jeudi, 19 juin 2014

Animal machine

Agrobusiness dans la Somme

Michel Ramery, l’homme qui finance l'étable géante dite des " mille vaches " et (surtout) son méthaniseur de puissance industrielle, est un financier qui règne sur le BTP dans le nord de la France.

"L’objectif de cette usine est de produire un lait dont le coût de revient soit adapté à la concurrence internationale et de s’adosser un méthaniseur dont l’électricité – très subventionnée – serait revendue à EDF. Finalement, l’animal n’est plus qu’un sous-produit industriel permettant aux investisseurs de capter les subventions de l’état et les profits laitiers en écrasant les petits producteurs locaux." Mathieu Agostini

Aujourd'hui de nombreuses plaintes ont déjà été déposées contre l'entreprise Ramery et son projet hors-norme, notamment par l'association NOVISSEN, mais sans grand succès...

Comme le rapporte cette association, le permis modificatif de l'usine a régularisé " les modifications apportées selon le bon vouloir du promoteur, y compris la surface de plancher qui a augmenté. Le bâtiment illégal, démonté parce qu'installé sur zone non-constructible, peut donc être remonté !"

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Association NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement.

> Dans la Somme, le projet des Mille Vaches veut transformer l’agriculture en industrie,  par Fabrice Nicolino (Reporterre)

*

Ferme des mille vaches : affairisme socialiste

 
Mercredi 18 Juin 2014,  Mathieu Agostini

3992716853.pngIl est 6H50 le mercredi 28 mai lorsque plusieurs dizaines de paysans s’activent au démontage d’une partie des installations de la ferme des mille vaches. Ils sont militants syndicaux de la Confédération Paysanne, beaucoup sont membres de son secrétariat national. L’objectif de ces paysans est d’interpeller les Ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie qui, le jour même, inaugurent le Printemps de l’agriculture biologique. Derrière les discours, la réalité : le matin, quatre paysans auront été arrêtés. L’après midi, alors qu’il allait rejoindre ses camarades en soutien aux interpellés, Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération Paysanne sera violemment arrêté sur le quai de la gare.

La résistance contre le projet de la ferme des mille vaches est symbolique. Ce sont deux agricultures qui s’opposent. D’un côté une agriculture de proximité, paysanne, qui nécessite un travail humain important. De l’autre, cette ferme serait la plus grande de France. Il s’agit plutôt d’un site industriel. A l’origine de ce projet, un industriel local du BTP aux liens politiques douteux, Michel Ramery. L’objectif de cette usine est de produire un lait dont le coût de revient soit adapté à la concurrence internationale et de s’adosser un méthaniseur dont l’électricité – très subventionnée – serait revendue à EDF. Finalement, l’animal n’est plus qu’un sous-produit industriel permettant aux investisseurs de capter les subventions de l’état et les profits laitiers en écrasant les petits producteurs locaux.

Derrière cette bataille se cache l’affairisme des dirigeants socialistes. D’après Reporterre, l’entrepreneur Michel Ramery aurait remporté 772 marchés publics dans le Nord Pas de Calais depuis 2007 quand Vinci en aurait 211 et Bouygues 74. La fédération socialiste semble ne pas avoir été neutre dans cette ascension économique. Pas étonnant que le gouvernement préfère arrêter les syndicalistes. C’est un choix de classe.

Une lettre de la Confédération paysanne à François Hollande tirera l’alarme. C’est elle qui résume le mieux les enjeux : « L’industrialisation de l’agriculture se fait de plus en plus pressante, et chaque année, sous couvert de modernisation, le nombre de paysans diminue. Désormais, nous n’avons plus le choix : soit nous laissons faire, actant de ce fait la disparition des paysans, soit nous controns ce mouvement pour faire vivre une agriculture créatrice d’emploi, de dynamique des territoires, respectueuse de son environnement et de la souveraineté alimentaire. »

A l’heure où le GMT va accélérer la concurrence avec les Etats-Unis où la norme est déjà bien au-delà des milliers de têtes par exploitation, où la profession agricole est en train de négocier des subventions supplémentaires pour les jeunes agriculteurs qui s’installeraient dans des grandes installations, il est plus que nécessaire de réagir et de bloquer un projet qui pourrait bien devenir une norme. C’est notre choix de classe.

*

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Bonne vie les vaches

En Allemagne, l'association kuhrettung parraine 25 vaches d'Overath, près de Cologne, et leur évite ainsi de finir à l'abattoir. De ces images on retiendra que ces êtres sensibles ne sont ni des machines à lait ni des tas de viande, ni des producteurs de méthane.

dimanche, 18 mai 2014

Le Déontologue

Deontologus

Comte de Bouffon - Histoires surnaturelles


1015698154.pngNous ne donnons pas ici  la figure d’un déontologue mâle  qui était vivant au dernier salon de l'agriculture, parce que celle qui figure au volume IX - planche XXIX, a fait peur à maintes personnes par le talent qu’eut le dessinateur à le mettre en situation de bien montrer ses traits, et notamment son nez, ses oreilles et son regard tout entier.

Ce  premier déontologue était  mou, au lieu que celui dont nous donnons la description ici est très-mou. Ainsi un semblable se distingue de son semblable par une différence car ils ne sont pas identiques. Mais voici, à votre gauche, son bonnet en cas de frimas. Aux oreilles on accroche les grelots pour annoncer sa venue et les plumes de paon qui l'ornent sont en faisan.

On  marche dessus le déontologue très-mou qu'il ne bronche pas. Et quoique l'on s'y essuie le dessous des bottes, l’instant d’après il ne paraît pas s’en souvenir ; il joue avec vous qui lui mettez la main dans la gueule sans en rien craindre ; au reste le déontologue n'a pas de dents, mais sa langue colle.

Le déontologue très-mou étant absolument de la même espèce que le déontologue mou, et tout semblable à celui dont nous avons donné la fameuse description vol. IX, planche XXIX. Nous n’avons rien à y ajouter, sinon que ce dernier a la queue en trompette et qu'il porte la tête encore plus baissée en direction du postérieur qu'on se plait à penser qu'il fait sa toilette.

Il existe dans les parties éloignées de la Sarkozie et de la Hollandie un déontologue plus mou encore que le déontologue très-mou d'Ile de France, et qui a aussi le corps plus malingre  et plus petit à proportion, mais le museau plus allongé et plus ressemblant à celui d'un hippopotame, en sorte qu’il ouvre la gueule beaucoup plus large.

Cet animal est si teigneux que s’il enlève aisément une éponge il peut l’emporter à une ou deux lieues sans la poser à terre quand bien même on le lui ordonne. Il a le poil dans le sens du poil, ce qui facilite le brossage,  mais ce poil est encore plus lisse que l'autre déontologue. Les bandes transversales et les hermines y sont plus noires ; la crinière,  où l'on accroche  nœuds  et rosettes,  ne rebrousse pas du côté de la tête, mais du côté de la queue et dans le sens du vent.

M. le chevalier Dunoyer de la Ribotte de Long-Sault  a observé le premier que ce déontologue très-très-mou, ainsi que les autres espèces, ont un singulier défaut ; c’est qu’au moment qu’on les force à se mettre en mouvement, elles sont boiteuses tantôt de la jambe droite,  tantôt de la jambe gauche ; cela dure pendant environ une très longue distance, environ un très long temps et d’une manière si marquée, qu’il semble que l’animal aille culbuter d'un côté ou de l'autre comme par l'ivresse, voire tourner en rond sans fin comme sous l'effet d'une mauvaise drogue. Effectivement.

Malgré les plaintes des uns et des autres, je donne ici la figure d’un déontologue mâle du  vol.IX, planche XXIX.

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samedi, 17 mai 2014

V comme ventriloque officiel

" Un homme officiel est un ventriloque qui parle au nom de l’État : il prend une posture officielle — il faudrait décrire la mise en scène de l’officiel —, il parle en faveur et à la place du groupe auquel il s’adresse, il parle pour et à la place de tous, il parle en tant que représentant de l’universel. On en vient ici à la notion moderne d’opinion publique. Qu’est-ce que cette opinion publique qu’invoquent les créateurs de droit des sociétés modernes, des sociétés dans lesquelles le droit existe ? C’est tacitement l’opinion de tous, de la majorité ou de ceux qui comptent, ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Je pense que la définition patente dans une société qui se prétend démocratique, à savoir que l’opinion officielle, c’est l’opinion de tous, cache une définition latente, à savoir que l’opinion publique est l’opinion de ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Il y a une sorte de définition censitaire de l’opinion publique comme opinion éclairée, comme opinion digne de ce nom. "

Pierre Bourdieu

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L’officiel, ou la mauvaise foi collective

" Une des dimensions très importantes de la théâtralisation est la théâtralisation de l’intérêt pour l’intérêt général ; c’est la théâtralisation de la conviction de l’intérêt pour l’universel, du désintéressement de l’homme politique - théâtralisation de la croyance du prêtre, de la conviction de l’homme politique, de sa foi dans ce qu’il fait. Si la théâtralisation de la conviction fait partie des conditions tacites de l’exercice de la profession de clerc - si un prof de philo doit avoir l’air de croire à la philo -, c’est qu’elle est l’hommage essentiel de l’officiel-homme à l’officiel ; elle est ce qu’il faut accorder à l’officiel pour être un officiel : il faut accorder le désintéressement, la foi dans l’officiel, pour être un véritable officiel. Le désintéressement n’est pas une vertu secondaire : c’est la vertu politique de tous les mandataires. Les frasques de curés, les scandales politiques sont l’effondrement de cette sorte de croyance politique dans laquelle tout le monde est de mauvaise foi, la croyance étant une sorte de mauvaise foi collective, au sens sartrien : un jeu dans lequel tout le monde se ment et ment à d’autres en sachant qu’ils se mentent. C’est cela, l’officiel... "

Pierre Bourdieu.
Sociologue (1930-2002).
Extrait de « Sur l’Etat. Cours au Collège de France, 1989-1992 »,
Raisons d’agir - Seuil, Paris, 2012, qui a paru le 5 janvier 2012.


Résumés des Cours de Pierre Bourdieu au Collège de France, 1991-2001

Le 9 mars 1996, dans l'émission "Arrêt sur images", alors diffusée sur la Cinquième, Daniel Schneidermann et Pascale Clark recevaient Pierre Bourdieu  et deux têtes médiatiques et animateurs télévisuels de l'époque : Jean-Marie Cavada pour "La Marche du siècle" et Guillaume Durand.

Pascale Clark, s'adressant à Bourdieu : " vous ne vous êtes pas encore exprimé à la question sur la grève de décembre (*) dernier. Pour quelle raison ?

Pierre Bourdieu : Je ne sais pas si je dois répondre à cette question. Je pense qu'il y avait foule à la télévision, et on entendait surtout ceux qui n'avaient rien à dire, comme c'est souvent le cas. je pense que la télévision a cette propriété extraordinaire qu'elle donne presque toujours la parole sur le monde social à ceux qui n'en connaissent rien et qu'elle donne très peu la parole à ceux qui pourraient en parler. Et c'était particulièrement visible, je pense, dans cette époque, dans cette période. (...)

*

*  *

(*) Le 15 novembre 1995 , la droite annonce la réforme des régimes des retraites, le plan Juppé ( du nom de l'actuel ministre des Affaires étrangères) était axé sur quatre grandes mesures :

  • un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique, mesure déjà décidée pour les travailleurs du secteur privé lors de la réforme Balladur des retraites de 1993 ;
  • l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale qui fixe les objectifs de progression des dépenses maladies et envisage la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif
  • un accroissement des tarifs d'accès à l'hôpital et des restrictions sur les médicaments remboursables
  • le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs. ( Wikipedia)

Devant la mobilisation et le soutien de l'opinion publique à ce mouvement qui rassemble plus d'un million de manifestants, le plan Juppé sera retiré.

Dès le 5 décembre, Juppé annonçait que la suppression de l'abattement fiscal de 20% n'était qu'un projet... dont on ne reparla plus. Le 10 décembre, il suspendait la commission Le Vert, chargée d'appliquer les modalités d'allongement de la durée de cotisation à 40 ans et il écrivait aux syndicats de la SNCF et de la RATP qu'il n'était « pas question de remettre en cause l'âge de départ à la retraite des conducteurs ». Le 11 décembre, devant l'Assemblée, il n'était plus question de changer l'âge ni le mode de calcul de la retraite pour l'ensemble des employés SNCF et RATP. ( LO)

Depuis quelques ventriloques officiels sont revenus en force.

29/01/2012

jeudi, 12 septembre 2013

Mantichore & Chimerix

Nous vous l'avions sorti de derrière les fagots sous le quinquennat précédent tant il le symbolisait. Nous le sortons à nouveau aujourd'hui pour représenter, aux yeux des adorateurs béats de l'actuel Bonaparte aux petits bras, le monstre que dit combattre ce Chimerix dans ses contes inconsistants pour électeurs et électrices sages : Oh ! la dure épreuve ! Oh ! comme nous devrons montrer nos armes ! Oh ! la belle image !

