« Sarko Zhuxi ! | Page d'accueil | Bonne nuit ! »

24.04.2008

Nous nous sommes compris !

Musée du Quinquennat
Panthéon
Discours "premier anniversaire".

Nous ne célébrons pas aujourd’hui ma victoire.
Nous ne célébrons pas aujourd’hui la victoire de la droite, ni celle de l’UMP.
Nous ne célébrons pas aujourd’hui la victoire, du patronat ni celle de la Banque.
Nous célébrons la victoire de la raison et du pragmatisme sur l’idéologie frileuse des privilégiés.
Nous célébrons les signes de renouveau et de changement,
Nous célébrons aujourd’hui la victoire des vraies valeurs fières de leur héritage chrétien auxquelles je tends la main. Et je leur tends la main par-dessus les barricades arasées d’un mai 68 enterré, moi, à ces valeurs fières de leur héritage chrétien !
Comprenez -moi, nous célébrons le triomphe du futur sur le passé !

Chers compatriotes, le monde a bien changé depuis un an.
Je me suis marié pour la troisième fois.
Hier j’étais divorcé, quasi veuf, et j’avais une politique économique adaptée à une croissance à deux chiffres.
Aujourd’hui j’ai une nouvelle femme, l’économie mondiale est en pleine crise, et j’ai la même politique économique !
Je ne serais pas catholique, je crierais au miracle.
Je me comprends.

Aujourd’hui, mon gouvernement, le gouvernement de la France fille aînée de l’Église, est uni, mélomane et dynamique.
Ce gouvernement parle d’une seule voix sous ma baguette.
Ce gouvernement que j’ai voulu multicolore, polysexuel et pluriconfessionnel, est brocardé en toutes circonstances. Mais ce gouvernement accomplit sa mission salvatrice et magnifique de rénovation historique structurelle. Eh bien, moi, à ce gouvernement qui est le mien, je lui rends hommage !
C’est compréhensible.
Oui ! À ce gouvernement de la France que j’ai voulu personnellement, je lui rends hommage.

Je rends hommage à ce levain de la pâte que je pétris.
Je rends hommage à ce bœuf blanc dans l’étable.
Je rends hommage à ce bœuf qui tire la charrue avec toute son énergie, sa foi, son dévouement.
Je rends hommage à ce bœuf qui rallume la flamme de son haleine pour y réchauffer la place de la France dans la crèche du Monde.
Eh bien, moi, à ce bœuf, à qui je rends hommage, je lui exprime ma confiance !
Et je compte sur lui pour aujourd’hui et pour demain.
Et je compte sur la loyauté des amis fidèles.
Et je compte aussi sur vous qui m’avez élu au moins pour cinq ans.

Je sais ce qui s’est passé aux dernières élections municipales.
J’ai entendu ce que vous avez voulu dire.
J’ai lu les chiffres des récents sondages.
J’ai vu ma cote en pente.
J’ai compris votre impatience.
J’ai compris votre soif.
J’ai compris vos rêves.
J’ai compris votre insécurité.
J’ai compris vos envies.
J’ai compris votre faim.
J’ai compris vos craintes
J’ai compris vos désirs.
J’ai compris votre pouvoir d’achat.
J’ai compris vos espoirs.
Je vous ai compris !
Vous m’avez compris !
On s’est compris, et j’en prends acte. 

Je vois que la seule route est celle du Grand Bond. Je dis le « Grand Bond », mais en arrière à tous égard.
Je déclare qu’à partir d’aujourd’hui on accélère à reculons.
Cela signifie qu’il faut embrayer en quatrième vitesse.
Cela signifie qu’il faut ouvrir des routes qui étaient fermés à l’innovation de la Liberté.
Cela signifie qu’il faut fermer les routes qui étaient ouvertes au corporatisme envahissant.
Cela signifie qu’il faut rénover le Code du travail obsolète et réactionnaire.
On se comprend : en arrière marche, toute !

Je vous ai fait des promesses.
Vous m’avez compris, Vous m’avez élu.
Eh bien aujourd’hui je vous fais celle toute particulière de transformer mes bonnes paroles en bonnes actions par une révolution pacifique de l’espoir !
Bien sûr, tout ça ne se fera pas dans les prochains 100 jours. Mais n’est-il pas temps de commencer pour continuer ?
De votre côté, ne baissez pas les bras. Ne jetez pas l’éponge après la cognée, ni la peau de l’ours. Relevez la tête et le défi de la modernité !
Que chacun d’entre vous compte sur ses propres forces pour survivre, et non plus sur l’État providence pour tirer les marrons.
Que chacun d’entre vous éradique ses propres maladies sans attendre l’assistance publique de l’hôpital qui doit fermer ses portes par un juste souci de rentabilité.
Que chacun d’entre vous s’applique à vivre le Libéralisme au quotidien.
Que chacun invoque les merveilles de la mondialisation plutôt que les craintes irrationnelles qu’elle inspire aux frileux non compétitifs.
Que chacun accueille en lui les nouveaux concepts de « sécurité flexible » et de « révolution culturelle ».

Mes chers compatriotes, pour paraphraser Bush, « ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez- vous plutôt ce que vous pouvez faire pour le patronat. »

Jamais plus qu’en cette date anniversaire de mon triomphe, je n’ai compris combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux, moi, à la tête de la France !

Vive la France !

Vive l’Église !

Vive le Patronat !

Un petit discours présidentiel express et perpétuel, valable pour toutes les dates anniversaires à venir : un an et un mois, huit ans et 3 mois etc. Un discours de poche, un condensé de pensée qui vibrionne et matraque. Un discours brillant comme ces assiettes en clinquant embouti qu’on offre encore de nos jours, même à des amis. Un mini discours qui dure le temps d’une pub, entre chaque question triée sur le volet  de journalistes triés sur le volet.
Je me suis laissé dire, mais je ne me suis pas beaucoup défendu, que le pince-fesse présidentiel de ce soir aura coûté 280 000 euros en décoration, plantes vertes et rideaux… , 1 836 800 francs, grandiose ! Mais j'avais peut-être enfourné ma tartine dans l'oreille.
Bref, je me devais d’accorder le ton de mon petit discours à ce grandiose présidentiel, passé, présent et à venir. Pour ce faire, j’ai piraté quelques morceaux du discours de Mon Général, prononcé à Alger le 4 juin 1958, et de celui de Kennedy, prononcé le 20 janvier 1961 pour son investiture. A la relecture, c’est un peu messe-rap’, mais la dimension perpétuelle tient la route…je la sens très fort, la dimension perpétuelle. 

Commentaires

Monsieur,

Ne pouvant assister ce soir, en direct sur le petit écran, au discours de ce grand homme qu'est notre président, nous vous remercions de nous procurer avant l'heure par le truchement du Télégramme, ce discours de remplacement qui montre enfin que ce blog commence à ressembler à quelque chose.

C'est bien cordialement que nous vous prions de les agréer.

Ecrit par : M & Mme Taupin Brognard | 24.04.2008

incroyable !on s'y croirait

Ecrit par : Kadabra,abra | 24.04.2008

Ecrire un commentaire