lundi, 27 juillet 2009

Tahiti

La Polynésie paye encore le lourd tribu des fantasmes libidineux de coloniaux de l'ancien temps: Nouvelle-Arcadie, Nouvelle-Cythère, érotisme de l'exotisme...  L' éden austral c'est aussi l'enfer du pillage et de la crapulerie autonomisée et affublée de colliers de fleurs de tiare  pour faire couleur locale - compter 80 € pour une couronne royale (couronne de cou) de 400 fleurs de tiare ( Gardenia Taitensis). La bonne odeur n'a pas de prix.
Et pas de RMI-RSA-Retc, ni d'allocation chômage en Polynésie française où le coût de la vie est plus élevé qu'en métropole.
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Là-bas, ici et ailleurs

Charles Renel - La Race inconnue (1910)

A Saint-Cyr, il avait pris l’infanterie coloniale par goût des aventures. Terrien d’origine, enfermé pendant dix ans dans les geôles universitaires, il sentait un besoin éperdu des larges horizons marins, des traversées lointaines. Au lycée, dans la tristesse des salles d’études, sous l’œil hostile du pion, il imaginait des voyages en Extrême-Orient, des croisières le long des plages lumineuses, bordées de cocotiers, défendues par les récifs de corail, des explorations à l’intérieur du continent noir, des vices-royautés éphémères en Papouasie ou chez les nègres. Devenu saint-cyrien, il rêvait de conquêtes exotiques, de femmes de couleur possédées sur des terrasses blanches dans les nuits asiatiques, ou sur les nattes des cases en bambous, dans les soirs d’Afrique. Il souhaitait, pour sa première colonie, le Haut-Sénégal, avec les paillotes rondes abritées sous des baobabs, l’énorme fleuve peuplé d’hippopotames et de caïmans, les négresses aux lourds seins nus, ou bien Tahiti, l’éden austral, où des femmes couronnées de fleurs viennent se prostituer, sous les tamarins, aux hommes de l’Europe, ou encore l’Indo-Chine, objet des désirs de tous ses camarades, avec les fumeries d’opium et les congaï aux formes équivoques d’androgynes.

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samedi, 11 juillet 2009

Retour d'Italie

Le Petit clairon
"le journal qui ne recule devant personne"

L' interviou à chaud en direct de Royan (Charente-Maritime).

"Alors, heureuse ?
- Non ! D'abord je n'ai pas pu chanter, le coeur n'y était pas, j'étais nouée
des chacras... Et puis,  dans la ville martyre, foudroyée, jetée à bas, j'ai vu des manants lourds et stupides qui ont vécu ce tremblement de terre - un vrai  tremblement comme il n'en arrive pas tous les jours ! Eh bien ils m'ont coupé ce qui me restait de chique et de sifflet ! Ces sans -abris qui ont vu leur maison détruite, qui ont perdu leurs biens, qui décomptent sur leurs deux mains  les morts dans leur famille ( ou chez les voisins s'ils n'en ont pas assez à domicile)  j'ai parlé avec  eux, comme je vous  parle - j'aurais pu leur appuyer sur le nez -  eh bien, me croirez-vous  ? ces gens ne pensent qu'à reconstruire en dur leur bicoque comme si rien ne s'était passé ! et j'enrage en pensant à toutes ces belles expériences  - belles parce que vraies, parce que violentes -  qui ne leur serviront pas à repenser la croissance, le developpement  durable,  l'habitat jetable, la vie précaire... bref, la protection de notre planète.
Ils ne sont bon qu'à travailler, à économiser et à consommer. Oui ! pour eux, la désolation de la tragédie, ou la tragédie de la désolation si vous préférez,  c'est de ne plus pouvoir conommer comme avant .. tiens, rien que d'y repenser
ça me coupe l'appétit !
Et puis je me dis que mon petit cadeau - une babiole -  et  le petit cadeau de la France de trois millions cent mille euros pour restaurer le  dôme de l'Aquila, partiront à nouveau en fumée dès le prochain tremblement de terre. Et là, c'est la ménagère qui gère son budget en bon père de famille qui fait la grimace.
- Merci
- Il est évident que cette catastrophe tellurique j'aurais du la vivre en direct. En tant qu'artiste de l'humanitaire je veux dire.
- Merci.
- Et en tant que chrétienne franco-italienne, bien sûr.
- Merci."

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vendredi, 10 juillet 2009

Brest : voyage dans le temps

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"Vieux château de Brest. Finistère" Eugène Cicéri (1813-1890)

_-_-_

Notes d'un voyage en Bretagne effectué en 1780 ,
par Louis Desjobert  (1751-1822)

(6 mai 1780 - extraits)

Mon séjour à Brest a été assez désagréable, car j’y ai eu mauvais temps.  J’étais fort mal logé dans une maison des plus malpropres, ayant au-dessus de moi des voisins qui faisaient un bruit incommode et continuel, marchant avec des sabots sur des planchers fort minces, chantant tantôt le Te Deum ou le De profundis, des ariettes de la comédie italienne, ayant chiens, chats, perroquets, hautbois. Etc. J’avais beaucoup de peine à travailler.

Pour vivre, j’ai fait venir, lorsque je mangeais chez moi, de chez la femme Desmarets, sur le Champ de Bataille, à côté de la comédie, fort cher, mal apprêté et incommode à servir . Elle ne me fournissait pas même de linge, personne ne fait ainsi, tous les étrangers, ou mangent dans les maisons, ou vont aux tables d’hôte, cela n’était guère décent pour moi, qui mangeais chez l’intendant, M. de Langeron, etc. D’ailleurs ces tables d’hôte sont ordinairement formées de différents corps de militaires.
Mauvais pain salé. J’aurais pu facilement avoir de celui des vivres qui est excellent, en demandant à M. de la Porte la permission d’en acheter.

