jeudi, 12 septembre 2013

Mantichore & Chimerix

Nous vous l'avions sorti de derrière les fagots sous le quinquennat précédent tant il le symbolisait. Nous le sortons à nouveau aujourd'hui pour représenter, aux yeux des adorateurs béats de l'actuel Bonaparte aux petits bras, le monstre que dit combattre ce Chimerix dans ses contes inconsistants pour électeurs et électrices sages : Oh ! la dure épreuve ! Oh ! comme nous devrons montrer nos armes ! Oh ! la belle image !

manticore, mantichore, bestiaire de Rochester,  (Zoolog.) nom d'un quadrupède cruel & terrible, dont on ne trouve que des descriptions pleines de merveilleux dans Ctésias, Aristote, Elien & Pline. Les Latins ont nommé cet animal mantichora, d'autres martichora, & d'autres martiora ;les Grecs l'ont appelé andropophage, mangeur d'hommes.
Suivant Ctésias, cet animal est de couleur rouge, & a trois rangs de dents à chaque mâchoire, qui, quand il les ferme, tombent les unes sur les autres en manière de dents de peigne. Aristote & Pline ajoutent qu'il a les oreilles & les yeux comme ceux de l'homme, gris ou bleus ; ils nous représentent son cri comme celui d'une trompette, dont il imite les sons par les modulations de l'air dans son gosier.
Ils assurent aussi que l'extrémité de la queue est hérissée de pointes, avec lesquelles il se défend contre ceux qui l'approchent, & qu'il darde même au loin contre ceux qui le poursuivent. Enfin ils prétendent que son agilité est telle qu'il saute en courant, ce qui n'est guère moins que la puissance de voler.
Pausanias rapporte la plupart de ces contes sans y donner sa confiance ; car il commence par déclarer qu'il croit que cet animal n'est autre chose qu'un tigre. Il est vraisemblable qu'il a raison, & que le danger de l'approcher a produit toutes les fables que les Naturalistes ont transcrites.

Louis de Jaucourt


Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
Physique particulière - Zoologie
article écrit par Louis de Jaucourt (D.J.)

Manticore du Bestiaire de Rochester

vendredi, 12 avril 2013

Pourquoi ont-ils été élus ?

Le gouvernement soutenu par la droite : l'âne embourbé a bien besoin de ce renfort. 

ane-embourbé.png

La loi veut transcrire dans le code du travail l'accord sur "la sécurisation de l'emploi"qui met en cause la protection des salariés. Cet accord a été signé le 11 janvier par le patronat et trois syndicats - CFDT, CFTC,CFE-CGC-  mais rejeté par les deux grandes centrales ( CGT et CGT-FO) ainsi que par la FSU et Solidaires. Cet arsenal dicté par le patronat sécurisera les licenciements et non l'emploi : tous ceux qui vont perdre leur emploi à cause de cet accord pourront toujours envoyer leurs félicitations à l'âne embourbé aux prochaines élections.

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jeudi, 10 mai 2012

Catoblépas

Le Catoblépas est le symbole de la laideur et de la bêtise dans l'œuvre de Flaubert. Le monstre, dont le cri est un soupir, est en effet le plus stupide de la création puisqu'une fois, à force de se lécher les pieds, il commença à se dévorer lui-même.

" Le Catoblepas buffle noir, avec une tête de pourceau tombant jusqu’à terre et rattachée à ses épaules par un cou mince, long et flasque comme un boyau vidé. Il est vautré tout à fait et ses pieds disparaissent sous l’énorme crinière à poils durs qui lui couvre le visage.

Gras, mélancolique, farouche, je reste ainsi continuellement, à sentir sous mon ventre la chaleur de la terre. Mon crâne est tellement lourd qu’il m’est impossible de le porter ; je le roule autour de moi, lentement, et, la mâchoire entr’ouverte, j’arrache avec ma langue des herbes vénéneuses arrosées de mon haleine. Une fois même je me suis dévoré les pattes, sans m’en apercevoir.

Personne, Antoine, n'a jamais vu mes yeux, ou ceux qui les ont vus sont morts. Si je relevais mes paupières, mes paupières roses et gonflées, tout de suite tu mourrais. " 

Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine - 1856

catoblépas,

Représentation du catoblepas :
Historia naturalis de quadrupedibus, par Jan Jonston (1614)

Pline Histoire naturelle (Hist. nat., VIII, chap. XXII)

" Chez les Éthiopiens occidentaux est la source Nigris, origine du Nil, d'après l'opinion de la plupart des auteurs, que rendent probable les arguments rapportés plus haut (V, 10). Auprès de cette source est une bête appelée catoblepas, d'une taille médiocre, ayant les membres inertes: tout ce qu'elle peut faire, c'est de porter sa tête, qui est très pesante, et quelle tient toujours inclinée vers le sol; autrement elle serait le fléau du genre humain, car tous ceux qui voient ses yeux expirent sur-le-champ. "

dimanche, 22 avril 2012

Salon


Salle des croûtes
SALON.jpg
Seul en son isoloir, le président-candidat médite : à ses pieds la Nouvelle Marianne,  fleuron de la génétique européenne qui, en cinq ans, vient de mettre bas des portées successives de contre-réformes sous le regard de Maideffe la grosse vache à bouses qui dégaze.