manticore, mantichore, bestiaire de Rochester,  (Zoolog.) nom d'un quadrupède cruel & terrible, dont on ne trouve que des descriptions pleines de merveilleux dans Ctésias, Aristote, Elien & Pline. Les Latins ont nommé cet animal mantichora, d'autres martichora, & d'autres martiora ;les Grecs l'ont appelé andropophage, mangeur d'hommes.
Suivant Ctésias, cet animal est de couleur rouge, & a trois rangs de dents à chaque mâchoire, qui, quand il les ferme, tombent les unes sur les autres en manière de dents de peigne. Aristote & Pline ajoutent qu'il a les oreilles & les yeux comme ceux de l'homme, gris ou bleus ; ils nous représentent son cri comme celui d'une trompette, dont il imite les sons par les modulations de l'air dans son gosier.
Ils assurent aussi que l'extrémité de la queue est hérissée de pointes, avec lesquelles il se défend contre ceux qui l'approchent, & qu'il darde même au loin contre ceux qui le poursuivent. Enfin ils prétendent que son agilité est telle qu'il saute en courant, ce qui n'est guère moins que la puissance de voler.
Pausanias rapporte la plupart de ces contes sans y donner sa confiance ; car il commence par déclarer qu'il croit que cet animal n'est autre chose qu'un tigre. Il est vraisemblable qu'il a raison, & que le danger de l'approcher a produit toutes les fables que les Naturalistes ont transcrites.

Louis de Jaucourt


Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
Physique particulière - Zoologie
article écrit par Louis de Jaucourt (D.J.)

Manticore du Bestiaire de Rochester

vendredi, 12 avril 2013

Pourquoi ont-ils été élus ?

Le gouvernement soutenu par la droite : l'âne embourbé a bien besoin de ce renfort. 

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La loi veut transcrire dans le code du travail l'accord sur "la sécurisation de l'emploi"qui met en cause la protection des salariés. Cet accord a été signé le 11 janvier par le patronat et trois syndicats - CFDT, CFTC,CFE-CGC-  mais rejeté par les deux grandes centrales ( CGT et CGT-FO) ainsi que par la FSU et Solidaires. Cet arsenal dicté par le patronat sécurisera les licenciements et non l'emploi : tous ceux qui vont perdre leur emploi à cause de cet accord pourront toujours envoyer leurs félicitations à l'âne embourbé aux prochaines élections.

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jeudi, 10 mai 2012

Catoblépas

Le Catoblépas est le symbole de la laideur et de la bêtise dans l'œuvre de Flaubert. Le monstre, dont le cri est un soupir, est en effet le plus stupide de la création puisqu'une fois, à force de se lécher les pieds, il commença à se dévorer lui-même.

" Le Catoblepas buffle noir, avec une tête de pourceau tombant jusqu’à terre et rattachée à ses épaules par un cou mince, long et flasque comme un boyau vidé. Il est vautré tout à fait et ses pieds disparaissent sous l’énorme crinière à poils durs qui lui couvre le visage.

Gras, mélancolique, farouche, je reste ainsi continuellement, à sentir sous mon ventre la chaleur de la terre. Mon crâne est tellement lourd qu’il m’est impossible de le porter ; je le roule autour de moi, lentement, et, la mâchoire entr’ouverte, j’arrache avec ma langue des herbes vénéneuses arrosées de mon haleine. Une fois même je me suis dévoré les pattes, sans m’en apercevoir.

Personne, Antoine, n'a jamais vu mes yeux, ou ceux qui les ont vus sont morts. Si je relevais mes paupières, mes paupières roses et gonflées, tout de suite tu mourrais. " 

Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine - 1856

catoblépas,

Représentation du catoblepas :
Historia naturalis de quadrupedibus, par Jan Jonston (1614)

Pline Histoire naturelle (Hist. nat., VIII, chap. XXII)

" Chez les Éthiopiens occidentaux est la source Nigris, origine du Nil, d'après l'opinion de la plupart des auteurs, que rendent probable les arguments rapportés plus haut (V, 10). Auprès de cette source est une bête appelée catoblepas, d'une taille médiocre, ayant les membres inertes: tout ce qu'elle peut faire, c'est de porter sa tête, qui est très pesante, et quelle tient toujours inclinée vers le sol; autrement elle serait le fléau du genre humain, car tous ceux qui voient ses yeux expirent sur-le-champ. "

dimanche, 22 avril 2012

Salon


Salle des croûtes
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Seul en son isoloir, le président-candidat médite : à ses pieds la Nouvelle Marianne,  fleuron de la génétique européenne qui, en cinq ans, vient de mettre bas des portées successives de contre-réformes sous le regard de Maideffe la grosse vache à bouses qui dégaze.

Au dessus de ce monde volète Parole historique, l'esprit saint qui s'était illustré aux oreilles du peuple par un retentissant " Casse-toi  pov' con ! " à l'endroit d'un manant outrageant. Aujourd'hui, en français diplomatique, il annonce prophétiquement au vulgum pecus la menace du jour : " 5 ans c'est vite passé ! J'ai de l'avenir ! "
 
Le peintre officiel à saisi sa Hautesse coiffé et recoiffé d'un habile coup de pinceau capilliculteur pour le faire paraître sous son  meilleur jour comme un charolais de concours. On voit à son sourire en coin qu'il peaufine une de ses promesses qu'il rêve de mettre à excécution.

avec Topor, Tiepolo et Tambouille

samedi, 14 janvier 2012

Eclairer la lanterne

Le singe qui montre la lanterne magique

7b5cd46e016fe9e34bccc0cb8ca8bbeb.pngMessieurs les beaux esprits dont la prose et les vers
Sont d’un style pompeux et toujours admirable,
Mais que l’on n’entend point, écoutez cette fable,
Et tâchez de devenir clairs.

Un homme qui montrait la lanterne magique
Avait un singe dont les tours
Attiraient chez lui grand concours.
Jacqueau, c’était son nom, sur la corde élastique
Dansait et voltigeait au mieux,
Puis faisait le saut périlleux,
Et puis sur un cordon, sans que rien le soutienne,
Le corps droit, fixe, d’aplomb,
Notre Jacqueau fait tout du long
L’exercice à la prussienne.

Un jour qu’au cabaret son maître était resté
(C’était, je pense, un jour de fête),
Notre singe en liberté
Veut faire un coup de sa tête.
Il s’en va rassembler les divers animaux
Qu’il peut rencontrer dans la ville ;
Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux,
Arrivent bientôt à la file.
Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau,
C’est ici, c’est ici qu’un spectacle nouveau
Vous charmera gratis.
Oui, messieurs, à la porte
On ne prend point d’argent ; je fais tout pour l’honneur.
A ces mots, chaque spectateur
Va se placer, et l’on apporte
La lanterne magique ; on ferme les volets,
Et par un discours fait exprès Jacqueau prépare l’auditoire.
Ce morceau vraiment oratoire
Fit baîller, mais on applaudit.

Content de son succès, notre singe saisit
Un verre peint qu’il met dans sa lanterne.
Il sait comment on le gouverne,
Et crie, en le poussant : Est-il rien de pareil ?
Messieurs, vous voyez le soleil,
Ses rayons et toute sa gloire.
Voici présentement la lune, et puis l’histoire
D’Adam, d’Ève et des animaux ...
Voyez, messieurs, comme ils sont beaux !
Voyez la naissance du monde ;
Voyez ... Les spectateurs, dans une nuit profonde,
Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir,
L’appartement, le mur, tout était noir.

Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles
Dont il étourdit nos oreilles,
Le fait est que je ne vois rien.
Ni moi non plus, disait un chien.
Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose
Mais je ne sais pour quelle cause
Je ne distingue pas très bien.
Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne
Parlait éloquemment, et ne se lassait point.
Il n’avait oublié qu’un point :
C’était d’éclairer sa lanterne.
par Jean-Pierre Clarisse de Florian

samedi, 15 octobre 2011

C comme flatteur

" Car il est bien vrai que quelques-uns, sans s'en apercevoir, se règlent en beaucoup de points sur les mœurs et la manière de vivre d'autrui. Mais pour le flatteur, il est entièrement semblable au caméléon, qui s'assimile toutes les couleurs, à l'exception de la blanche. "

Plutarque
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Caméléon ordinaire

Erpétologie générale



lundi, 08 août 2011

B comme Bekhey

Mot variable qui s'écrit comme on veut.  Prononcer "béké" mais ne pas confondre avec béké. Ne pas confondre non plus avec becquée.

Quantité impressionnante de nourriture que quelqu'un peut avaler d'un seul coup, sans même l'aide d'une fourche, un peu à la manière du libé-râle des glauques marais tourbeux. Cet aspirateur fou, croisé avec la guêpe géante à mandibules broyeuses,  se jette affamé
sur les vifs qu'il découpe à la va-vite  en larges lots  dodus avec l'air de dire : ' tout pour ma grande gueule  experte qui bave généreusement !".

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la baiquai du libé-râle

Notons ici  l'intervention d'un capilliculteur spécialiste en communication qui, en deux coups de peigne à pot, a rendu notre libé-râle si sympathique qu'on en ferait un aimable Père Noël - si c'était encore de saison - ou un nounours en peau d'ours.

Et  qu'il doit être enivrant de se laisser aller, débile et languissant,  entre les dents cariées du monstre,  becquée frissonnante aux parfums capiteux de l' haleine  fétide de la bouche broyeuse...

13:17 Publié dans - Zectionnaire, - Zoothèque, > B, > L, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : béké, libé-râle, droite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook