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19.06.2008
Sujet qui fâche
Je vais encore me faire des ami(e)s
de l'Académie française :
"Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: «La langue de la République est le français».
Or, le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale. Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la première phrase commence par les mots: «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale», une phrase terminale: «Les langues régionales appartiennent à son patrimoine».
Les langues régionales appartiennent à notre patrimoine culturel et social. Qui en doute? Elles expriment des réalités et des sensibilités qui participent à la richesse de notre Nation. Mais pourquoi cette apparition soudaine dans la Constitution?
Le droit ne décrit pas, il engage. Surtout lorsqu'il s'agit du droit des droits, la Constitution.
Au surplus, il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique.
Emgann MGI remercie le sénat, l'Académie Française et Jean-Luc Mélenchon qui prouvent jour après jour que seul un pouvoir breton indépendant sera à même de faire de langue bretonne une langue officielle, normalisée et normativée, respectée et dotée de moyens pour vivre. Ils font, dès qu'ils attaquent la moindre perspective d'avancée symbolique pour les langues sans statut de l'État français, progresser la conscience nationale du peuple breton et montrent combien ils sont coupés de la réalité des demandes sociales de plus en plus fortes de la part des Bretons en faveur de la langue bretonne.
Après des semaines de débats que certains ont osé qualifier d'« historiques » (sic) où l'on envisageait de mentionner nos langues dans une perspective patrimoniale dans la Constitution française (tout comme à la mairie PS/PC/UDB de Rennes où il existe une chargée du « patrimoine immatériel »), on voit bien que rien ne changera concrètement sur le terrain des droits linguistiques du peuple breton. Comme le prouvent, rien que cette année, les problèmes rencontrés par l'école Diwan de Morlaix ou l'impossibilité d'ouvrir une classe bilingue à Guichen notamment ou encore d'assurer un service public de qualité comme à l'école bilingue de Merville à Lorient.
À propos du transfert de compétences demandé par le Conseil régional pour l'enseignement bilingue, nous souhaitons rappeler que les institutions françaises, qu'elles soient à Paris (Conseil d'État, Académie française...) ou en Bretagne (Conseil régional, Conseils généraux), ne sont pas faites pour mettre en place une véritable politique linguistique (malgré la bonne volonté de certains élus) répondant à l'urgence de la situation que subit la langue bretonne ou pour répondre à toute demande sociale en sa faveur ou en faveur du gallo..
Si la langue bretonne appartient à tous, le combat pour la langue bretonne est, lui, indissociable du combat pour la souveraineté du peuple breton. Ceux qui disent le contraire sont peut-être sincères mais ils se trompent et trompent les Bretons."
Pour Emgann-MGI, Fañch Oger.
Gauche indépendantiste bretonne.
source: Agence presse Bretagne
17:25 Publié dans Actualités , Langues régionales , Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Académie