Au dessus de ce monde volète Parole historique, l'esprit saint qui s'était illustré aux oreilles du peuple par un retentissant " Casse-toi  pov' con ! " à l'endroit d'un manant outrageant. Aujourd'hui, en français diplomatique, il annonce prophétiquement au vulgum pecus la menace du jour : " 5 ans c'est vite passé ! J'ai de l'avenir ! "
 
Le peintre officiel à saisi sa Hautesse coiffé et recoiffé d'un habile coup de pinceau capilliculteur pour le faire paraître sous son  meilleur jour comme un charolais de concours. On voit à son sourire en coin qu'il peaufine une de ses promesses qu'il rêve de mettre à excécution.

avec Topor, Tiepolo et Tambouille

dimanche, 29 janvier 2012

V comme ventriloque officiel

" Un homme officiel est un ventriloque qui parle au nom de l’Etat : il prend une posture officielle — il faudrait décrire la mise en scène de l’officiel —, il parle en faveur et à la place du groupe auquel il s’adresse, il parle pour et à la place de tous, il parle en tant que représentant de l’universel.

On en vient ici à la notion moderne d’opinion publique. Qu’est-ce que cette opinion publique qu’invoquent les créateurs de droit des sociétés modernes, des sociétés dans lesquelles le droit existe ? C’est tacitement l’opinion de tous, de la majorité ou de ceux qui comptent, ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Je pense que la définition patente dans une société qui se prétend démocratique, à savoir que l’opinion officielle, c’est l’opinion de tous, cache une définition latente, à savoir que l’opinion publique est l’opinion de ceux qui sont dignes d’avoir une opinion. Il y a une sorte de définition censitaire de l’opinion publique comme opinion éclairée, comme opinion digne de ce nom. "

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L’officiel, ou la mauvaise foi collective

" Une des dimensions très importantes de la théâtralisation est la théâtralisation de l’intérêt pour l’intérêt général ; c’est la théâtralisation de la conviction de l’intérêt pour l’universel, du désintéressement de l’homme politique - théâtralisation de la croyance du prêtre, de la conviction de l’homme politique, de sa foi dans ce qu’il fait. Si la théâtralisation de la conviction fait partie des conditions tacites de l’exercice de la profession de clerc - si un prof de philo doit avoir l’air de croire à la philo -, c’est qu’elle est l’hommage essentiel de l’officiel-homme à l’officiel ; elle est ce qu’il faut accorder à l’officiel pour être un officiel : il faut accorder le désintéressement, la foi dans l’officiel, pour être un véritable officiel. Le désintéressement n’est pas une vertu secondaire : c’est la vertu politique de tous les mandataires. Les frasques de curés, les scandales politiques sont l’effondrement de cette sorte de croyance politique dans laquelle tout le monde est de mauvaise foi, la croyance étant une sorte de mauvaise foi collective, au sens sartrien : un jeu dans lequel tout le monde se ment et ment à d’autres en sachant qu’ils se mentent. C’est cela, l’officiel... "

Pierre Bourdieu.
Sociologue (1930-2002).
Extrait de « Sur l’Etat. Cours au Collège de France, 1989-1992 »,
Raisons d’agir - Seuil, Paris, 2012, qui a paru le 5 janvier 2012.


Résumés des Cours de Pierre Bourdieu au Collège de France, 1991-2001

Le 9 mars 1996, dans l'émission "Arrêt sur images", alors diffusée sur la Cinquième, Daniel Schneidermann et Pascale Clark recevaient Pierre Bourdieu  et deux têtes médiatiques et animateurs télévisuels de l'époque : Jean-Marie Cavada pour "La Marche du siècle" et Guillaume Durand.

Pascale Clark, s'adressant à Bourdieu : " vous ne vous êtes pas encore exprimé à la question sur la grève de décembre (*) dernier. Pour quelle raison ?

Pierre Bourdieu : Je ne sais pas si je dois répondre à cette question. Je pense qu'il y avait foule à la télévision, et on entendait surtout ceux qui n'avaient rien à dire, comme c'est souvent le cas. je pense que la télévision a cette propriété extraordinaire qu'elle donne presque toujours la parole sur le monde social à ceux qui n'en connaissent rien et qu'elle donne très peu la parole à ceux qui pourraient en parler. Et c'était particulièrement visible, je pense, dans cette époque, dans cette période. (...)

*

*  *

(*) Le 15 novembre 1995 , la droite annonce la réforme des régimes des retraites, le plan Juppé ( du nom de l'actuel ministre des Affaires étrangères) était axé sur quatre grandes mesures :

  • un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique, mesure déjà décidée pour les travailleurs du secteur privé lors de la réforme Balladur des retraites de 1993 ;
  • l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale qui fixe les objectifs de progression des dépenses maladies et envisage la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif
  • un accroissement des tarifs d'accès à l'hôpital et des restrictions sur les médicaments remboursables
  • le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs. ( Wikipedia)

Devant la mobilisation et le soutien de l'opinion publique à ce mouvement qui rassemble plus d'un million de manifestants, le plan Juppé sera retiré.

Dès le 5 décembre, Juppé annonçait que la suppression de l'abattement fiscal de 20% n'était qu'un projet... dont on ne reparla plus. Le 10 décembre, il suspendait la commission Le Vert, chargée d'appliquer les modalités d'allongement de la durée de cotisation à 40 ans et il écrivait aux syndicats de la SNCF et de la RATP qu'il n'était « pas question de remettre en cause l'âge de départ à la retraite des conducteurs ». Le 11 décembre, devant l'Assemblée, il n'était plus question de changer l'âge ni le mode de calcul de la retraite pour l'ensemble des employés SNCF et RATP. ( LO)

Depuis la droite est revenue en force avec le soutien de quelques ventriloques officiels.

samedi, 14 janvier 2012

Eclairer la lanterne

Le singe qui montre la lanterne magique

7b5cd46e016fe9e34bccc0cb8ca8bbeb.pngMessieurs les beaux esprits dont la prose et les vers
Sont d’un style pompeux et toujours admirable,
Mais que l’on n’entend point, écoutez cette fable,
Et tâchez de devenir clairs.

Un homme qui montrait la lanterne magique
Avait un singe dont les tours
Attiraient chez lui grand concours.
Jacqueau, c’était son nom, sur la corde élastique
Dansait et voltigeait au mieux,
Puis faisait le saut périlleux,
Et puis sur un cordon, sans que rien le soutienne,
Le corps droit, fixe, d’aplomb,
Notre Jacqueau fait tout du long
L’exercice à la prussienne.

Un jour qu’au cabaret son maître était resté
(C’était, je pense, un jour de fête),
Notre singe en liberté
Veut faire un coup de sa tête.
Il s’en va rassembler les divers animaux
Qu’il peut rencontrer dans la ville ;
Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux,
Arrivent bientôt à la file.
Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau,
C’est ici, c’est ici qu’un spectacle nouveau
Vous charmera gratis.
Oui, messieurs, à la porte
On ne prend point d’argent ; je fais tout pour l’honneur.
A ces mots, chaque spectateur
Va se placer, et l’on apporte
La lanterne magique ; on ferme les volets,
Et par un discours fait exprès Jacqueau prépare l’auditoire.
Ce morceau vraiment oratoire
Fit baîller, mais on applaudit.

Content de son succès, notre singe saisit
Un verre peint qu’il met dans sa lanterne.
Il sait comment on le gouverne,
Et crie, en le poussant : Est-il rien de pareil ?
Messieurs, vous voyez le soleil,
Ses rayons et toute sa gloire.
Voici présentement la lune, et puis l’histoire
D’Adam, d’Ève et des animaux ...
Voyez, messieurs, comme ils sont beaux !
Voyez la naissance du monde ;
Voyez ... Les spectateurs, dans une nuit profonde,
Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir,
L’appartement, le mur, tout était noir.

Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles
Dont il étourdit nos oreilles,
Le fait est que je ne vois rien.
Ni moi non plus, disait un chien.
Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose
Mais je ne sais pour quelle cause
Je ne distingue pas très bien.
Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne
Parlait éloquemment, et ne se lassait point.
Il n’avait oublié qu’un point :
C’était d’éclairer sa lanterne.
par Jean-Pierre Clarisse de Florian

samedi, 15 octobre 2011

C comme flatteur

" Car il est bien vrai que quelques-uns, sans s'en apercevoir, se règlent en beaucoup de points sur les mœurs et la manière de vivre d'autrui. Mais pour le flatteur, il est entièrement semblable au caméléon, qui s'assimile toutes les couleurs, à l'exception de la blanche. "

Plutarque
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Caméléon ordinaire

Erpétologie générale



lundi, 08 août 2011

B comme Bekhey

Mot variable qui s'écrit comme on veut.  Prononcer "béké" mais ne pas confondre avec béké. Ne pas confondre non plus avec becquée.

