27.11.2008

Colonie pénitentiaire

Musée du Quinquennat
 Des racines pénitentiaires de la France
 
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"Si j'avais commencé par faire comparaître l'homme et par l'interroger, il n'en serait résulté que confusion. Il aurait menti; si j'avais réussi à réfuter ses mensonges, il en aurait forgé de nouveaux et ainsi de suite, au lieu que maintenant je le tiens et je ne le lâche plus. Tout est-il clair?..."
 
La Colonie pénitentiaire
Franz Kafka

Cette nouvelle est un cauchemar de sadisme et de technicité
 
Source d'inspiration de Kafka, le "Jardin des supplice" d'Ocatave Mirbeau,  est disponible en ligne aux éditions Le Boucher  ( format pdf)  : www.leboucher.com/pdf/mirbeau/jardin.pdf

Le site de Michel Mirbeau
michelmirbeau.blogspot.com/ 

KOKOKOG !

"Si l'Armorique est une pépinière précieuse pour l'armée, elle ne l'est pas moins, elle l'est plus encore pour la Flotte. Les marins sont une variété à part de l'espèce humaine, qui dans les autres provinces présente un mélange plus ou moins heureux de défauts et de qualités. Le matelot gascon, par exemple, est spirituel et communicatif,mais souvent plus fanfaron que brave, le Normand, sous de belles apparences est lent, égoïste et chicaneur; le Provençal, plus vif, est aussi plus libertin et parfois pusillanime; franc, généreux, intrépide et discipliné, le Breton réunit toutes les qualités du vrai matelot: c'est le premier marin du monde."
 
Alexandre Bouët. 
Breiz Izel

21.11.2008

En avant.

 On ne peut apprendre au crabe à marcher droit.

Aristophane,
la Paix


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13.11.2008

Collation d'enterrement: huîtres & homard

La Gôche
les racines culturelles de la France
Bêtes et fruits de saison

 
Hostilités:

Les hostilités sont comme les huîtres, on les ouvre.
«Les hostilités sont ouvertes.» Il semble qu'il n'y a plus qu'à se mettre à table.

Dictionnaire des idées reçues,  Gustave Flaubert.

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Nature morte aux huïtres et homard
Hubert BELLIS (1831-1902)
 
Alfred Jarry

Le homard et la boîte de corned-beef
que portait le docteur Faustroll, en sautoir 

Fable

Une boîte de corned-beef, enchaînée comme une lorgnette,
Vit passer un homard qui lui ressemblait fraternellement.
Il se cuirassait d’une carapace dure
Sur laquelle était écrit à l’intérieur, comme elle, il était sans arêtes,
Boneless and economical ;
Et sous sa queue repliée
Il cachait vraisemblablement une clé destinée à l’ouvrir.
Frappé d’amour, le corned-beef sédentaire
Déclara à la petite boîte automobile de conserves vivante
Que si elle consentait à s’acclimater,
Près de lui, aux devantures terrestres,
Elle serait décorée de plusieurs médailles d’or.

 "Gestes et Opinions du docteur Faustroll, pataphysicien" roman néo-scientifique.  Livre Qatrième, ChapXXVI : Boire

11.11.2008

"Ne porte pas en toi de cimetière..."

"Et Monelle dit encore : Je te parlerai des choses mortes.
Brûle soigneusement les morts, et répands leurs cendres aux quatre vents du ciel.
Brûle soigneusement les actions passées, et écrase les cendres ; car le phénix qui en renaîtrait serait le même.
Ne joue pas avec les morts et ne caresse point leurs visages.
Ne ris pas d’eux et ne pleure pas sur eux : oublie-les.
Ne te fie pas aux choses passées. Ne t’occupe point à construire de beaux cercueils pour les moments passés : songe à tuer les moments qui viendront.
Aie de la méfiance pour tous les cadavres.
N’embrasse pas les morts : car ils étouffent les vivants.
Aie pour les choses mortes le respect qu’on doit aux pierres à bâtir.
Ne souille pas tes mains le long des lignes usées. Purifie tes doigts dans des eaux nouvelles.
Souffle le souffle de ta bouche et n’aspire pas les haleines mortes.
Ne contemple point les vies passées plus que ta vie passée. Ne collectionne point d’enveloppes vides.
Ne porte pas en toi de cimetière. Les morts donnent la pestilence. "
 
Extrait du  livre de Monelle, de Marcel Schwob

Monelle, petite prostituée, livre sa sagesse avant de céder sa place à ses onze sœurs. Le texte intégral de ce livre étrange sur un site consacré à Marcel Schwob

02.11.2008

Là-bas au fond il y a la mort,


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"Là-bas au fond il y a la mort, mais n'ayez pas peur. Tenez la montre d'une main, prenez le remontoir entre deux doigts, tournez-le doucement. Alors s'ouvre un nouveau sursis, les arbres déplient leurs feuilles, les voiliers courent des régates, le temps comme un éventail s'emplit de lui-même et il en jaillit l'air, les brises de la terre, l'ombre d'une femme, le parfum du pain.
Que voulez-vous de plus? Attachez-la vite à votre poignet, laissez-la battre en liberté, imitez-la avec ardeur. La peur rouille l'ancre, toute chose qui eût pu s'accomplir et fut oubliée ronge les veines de la montre, gangrène le sang glacé de ses rubis. Et là-bas dans le fond, il y a la mort si nous ne courons pas et n'arrivons avant et ne comprenons pas que cela n'a plus d'importance."

"Instructions pour remonter une montre" dans Cronopes et Fameux, de Julio Cortazar.
 
 

13.10.2008

Dîneurs en ville

Musée du Quinquennat
Les vieux neufs métiers

 
Comme ce gouvernement Ump a le souci de redonner vigueur aux vieilles lunes, tout ce qui fut enterré par l'Histoire refait surface et peau neuve. C'est le progrès réaction en chaîne.
Après la bonne briochinne, le dîneur en ville est une carrière de sans emploi qui vous tend les bras si vous êtes beau parleur, si vous avez un peu le sens de l'humour, si vous êtes cultivé, si vous jouez d'un instrument de musique (à l'exception de la batterie et du tuba), si vous êtes en recherche de petit boulot rémunéré en nature et à l'acte et  enfin si vous avez un bon coup de fourchette.

Pique-assiette? pas du tout ! Dîneur en ville, c'est  la version rénovée  du commensal,
ou "compagnon de table", qui  vous a un certain  parfum Ancien Régime  qui va comme un gant au nôtre.

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11.10.2008

Discours toujours

Parler pour ne rien dire,
rien dire pour rassurer:

Tout un art.

"Françaises et Français des deux sexes, face à la crise qui épargne heureusement la France, j'ai décidé, ainsi que ma femme à moi, de mettre la main à la poche, à la pâte et au bassinet pour injecter personnellement 20 millards de nouveaux francs !
- Si j'ose tenter de me permettre, Monsieur le Chanoine, nous avons basculé dans l'euro.
- Quel con le secrétaire* !    on peut faire confiance à personne ici !"
   
 
Secrétaire*:

" Ce sont les hommes qui donnent l'esprit aux Grands et aux gens en place; esprit assez mal payé, et sans lequel néanmoins ils ne pourraient ni agir ni ouvrir la bouche.
Un avocat général disait à son secrétaire: Monsieur, faîtes-moi parler plus longtemps cette année, l'an passé on m'a trouvé trop court: donnez m'en pour deux heures; et le secrétaire fidèle à la leçon lui en donne pour deux grandes heures.
Ce qu'il y a de plaisant, c'est qu'au bout d'un certain temps, tous ces inspirés croient réellement avoir enfanté les discours qu'ils n'ont fait que réciter.

Tableau de Paris, Louis-Sébastien Mercier.
 
_-_-_

Discours sur la Paix
 
"Vers la fin d'un discours extrêmement important
le grand homme d'État trébuchant
sur une belle phrase creuse
tombe dedans
et désemparé la bouche grande ouverte
montre les dents
et met à vif le nerf de la guerre
la délicate question d'argent"
 
Jacques Prévert - Paroles
 
-_-_-
 

_-_-_
 
Jean-Baptiste Diebold, journaliste à Challenges.fr.
 

05.10.2008

T comme Tête de Breton

Zectionnaire
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" J'ai remarqué à ce sujet que nos paysans ont presque tous la partie du crâne fort proéminent, d'où résulterait, selon la théorie du docteur Gall, leur propension naturelle à s'impressionner d'idées religieuses et à porter ces sentiments jusqu'au fanatisme; et comme la région occipitale a peu de saillie en conséquence, postérieurement, les passions érotiques les asservissent moins à leur empire que dans les autres contrées.
Aussi le cœur parle-t-il peu chez eux: les mariages n'y sont qu'une affaire de circonstance, et l'infraction à la défense de ce pêché mortelle, classé par les pères de l'Église entre la gourmandise et l'avarice, ne serait-elle dans nos campagnes, selon l'opinion d'un habile médecin du littoral, qu'un simple acte d'imitation.Je ne sache pas en effet qu'aucun de nos paysans ce soit suicidé par un désespoir amoureux. "

Jean-Marie Bachelot de la Pylaie, (1786-1886)
 Études archéologiques et géographiques
Société archéologique du Finistère, édition de 1970
 

Madame est servie.

L'aide à la  personne, c'est l'avenir. Sûrement. Surtout à raison de 9 heures par semaine...Dans ce domaine  comme dans d'autres, rassurons-nous, le gouvernement progressiste que le monde nous envie saura s'appuyer  sur la tradition. Voici un extrait du " Journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau, où  certains reconnaîtront  dans la bonne, une mère, une grand-mère ou bien une immigrée.

Une première version parut en feuilleton dans l'Écho de Paris, du 20 octobre 1891 au 26 avril 1892, puis une seconde version remaniée dans la  Revue blanche pendant l’hiver 1900. Cent ans déjà, que d'avancées et que de reculs.


Le blog de Michel Mirbeau : http://michelmirbeau.blogspot.com/

Les éditions du Boucher pour consulter des oeuvres en ligne ( format PDF)  http://www.leboucher.com

ENTRETIEN D'EMBAUCHE
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Célestine,vue par Octave Mirbeau
 
"Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens."
-_-_-_-_-
 
(...)

Après un examen détaillé, appuyé, froissant, agressif, la dame se décida enfin à parler.

– Alors, dit-elle, vous vous présentez comme...  quoi ?... comme femme de chambre ?
– Oui, Madame.
– Vous n’en avez pas l’air... Comment vous  appelez-vous ?
– Jeanne Le Godec...
– Qu’est-ce que vous dites ?...
– Jeanne Le Godec, Madame...
La dame haussa les épaules.
– Jeanne...  fit-elle...  Ça n’est pas un nom de domestique... c’est un nom de jeune fille. Si vous entrezà mon service, vous n’avez pas la prétention, j’imagine, de garder ce nom de Jeanne ?...
– Comme Madame voudra.
Jeanne avait baissé la  tête... Elle appuya davantage  ses deux mains sur le manche de son parapluie...
— Levez la tête… ordonna la dame… tenez-vous droite… Vous voyez bien que vous allez percer le tapis avec la pointe de votre parapluie… D’où êtes-vous?D’où  êtes-vous ?
– De Saint-Brieuc...
– De Saint-Brieuc !...

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