mardi, 18 novembre 2014

Megalomanie socialiste

Le 31 décembre 2014, la plateforme de blogs du Télégramme fermera ses portes. Les zèbres en cavales se préparent à une migration, vident le grenier et la cave et remplissent les malles. 

La tour Triangle

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2014 

" Le Conseil de Paris a exprimé, lundi 17 novembre, son refus, par 83 voix contre 78, de lancer le projet de construction de la tour Triangle envisagé dans le sud de la capitale. Mais la mairie va "déférer" le scrutin devant la justice, le vote secret n'ayant pas été "respecté", a annoncé Anne Hidalgo, la maire PS de Paris. Le groupe socialiste, qui avait demandé un vote à bulletin secret, reproche à certains élus d'avoir montré publiquement leur bulletin pendant le scrutin organisé à la mi-journée. "  France 24

2008 

Delanoë, ami des papes et  maire de la capitale, l'agence suisse Herzog , de Meuronet  ainsi que  le promoteur Unibail ont prévu la construction, Porte de Versailles à Paris, d'une tour de 150 à 180 mètres ayant la forme d'une pyramide effilée - ou de suppositoire aplati, pour qui n'a pas voyagé au pays des pharaons. Un suppositoire lumineux toutefois, presque un phare. suppositoire plein de bureaux qui ne trouveront pas preneurs. Suppositoire qui est un hommage grandiose et appuyé à Tonton et sa pyramide du verre sise au milieu de la cour Napoléon du Louvre.

Ce sera la première tour construite dans Paris depuis celle de Montparnasse, remake d'un obélisque de 210 mètres  - ou d'un menhir, pour qui n'a toujours pas quitté sa paroisse - et qui n'en finit plus d'être désamiantée.

A propos de menhir, rappelons aux Bas-Bretons que la Grande Arche de la Défense dans la même capitale française copie non pas un dolmen mais l'Arc de Triomphe sous lequel sont conservés des rogatons anonymes de la Grande Boucherie.

N'ayant rien de neuf à dire, nos grands élus ont un vocabulaire architectural classique et  mégalomaniaque à  la mesure de leur absence tonitruante de pensée.

Dans les petites villes de Province, c'est surtout le tramway qui fait office de merveille, sur le modèle de nos manèges d'enfance - mais en ligne droite.

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07/10/2008, sous le titre diaporama

mardi, 07 octobre 2014

Territoire : le triomphe des multinationales

Le projet du Conseil Unique d’Alsace,  rejeté par les Alsaciens lors du référendum du 7 avril 2013, refait surface : une délibération commune vient d’être adoptée par les deux Conseils généraux (Bas-Rhin, Haut-Rhin) et par le Conseil régional d’Alsace qui affirme « que les Alsaciens souhaitent une collectivité unique mettant en commun les moyens du Conseil régional et des deux conseils généraux avec une seule assemblée, un seul exécutif et un seul budget ».

895286453.jpg" Naissance des métropoles et euro-métropoles, tentative de suppression des départements et des Conseils généraux, fusion de Régions pour passer de 22 à 13 et sans doute plus tard à 8 (euro-circonscriptions) : quel sens donner à cette contre-réforme territoriale ? Quel sens donner aux réformes structurelles qui accompagnent cette dislocation du territoire ?

La suppression des départements et le renforcement des régions s’inscrivent en réalité dans un schéma d’euro-régionalisation, aboutissant à terme au dépérissement des Etats-nations, remplacés par des grandes régions dialoguant directement avec Bruxelles. C’est la porte ouverte à la concurrence des territoires et des hommes pour le plus grand bonheur des multinationales."

> Les Français d’Alsace à nouveau en danger : Le Conseil unique d’Alsace refait surface. M'PEP

lundi, 06 octobre 2014

Liaisons maritimes : 300 % d'augmentation

iles-danger-72dpi-300x169.jpgJoie de la décentralisation, bonheur de la "délégation de service public" et de la réactualisation des tarifs qui ne fonctionne qu’à la hausse...

Plus 500 habitants de l'ile de Groix sont venus manifester à Vannes, lundi  6 octobre, devant le siège du conseil général du Morbihan de droite.

Ils refusent l'augmentation des prix des liaisons maritimes  (jusqu'à 300 % !) liés à la suppression des tarifs préférentiels.  

Ils refusent la baisse prévisible du nombre de bateaux et des rotations qui ne permettront plus de faire le trajet maritime dans de bonnes conditions.

Ils  demandent que la gestion des liaisons maritimes à travers une Société d’économie Mixte ou une régie directe (comme à l’île d’Yeu) soit étudiée. Depuis 2008 c'est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes.

Le syndicat Bretagne-Océans CFDT,  redoute les modalités du nouveau contrat de délégation de service public de desserte des quatre îles.

Le Conseil général du Morbihan, propriétaire des navires ( Melvan, Enez Edig, Dravanteg pour les liaisons Quiberon- Houat/Hoedic ; Bangor, Vindilis et Kerdonis pour Quiberon-Belle-Ile ; Ile de Groix et Saint-Tudy pour Lorient-Groix), doit attribuer, à la fin de l’année, le contrat de DSP pour la période 2015-2021. Le cahier des charges et les consultations locales sont actuellement en cours. Et elles commencent à devenir houleuses, notamment entre les élus iliens et le Département.

Le délégataire actuel est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes depuis le 1er janvier 2008. Elle a succédé à la Morbihannaise de Navigation. Et depuis, selon Claude Huchet, secrétaire général du syndicat, les lignes sont en grave déficit. D'Après les chiffres observés fin 2008 (et expertisés par un commissaire aux comptes à la demande des organisations syndicales) le déficit annoncé pour le contrat de DSP par la Compagnie Océane s’élevait à près de 2.8 millions d’euros. Là, où, toujours selon les syndicats, la Morbihannaise affichait, en 2007, un résultat net de 2 millions d’euros pour le contrat précédent. Que s’est-il passé ? « En 2008, Veolia était dans une politique de conquête des marchés publics de transport. Ils ont donc proposé une offre qui cassait les prix, en offrant notamment au Conseil général de baisser sa subvention annuelle de 1 million à 450.000 euros. A l’époque, la Compagnie Océane expliquait vouloir pratiquer d’importants efforts commerciaux pour faire progresser la fréquentation des touristes », affirme Claude Huchet, secrétaire général de CFDT Bretagne Oceans. Force est de constater que cela fut loin d’être le cas. Les chiffres 2012 font état d’un recul de 45.000 passagers et d’une perte nette de 1.2 million d’euros. 2011 avait déjà vu une perte de 600.000 euros. « Nous avons alerté le Conseil général à plusieurs reprises. Il nous paraît évident que la Compagnie Océane avait sous-estimé les frais d’exploitation ainsi que les frais d’entretien des navires ». Là où, auparavant, le délégataire n’était en charge de l’entretien courant des navires, Veolia a rajouté, à sa charge, le coût des gros travaux et arrêts techniques, un poste budgétaire important sur une flotte pour partie vieillissante. La construction d’un nouveau navire, évoquée de longue date, n’a d'ailleurs toujours pas été annoncée, la commande étant espérée en fin d'année. "

Quant à Yves le Brien, conseiller général de gauche du Canton de Belle-Ile, il applique sur place le réalisme gouvernemental :

« Océane affiche un déficit qui se creuse d’année en année. Il faut lui trouver un successeur pour la prochaine DSP [Délégation de service public]. D’où l’idée du Conseil Général de modifier la tendance actuelle et de rechercher des économies en fin d’année. En diminuant le nombre de rotations. Le Conseil Général ne donnera pas plus qu’il ne donne actuellement... L’île d’Yeu ne connaît que deux rotations quotidiennes...En temps de crise, chacun doit réfléchir... » et d’inviter les bellilois à « mieux programmer leurs déplacements non urgents ». (source)

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Collectif citoyens de Groix : http://cocig.org/

Vivre à Groix : http://vivreagroix.fr/

Ile de Groix info : http://ile-de-groix.info/blog/

vendredi, 04 juillet 2014

Non à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes !

nddl.jpgLe 4 et 5 juillet se tiendra le grand rassemblement d’opposition au projet de l'inutile, du coûteux, du destructeur, du polluant et du mégalomaniaque aéroport quatre étoile de Notre-Dame-des-Landes. 

Cet aéroport transatlantique qui remonte aux "Trente Glorieuses" a été conçu pour feu le Concorde et a été ressorti des placards à la fin des années 90 par Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes. 

 Mensonges et manipulations

" Aujourd'hui, alors qu'il n'y a aucun problème de saturation ni de sécurité à l'aéroport actuel de Nantes-Atlantique et que le contexte ne favorise pas la croissance du secteur aérien, l'Etat, avec l'appui des élus locaux et régionaux (PS et UMP main dans la main sur ce dossier), a attribué la  construction et la concession pour 55 ans de cet aéroport soit disant HQE au groupe Vinci.

360 millions d'euros minimum d'investissement public y seraient  engloutis.

Paradoxalement, le besoin de cette nouvelle construction n'est en rien avéré et aucune alternative ni optimisation de la plateforme existante n'ont été étudiées... (Acipa)"

En mars 2012, dans Article 11 info, Jean-Pierre Garnier montrait que l’obsession des élus est de gérer les villes comme des entreprises et d’attirer toujours les mêmes en se fichant bien des autres :

«[…] les investisseurs d’une part, et la matière grise de l’autre. Autrement dit : les banquiers, les patrons de firme, les managers, les promoteurs, les cadres, les techniciens de rang supérieur. Il s’agit de dérouler le tapis rouge ou vert – développement urbain durable oblige – devant les exploiteurs et la petite bourgeoisie intellectuelle, grosse consommatrice d’évènements culturels.»

Pour nous faire avaler le projet de Notre-Dame-des-Landes il en faut des mensonges massivement matraqués.

En novembre 2012, dans son article du Canard enchaîné, " Vive l’aéroport quatre étoiles", Jean-Luc Porquet rappellait que tous les arguments présentés pour défendre le projet sont bidons :

" L’actuel aéroport n’a qu’une seule piste et serait bientôt saturé ?  Bidon, celui de Genève aussi n’a qu’une seule piste. Il faut soulager les habitants de Nantes du bruit des avions qui la survolent parfois aujourd’hui ? Bidon, le périph’ fait bien plus de bruit. Il faut récupérer les terrains de l’actuel aéroport pour étendre Nantes ? Bidon, puisqu’il continuera de fonctionner, étant situé juste à côté de l’usine d’Airbus, qui reçoit ses pièces détachées par avion et n’a pas la moindre intention de déménager. " Jean-Luc Porquet

Vive l'aéroport quatre étoiles ! J-L Porquet

cliquer sur l'image

> Jean-Pierre Garnier : « Aujourd’hui, on attend d’un maire qu’il gère sa ville comme une entreprise » Article 11

" Vive l'aéroport quatre étoiles!" Jean-Luc Porquet - Le Canard enchaîné.

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Si vous avez manqué le début et les suites de ce feuilleton :

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleZad.nadir.org, animé par les zadistes

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleAcipa, animé par l’Association citoyenne intercommunales des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleUn dossier complet de Reporterre sur la bataille de Notre Dame des Landes.

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Notre-Dame-des-Landes ... "Au cœur de la lutte »


NOTRE-DAME-DES-LANDES ... Au coeur de la lutte... par lagoradeBretagne

Un document militant réalisé par Christophe Kergosien et Pierrick Morin
"A l’arrache production"

l’Agora de Bretagne : http://www.lagoradebretagne.fr/
Durée : 1 h 10

" Christophe Kergosien et Pierrick Morin sont des militants écologistes, en aucun cas des professionnels du cinéma. Ils travaillent tout deux par ailleurs. Il y a moins d’un an, ils ouvrent un blog, l’Agora de Bretagne, avec un objectif : valoriser par l’image les actions de terrain. Leurs films, entretiens, reportages, réalisés à leurs frais et sur leur temps libre, sont systématiquement libres de droit. "

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« Tous Camille », Notre-Dame-des-Landes

Isabelle Rimbert

http://www.isabellerimbert.com/tous-camille-notre-dame-des-landes/

"...je demande à la personne de m’emmener sur un lieu de la Zad qu’elle aime tout particulièrement. Là, je fais un portrait. Puis je photographie le lieu. Enfin, je pose une question : pourquoi es-tu ici, dans ce combat?...

Autant de visages, de paysages, de raisons de lutter, chacun apportant sa pierre à l’édifice."

(projet en évolution...)

                                                                                                                        Julien, 66 ans.

Né à NDDL, agriculteur retraité, proche de la Confédération Paysanne. Porte-parole de l’ACIPA.

 « En 1973, quand on a eu connaissance du projet, j’étais jeune paysan. Ce que j’ai voulu défendre et que je défends toujours, c’est la conservation des terres comme outil de travail. Ici, c’est un rendez-vous citoyen de lutte, dans le but de conserver intacte cette terre nourricière. C’est aussi une autre vision de la société que l’on défend. Il y a un virage à prendre pour voir émerger un monde meilleur ».

dimanche, 15 juin 2014

Soutien aux cheminots et aux intermittents du spectacle

Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

SOUTIEN AUX CHEMINOTS ET AUX INTERMITTENTS DU SPECTACLE

Le 15 juin 2014.

3992716853.pngLe Conseil national du M’PEP réuni les 14 et 15 juin salue le combat des cheminots et des intermittents du spectacle et soutient leur mouvement de grève.

Les travailleurs de la SNCF mènent le combat pour le rétablissement d’un grand service public du transport en s’opposant à la réforme que veut imposer le gouvernement avec la complicité de tous les partis de gouvernement. En éclatant la SNCF en trois EPIC distincts il prépare sa privatisation et l’ouverture à la concurrence, synonymes d’augmentation des prix, d’atteinte à la qualité du service et à la sécurité, voire de sa disparition dans les zones rurales « non-rentables », de dégradation des conditions de travail des personnels.

En imposant cette réforme, le gouvernement se conforme une fois de plus aux injonctions du Conseil européen qui « RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2014-2015 :[…] dans le secteur ferroviaire, à garantir l’indépendance du nouveau gestionnaire unique des infrastructures à l’égard de l’opérateur historique et à prendre des mesures pour ouvrir le marché intérieur du transport de passagers à la concurrence avant 2019 ». C’est l’application des directives européennes qui conduit à la privatisation du système ferroviaire français."

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Quant aux intermittents du spectacle, c’est la culture vivante qu’ils défendent face au MEDEF et aux grosses entreprises du spectacle et de l’audiovisuel. En défendant leur régime, c’est le principe même de l’indemnisation chômage qu’ils défendent, que le patronat voudrait supprimer au prétexte d’améliorer la compétitivité. On veut maintenir les intermittents dans un état de précarité matérielle et morale, refusant de reconnaître leur rôle essentiel dans le développement d’une culture ouverte à tous.

Le combat engagé par les cheminots et les intermittents ne doit pas rester isolé. Pas plus que toutes les luttes que mènent tous les jours des travailleurs pour la défense de leurs salaires, de leurs conditions de travail, de leur emploi, sans que les médias à la solde des classes dominantes en parlent.

Le M’PEP appelle à soutenir les travailleurs et les citoyens en lutte et à créer partout les conditions de la victoire sur les classes possédantes, en imposant la souveraineté populaire et en se libérant de l’Union européenne."

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Manifestation des intermittents le 16 juin 2014.


Manifestation des intermittents le 16 juin 2014... par franceculture

vendredi, 06 juin 2014

Le PS et les exigences de la mondialisation

ps-medefEn 2013, La réforme territoriale était testée en Alsace où elle fut soumise à référendum : elle fut rejetée massivement par les Alsaciens. Le gouvernement Hollande, dans son projet de réforme territoriale, va donc logiquement se passer de l’avis des citoyens français. Mais il a déjà l'appui du MEDEF qui approuve une réforme qui "doit conduire à plus de compétitivité pour les entreprises et leurs salariés."

Il y a déjà quatre ans, Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, exprimait la pensée profonde du PS quant aux réformes à venir :

« Si une collectivité devait disparaître, à long terme ce serait é évidemment le département. Non parce qu’il gère la proximité (au contraire) mais parce qu’il est devenu, en fait, le refuge du jacobinisme. C’est là que s’installent les services de l’État pour se développer. » Avant d’ajouter : « Il m’est très facile d’imaginer une cosmogonie institutionnelle dans laquelle il y aurait l’Europe, directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité. »

La suite de la logique est révélée par Emmanuelle Cosse (EELV) : le but de l’Europe est de faire disparaître les États-nations." (M'PEP)

Troadec, le bouillant et médiatique "hérault des bonnets rouges" est le fondateur du groupe autonomiste En Avant Bretagne, dont la profession de foi se veut évidement " ni de droite ni de gauche" :

" L’insertion dans la mondialisation est la clé du développement. Les États-nations sont désormais dépassés, leur cycle électoral court, et leur vision territorialement fermée sont en contradiction avec les enjeux mondiaux et de long terme..."

De quoi jeter à bas les terribles carcans des conventions collectives, du code du travail, et de ces réglementations "jacobines" qui sont les bêtes noires des multinationales - comme bon nombre d'acquis démocratiques et sociaux attachés à l’État-nation.  De quoi substituer le contrat à la loi. De quoi exacerber la concurrence entre les territoires " bassins-d'emploi".

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Les syndicats des services publics FSU, FO et CGT s’inquiètent des conséquences de la réforme territoriale sur la situation des milliers d'agents des régions et départements et sur l’avenir des services publics locaux.

siteon0-dc90f.gif" La CGT conteste les finalités de cette nouvelle architecture institutionnelle. Elles s’inscrivent dans la logique mortifère de l’austérité et de la compression des dépenses publiques qui affectent toutes les administrations publiques : État, collectivités locales et hôpitaux ... Et plus généralement tous les services publics. Elles répondent aux vœux de la Commission européenne qui reste vigilante sur la mise en œuvre du programme de stabilité imposé à tous les États dont la France.

L’accélération dans la mise en œuvre de cette réforme et l’absence de démocratie sociale et citoyenne dans son élaboration puisent leurs racines dans la recherche de financement des 50 milliards d’euros du « Pacte de responsabilité », dont 11 milliards d’économies demandées aux collectivités locales. Cette compression de la dépense publique et les réorganisations de services auront des conséquences sociales et professionnelles sur les fonctionnaires et les agents publics touchés de plein fouet.

Par ailleurs, quels sens et contenu donner à la création de « maisons de services au public » dans un contexte de réduction des moyens dévolus aux services publics ? Une nouvelle fois, ce sont les salariés et les populations qui vont subir la satisfaction des désidératas du patronat et des actionnaires. "

>   Réforme des territoires - Grand Monopoly et déficit démocratique

fo.jpg" Pour la fédération FO des personnels des services publics et des services de santé, la forme et le fond sont condamnables.

La forme : alors qu’il s’agit d’un redécoupage profond de la République, nous assistons à un véritable marchandage pour savoir quelle Région sera associée à telle autre Région. Cela donne un spectacle d’une distribution de baronnies où les équilibres d’ordre politique prennent le pas sur toutes autres considérations.

Le fond : la diminution du nombre de Régions, pour soi-­disant atteindre une taille critique compatible avec l’Europe, n’obéit qu’à des motivations d’ordre économiques et financières. Tout cela s’effectuant dans un contexte d’austérité et de réduction de 54 milliards des dépenses publiques. La réponse aux besoins des citoyens est totalement absente. L’extension des compétences des Régions y compris réglementaires morcèle toujours plus l’unité de la République et l’égalité républicaine. Selon la Région, les citoyens ne seront pas traités de la même façon !

Quel avenir pour 82 000 agents territoriaux concernés ?"

>  Non à la République des baronnies ! Communiqué FO Services publics et de santé

 siteon0.jpg?1399455110" Cette accélération de la réforme territoriale renforce l’idée qu’elle échappe à tout débat démocratique. Elle heurte même le processus engagé avec l’actuel avant-projet de loi. Autant d’occasions ratées d’un bilan de décennies de décentralisation, d’un rendez-vous autour des questions sur les rôles de l’État et des collectivités territoriales. Or, cette réforme mérite au contraire le nécessaire temps du débat. D’autant qu’elle exige le consensus le plus large dans la société.

"La FSU souhaite que toute nouvelle réforme territoriale permette de clarifier et définir la répartition des compétences réciproques ce qui est utile aussi bien aux usagers qu’aux personnels ; de clarifier la gestion financière et administrative ; de traiter les éléments de fiscalité et aussi de la péréquation financière en particulier entre les régions ; de respecter le pouvoir des citoyens or quid d’un lieu de démocratie locale dans ce projet et de conforter le rôle et les missions des services publics et des personnels."

> Réorganisation territoriale : un enjeu pour les Services Publics !

mardi, 06 mai 2014

Le bel horizon du PS : suppression des départements

Des zones urbaines riches
et des zones pauvres à leur périphérie

départements,décentralisation,ps,droite,gaullisme,mitterand,valls, Ain, Allier, Côtes d'Armor, bretagneLe président (PS) du Conseil général de l'Ain, Rachel Mazuir, s’est exprimé lors de son discours d’ouverture à la séance d’avril contre la suppression des départements annoncée par Manuel Valls.  La présence d’une collectivité de proximité comme le Conseil général se justifie pleinement sur un territoire semi-rural : " Aucune grande région, aucune intercommunalité rurale même densifiée, ne saurait répondre avec efficacité et lisibilité à la grande majorité des missions départementales ".

Le groupe majoritaire (PS et divers gauche) du conseil général a déposé un" vœu " contre la suppression des départements. Ce vœu a été approuvé à l’unanimité. Bernard Perret (UMP, Viriat), s'adressant aux élus du PS a noté :" l’incohérence de votre mouvement qui va à l’encontre de votre propre représentation nationale". Et d’ironiser sur le fait que " dès 2015, les nouveaux élus vont plancher sur la suppressions de leurs cantons ".  la suppression des départements est prévue à l’horizon 2021.

"Nous ne sommes pas 43 ringards !"

Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton (PS), qui est aussi président du conseil général des Côtes d'Armor, avait déjà annoncé début avril que les départements de France "mettront tout en œuvre dans les jours qui viennent pour démontrer la pertinence de leur existence pour nos concitoyens", et "prouveront que leur disparition n'engendrera pour la dépense publique aucune économie substantielle". il a également rappelé une évidence : " ce n'est pas en supprimant les 4 918 conseillers généraux qu'il résoudra l'équation des 11 milliards d'euros d'économies demandées par le gouvernement aux collectivités territoriales. Si les dépenses des départements augmentent, c'est qu'ils sont en charge de l'action sociale qui, en période de crise, ne cesse d'augmenter. ( Le Monde) 

En 2013, selon la Cour des comptes,  les dépenses sociales,  du fait des transferts de compétence réalisé par l’État, représentent près de 65 % du budget de fonctionnement du département qui gère l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), le revenu de solidarité active (RSA), la prestation de compensation du handicap (PCH). 

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Début avril, Jean-Paul Dufrègne (PC),   président du Conseil général de l’Allier, avait réagi à l’annonce de la suppression des conseils départementaux: 

"Ancien Maire d'Evry, Manuel Valls est un urbain, il pense urbain, il vit urbain... Nos élites sont majoritairement urbaines.
Quelques grandes métropoles, suppression des départements et le tour est joué!
Cela dénote d'une grande méconnaissance de la France et de sa richesse avec son espace rural maillé autour de petites et moyennes villes qui assurent un équilibre, une complémentarité....et un espoir de qualité de vie.
Notre démarche autour des Nouvelles Ruralités avec mes collègues de la Nièvre, du Cher, de la Creuse et de 30 départements qui nous ont rejoints est plus que jamais d'actualité.
C'était une démarche, ça doit devenir un combat !"

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Ainsi, de coup de Jarnac en coup de Jarnac, la décentralisation gaulliste - version Mitterand - continue son petit bon homme de chemin : un désengagement continu de l’État avec  un transfert de ses nombreuses compétences aux régions qui  peuvent de moins en moins les assumer (surtout pour les plus pauvres): les dotations de l’État aux collectivités locales sont systématiquement revues à la baisse. 

Le département n'est pas adaptée à l'insertion dans la mondialisation, des régions remodelées sont l'avenir du capitalisme.

" L’insertion dans la mondialisation est la clé du développement. Les États-nations sont désormais dépassés, leur cycle électoral court, et leur vision territorialement fermée sont en contradiction avec les enjeux mondiaux et de long terme..." En Avant Bretagne, de Troadec  

Pour la Bretagne, le futur c'est donc la " création d'une assemblée de Bretagne", qui fusionnerait le conseil régional et les conseils généraux autour d'une collectivité unique avec un  budget évalué à 5 ou 6 milliards d'euros. Joie de la province d'Ancien régime !

Avec L'acte III de la décentralisation promis par le candidat Hollande, le PS aura pris son temps pour se mettre en accord avec ses arrière-pensées.

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La voix de leur maître

De Gaulle, TIM

caricature de la France gaulliste par TIM

Charles De Gaulle, à la tête de sa monarchie républicaine, considérait que le département et la commune étaient des circonscriptions inadaptées aux exigences du capitalisme et se posait en défenseur d'un retour aux provinces d'Ancien régime.

Cet impérieux progrès ne pouvait voir le jour qu' en s'affranchissant de l’État nation : ce qu'il rêvait - et qui lui coûta sa place lors du référendum du 27 avril 1969 - la gauche le réalise petite à petit depuis 1981. De manière apparemment indolore et avec la bénédiction de tous - ou presque.

De Gaulle dans le texte :

" Comme il se trouve que les anciennes provinces ont conservé leur réalité humaine, en dépit de leur officielle abolition, il n’est que de les faire renaître sur le plan économique, par-dessus les départements, sous la forme et le nom de régions, chacune ayant la taille voulu pour devenir le cadre d’une activité déterminée "

« L’évolution générale porte, en effet, notre pays vers un équilibre nouveau. L’effort multiséculaire de centralisation, qui fut longtemps nécessaire à notre pays pour réaliser et maintenir son unité malgré les divergences des provinces qui lui étaient successivement rattachées, ne s’impose plus désormais. Au contraire, ce sont les activités régionales qui  apparaissent comme les ressorts de sa puissance économique de demain ».

Discours sur la réforme régionale, Lyon, 24 mars 1968

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Ain. La fronde du Conseil général contre la suppression des départements- Le Progrès.

>   Réforme territoriale : les conseillers généraux ne veulent pas être sacrifiés ; Par Eric Nunès Le Monde.fr | 02.05.2014 à

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