Quantité impressionnante de nourriture que quelqu'un peut avaler d'un seul coup, sans même l'aide d'une fourche, un peu à la manière du libé-râle des glauques marais tourbeux. Cet aspirateur fou, croisé avec la guêpe géante à mandibules broyeuses,  se jette affamé
sur les vifs qu'il découpe à la va-vite  en larges lots  dodus avec l'air de dire : ' tout pour ma grande gueule  experte qui bave généreusement !".

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la baiquai du libé-râle

Notons ici  l'intervention d'un capilliculteur spécialiste en communication qui, en deux coups de peigne à pot, a rendu notre libé-râle si sympathique qu'on en ferait un aimable Père Noël - si c'était encore de saison - ou un nounours en peau d'ours.

Et  qu'il doit être enivrant de se laisser aller, débile et languissant,  entre les dents cariées du monstre,  becquée frissonnante aux parfums capiteux de l' haleine  fétide de la bouche broyeuse...

13:17 Publié dans - Zectionnaire, - Zoothèque, > B, > L, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : béké, libé-râle, droite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 24 février 2011

Des ânes... des bœufs ou des moutons ?

...ils nous disent que la mule peut concevoir, quoiqu’elle ne puisse perfectionner son fruit ; il serait donc nécessaire de détruire ou de confirmer ces faits, qui répandent de l’obscurité sur la distinction réelle des animaux, et sur la théorie de la génération : d’ailleurs, quoique nous connaissions assez distinctement les espèces de tous les animaux qui nous avoisinent, nous ne savons pas ce que produirait leur mélange entre eux ou avec  des animaux étrangers : nous ne sommes que très-mal informés des jumars, c’est-à-dire, du produit de la vache et de l’âne, ou de la jument et du taureau : nous ignorons si le zèbre ne produirait pas avec le cheval ou l’âne ; si l’animal à large queue, auquel on a donné le nom de mouton de Barbarie, ne produirait pas avec notre brebis ; si le chamois n’est pas une chèvre sauvage ; s’il ne formerait pas avec nos chèvres quelque race intermédiaire ; si les singes diffèrent réellement par les espèces, ou s’ils ne font, comme les chiens, qu’une seule et même espèce, mais variée par un grand nombre de races différentes ; si le chien peut produire avec le renard et le loup ; si le cerf produit avec la vache, la biche avec le daim, etc. Notre ignorance sur tous ces faits est, comme je l’ai dit, presque forcée, les expériences qui pourraient les décider demandant plus de temps, de soins et de dépense que la vie et la fortune d’un homme ordinaire ne peuvent le permettre. J’ai employé quelques années à faire des tentatives de cette espèce : j’en rendrai compte lorsque je parlerai des mulets ; mais je conviendrai d’avance qu’elles ne m’ont fourni que peu de lumières, et que la plupart de ces épreuves ont été sans succès.


Buffon
Histoire naturelle. Tome V
La Chèvre et la Chèvre d' Angora

 

15:27 Publié dans - Zoothèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : buffon, chèvre, histoire naturelle, cnrs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 29 décembre 2010

La tête dans son ventre

Le Musée du Quinquinquennat & la  Zoothèque

Les racines crustacières de la France


"Son physique, son charme, son intelligence m'ont séduite. Il a 5 ou 6 cerveaux remarquablement irrigués. Je n'ai pas connu de crétins auparavant, ce n'est pas mon genre. Mais lui, ça va très, très vite."

La PDF à propos de Chouchou

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Giovani Battista Recco (détail)

"Il a deux cerveaux (tête et tronc) ; mais, pour se serrer, obtenir cette terrible centralisation, l'animal a pris un parti, c'est de n'avoir pas de cou, d'avoir sa tête dans son ventre. Merveilleuse simplification. Cette tête unit les yeux, les palpes, les pinces et les mâchoires. Dès que l'oeil perçant a vu, les palpes tâtent, les pinces serrent, les mâchoires brisent, et derrière elles, sans intermédiaire, l'estomac, qui lui-même a une machine pour broyer, triture et dissout. En un moment tout est fini, la proie disparue, digérée.
Tout est supérieur en cet être :  Les yeux voient devant et derrière. Convexes, extérieurs, à facettes, ils sont à même d'embrasser une grande partie de l'horizon."

> Jules Michelet - La Mer - chap.X  Crustacés. La guerre et l'intrigue.

10:10 Publié dans - Zoothèque, > C | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, bruni, cerveau, crustacés, michelet | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook