24.08.2009

Moustachapeau

NC3.gifDans la famille Napoléon, le premier  (qui s'acheva à Waterloo) avait un petit chapeau ;  le second  (le numéro III qui finit à Sedan ) s'était choisi une grosse moustache :

"Il avait un’ moustache énorme,
Un grand sabre et des croix partout,
Partout, partout !
Mais tout ça c’était pour la forme,
Et ça n’servait à rien du tout,
Rien du tout
"
(le Sire de Fisch ton Kan )

Hitler opta aussi pour la moustache comme accessoire. Epaisse dans ses débuts, il lui fit un sort et la trancha net en 1922,  en même temps qu'il choisissait l' emblème de la svatiska. Mais il ne portait pas de chapeau melon.

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> "La moustache d'Adolphe Hitler, un plus-de-jouir qui ne serait pas de semblant ?" Thierry Florentin - le site  Freud-lacan.com

 

02.08.2009

Grasse matinée & jeu de langue

Boby Lapointe
"Grimace ratatinée en rime à grasse matinée"

T'en souvient-il, tordu, la grasse matinée
Que tu vécus un jour de Mars en Gâtinais?
Dans ce buffet de gare estaminet,
De désir une vieille garce t'animait
T'offrant son trou en disant: "Grattes ça, minet"
Ton pied que tu enfouis jusqu'au tarse, gaminet
Fouillait jusqu'à son épigastre, marinait
Mais chez ces vieux boudins l'organe tard s'y met
A réagir et vrai l'orgasme tard y naît,
C'est pourquoi ces foutues pétasses graminées
Recherchent des méchants aux xames gratinés
Mais youpi ! tout soudain ta braguette s'animait
Et jaillissant ton gros cigare se mâtinait
De violet, étalant sa masse gratinée
Pour gicler d'un jus clair trois grammes satinés,
Puis, "pof", s'affaler, fugace martinet
Qui fit dire au vieux tas: "Ma grâce t'a miné."
Ouais, elle est gratinée, ta grasse matinée.

26.03.2009

Masque

Musée du Quinquennat
Salle du Carnaval permanent

Masque du génie Ashâ ( au grand pouvoir)
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Le masque en peau de chagrin est teinté en bleu de Prusse et porte les cornes du "KoKu magnifique" un des avatars du génie Grandet (autre nom d'Ashâ).  Dans  le petit chapeau haut-de-forme blanc de prestidigitateur mijotent à l'étouffée lapins nains, albinos aux yeux rouge et pigeons  qui  servent d' amuse-gueules pour  la  Grande Bouffe.  Les cheveux, tressés au coin  du feu,  sont en corde de pendu bleu cyanose qui, mieux que le caca canin, porte bonheur.
Au revers du masque, quelques vers où l'on croit lire comme un mode d'emploi à l'usage du porteur  :
" Aussi, vois ce souris fin et voluptueux
Où la Fatuité promène son extase ;
Ce long regard sournois, langoureux et moqueur ;
Ce visage mignard, tout encadré de gaze"
Les yeux du masque, protégés derrière le binocle en acier  chromé, ont la faculté de se mouvoir indépendamment l'un de l'autre et  donnent à voir au porteur deux images distinctes. Cette particularité entraîne rapidement des déformations des  cerveaux, la langue qui ne peut plus visée précisément est alors jetée n'importe comment et  souvent n'importe où.  Heureusement que Dame Nature, bonne fille, laisse toujours traîner à sa portée  une grasse mouche pour l'occuper.

Une bonne figure de Jocrisse

« Le matin, l’on s’est pris par le bras et gaîment s’est rendu au bazar le plus proche.
"Avez-vous un masque bien comique pour moi ?", avait demandé le jeune plombier. Et l’on s’était mis à farfouiller dans tous ces masques en carton, faces livides ou rubicondes, aux types excentriques, aux expressions ridicules, les essayant les uns après les autres, hésitant, discutant, se concertant et ne se décidant jamais, au plus grand énervement du commis qui souriait d’un air de pitié.
Enfin, l’on s’était arrêté à une bonne figure de jocrisse dont les yeux étaient louches, dont la bouche riait niaisement jusqu’aux oreilles, et dont la trogne articulée serpentait ridiculement dans l’air. »

La Mi-carême de Georges Feydeau

24.03.2009

Tontons macoutes

Musée du Quinquennat
Le dictionnaire de la droite

Tontons macoutes, c'est le terme employé il y a peu par Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l'UMP, pour qualifier les militants des organisations qui composent le LKP. Il a  également comparé  la grève, les  manifestations,les barrages et tout ce qui constitue un mouvement social de cet ampleur et de cette durée à  des opérations de type mafieux.

En Haïti, "Tontons macoutes" est l'autre nom donné à la milice les Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN), groupe paramilitaire et  police parallèle  du régime  de  François Duvalier, surnommé Papa Doc, ancien dictateur de Haïti, et  qu'il léguera à son fils et successeur Jean-Claude Duvalier dit Bébé Doc, lui même dictateur.
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Pour maintenir le pouvoir des Duvalier en place, les "Tontons macoutes" auront fait régner la terreur  pendant près de 30 ans en pillant,  en torturant et en excécutant les  opposants  à la dictature.

On voit à quel point
la comparaison de Lefebvre est particulièrement  insultante et imbécile.

Jean-Claude Duvalier,  qui a du se démettre et quitter Haïti le  7 Février 1986, s'était  exilé en France avec sa famille où il a été accueilli
sans être inquiété le moins du monde. Un exil qui devait être doré, puisqu'il avait déposé dans des banques suisses une petite fortune  heureusement  bloquée à la demande du gouvernement Haïtien.
Le 12 février dernier, l'Office fédéral de la justice (OFJ) a ordonné la restitution  aux Haïtiens de ces fonds, soit plus de 4,6 millions d'euros d'avoirs bancaire, dont l'origine légale n'a jamais pu être prouvée et qui devraient aider à financer des projets de développements si des recours douteux ne l'empêche pas.

Voilà pour le macoutisme, sa violence et ses opérations de type mafieux.

 

 

10.03.2009

M comme microbe

Poésie en rire microbien
Paul-Jean Toulet
Contrerimes - 7-

Le microbe : Botulinus
Fut, dans ses exercices,
Découvert au sein des saucisses
Par un Alboche en us.

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Je voudrais, non moins découverte,
Floryse, que ce fût
Vous que je trouve, au bois touffu,
Dormante à l'ombre verte;

Si même l'archer de Vénus
Des traits en vous dérobe
Plus dangereux que le microbe
Nommé : Botulinus.

                                 
Paul-Jean TOULET (1867-1920)
Recueil : Contrerimes, 1921

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07.03.2009

Attention MIMOPHANTS !

Zoothèque

Mimophant : Cet animal hybride, inventé par l'écrivain Arthur Koestler, est un  croisement entre un mimosa et un éléphant. Il possède  la sensibilité d'un mimosa lorsqu'il s'agit de ses propres sentiments mais l'épiderme "dur à cuire" d'un éléphant lorsqu'il piétine ceux des autres.  Comme sa morale, on voit que la sensibilité du MIMOPHANT est à géométrie variable, et surtout à sens unique. Le mimophant est un pervers : l'autre n'est pour lui qu'un objet.

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Attiré par le parfum capiteux du mimosa suave comme une senteur de doigts potelés grattant une gorge voluptueuse, un éléphant, tel un putto ailé, fait un point fixe dans la position dite du " Saint Esprit" et, dans cet exercice périlleux, laisse sa trompe pendule  ballotter comme une cuillère molle pour faire le point.
Bientôt il se ruera sur le bouquet comme la vérole sur le bas clergé, et ce ne seront plus que barrissements et nuages de  pollen culbutant  les préciosités  de  ce tableau pastel peint main, car la nature adore rigoler un bon coup.

21.02.2009

Le martinon

Zoothèque
Les bêtes à rigolade

La physionomie du martinon Elysée-Neuilly a  ceci de particulier que lorsqu’on le jette dans les airs, il descend se poser sur le sol dans un mol abandon sans plus se blesser qu’un parachute de soie, puis il rebondit car en sus d’être creux il est caoutchouteux, ce que lui envie le hérisson qui n’a pas cette disposition pneumatique. Mais qu'est-ce que le hérisson, si ce n'est une châtaigne  ?
Nous dirons seulement, pour revenir à ces deux avantages, qu’une fois mort on l’enfile aisément à la manière d’une mitaine  et qu’il figure l’ "Homme-de-paille " ou le " Porte-parole" ou encore le  "Consul général" -  personnages  à gaine - au nouveau Théâtre de Guignol.

Les lèvres du goulu martinon Elysée-Neuilly  sont aussi lourdes qu’épaisses, ses dents chevalines jaunissantes attaquent dur,  les poils permanentés de la tête sont semblables à de l’herbe séchée que sépare une raie de bedeau dont il possède la voix, l’œil trouble et le regard louche ;  il n’a point d’assiette et possède pour unique arme de défense sa langue molle  et collante. C'est peu.
Autant la Nature nous a paru vive, agissante, exaltée, dynamique  dans le marsupilami, autant elle est alanguie, musarde, pataude, contrainte, étranglée, et rétrécie dans le martinon,  moins par une disposition particulière  que par  vice dans la conformation.

Vivant, son  instinct le pousse à  ne point fuir la présence des hommes dont il recherche avec gourmandise les suffrages.  Il est de nature très domestique - encore que moins courageux que le bœuf. Comme tant d'autres bêtes, on l’apprivoise aisément en lui flattant la croupe et ses annexes.
On l'a vu déjà  vu en compagnie du Sarkopète cranté.
La bête est susceptible d’éducation à peu de frais car elle imite avec promptitude  les traits de caractère et les tics de son maître, pour peu que celui-ci caresse sa vanité qui est énorme dans le sens du poil. Et l’on  a vu des martinons assez bien dressés pour faire curiosité de spectacle avec les difformités du vice grimaçant la vertu.
Cependant ses pitreries, cause de son succès ici, font que bien des personnes ne le supportent pas tant elles leur rappellent continûment le modèle; alors le prestige s’évanouit, le scandale seul reste. On le remise vite dans les lointains.
Enfin, des auteurs l’ont comparé à certains animaux du cirque comme l’otarie, le caniche, la perruche, le singe ou encore le lapin albinos des numéros de prestidigitation;  c’est un abus, car le martinon sait se bien tenir dans les cocktails et  la conversation, tandis que sa viande est immangeable ce qui nous le rend plus humain encore.

Je ne me suis un peu étendu sur un sujet sur lequel il n’y a rien à dire que pour tâcher de passer le temps, mais aussi pour montrer un rayon de la vérité qui perce le nuage et dissipe l’illusion.

Bouffon
La Nouvelle Histoire Naturelle. L"Histoire Naturelle des quadrupèdes et serpents politques.

L'édition en ligne de Buffon, sur le site http://www.buffon.cnrs.fr >>

rediff du 11 février 2008

14.12.2008

M comme Morgue

Dimanche, jour de la poésie !

Le mot quinquennal,
je l'avais depuis longtemps sur le bout de la langue.
Sale goût.
 
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Vente à la criée de la travailleuse
 
Compliment à la contre-réforme
Bancal comme elle et aux rimes absentes comme sa raison

La morgue vous  pend au nez
La  cervelle s’ échappe du museau
Et regarde avec plein de morgue
Et  goutte par les yeux
Chiasseux

Morgue au coin des lippes
Baveuses

Et nous  figurants 
anonymes 
sous vos regards
dévisagés
Sous vos scalpels
Fouillés
N’avons qu’à fermer notre gueule
Comme à la morgue.

Ou vous vomir
Parce qu’on  vit
Et que vos morveux cadavres
Sautillants
Gavés
Puent  la mort.

10.12.2008

M comme Mascrotte

Marini - un si joli nom ! - s'attaque aux parents isolés.

Un nouvel amendement du sénateur de l'Oise prévoit de supprimer la demi-part supplémentaire accordée à un parent ayant vécu seul avec un enfant à charge lorsque ce dernier a 26 ans. (Auparavant les parents isolés bénéficiaient de cet avantage fiscal à vie.)

Cet amendement a été évidemment adopté par la majorité dans la nuit de lundi à mardi avec le soutien du gouvernement. Car dans la lutte des honteux et odieux privilèges indus, ce gouvernement  et ses  alliés sont à la pointe du juste combat.
La précédente défense et illustration des petits gros porteurs ayant fait pschit,  tous ont  décidé de se venger sur les isolés conjugaux qui coulent la France.
Ainsi Eric Woerth a déclaré, en agitant un gros mot à l'adresse du sénateur:  "Votre proposition est une mesure de justice, des contribuables continuent de bénéficier de cette demi-part alors que leur enfant déclare ses revenus séparément." Au bûcher !


Marini est ce qu'on appelle une mascrotte, le mot est rare, j'en conviens, encore qu'attesté par les meilleurs auteurs ici et là.
La mascrotte
est le fruit complexe des amours bénévoles d'une faute de petite frappe et d' un ange garde-mobile de  philosophie libérale dont les sexes réciproques, pour peu qu'on mette la main gauche dessus après les avoir trouvés, portent bonheur, joie, félicité et eczéma purulent. Méfiance donc.

A ce stade, le passionné d'héraldique communal qui milite pour la rénovation de son art,  mais que fleur de lys et hermine gavent, et qui déciderait d'armorier la mascrotte sur le blason néo-gothique de sa ridicule paroisse où vécut un Noble Chevalier  et une Noble Dame,  se penchera avec délice sur la machine pédagogique ci-jointe, signalée par Bar, le dessinateur bien connu,  qui a réussi à saisir un des moments rares où l'homme va confiant à la rencontre de l'Idée.

09.11.2008

Le mange-serure

Henri Michaux
 
L'animal mange-serrure

Dans les couloirs de l'hôtel, je le rencontrai qui se promenait avec un petit animal mange-serrure. Il posait le petit animal sur son coude, alors l'animal était content et mangeait la serrure.
Puis il allait plus loin et l'animal était content et une autre serrure était mangée. Et ainsi de plusieurs et ainsi de quantité. L'homme se promenait comme quelqu'un dont le "chez soi" est devenu considérable. Dès qu'il poussait une porte une nouvelle vie commençait pour lui.
Mais le petit animal était si affamé de serrures que son maître devait bientôt ressortir à la recherche d'autres effractions, si bien qu'il trouvait peu de repos.
Je ne voulu pas faire alliance avec cet homme, je lui dis que moi ce que je préférais dans la vie, était de sortir. Il eut un grand regard blanc. Nous n'étions pas du même bord, voilà tout, sans quoi j'aurais fait alliance avec lui. Il me plaisait sans me convenir.
 

Henri Michaux, « L’animal mange-serrure »,
Plume précédé de Lointain Intérieur,
Paris, Gallimard, 1963, Rééd. Poésie/Gallimard, p. 22.

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