13.06.2009

Pensez utile ....

"Il faut changer de nom, le mot socialiste ne veut plus rien dire." C'est Manuel Valls,  figure de l'aile droite du Parti socialiste et coloriste d'arrière garde,  nous le dit. Il appelle  Martine Aubry à mettre "en place très vite une équipe d'une dizaine de responsables, de sensibilités différentes, dotés des pleins pouvoirs" qui  devraient "mettre en oeuvre plusieurs exigences fondamentales", et  "redéfinir une offre progressiste" en proposant des "solutions crédibles et concrètes sur l'école, les retraites, l'entreprise, la civilisation urbaine et écologique, pour relancer notre pays face à la crise".
S'attendre au pire.
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"Ce dont nous avons besoin, c'est d'une véritable dynamique qui change de fond en comble notre fonctionnement, pour donner naissance à un mouvement politique symbolisé par un nouveau nom" a précisé l'homme. "Le Parti d'en rire" n'étant plus de saison, je propose, pour apporter ma pierre au naufrage," le Parti d'en pleurer".

Chantons !

28.02.2009

Socialiche

Musée du Quinquennat
les classiques favoris

La scène se déroule dans un salon du palais de l’Elysée.  Un pince-fesse ultra-mondain est organisé qui voit se précipiter   les représentants des forces vives de la nation - dont de nombreux socialiches sans lesquels la France ne serait pas dans un tel état. On reconnaît un ancien ministre de Mitterand.

Il s’était précipité et, s’agenouillant devant la première dame de France qui attaquait un contre-ut dans l’air de  Raphaël, où t’as mis mes ailes ?, avec des tremblements débiles dans tous les membres, il lui avait serré le pied gauche qu’il baisait avec force coups de langue en murmurant de sa voix cassée:

- Ma prima dona, ma prima dona… je suis en pleine harmonie avec votre dimension culturelle,  avec le président, avec mon idéal,  mes convictions,  le souci de l'intérêt supérieur du paysles tapisseries, avec le tapis... tenez, en souvenir de moi, mon ouvrage Changer que je vous ai dédicacé ! Oui, j'ai changé! non je ne suis plus le même ! oui !
Elle, effrayée par tant d’affection, s’accrochait à son amplificateur et donnait des coups de son pied droit sur la tête du mélomane pour s’en débarrasser. Mais il protestait de son dévouement envers la troisième épouse du chef d’Escadrille et refusait de lâcher prise. On profita de ce qu'il changeait de couleur, afin de se confondre avec le tapis persan, pour l’arracher  du pied de  l'égérie de la firme automobile Lancia.
- Jetez-le dehors, dit le président, et qu’il rende la chaussure à ma petite femme.

La première cantatrice de France, remise des ses émotions, reprenait l’attaque de son fameux contre-ut, lorsqu’on entendit un bruit de moteur à deux temps.
C’était Citrouille, la pétrolette du fils du président, échappée de sa maison de retraite et qui,  profitant d’une porte ouverte, s’élançait dans le salon suivie de près par notre  réaliste révolutionnaire,  l'ami de Laurent Bagbo, qui braillait :
- Ma belle Citrouille ! ma belle Citrouille !
Et, agenouillé, il prenait dans ses bras Citrouille et posait de gros baisers baveux sur sa selle en cuir de Russie .
- Oh qu’elle est belle… elle est si belle.
- Envoyez-le à Cuba, dit  alors  le président pour s'en débarasser, et qu'il lâche la mob' du fiston !

Des invités craquaient nerveusement et éclataient de rire, cependant que la première diva de France lâchait enfin un contre-ré bémol à couper le souffle.
Emilienne Zola
Leurs Excellences  Sans Gêne.

Rediff un brin remaniée du 5 février 2008

17.02.2009

H comme Humilitas

Musée du Quinquennat

Vanités et natures mortes
"L'humilité est l'antichambre de toutes les perfections."
Marcel Aymé. Clérambard

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"Si la vanité est le moteur de l'humanité,
la flatterie en est le lubrifiant"


Jérôme K.Jérôme

 

10.02.2009

Carnaval & mardi gras: ras le bol !

Préparer vos déguisements !

Le 19 mars, énième journée d'action afin de peser sur le "sommet social" à l'Elysée qui aura lieu le 18 février. Vous avez bien lu, le 19 mars pour le 18 février ! Une journée pour s'assurer que vous n'avez pas fait grève ou/et que vous n'avez pas manifesté le 29 janvier par inadvertance, bêtement. Pour profiter des soldes - ça c'est vu - tire-au-flanc !
Chérèque, de la CFDT, donne le la : "Nous sommes reçus le 18 février par le président: cela ne sert à rien de nous mobiliser avant. Autour du 15 mai, nous allons organiser dans plusieurs pays européens des manifestations. Entre ces deux dates, tout est ouvert." C'est vrai que manifester la veille ou le jour même du " sommet social" pour "infléchir" ce gouvernement, ça ne se fait pas. Ce n'est pas poli. Ce n'est pas conforme à la doctrine sociale de l'Eglise, ça sent trop la lutte des classes et pas assez
une société réconciliée dans la justice et dans l'amour."
Le 19 mars on vérifiera donc si il y a autant de gens qui descendent dans la rue que le 29 janvier. Si c'est le cas, une autre journée d'action sera prévue le ... pour vérifier que... Et si ce n'est pas le cas, une autre journée d'action sera prévue le... pour  préparer  une autre journée d'action le... qui vérifiera que....  Se projeter dans la durée. Bientôt les vacances d'été. Déjà Noël !
Quand je dis "descendre dans la rue", c'est une image bien sûr. Chéréque  :" une nouvelle journée d'action, sous des formes peut-être différentes, peut très bien être organisée à la mi-mars." Chouette alors ! des animations comme au centre aéré ! Hélas, pour  des piques-niques militants, il fera sans doute un peu frais. Entonnoir !
Les esprits chagrins feront remarquer que le 19 mars ça fait un peu loin, mais c'est que pour foirer une journée d'ampleur, il faut se donner le temps de la préparer
.
On n'est pas en Guadeloupe, dommage.

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Le messager du diable.
Jérôme  Bosch  " La  Tentation de saint Antoine"
Musée d’art ancien, Lisbonne

15.01.2009

Perroquets sur le perchoir

Plus que quelques jours  pour "finir le travail" commencé à Gaza. Plus que quelques  dizaines de morts avant l'investiture d'Obama qui sifflera la fin de la récréation.
Pendant ce temps la France " d'une seule voix "  gauche et droite main dans la main, entonne les couplets décérébrés  et anesthésiants des discours d'union nationale par temps de guerre et de crise - et qui en préfigurent d'autres qui nous concerneront plus directement.

A la tribune de ce qui nous sert d' Assemblée nationale, Kouchner, qui n' a été ni sifflé ni hué - nous ne sommes pas chez des sauvages- ,  a défendu une "position d'équilibre et de justice"(sic) et  lancé une mise en garde contre l'importation du conflit en France ( voir cinquième colonne et autres cellules invisibles...). Et par  le pouvoir de cette mise en garde  a appellé, ainsi que d'autres,  à une importation du conflit selon le principe bien  connu que si on vous demande de ne pas penser à un " cheval blanc" vous penserez  nécessairement à un "cheval blanc" ( voir aussi les campagnes médiatico-politiques qui jettent de l' huile sur  les  voitures brûlées)

Vif applaudissements


Une phrase d'un joli bleu horizon  a également chu des abords du perchoir : "Ce n'est pas en proposant au peuple juif le cercueil ou les valises que les Palestiniens obtiendront un État", établissant un parallèle entre les Israéliens et les Pieds-noirs ; les Palestiniens  et les Algériens durant leur guerre d'indépendance; et  réactivant de veilles plaies coloniales mal cicatricées en France et en Algérie.
Je précise que ce parallèle doublement foireux - car pour le moment ce sont les Palestiniens à Gaza qui remplissent  les cercueils - est de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire PS aux affaires internationales, qui s'exprimait  au nom des députés socialistes et faisait une espèce  de rentrée  politique et médiatique  puisque depuis le début du massacre il avait courageusement disparu des ondes. Son mini  discours entre deux chaises, mi chèvre mi chou, carpe et lapin, girouette et giratoire est à rire ici. 

Rires


Cerise sur le gâteau, la France "d'une seule voix" enverra bientôt, si tout se passe bien, une brochette de députés multicolores pour constater de visu les conséquences du massacre.  Hélas, une délégation de huit députés européens lui a déjà  brûlé la politesse, et sous les bombes encore...


13.01.2009

Finir le travail...

Troisème phase... c'est annoncé comme l'achèvement d'un pont ou les préparatifs pour l'envoi d'une fusée dans l'espace. Ultime phase d'un plan suivi à la lettre avant les gronderies d'Obama et le coup de sifflet mettant fin à cet épisode.
Isarël veut "finir son travail  " ai-je entendu ce midi sur les ondes. Vue d'ensemble et souci du  
détail qui tue  "grâce" au DIME, saloperie déjà utilisée au Liban en 2006 : à  deux  mètres un  corps est coupé en deux, à huit mètres les jambes sont coupées, brûlées...hémorragies internes et pour les survivants un cancer à la clef.
Le régime  sionniste finit  le travail commencé. Et une fois fini,  il le remettra sur l'ouvrage  comme depuis 60 ans.

Courageusement le Parti dit socialiste, le chantre  de l'équidistance,  rase le Mur  puisque ses amis travaillistes et Shimon Perez sont du côté du canon en Israël,.  Pour justifier la tonitruante absence du PS lors des dernières manifestations, l'inénarable  Arnaud Montebourg  s'est fendu d'une explication : son parti ne voulait pas  "risquer de cautionner des mots d'ordre communautaristes"- je n'avais encore jamais entendu un tel argument ! -, et d'ajouter qu'il y avait eu  " des propos, des slogans antisémites. Il y a eu aussi des expressions islamophobes". Et il arrive que tous les manifestants ne défilent pour les mêmes raisons. Et  il arrive aussi que des gens élèvent la voix (restons courtois) . On aurait pu aussi  lire et entendre “Le capitalisme porte la guerre, comme la nuée porte l’orage” comme disait Jean Jaurès (restons polis).
Plus courageux   un réserviste israélien a été condamné au cachot pour avoir refusé de servir dans la bande de Gaza. C'est la première fois depuis le début de l’opération militaire dans le territoire palestinien.

 

 


 

11.01.2009

Le Clairon de Brest

 Des échos du Monde, avec une majuscule.

     Nous apprenons, un peu tardivement, la naissance définitive du fruit des amours anonymes de Mademoiselle R.D***, ministre de droite en arrêt de travail, et dont nous conserverons  l'anonymat par déontologie. 
L 'information serait sans intérêt si la récente parturiente n'avait décidé de reprendre illico presto un travail de bénévole dans les allées des rizières gelées du bois de Boulogne et de Vincennes où elle glane les crottins de cheval délaissés et les merdes de chien abandonnées - suivant  en cela  les préceptes de notre Fureur  qui prône  le développement durable et le redressement de la France par l
a récupération et le recyclage du caca rentable.

     Ainsi la voit-on côtoyer dès potron-minet  les sdf qui pullulent en têtant leur bouteille plastique de gros rouge qui tache, sous les frondaisons dénudés en chantant : "Au boulot lo, lo ! Au turbin bin, bin ! ..."

Mais, se demande l'être humain, quid de l'enfançon durant les absences de sa mère? Qui pour lui donner le biberon nourissant et lui faire des risettes? Qui pour le  torcher et le faire roter ? Eh bien, ce sont les petites souris et les Sept nains qui jouaient dans "Blanche-Neige" qui s'occupent de tout dans le galetas ! Oui, madame...Et ce petit personnel est supervisé par l'incomparable Mademoiselle S. R***, animatrice de clubs de lobotomisés dont la réputation n'est plus à faire.
     C'est elle qui, tous les matins, méprisant l'ascenseur coûteux en énergie, grimpe avec ses pieds dans la soupente où niche Mademoiselle R.D***  pour briser à la hache l'eau gelée  dans la pauvre cuvette en porcelaine rouillée et réchauffer de son haleine de bœuf et d'âne les seins de la mère qui ont fortement givré durant la nuit, tant le froid frigorifique en cette saison hivernale a envahi l'immonde chambre de bonne bretonne.

     L'autre matin, dans les lueurs nocturnes d'une aube qui peinait à se lever, une scène déchirante vous aurez arraché les larmes des yeux. En effet, Mademoiselle R.D***, le giron enfin  ramolli par les effluves embaumés et tièdes du souffle de Mademoiselle S. R***, lui  dit sur le ton de la confidence : " Je crains, ma bonne amie socialodémocratiste, que pour profiter un peu des soldes chez Cartier, je n'en sois réduite, telle une Cosette, à déposer chez "ma Tante" une des bimbloteries que m'offrit naguère Princharmant  ( c'est le nom secret du père de l'enfançon - ndlr )...
     A ces mots, 'Mademoiselle S. R***, chamboulée comme on l'imagine, s'écria: "Ne les gagez point !  ce sont des bijoux d'amour,  ce sont des morceaux de son cœur que Princharmant  laisse à votre garde  tels  les éclats d'une comète !  Pour les soldes, nous irons chez Tati, vous verrez c'est charmant ! " Et, se rendant compte de sa boutade involontaire dans l'emploi du mot " charmant",   elle pouffa gaiement d'un joyeux rire qui dérida aussitôt son amie affligée !

Ah ! quelle belle solidarité dans l'adversité entre ces deux femmes si différentes que tout rassemble!  Ne sont-elles point  exemplaires d'une France solidaire, ni à droite ni à gauche,  et qui est  à inventer comme nous le propose notre Fureur ?
 

22.12.2008

Noël ! Noël !

La Gôche
SOS Nanisme

Une pépinière de vedettes le PS. Que dis-je? une mine ! Ainsi Malek Boutih.
Comme une taupe, il avait été approché une première fois par Nicolas Sarkozy en juin 2007 pour entrer dans le gouvernement de François Fillon. Mais ce n'était pas le moment. L'Histoire, bonne fille, a donc retenu son souffle. Un an d'apnée. Pourtant, en haut lieu, on sentait la résistance de Boutih mollir.  La future nouvelle figure de l'ouverture sarkozienne trimballait sa social-démocratie comme une croix dans  sa pénible ascension d'un médiocre plan de carrière semé d'embûches glacées. Pour qui a du cœur, ça faisait pitié à voir.

Au soir du 25 novembre, fin provisoire du combat  au PS et re-chute de Ségolène, l'idole adorée. La réaction de Malek Bouthy n'a pas tardé  : "On a été volé d’un bout à l’autre dans cette affaire" et   "Martine Aubry c'est la dictature de Solférino !"... Charitablement, des envoyés de sa Hautesse, voyant  notre dépouillé  partir en nouilles au coin du bois, et sans doute persuadés qu'il serait éjecté du train en marche, sont revenus lui  faire  des appels du pied  pour qu'il rejoigne fissa le monde libre et entre enfin au gouvernement chéri. Démenti vigoureux de l'approché. Puis démenti du démenti. Quand c'est non, c'est oui. Oui, mais...
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Les couleurs de Papa Noël !
 
En effet c'était une entrée par la petite porte de service, sans tapis rouge, la queue entre les jambes, pour un minable poste de délégué ! L' "Incarnation de la Diversité ", a donc refusé avec dédain  ce cadeau sans volupté brûlante qui n'était pas à la hauteur de sa fuite de cerveau. S'il vise mal, Malek Bouthy vise plus haut : "Le président veut des nominations à des postes importants. Je le prends au mot !" a-t-il vaillamment proclamé dans une  envolée de franche modestie au parfum raffiné de caprice. Et comme tout semble brouillé et mêlé dans le repris de justesse confus et brumeux, on le sait  également  intéressé par la direction de la HALDE ainsi que par une  glorieuse carrière  à l'intérieur de son parti...
 
En réponse à ses nombreuses demandes, je lui transmets avant l' heure  la réponse du Papa Noël.

Mon petit Malek chéri, ta gentille lettre m'a fait beaucoup rire plaisir. Je vois que tu ne perds pas le nord. Je t'envoie mon portrait à colorier. Tu vois que le facteur m'a trouvé, il est très malin, comme toi. Seulement  j'ai reçu beaucoup de commandes de tes amis. Je ne sais plus où donner de la tête, et je ne sais pas si je pourrai t'apporter ce que tu m'as demandé.
Je te rappelle qu'il n'y a qu'un poste de premier ministre et de roi des Belges.  Et ces deux places sont prises actuellement comme celle de feurste laidie.
Pour toutes tes autres demandes, j'essaierai, Mais je suis vieux et quelquefois je me trompe.  Sois sage, intrigue travaille bien. Gloire aux vaincus. Je t'embrasse fort.
 
Papa Noël
 
PS. Si tu recherches un petit emploi saisonnier, juste pour faire la soudure, j'ai besoin d'aides sérieux.



Ne restons pas inconnus.

20.12.2008

Faisons le point

La Gôche

Dialogues tristes

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M'ME ROYAL .— (Elle regarde le cadran de l'horloge sans aiguilles)  C'est quelle vraie heure qu'il est ?

JUJU.— Je ne sais pas. Ma petite montre est morte.

M'ME ROYAL  .— (Elle regarde vers la fenêtre) Il doit être tard rue de Solférino ...

JUJU.— Je ne sais pas.

M'ME ROYAL .—  Si, si. Il fait très tard là-bas. Et ça fait longtemps  qu’il  fait tard ! Quand j'y étais, il y faisait toujours plus tôt...ça sentait bon les fleurs des prés...un avant-goût du printemps... Maintenant ça sent les dessous de vieux, ça sent le renfermé d'un parti qui ne veut pas s'ouvrir à ceux qui veulent l'enfermer...

JUJU.— Je ne sais pas ce que ça sent, je n'ai pas de nez.

M'ME ROYAL .— Mon Dieu, comme l'incertitude est incertaine… Est-ce qu’il va neiger ?

JUJU.— Je crois qu'il va neiger. Mais je ne sais ni où ni quand.

M'ME ROYAL .— Écoutez…J'entends des clochettes retentirent !

JUJU.— C'est le carillonneur des rues.

M'ME ROYAL .— ( elle compte sur ses doigts. ) Trente-sept  heures... Comme le temps passe vite...

JUJU.— Ou c'est  qu' il est saoul le carilloneur...  Il se sera arrêté rue de Solférino… Et il aura bu tout notre caviar...Si on portait plainte ?

M'ME ROYAL .— Tant pis.. Trop tard !  Ce qu'il faudrait maintenant c'est  de l'innovation... encore une fois les coiffer tous au poteau. Leur montrer c'est qui qui est moderne. Fêter Noël en avance par exemple !… Voilà, ça c'est une bonne idée !

JUJU.— Oui .

M'ME ROYAL .— C'est quel jour qu'on est exactement, par rapport à Noël je veux dire ?

JUJU.— Je n'en sais rien. Je ne compte plus...A quoi bon?

M'ME ROYAL .— Regarde si les guirlandes de la rue sont allumées.

JUJU.— (Il se penche dehors)  Non, elles ne sont pas allumées. Elles sont éteintes. Mais les fenêtres de Madame Taupin-Brognard sont allumées.

M'ME ROYAL .— Je m'en tape de cette vieille peau... de toute manière les guirlandes à notre époque  ça ne veut plus rien dire.   Quand c'est que j'étais courroucée déjà ? Quand c'est que  j'ai fustigé le sectarisme de la Martine ?

JUJU.— Il y a deux ou trois jours, je crois.

M'ME ROYAL .—  Je suis bien entourée... Je vous signale que  nous continuons le combat pour 2012... Alors si personne ne se rappelle précisément quand j'étais courroucée, c'est bien la peine que je me courrouce... Et qui donc vous  nourrira, mauvais enfants, si j'arrête de lutter en me courrouçant ?  2O12, c'est dans combien de temps déjà ?

JUJU.— Dans longtemps. Après le quinquennat.

MME ROYAL .— J'attends mon heure, je ne suis pas pressée... Pourtant ce quinquennat il était à moi... il  ne faut pas toujours dire d’une femme qui tient un poisson à la main : c’est un pêcheuse... Non, il ne faut pas... J'avais le quinquennat en main et flich !  il  sauté dans le filet du nain ! ... Comme le destin est brutal... Comme la pêche est hasardeuse...  Comme la poire est blette... Comme la fraise est des bois...

JUJU.— Poissonnière c'était  moins risqué.

M'ME ROYAL .—  Peut-être... Pour le réveillon  anti-daté, je vais remplacer la dinde par des sardines à l'huile... Avec  du chabichou... Et du cidre... Qu'est-ce que vous en dites ?... Ils dorment ! … Juju dort !... Mais je rêve ! ... Parfois je suis fatiguée de me battre par les monts, pour  les veaux,  contre les vents et les marées…

 

A la bonne heure!

Les gens dorés

Le coucou du parti
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Par une aube hivernale et blafarde  de février, l'Ami des potes s'aperçut  que, durant la nuit, sa petite montre, cadeau d'une pauvresse qu'il avait honorée naguère,  avait gelé elle aussi.
" Je n'aurais pas du la laisser sur la table de chevet car la soupente de bonniche où niche mon triste grabat est fort froide. " se fit-il la réflexion in-petto pour ne pas déranger ses voisins d'infortune qui pétaient derrière les minces cloisons de carton mâché.
A ces mots, teintés du désespoir qui cherche d'un œil la corde et de l'autre le tabouret, la Bonne Fée chut de la lucarne telle une  affaire juteuse qui  tombe au cul d'un camion sur une aire d'autoroute.
" Je te vois fort embarrassé, mon pote des bouées de sauvetage .
- Oh  ma Sauveresse ! 
comment vais-je faire pour  ne point manquer mon rendez-vous avec l'Histoire ? car je vois  bien que l'achat d'une nouvelle montre, au prix qu'ça coûte la peau des fesses,  risque de me mettre sur la paille. Ne  vis-je pas " avec le peuple, celui qui gagne 8 000 francs par mois, qui galère dans les transports en commun et qui vit dans des quartiers difficiles. Eux n’ont pas les moyens de se payer une sécurité privée. Être de gauche, c’est représenter ces gens-là, leur garantir le droit à la sécurité. Alors, oui, je suis sécuritaire !..."
- Mon enfant tu t'envoles, or c'est bas de plafond chez toi : "Prudence est mère de Sureté !"  souviens-t-en ! Ton cœur est bon, ton âme est généreuse; charité et foi calfeutrées dans l'espérance ne sont point chez toi de vains mots, aussi  vais-je  t'aider.
- Oh, ma bienfaitresse  ! laissez-moi vous lichouiller la goule ! 

- Tutute Apollon ! ne  tente pas la femme qui sommeille sous  son chapeau pointu !  Je me connais, il ne faudrait pas trop me chatouiller les couettes pour que je tombe en pâmoison dans tes bras puissants... Mais là  je bosse  je te ferais dire, alors ce n'est pas le moment pour la bagatelle... Pour ta montre,  j'ai les  adresses de  deux revendeurs. Du sérieux, de l'international, du cousu main., de la dentelle de Penmarc'h... Ils font une promo sur une  "montre à complication" pour la somme ridicule de 250 000 francs.
- Mais c'est donné !
- Tu l'as dit Sosos. 31 fois 8 000 francs, c'est plus du commerce, c'est un oeuvre de bienfaisance. Seulement  je tiens à te prévenir,  mes lascars  labeurent dans un quartier  difficile du Paris mal famé.
- Ah ?
- Le souk de la Place Vendôme.
- Merde ! Pour s'y garer c'est coton !
- Tu l'as dit .
- Eh bien, tant pis ! J'ai déjà pesé le pour et le contre:  je ne trouverai
aucune montre  à ce prix là au Tati de Barbès... Je relève ce nouveau défi,  à partisocialiste rien d'impossible ! En avant cœur joyeux !
-  Tu as l'étoffe de l'envergure du courage de tes ambitions, mon Juju, c'est beau ! Tu arrivisteras  loin.

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