dimanche, 22 juin 2014

F comme Foi

La foi : une incrédulité soumise

 Voltaire, le Dictionnaire philosophique
Article Foi, sectionII
 

3992716853.pngLa foi divine, sur laquelle on a tant écrit, n’est évidemment qu’une incrédulité soumise; car il n’y a certainement en nous que la faculté de l’entendement qui puisse croire, et les objets de la foi ne sont point les objets de l’entendement. On ne peut croire que ce qui paraît vrai; rien ne peut paraître vrai que par l’une de ces trois manières, ou par l’intuition, le sentiment, j’existe, je vois le soleil; ou par des probabilités accumulées qui tiennent lieu de certitude, il y a une ville nommée Constantinople; ou par voie de démonstration, les triangles ayant même base et même hauteur sont égaux.

La foi n’étant rien de tout cela ne peut donc pas plus être une croyance, une persuasion, qu’elle ne peut être jaune ou rouge. Elle ne peut donc être qu’un anéantissement de la raison, un silence d’adoration devant des choses incompréhensibles. Ainsi, en parlant philosophiquement, personne ne croit la Trinité, personne ne croit que le même corps puisse être en mille endroits à la fois; et celui qui dit: « Je crois ces mystères, » s’il réfléchit sur sa pensée, verra, à n’en pouvoir douter, que ces mots veulent dire: Je respecte ces mystères; je me soumets à ceux qui me les annoncent; car ils conviennent avec moi que ma raison ni la leur ne les croient pas; or, il est clair que quand ma raison n’est pas persuadée, je ne le suis pas: ma raison et moi ne peuvent être deux êtres différents. Il est absolument contradictoire que le moi trouve vrai ce que l’entendement de moi trouve faux. La foi n’est donc qu’une incrédulité soumise."
 

mercredi, 10 novembre 2010

La fuite du général

- La "chienlit " -

 de gaulle

Le 29 mai 1968, en  pleine "chienlit " et  à l'insu de tous, le général de Gaulle tire sa révérence et part en voyage, disparait, fuit en Allemagne dans une enceinte militaire. Il veut s'assurer du soutien de l'armée face à ce mai qui secoue son pouvoir.

En France la droite et son régime ne sont plus à la fête :

  • Les accords coupe-feu de Grenelle, négociés  dans l'urgence par les représentants du gouvernement Pompidou, des syndicats et des organisations patronales sont rejetés par la base ne mettent pas fin à la grève. ( Le Grenelle de Mai 68 : Où va la CGT ? );
  • Le 28 mai, François Mitterand fait une conférence de presse où il annonce sa candidature à la présidence de la République et son choix de Mendes-France comme premier ministre.  Waldreck Rochet demande la participation des communistes au  Gouvernement;
  • le mercredi - jour du conseil des ministres - une  manifestation est organisée par la CGT. La coupe est pleine : de Gaulle  ajourne le conseil des ministres et disparaît à Baden-Baden pour 24 heures, laissant planer un doute sur la continuité du pouvoir.

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Arrivé au camp militaire de Baden, de Gaulle  rencontre  le général d'armée Massu, commandant les forces françaises en Allemagne ainsi que le gouverneur militaire de Metz,  commandant la VIe région militaire.

Le haut niveau de préparation du grand stragège et tacticien n'est pas au rendez-vous, comme le rapporte son ancien aide de camp François Flohic :

[...] Je téléphone à Massu :
" Nous sommes là.
- Qui nous?
- Le Général et Mme de Gaulle.
- Laisse-moi cinq minutes, je faisais la sieste à poil sur mon lit."

On saura plus tard qu'il avait reçu la veille le maréchal Kochevoï, commandant des troupes soviétiques en RDA. La soirée avait été plutôt arrosée!

Je constate alors que Philippe de Gaulle et sa famille nous ont rejoints. Depuis le putsch de 1962, le Général craignait qu'on prenne les siens en otage.

Le président apostrophe Massu: "Tout est foutu! " Le baroudeur lui répond du tac au tac: "Un homme de votre prestige a encore des moyens." Une conversation d'une dizaine de minutes entre les deux hommes s'ensuit.

15 h 20. Le chef de l'État m'interpelle: "Que va-t-il se passer maintenant? Je ne suis plus en France, le Conseil constitutionnel va constater ma déchéance."

Je tente de le rassurer: "Vous êtes encore en France, le pavillon tricolore flotte sur la pelouse et vous détenez la majorité au Conseil constitutionnel, dont le président, Palewski, vous est fidèle."

les chefs militaires  consultés assurèrent le général de Gaulle de leur loyauté : le cas échéant l'armée garantirait  la sécurité des élections générales annoncées pour le 30 mai 1968.
Un plan prévoyait même  l'implantation d'un PC opérationnel a Verdun au cas où des troupes françaises ramenées d'Allemagne auraient à intervenir... (  "Une journée à Baden-Baden" L' Express - extraits)

- Réapparition du "Sauveur de la France" -

Rassuré par le soutien de l'armée et remis de ses émotions, de Gaulle réapparait le 30 mai. Dans une allocution radiodiffusée ( voir plus bas), il annonce la dissolution de l'Assemblée nationale car la démocratie façon Cinquième république ne supporte pas la moindre opposition.

Outre la menace agitée de dictature du peuple, la crainte panique du communisme, il y est également  fait mention du  référendum-plébiscite qui  lui coûtera pourtant son trône en  avril 1969.
L' utilisation  de ce procédé  par le général de Gaulle   lui permis pour une part de contourner les partis politiques et d'ignorer jusqu'aux parlementaires godillots d'un  parlement croupion.

Sur les conseils de Jacques Foccart, l'éminence grise africaine du général,  l'allocution radiodiffusée prévue pour 20 heures  est avancée à l6 h 30 de manière à permettre aux hésitants ralliés de rejoindre la manifestation de soutien  fixée à 18 heures.

Le parti de la crainte bien cornaqué y défilera  aux cris de : " Le communisme ne passera pas ! ", " Le drapeau, c'est bleu-blanc-rouge ! ", " La France aux Français ! ", " Liberté du travail ! ",  " Vidangez la Sorbonne ! ", " Cocos au poteau ! "...

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" Le fier cortège gaulliste " En partant de la gauche, le second est Jacques Foccart, au centre, levant les bras, Michel Debré, et à sa droite André Malraux. On distingue la tête de Gilbert Zemour entre ces deux derniers.

"Gilbert Zemour et toutes les anciennes barbouzes d’Algérie, les hommes de maître Lemarchand qui avaient combattu l’OAS après le FLN, étaient mobilisés. Le régime, Pasqua et Foccart en tête, craignaient une attaque armée des gauchistes. Gilbert et des dizaines d’autres, des voyous ayant été sortis de prison pour l’occasion, certains armés, avaient pour mission de veiller au grain, en nouveaux mercenaires du régime. C’est ainsi que le bon Gilbert (mort violemment en 1983 en promenant son chien), était à deux doigts de la tombe du soldat inconnu, avec la République entre ses mains." ( "Quand la pègre défilait, en Mai 68, aux côtés des gaullistes "- par Jacques-Marie Bourget)

> « Le pouvoir est dans la rue ». 30 Mai 1968  la « manifestation gaulliste » des Champs-Elysées - Frank Georgi - Revue  Vingtième Siècle. 1995  Vol 48- N°  48 -  pp. 46-60

L'allocution de de Gaulle

" L’intimidation, l’intoxication et la tyrannie."

de gaulle"Françaises, Français, étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine j’ai envisagé depuis vingt-quatre heures toutes les éventualités sans exception qui me permettraient de la maintenir. J’ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai, je ne changerai pas le premier ministre dont la valeur, la solidité, la capacité méritent l’hommage de tous. Il me proposera les changements qui lui paraîtront utiles dans la composition du gouvernement. Je dissous aujourd’hui l’assemblée nationale.

J’ai proposé au pays un référendum qui donnait aux citoyens l’occasion de prescrire une réforme profonde de notre économie et de notre université et en même temps de dire s’ils me gardaient leur confiance ou non par la seule voie acceptable, celle de la démocratie.

Je constate que la situation actuelle empêche matériellement qu’il y soit procédé. C’est pourquoi j’en diffère la date.

Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu’on entende bâillonner le peuple français tout entier en l’empêchant de s’exprimer en même temps qu’on l’empêche de vivre par les mêmes moyens qu’on empêche les étudiants d’étudier, les enseignants d’enseigner, les travailleurs de travailler.

Ces moyens, ce sont l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main en conséquence, et par un parti qui est une entreprise totalitaire même s’il a déjà des rivaux à cet égard. Si donc cette situation de force se maintient, je devrai, pour maintenir la République, prendre, conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays. En tout cas, partout et tout de suite, il faut que s’organise l’action civique.

Cela doit se faire pour aider le gouvernement d’abord, puis localement les préfets devenus ou redevenus Commissaires de la République, dans leur tâche qui consiste à assurer autant que possible l’existence de la population et à empêcher la subversion à tout moment et en tout lieu.

La France en effet est menacée de dictature. On veut la contraindre à se résigner à un pouvoir qui s’imposerait dans le désespoir national, lequel pouvoir serait alors évidemment essentiellement celui du vainqueur, c’est-à-dire celui du communisme totalitaire. Naturellement, on le colorerait pour commencer d’une apparence trompeuse en utilisant l’ambition et la haine de politiciens au rancart. Après quoi ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd. Eh bien non, la République n’abdiquera pas, le peuple se ressaisira, le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté. Vive la République. Vive la France! "

*

> La "disparition"du Général de Gaulle à Baden-Baden - La Provence.

> "De Gaulle rencontre Massu à Baden-Baden" Le Monde du 1er juin 1968.

15:35 Publié dans - Zectionnaire, > F, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de gaulle, baden-baden, mai 1968, fuite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 06 novembre 2010

Les Andouilles Farfelues

" Farfelues". C'est la réaction primesautière de l'Elysée, sollicité par l'AFP, aux révélations de Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard enchaîné, qui assure que Sarkozy superviserait personnellement l'espionnage de journalistes enquêtant sur lui.
C'est même très farfelu. Comment imaginer, en France, que la police secrète souhaite s'informer sur des journalistes ? Et comment imaginer que sur un sujet aussi anodin, la DCRI cherche à se couvrir en demandant des consignes précises à l'Elysée ?

>  "Surveillance des journalistes : qui pour espionner Le Canard ?"  Par Daniel Schneidermann, Fondateur d'@rrêt sur images - RUE 89

"Je ne vois pas en quoi cela me concerne."

Quant à Nicolas Sarkozy lui même,  interrogé vendredi dernier sur l'affaire des cambriolages des journalistes enquêtant sur l'affaire Woerth-Bettencourt a déclaré : "Je ne vois pas en quoi cela me concerne." Surprenant non ? Quand sa présidence est soupçonnée d'avoir organisé un Etat voyou,  quand des services de la République sont suspectés d'agir en dehors de la loi et de recourir à des barbouzes le chef de l'Etat répond qu'il n'est pas concerné. 

Logiquement on aurait attendu une réponse lapidaire fût-elle en langue de bois :que la liberté de la presse est essentielle, que de tels actes sont condamnables, que toute la vérité doit être faite ... etc ... etc … Au lieu de quoi écrit Edwy Plenel ... le Président de notre République a répondu que d'éventuelles atteintes à la liberté de la presse ne le concernaient pas.

> Thomas Cluzel - La revue du Web

Et pourtant...

Si l'Elysée dément l'information, le ministère de l'intérieur préfère "ne pas commenter" les affirmations du Canard. Mais la DCRI donne un autre son de cloche. L'entourage de son directeur, Bernard Squarcini, ne dément en effet pas totalement les affirmations de l'hebdomadaire satirique. Il précise que le directeur de la DCRI n'a "jamais eu d'instructions de Nicolas Sarkozy depuis que celui-ci est président de la République".

Mais il ne réfute pas la surveillance de certains médias : "La DCRI ne s'occupe pas des journalistes, mais, éventuellement, de leurs sources." Elle est "chargée, notamment, de la lutte contre le terrorisme, mais aussi de celle contre la compromission, ainsi que de la défense des intérêts de l'Etat. Lorsque des fuites interviennent à haut niveau dans un cabinet ministériel, il est de son devoir de s'en saisir. Elle a une structure hiérarchique – directeur général de la police nationale, directeur du cabinet du ministre – et lui rend compte de ses saisies d'initiative".

> "Espionnage de journalistes : une accusation "farfelue" pour l'Elysée" -   AFP

"L’Elysée et les journalistes : une affaire d’Etat"

Communiqué du Syndicat national des journalistes

Est-il exact que la DCRI (Direction centrale des renseignements intérieurs) est amenée à s’intéresser à tout journaliste qui « se livre à une enquête gênante » pour le Président de la République ou les siens, comme l’écrit le Canard Enchaîné dans son édition du 3 novembre 2010 ?

Est-il exact que c’est à la demande du procureur Courroye que des enquêteurs ont pu consulter les fadettes, factures téléphoniques détaillées, de deux journalistes du Monde travaillant sur l’affaire Woerth/Bettencourt, afin d’identifier leurs sources en violant délibérément la loi du 4 janvier 2010 sur la protection due à ces mêmes sources ?

Est-il exact que l’Elysée, courant juillet, aurait demandé à la DGPN, Direction générale de la Police nationale, de mettre fin aux fuites qui avaient abouti à la publication des informations en une du Monde des 18 et 19 juillet, en identifiant les sources des journalistes et violant ainsi cette même loi du 4 janvier .

A ces trois questions cruciales, vient s’en ajouter une quatrième : qui est le donneur d’ordres alors que trois cambriolages ont été perpétrés, de façon concomitante, à l’encontre des journalistes travaillant sur les affaires Woerth/Bettencourt ?

Interrogé par l’AFP sur le premier point, l’Elysée a parlé d’accusation « totalement farfelue ». Cette réponse n’est pas suffisante pour écarter des soupçons de plus en plus nombreux. Elle ne peut convaincre une profession dont la première mission est d’informer les citoyens, responsabilité qui prime sur toute autre.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, appelle tous les journalistes à rechercher activement les réponses à ces questions. Il demande à la profession de témoigner tout son soutien aux confrères inquiétés.

Quant à lui, après avoir décidé de sa présence en justice aux côtés de ses confrères, il compte bien saisir le Conseil supérieur de la Magistrature dès que possible. Il demande publiquement à la Garde des Sceaux de donner des explications et au ministre de l’Intérieur de faire le point sur les enquêtes en cours sur les trois cambriolages.

Interrogé sur ces mêmes cambriolages, Nicolas Sarkozy répondait à Bruxelles, le 29 octobre dernier : « Je ne vois pas en quoi cela me concerne. » Or il s’agit bien de menaces contre la démocratie que, constitutionnellement, le Président de la République, a pourtant mission de défendre.

La France, déjà reléguée au 44e rang mondial dans le classement sur la liberté de la presse (RSF/2010), risque-t-elle de devenir la lanterne rouge dans ce domaine symbolique de l’état des libertés publiques dans un pays démocratique ?

Paris - 3 novembre 2010

11:38 Publié dans - Zectionnaire, > F, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : farfelue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 29 mai 2009

Charlatan

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21:17 Publié dans - Zectionnaire, > C, > D, > F, > I | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voltaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 07 mars 2009

Le temps du Rat et du Fromage.

Musée du Quinquennat
Salle des fromages

"Un rat est une syllabe ; or un rat ronge du fromage, donc une syllabe ronge du fromage. Supposez que je ne puisse débrouiller ce sophisme, quel péril mon ignorance me suscitera-t-elle, quel inconvénient ? En vérité devrai-je craindre de prendre un jour des syllabes dans une ratière, ou de voir, par ma négligence, un livre manger mon fromage ? Ou peut-être y a-t-il plus de finesse à répondre : Un rat est une syllabe ; une syllabe ne ronge pas de fromage : donc un rat ne ronge pas de fromage."

Sénèque - Lettres à Lucilius

Lettre XLVIII. Que tout soit commun entre amis. Futilité de la dialectique.

jeudi, 17 janvier 2008

F comme Gloire

 

 La gloire,

 

c'est la fumée sans feu

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dont on parle tant.

 


Jules Renard

 

 

 

09:00 Publié dans - Zectionnaire, > F, > G, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jules Renard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook