mercredi, 23 juin 2010

Service du roi - mode d'emploi

Stéphane Guillon et Didier Porte,
virés
par Jean-Luc Hees

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"A trop avoir le doigt sur la couture du pantalon, on finit souvent par se retrouver sans pantalon du tout."

SNJ Radio France

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Historique

Toujours vêtu de sa probité candide et de son costume-cravate en lin blanc, Jean-Luc Hess, directeur de France Inter de 1999 à 2004, fut nommé il y a un an PDG de Radio France par Sarkozy - en lieu et place de Jean-Paul Cluzel écarté par le même pouvoir. Le 1er avril 2009,  par un coup de fil de Guéant (?), celui-ci apprennait , lors d'une interview  avec des journalistes de Télérama, que son mandat ne serait pas renouvelé. La grande classe.

Jean-Paul Cluzel, président de "sensibilité" sarkozyste, à qui le pouvoir, selon le Canard enchaîné, reprochait de se laisser " manipuler par la gauche et les syndicats" (Sarkozy). Un pouvoir qui disait - déjà - tout le mal qu'il pensait  des chroniques de Stéphane Guillon :

"C'est injurieux, c'est vulgaire, c'est méchant. Vous vous rendez-compte de ce qu'il dit, à une heure de grande écoute, sur la vie privée de Strauss-Kahn ou sur le physique de Martine Aubry. Mais dans quel pays vit-on?" (Sarkozy)

Jean-Paul Cluzel, homosexuel, qui, toujours selon le Canard,  aurait eu le malheur de poser torse nu, en catcheur masqué  à côté de son compagnon pour un calendrier d'Act-up contre le SIDA . Indignation du chanoine :

"Ce n'est pas digne d'un patron du service public. Ce type est fou. Il se croit tout permis. Sa vie privée, c'est sa vie privée. Il fait ce qu'il veut mais il n'a pas à s'afficher comme ça." ( Sarkozy )

A cette indignation pudibonde  la CGT Radio France répondait :

"Où est l'obscénité, militer pour la défense des libertés individuelles et démocratiques en soutenant une association ou annoncer 300 000 nouveaux licenciements en 2009 ? Où est la manipulation, défendre le service public de l'audiovisuel et la libre information ou nommer et révoquer autoritairement et unilatéralement les Présidents de France Télévision et Radio France ?"

Jean-Paul Cluzel -  Interview France Inter
envoyé par franceinter.

"La nomination par l’Elysée de Jean-Luc Hees à la présidence de Radio France, et l’arrivée de Philippe Val à la tête de France Inter, permettent l’intrusion au cœur même de la radio publique d’un système clanique et partisan qui risque de heurter les convictions d’une très large partie des auditeurs. C’est aussi pour Nicolas Sarkozy une occasion de reprendre astucieusement en mains la radio dont il peut désormais révoquer le patron." ( Marie Bénilde)

> "Les mauvaises ondes de la radio publique (1)" - France Inter et sa bande magnétique - par  Marie Bénilde - information 2.0 - les blogs du Diplo

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Nomination directe, intervention directe
"on va vous laisser aboyer..."

Le 15 mai 2009, Eric Delvaux recevait dans le 7/10 de France Inter, Edwy Plenel, président de Médiapart , venu   parler  de son livre “Combat pour une presse libre” - il y condamne les journalistes qui acceptent d’être nommés par le pouvoir à la direction des médias publics,

Passait par là le  directement nommé par Sarkozy, Jean-Luc Hees soi-même, pour prendre le micro par hasard et réaffirmer  l'indépendance de la radio et de lui-même.

L'invitation ne fut guère du goût des journalistes de France Inter.

Pour le SNJ de Radio France :

1) " Cette prise directe de l'antenne est de même nature que la nomination directe. Elle ne s'encombre pas de nuances. Elle bouscule les distances et les règles. Elle dit : "J'ai le pouvoir donc je fais ce que je veux ". C'est une grande nouveauté. Une nouveauté troublante.

2) Cette nouveauté n'est pas anecdotique. Elle crée un précédent. Ce précédent créera mécaniquement un climat d'inquiétude, qui poussera à l'autocensure. Pour éviter les incidents, la tentation sera grande de ne plus inviter ceux qui diront quelques chose de contrariant sur notre PDG, et sur celui qui l'a nommé.

3) Que cela plaise ou déplaise à Jean-Luc Hees, et avec tout le respect que nous continuons de lui porter, la question du mode de désignation du PDG de Radio France est bel et bien un problème énorme, ce problème pèse et pèsera sur ses épaules, qu'il le veuille ou non, et ce n'est pas en déboulant sur les antennes qu'il s'en déchargera. Sa seule alternative c'est de couper le cordon ombilical avec celui qui l'a fait roi, en résistant, y compris à lui-même."
SNJ Radio France
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ll était une fois...

"Vous avez ma parole..  ce serait me faire injure."

Le 28 août 2003 , l’émission "Le téléphone sonne", sur France Inter, était consacrée à la rentrée de la chaîne. A cette occasion, un auditeur posa une question concernant la disparition d’ "Odyssée", la chronique de Martin Winckler.  (Martin Wincler venait de publier " Mort in Vitro ", un  roman très critique contre l’industrie pharmaceutique et dans plusieurs de ses chroniques avait épinglé les entreprises du médicaments et l’industrie pharmaceutique...)

Réponses faites à cette occasion par Jean-Luc Hees (directeur de France-Inter à l'époque) et Bertrand Vannier (directeur de l’information).

Extrait :

Auditeur : Ma question concernait la tranche matinale, à propos tout particulièrement d’une chronique qui avait lieu, que je trouvais très intéressante, et j’ai appris qu’elle avait disparu.  Il s’agit tout simplement de la chronique de Martin Winckler, Odyssée, et je trouve qu’elle a disparu de manière assez brutale : on n’a pas eu d’annonce, on n’a pas su du tout pourquoi elle avait disparu, le chroniqueur n’avait rien annoncé du tout, et en même temps, j’ai entendu... enfin on n’est pas très nombreux à avoir entendu ça, mais un matin, un droit de réponse du lobby des industries pharmaceutiques, qui réclamaient un droit de réponse par rapport à qui, on ne le savait pas, personne n’était précisé, donc, je suis un peu étonné de ce droit de réponse, et évidemment c’était en lien directement avec la chronique de Martin Winckler.

Animateur : Donc, vous sous-entendez en fait qu’il y a eu une pression du lobby pharmaceutique pour évincer Martin Winckler de la tranche matinale ? Posons la question clairement.

Auditeur : La coïncidence était étonnante, oui... donc ma question, c’est comment peut-on expliquer cette disparition si brutale avec cette coïncidence là ?

Jean Luc Hees : D’accord, alors ça, ça regarde mes responsabilités de directeur de l’antenne, puisque j’ai recruté ce chroniqueur y’a un an, avec une idée en tête, bon, savoir si l’idée a mûri comme je le souhaitais, tout au long de la saison, ça c’est pas sûr, et j’ai le privilège, qui est un petit peu redoutable parce que c’est une grosse responsabilité, de dire à un moment on arrête telle ou telle chose, parce que... pour telle et telle raison, et je m’en explique en général )avec le chroniqueur ou le producteur, ou le journaliste en question.
Voilà.
Y’a différents problèmes. Alors y’en a un, on va pas tourner autour du pot, est-ce que France Inter est une maison, avec sa notoriété, sa culture, son histoire, ses traditions, est-ce que c’est une maison qui est susceptible de se coucher devant un lobby, comme vous dites, ou devant un groupe de pression ?
Pardonnez-moi, mais ce serait me faire injure, ça fait un certain temps que j’exerce mes coupables activités dans le métier de journaliste, je suis journaliste, j’ai une carte de presse, et j’essaie d’honorer l’éthique de cette carte de presse, donc non, le lobby pharmaceutique comme vous dites ne m’a pas demandé la peau de Monsieur Winckler, quoi qu’il puisse en dire, et c’est pas moi qui vais alimenter une polémique qu’il a largement alimentée pour son intérêt personnel.
Voilà, là vous avez ma parole, j’ai pas trop aimé ce procès d’intention qui s’est développé notamment sur Internet, si moi je me conduis pas bien dans un dîner, et que je suis pas réinvité, je m’acharne pas à sonner à la porte, je reviens pas, j’essaie de me dire que la prochaine fois je me conduirai bien.

Dans l'émission  l'argumentation de  Hees,  qui n'aime ni la polémique ni les "procès d'intention",  se résume à  : oserait-on affirmer que la direction   se couche devant des groupes de pression ? Oserait-on affirmer que    la direction n'honore pas l’éthique de sa carte de presse ?...

> la transcription de l'émission sur  le site  de Martin Wincler -

> 2003 "Stéphane Paoli, co-propriétaire de France Inter" -  L’oreille chatouilleuse de Stéphane Paoli ne supporte pas qu’on s’interroge sur l’éviction de Martin Winckler. Ce qui nous a valu un grand de moment de radio. ACRIMED

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Paroles, paroles, paroles...

Jean-Luc Hees, a  fêté son premier anniversaire à la tête de Radio France, en se débarrassant  de Brigitte Benkémoun, le numéro deux de la rédaction de France Inter.  Son éviction, à la suite de plusieurs autres, a été annoncée par  "radio couloir"...toujours la grande classe.

> "Climat houleux à France Inter, où Val est contesté par ses troupes." Rue89
> " Les promesses non tenues" - SNJ

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L'empire contre attaque : leçon de journalisme.

1655-ART_300200_-L1-2147483647-L2-2147483647-131.jpgAprès avoir fait condamner - début mai - le journaliste Benoît Collombat (et France Inter, qui n'a pas fait appel)  pour l'émission " Cameroun : l'empire noir de Vincent Bolloré", le groupe Bolloré a abandonné cles poursuites contre la photographe Isabelle Alexandra Ricq (et France Inter).
A l'origine de cette seconde affaire Bolloré-France Inter,  l’émission Eclectik, du 12 septembre 2009, au cours de laquelle Isabelle Ricq évoquait, dans son  reportage publié sur le site du Monde Diplomatique, une plantation camerounaise de palmiers à huile.
La photographe ayant mis en cause le groupe Bolloré, qui contrôle près de 40 % de la maison-mère de la Socapalm, propriétaire de la plantation en question, la multinationale décida de lui infliger – ainsi qu’à l’animatrice d’Eclectik et à France Inter – une " leçon de journalisme ".

Puis," Craignant subitement la « contradiction » publique que s’apprêtait à lui porter à nouveau, et avec plus de force encore, la jeune photographe, le groupe Bolloré a donc préféré jeter l’éponge. Mais avec discrétion, et en jouant habilement de la confusion entre les émissions Interception et Eclectik. " France Inter ayant admis le caractère diffamatoire des propos tenus à l’occasion des deux émissions, des excuses ayant été présentées, écrit Me Baratelli au président de la 17e chambre correctionnelle, chargée des affaires de presse, M. Vincent Bolloré et la Société Bolloré n’entendent pas poursuivre la procédure en diffamation [contre Isabelle Alexandra Ricq et France Inter] ".
Une issue d’autant plus heureuse, pour l’homme d’affaires multicarte, que Jean-Luc Hees, PDG de Radio France, aurait – selon la même lettre de Me Baratelli – " donné directement à Monsieur Vincent Bolloré l’assurance que les propos diffusés sur l’antenne de France Inter seraient désormais mieux contrôlés ". Si l’avocat de Radio France dément que Hees ait " présenté une quelconque excuse » ou se soit « engagé en quoi que ce soit pour l’avenir ", on peut tout de même s’interroger : jusqu’où ira la " leçon de journalisme " du professeur Bolloré ?" ( Thomas Deltombe)

Mais le groupe Bolloré poursuit toutefois Témoignage Chrétien,  journal qui explique qu'enquêter sur les opérations commerciales de Bolloré   sur "ses réseaux d’influence, ses supports médiatiques ou sur la façon dont il écrase ceux qui lui opposent une résistance est risqué. Tel est le message que l’industriel a voulu faire passer en attaquant la radio de service public. "
À travers ce procès, estime Benoît Collombat, Vincent Bolloré veut envoyer un signal fort à l’ensemble de la profession qui voudrait enquêter sur ses activités et faire comprendre aux journalistes que c’est un terrain miné ! "

> Le 5 juillet le droit de réponse de Bolloré dans le Monde diplomatique.

Vous avez dit "pressions" ?

> Le journalisme mis au tapis. Alexandra Ackoun est poursuivie pour complicité de diffamation par le judoka désormais député UMP des Yvelines.

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Maïtre et valet : à bon calife, bon vizir...

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"Les journalistes de France Inter, réunis ce jeudi 17 juin 2010 en assemblée, expriment leur colère face aux choix et aux méthodes de Philippe Val dans la confection de la grille de programmes de septembre prochain.

La suppression des émissions " Esprit critique " et "
Et pourtant elle tourne " constituent notamment un manque de respect envers leur travail et leurs aspirations.

Ils s'inquiètent de l'ampleur des changements projetés et considèrent qu'à ce jour le lien de confiance indispensable entre la rédaction et la direction a été rompu.


Ils veulent retrouver dans la future grille des espaces de travail équivalents à ceux qui existaient.
"

Motion adoptée par la majorité des journalistes de la rédaction de France Inter.

Et passent aussi à la trappe six autres émissions et leur producteur : "Allô la planète" d' Eric Lange, "Parking de nuit" de Sophie Loubière, "La Nuit comme si" de Sylvie La Rocca, "Dormir debout" de Philippe Debrenne, "Nocturne" de Brigitte Palchine et "Au clair de la lune" de Marjorie Risacher...

Mais dans quel pays vit-on ?

"En 2012, Hees, Val et le morceau de béton s'en iront ailleurs et nous écouterons de nouveau la différence."

Stéphane Guillon

France Inter en burqa


Commentaires

Comment vais-je tenir ?

Sans les vidéos des humoristes qui accompagnaient le repassage, sans "Allô la planète" qui m'épaulait dans la dernière heure de préparation de classe … et "sans parking de nuit" qui m'aidait à finir la semaine !

Impossible de travailler plus … dans ces conditions !

Écrit par : Vent de Liberté | jeudi, 24 juin 2010

Plus de repassage, plus de préparation de classe... beaucoup plus de loisirs !

Écrit par : Zeck | jeudi, 24 juin 2010

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