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17.10.2007

Langue de déhèrache

Le morceau de choix du déhèrache c'est sa langue, mais les oreilles sont bonnes aussi.

Si vous avez pris soin de couper à vif la langue, attention !  Il n'est pas rare en effet qu'elle s'échappe et s'enfile dans le moindre petit trou à sa portée pour aller s'y cacher et y mourir à la façon d'un éléphant dans son cimetière en commettant beaucoup de dégâts dans les couronnes mortuaires en faïence.
Comme dit le proverbe:
"l'agonie de la langue est longue", et j'ai connaissance d'un amateur qui attrapa une langue de déhèrache dans les sinus par inadvertance et qui l'hébergea dans son cerveau pendant près de 20 ans avant que l'hôte, entraînant l’hôte dans le trépas, ne se décide enfin à clamser. C’est donc une précaution élémentaire que d’assommer la langue  avant de la couper puis de la fixer solidement sur une planchette que l’on plongera dans un saladier rempli d’ un mélange de  gros sel de Guérande  et de vinaigre balsamique pour sa conservation, ou mieux de formol. On s'en fout, c'est pas pour manger.

70 jours plus tard, la langue est placée dans un four - réglée sur meringue- pour obtenir une langue momifiée  que l'on  portera sans crainte en sautoir ou en pendant d’oreille et qui  protègera  son propriétaire des eczémas, des ulcères et des cancers qui ne manquent jamais de se déclencher dans les mois qui suivent un licenciement économique.

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