De la Sosais, bon confiseur sur la place Médisance au coin de la rue Saint-Louis, bon pâtissier, rue des Mal Chaussés, qui fait tous les matins de fort bonnes petites brioches.

Mon hôtesse, la femme Briare, était une Acadienne, prête d’accoucher, d’une stupidité singulière, manquant de tout. Quatre mauvaises chaises de paille, un fauteuil à moitié cassé, deux tables aussi branlantes l’une que l’autre, un lit prêt à tomber en canelle, faisaient tout mon ameublement. J’ai été obligé de faire faire une clef des commodités, fort malpropres, elle ne se trouvait jamais quand j’en avais besoin.

Obligé d’acheter 4 assiettes, 6 serviettes, pots de terre pour mettre de l’eau…j’ai appris trop tard que la femme Desmarets, la même qui me donnait à manger, avait plusieurs chambres fort propres, dont elle m’aurait donné une à un écu par jour, mais j’étais établi, je ne pensai pas à changer. Quant au bois dont je ne pouvais me passer, pour me chauffer, je n’en ai trouvé d’autre que les copeaux que les charpentiers vendent à la sortie du port.

On regarde comme un grand plaisir de voyager, il s’en faut bien, surtout dans ce pays-ci.

La ville est assez bien  percée et mieux qu’on ne le dit, les rues de Siam, Grande rue, de la Communauté de Saint-Yves, sont fort belles. Le port est, quand il pleut, d’une saleté abominable, et il est bien étonnant que le Roi ne fasse pas la dépense de le paver, cela ne coûterait pas 100.00 fr. qui n’est pas la 10° partie d’un seul vaisseau de ligne de 100 canons. Cela est bien malsain et désagréable pour ceux qui y passent leur vie.  Quelle différence des ports de Hollande, en petites briques sur le champ. Dans les pays libres, le gouvernement s’occupe bien plus des individus ; Au reste, le port de Brest se sèche promptement au moindre beau temps.  On ne m’a pas demandé une seule fois à aucune porte ma carte pour y entrer. Cependant, il est toujours bon d’en avoir une. Dans cette ville, on ne doit point sortir, habillé ou non, sans épée, c’est l’usage à cause de la grande quantité de militaires de toute espèce, et elle est utile pour être distingué de ceux qui n’ont pas le droit de la porter. D’ailleurs un habit de drap uni suffit, il est inutile d’être galonné et je n’ai pas vu un seul habit de velours de la saison. Il est nécessaire d’être pourvu d’un manteau ou redingote par-dessus son habit. J’ai fait grand usage de la mienne contre la pluie et le froid .

On peut entrer hardiment dans les magasins et ateliers, questionner et voir travailler les ouvriers. Il n’est pas vrai qu’il y ait à craindre d’être insulté par les gardes et les officiers de marine. Étant prudent, il n’arrive guère plus d’affaires que partout ailleurs.

Il y a un grand café à côté de la comédie, où j’ai déjeuné deux  fois, mauvais orgeat, mauvaise bavaroise, détestables petits pains. Les petits gâteaux sont en usage dès le matin.

On peut se promener assez agréablement sur les remparts depuis l’esplanade du château jusque derrière les casernes de  la marine.   A 10 h. est la retraite bourgeoise, passée laquelle heure les bourgeois ne peuvent plus aller sans lanterne, à onze heures du soir est  la retraite militaire.

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"Environ de Brest. Finistère" Eugène Cicéri (1813-1890)

jeudi, 18 décembre 2008

La main dans le sac

" Attila darlingue!
- Oui, Rossignol baibie.
- Et si j'inventais un nouveau sac pour secourir les pauvres des favellas de Rio qui ont le cancer du choléra de la lèpre du sida, par exemple.
- Mais tu sais  que tu as la bonté chevillée au cœur, toi !
- Je sais. Et puis avec  le sac il y aurait l'enregistrement  d'une  chanson française que j'ai exécutée quand j'étais rigolote !
- La belle idée!
- Et le sac il aurait la forme d'un sac poubelle...
- Oh !
- Mais façon Crada, chéri !  ultra-souple glamour, format XXL flashy
, en peau de zèbre monochrome fashion avec un fantastique aspect glossy ! 2.425$ pièce.
- Ah !
- Et le sac, on le fait en série limitée: un sac pour moi, un pour ta mère et un autre pour la mienne : pas de jalouses !

- Super !"

 

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Vous êtes allergiques aux voyages en avion ? Le soleil vous fout des plaques ? Les mondanités vous les brisent menu ? La crise vous a un peu écorné les bourses ? Essayez donc la France profonde pour Noël.

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dimanche, 12 octobre 2008

Gouverner c'est prévoir.

Déjà la crise, encore le chômage, bientôt Noël...

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 " Bambino tchéri, où irons-nous à Noël ?
- Je ne sais pas mon rossignol turinois... loin et cher, j'imagine.
- Le Français et sa femelle apprécieront-ils ?
- Mais ces chafouins ne partiront pas avec nous,  baibi! et puis
ça leur redonnera confiance  de voir que de la crise, nous, je m'en tape.
- Alors nous partirons très loin et très cher !

samedi, 05 janvier 2008

Courage, fuyons !

 
 
L'ïle d'elephantia  accueille  qui a un grand besoin de poser le fardeau de sa mémoire.
On y loge à la belle étoile, ou dans un trou creusé dans le sable.

12:00 Publié dans Histoire, Marine, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Eléphantia | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook