droite, avec sa proposition de déremboursement de l’IVG et sa dénonciation de prétendus « IVG de confort », n’a d’autre objectif que de mettre à bas ce droit pourtant si chèrement gagné.

Certains médecins, eux, expliquent que l’avortement est un acte traumatisant, contribuant à renforcer ainsi le tabou qui l’entoure déjà.

En ce jour anniversaire du manifeste des 343, publié le 5 avril 1971, Osez le féminisme ! réaffirme que non, il n’y a pas trop d’IVG en France et que l’avortement un droit : ce n’est ni une tolérance, ni un pis-aller !

 Pour marquer le coup :

Nous publions une tribune intitulée « Arrêtons de culpabiliser les femmes qui avortent, elles ne sont pas irresponsables », disponible ici. A partager sans modération autour de vous et sur les réseaux sociaux !

Nous publions une vidéo où 6 femmes dépassent le tabou et déclarent à visage découvert qu’elles ont avorté et qu’elles ne regrettent rien ! :


IVG : non je ne regrette rien ! par osezlefeminisme

> "IVG de "confort" ? Dans le monde entier, des femmes avortent encore sans assistance" par Peggy Sastre, auteur de "No Sex" et "Ex Utero".

> "IVG "de confort" : cher Louis Aliot, prêtez-moi une aiguille à tricoter" par Gaëlle-Marie Zimmermann, journaliste et chroniqueuse au Plus.

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vendredi, 09 mars 2012

Les femmes, premières victimes de la crise


Les matins - " Les femmes premières victimes de la crise "

 par franceculture

Marie Cervetti : Directrice du centre d’hébergement et de réinsertion Une femme, un toit:

Hélène Perivier : Economiste seniore au Département des études de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Coresponsable du Programme de Recherche et d’Enseignement des SAvoirs sur le GEnre, PRESAGE.à l’OFCE. Spécialiste des inégalités dans le monde du travail et des politiques sociales et familiales

Nathalie Bajos : Directrice de recherche à l’Inserm, responsable de l’équipe Genre Santé Sexuelle et Reproductive, INSERM-CESP 10189, Le Kremlin-Bicêtre

 

mardi, 21 février 2012

En finir avec l’enfermement des enfants étrangers !

> Pétition en ligne>

RESF et Observatoire de l'Enfemement des Etrangers

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mardi, 14 février 2012

Boutin la cléricale

Chrétienté, démocratie et droite

" Nicolas Sarkozy rejoint les valeurs que je porte depuis plus de trente ans dans la vie poli­tique fran­çaise " a déclaré  Christine Boutin lors de son tout dernier ralliement au chanoine de Latran. Rien que de très normal pour cette papophile de droite présidente du Parti Chrétien-démocrate.

boutin.jpg"J’ai mené cette campagne depuis neuf mois parce que je porte des convictions et des valeurs essentielles à notre société : la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle, le souci du plus fragile, l’importance de la famille pour la cohésion sociale, la place majeure de l’éducation, la liberté d’entreprendre et la nécessité de s’appuyer sur son histoire et ses racines pour se projeter dans l’avenir. Sur toutes ces questions, François Hollande représente clairement un danger pour notre pays.

Les récents discours du Président et son entretien au Figaro Magazine ont marqué un tournant majeur. Nicolas Sarkozy reprend à son compte ces valeurs que je porte et qui ont toujours été celles de la droite : il a clairement affirmé sa volonté de préserver la famille, de respecter toute personne en fin de vie, de refonder l’école et d’assumer notre histoire et nos racines judéo-chrétiennes.

Je ne peux que me réjouir de constater que mon courant politique, celui des chrétiens-démocrates, a gagné la bataille des idées au sein de la droite. C’est une excellente nouvelle.

La place des chrétiens-démocrates est donc aujourd’hui aux côtés du Président Sarkozy pour faire gagner la France et pour l’encourager dans la voie qu’il a décidé d’emprunter, sur la base de valeurs fortes : l’autorité, le travail, la responsabilité, auxquelles je rajoute la solidarité.

J’ai conclu une alliance avec Nicolas Sarkozy, fondée sur des idées, pour contrer le projet de François Hollande et faire gagner la France. La droite éthique et sociale que représente le Parti Chrétien-Démocrate aura toute sa place dans la campagne présidentielle. Nous présenterons une centaine de candidats aux élections législatives, en plein accord avec le Président. "

Chère, très chère Boutin

Depuis décembre 2009, Christine Boutin bénéficiait d'une rémunération de 1.300 euros par mois, d'un secrétariat, d'une voiture avec chauffeur et de bureaux dans le XVe arrondissement.
Au 1er avril 2010, elle était recruté au cabinet du ministre du Travail Éric Woerth pour une mission sur "les conséquences sociales de la mondialisation." 9.500 euros nets par mois* lui étaient  alloués – qui s'ajoutaient à ses avantages retraite de député de 6 000 euros mensuels.

Après ce petit scandale mis à jour par le Canard enchaîné, Boutin entendait des voix :

"J'ai entendu les Français qui ont de petits salaires qui, aujourd'hui, ne peuvent pas comprendre qu'il y ait ainsi un responsable politique qui ait une rentrée d'argent de près de 18 000 euros",

Elle renonçait alors à ses 9 500 euros de missionnaire, mais la pauvresse conserverait néanmoins sa retraite de parlementaire et ses indemnités de conseillère générale des Yvelines, soulignant la légalité de ces revenus.

L'humanisme chrétien grand teint

Richard Dell'Agnola, député (UMP) du Val-de-Marne, et Mme Boutin alors député (UMP) des Yvelines, réclamaient, respectivement le 11 et le 12 juillet 2002, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les gens du voyage.

" Taxes locales, paiement de l'électricité et de l'eau, ramassage des ordures, impôt sur le revenu, état civil, scolarité sont encore autant de domaines où le flou semble régner quant à la conformité des gens du voyage à la législation. En outre, chez certaines franges de cette population semble s'être instituée une véritable industrie de la mendicité, du vol et de la prostitution, doublée parfois d'un trafic humain de handicapés."

Christine Boutin
Proposition de résolution  tendant à la création d'une "commission d'enquête  sur les gens du voyage".

le coreligionnaire Jean-paul Bolufer

Christine Boutin, alors  ministre du Logement, nomme un directeur de cabinet formé par l'intégriste Cité catholique : Jean-paul Bolufer

" Enarque, Jean-Paul Bolufer a pris soin de compléter sa formation administrative par un engagement et une formation au sein de la Cité catholique. Fondée par Jean Ousset (ancien secrétaire de Charles Maurras) sous le nom original des Œuvres de Cité catholique puis d'Office international des œuvres de formation civique et d'action culturelle selon le droit national chrétien (ICTUS), une autre association a pour objectif de construire une élite constituée en petites « cellules bien dressées » susceptibles d'agir par capillarité dans la classe dirigeante, son slogan: « Dans le peuple ; comme un poisson dans l'eau » traduit toute sa volonté d'infiltration du monde associatif.
Elle est présidée par Jacques Tremollet de Villers, ancien militant tixièriste de Jeune Alliance et avocat de Paul Touvier. Parmi les réalisations techniques de la Cité catholique il faut noter la création de l'association Laissez-les-vivre.
A l'époque, Jean-Paul Bolufer est très actif dans l'opposition à l'avortement. Il est même remarqué par des actions de pression un peu violentes et la diffusion de textes attaquant Simone Veil.

Il rejoint en 1979 le cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris. Il a ensuite été nommé préfet chargé de Journaux Officiels par Lionel Jospin en 1997.
En 1983, il coédite un Projet pour la France : construire nos communautés dans lequel il déclare vouloir établir un délit contre "toutes les atteintes morales et physiques aux familles", c'est à dire, l'avortement, l'homosexualité, la pornographie.
Il propose aussi des "retraites à capitalisation familiale", c'est-à-dire en fonction du nombre d'enfants.

En septembre 2003, il intervenait à l'assemblée de l'Association internationale pour l'enseignement social chrétien s'est tenue cette année à Prague sous les hospice du think tank : Liberté politique. " ( ProChoix )

Malgré toutes ses qualités chrétiennes, l'homme était contraint de démissionner suite aux nombreuses attaques sur son loyer défiant toute concurrence.

Le 19 décembre 2007, le « Canard enchaîné » avait révélé que l'appartement  de la Régie immobilière de la ville de Paris auquel il s'accrochait était situé dans le quartier de Port-Royal (dans le Vème arrondissement de Paris) avec vue imprenable sur la chapelle du Val-de-Grâce. Et tout ça pour 6 euros le m2 contre 20 et 30 euros le m2 dans le parc privé.

Reconversion : à peine débarqué Bolufer était nommé, par décret en Conseil des ministres, contrôleur général économique et financier au ministère de l’Économie pour " vérifier le bon usage de l'argent public versé aux établissements du type Chambre de commerce et de l'industrie ".

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“Je suis d’abord catholique avant d’être élue”

Christine Boutin

Extraits d'un portrait de Christine Boutin, paru en 1999 dans le livre de Fiammetta Venner et Caroline Fourest sur "Les anti-PaCS ou la dernière croisade homophobe" (Editions ProChoix, 1998).

" Entre son savoir-faire militant, ses réseaux, son pouvoir de lobby et son côté femme d’affaire, le femme politique la plus anti-féministe et la plus anti-choix de l’Assemblée nationale n’a pas fini de faire parler d’elle. Après l’avortement, l’homosexualité, on l’attend d’ores et déjà sur la bioéthique. Vivement un conflit avec le Vatican que le Saint-Père la rappelle comme chef de guerre ! "

Notre dame de l'intolérance

"Immortalisée pour avoir surtout tendu la Bible en direction du perchoir du haut de son banc de députée, Christine Boutin restera donc dans les mémoires comme l’une des élues les plus incontestablement fanatiques de sa génération. (...)

Lors de la publication, en 1995, de l’encyclique Evangelium vitae (mode d’emploi de la pensée du Pape à destination des pro-vie), le Pape la nomme consulteur de la Sacrée congrégation Pontificale pour la famille, véritable centre nerveux de toute l’action provie internationale du Saint-Siège. Elle a donc un statut quasi-identique à celui de diplomate du Vatican, ce qui est toujours ennuyeux pour une élue du peuple français. Dans l’hypothèse, même improbable, d’une guerre entre les deux Etats, l’attitude de Christine Boutin ne ferait aucun doute. Elle le dit elle-même : “je suis d’abord catholique avant d’être élue”  (“Notre-Dame de l’intolérance”, Nouvel Observateur, 12-18 novembre 1998 )

Vatican & parlement

" Son statut auprès du Vatican, son rôle stratégique et le pouvoir qu’elle a acquis à la tête d’innombrables associations ont fait de Christine Boutin une véritable tête de pont du lobby provie au sein du parlement. L’idée d’un groupe inter-parlementaire provie, baptisé Groupe parlementaire pour favoriser l’accueil de la vie, s’est concrétisée en 1986 grâce au soutien des députés du Front national. En 1988, leur disparition l’amène ensuite à recréer un autre groupe parlementaire, beaucoup moins soudé et bien moins déterminé à reprendre le débat de 1975 sur l’avortement : le groupe Démographie et accueil de la vie. Parmi ses membres, Colette Codaccioni sera sollicitée par le premier ministre Edouard Balladur pour rédiger un rapport sur la politique familiale. Il lui sera remis en octobre 1993 avec en exergue cette citation fort peu républicaine : “Le fruit de vos entrailles est béni”.
En résumé, Codaccioni y déplore page après page la chute de la nuptialité et les conséquences catastrophiques de la loi Veil."

> La Revue en ligne ProChoix


lundi, 06 février 2012

Non-respect par l’État des obligations légales, nationales et internationales

Action collective

Destruction du camp de Norrent-Fontes le 30 janvier 2012

Des associations dénoncent une action inutile et de mauvaise foi

Le camp d’infortune de Norrent-Fontes a été rasé lundi 30janvier au matin. Les 46 personnes migrantes présentes à Norrent-Fontes n’y étaient pas. Elles dormaient dans une salle où la commune a pris la responsabilité de les abriter du froid depuis le 17 décembre dernier.

Pendant qu’une entreprise privée détruisait les baraquements sous l’oeil de Monsieur le Sous-Préfet, les services de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) ont fait irruption dans le dortoir et ont expliqué rapidement les faits.

Abasourdis, les migrants ont eu quelques minutes pour choisir entre un retour volontaire dans le pays qu’ils ont fui ou le dépôt d’une demande d’asile (qui pour la plupart est impossible et déclenchera leur expulsion vers un autre pays d’Europe en vertu du règlement Dublin II). Tout aussi rapidement,il leur a fallu décider s’ils voulaient rester sur place ou être hébergés dans un centre d’hébergement d’urgence. Tous ont refusé ces propositions qui ne leur sont d’aucun secours.

Nous dénonçons l’inutilité de cette opération et le désintérêt complet des services de l’État pour les personnes migrantes. Depuis plus de dix ans, des milliers de rescapés ayant fui leur pays et survécu aux pires horreurs ne doivent leur survie qu’à l’action bénévole des habitants.

Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes, est désigné comme fautif alors qu’il est un des rares élus à assumer sa responsabilité. Il demande depuis plusieurs années un dialogue avec l’État pour mieux répondre aux questions que pose la présence de migrants dans son village.

Dans son communiqué de presse, la préfecture ose écrire : « alerté par le Préfet à maintes reprises depuis trois ans sur l’état déplorable des installations de fortune, le maire de la commune n’a entrepris aucune démarche pour faire cesser l’existence de ce taudis ». Alerté à maintes reprises par le maire, les associations et les habitants, le Préfet n’a entrepris aucune démarche pour aider les personnes qui s’abritaient dans ce taudis. Moins d’une heure après leur arrivée, les agents de la DDCS étaient repartis sans même avoir demandé le nom de qui que ce soit !


Le préfet souligne « le non-respect par la commune des obligations réglementaires qui lui incombent ». Nous soulignons quant à nous le non-respect par l’État des obligations légales, nationales et internationales qui lui incombent.

À quoi aura servi cette spectaculaire destruction ? À faire croire à l’opinion que l’État agit ? À rendre moins visibles encore ces hommes et femmes exilés sans refuge et abandonnés dans les fossés ?
Dans quelques semaines, quand les gelées ne seront plus à craindre, les migrants quitteront la salle municipale. Pour aller où ? Ils reconstruiront des abris de fortune.
Dans tous les cas, nous serons là pour les aider à s’abriter du vent et de la pluie, nous serons là pour leur donner la possibilité de se doucher et de se soigner, pour leur permettre de se défendre, pour défendre leurs droits et leur dignité.

1er février 2012


Premiers signataires :
-  L’auberge des migrants   -  Carrefour des solidarités   -  Collectif de soutien des exilés de Paris   -  Flandres Terre Solidaire  -  Fraternité Migrants Bassin Minier  -  Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés)  -  Itinérance Cherbourg  -  La Marmite aux idées  -  Ligue des Droits de l’Homme – Fédération du Pas-de-Calais  -  Médecins du Monde – mission migrants littoral Nord-Pas-de-Calais  -  Mrap – comité local littoral  -  Réseau d’Accueil des Immigrés à Lille  -  Réseau éducation sans frontières  -  Salam Nord-Pas-de-Calais  -  Secours Catholique – délégation de Lille  -  Secours Catholique – délégation du Pas-de-Calais  -  Terre d’errance Flandre Littoral  -  Terre d’errance Norrent-Fontes  -  Terre d’errance Steenvoorde  -  Le Vestiaire des Migrants