lundi, 04 août 2014

La nuit du 4 août 1789

" Nos philosophes répondent que les pauvres, qui dorénavant prendront tout, ne demanderont plus rien. Mais où trouveront-ils de quoi prendre, à moins d'un massacre général "

Rivarol

"Il n'est pas douteux que quelques zélateurs de Jean-Jacques et de la révolution d'Amérique n'aient eu le projet, dès le début, d'anéantir les ordres et de donner pour tout appui au trône des formes et des principes démocratiques. On appelle cela une conjuration ; mais malgré le succès inespéré de ces tentatives, on aperçoit plutôt des conjurés qu'une conjuration. On ne sait comment, sans plan, sans but déterminé, des hommes divisés par leurs intentions, leurs mœurs, leurs intérêts, ont pu suivre la même route, et arriver de concert à une subversion totale."

Mémoires du constituant Pierre-Victor Malouet

En une nuit, l'abolition des privilèges et droits seigneuriaux était consacrée.

4aout1789.jpg

Dessin de Monnet, gravé par Helman

La séance historique, devenue légendaire, avait pourtant  commencé  par l’examen d’un décret visant à restaurer l’ordre et la loi en France.
La Grande Peur poussait en effet les campagnards frappés par la disette à piller les châteaux, à brûler les documents où étaient consignés les droits féodaux et, plus génralement, à toucher aux intérêts de la noblesse et  à ceux de la bourgeoisie.
Tout ceci incitait les députés à défendre la propriété soit par la force soit par des concessions.  Dans un premier temps il s'agissait de rappeler au peuple le respect dû à une légalité devenue toute théorique.

La force
- Protéger le droit sacré de la propriété -

" L'Assemblée nationale, considérant que, tandis qu'elle est uniquement occupée d'affermir le bonheur du peuple sur les bases d'une constitution libre, les troubles et les violences qui affligent  les différentes provinces, répandent l'alarme dans les esprits, et portent l'atteinte la plus funeste au droit sacré de la propriété et de la sûreté des personnes ;

  •  Que ces désordres ne peuvent que ralentir les travaux de l'Assemblée et servir les projets criminels des ennemis du bien public;
  •  Déclare que les lois anciennes subsistent et doivent être exécutées , jusqu'à ce que l'autorité de la nation les ait abrogées ou modifiées ;
  •  Que les impôts, tels qu'ils étaient, doivent continuer d'être perçus aux termes de l'arrêté de l'Assemblée nationale du 17 juin dernier, jusqu'à ce qu'elle ait établi des contributions et des formes moins onéreuses au peuple ;
  •  Que toutes les redevances et prestations accoutumées doivent être payées comme par le passé , jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par l'Assemblée;
  •  Qu'enfin les lois établies pour la sûreté des personnes et pour celle des propriétés, doivent être universellement respectées.

La présente déclaration sera envoyée dans toutes les provinces , et les curés sont invités à la faire connaître à leurs paroissiens , et à leur en recommander l'observation. "

Les concessions
- Faire céder des intérêts particuliers à l'intérêt général -

Puis, au cours des débats,  deux représentants de la haute aristocratie - le vicomte de Noailles, seigneur ruiné, et le richissime duc de l'Aiguillon - proposèrent, pour ramener le calme dans les provinces, d'en finir avec les droits seigneuriaux et d’instaurer un impôt proportionnel aux revenus. La veille, l'un et l'autre avaient déjà fait savoir qu'ils renonçaient  à leurs droits féodaux.
Le vicomte de Noailles prit la parole, secondé par le duc de d'Aiguillon - ainsi que le rapporte le Moniteur, rédigé au mois de novembre 1789 :

" Comment l'établir, ce gouvernement ? Par la tranquillité publique. Comment l'espérer, cette tranquillité ? En calmant le peuple, en lui montrant qu'on ne lui résiste que dans ce qu'il est intéressant pour lui de conserver. Pour parvenir à cette tranquillité si nécessaire, je propose :

  1. Qu'il soit dit, avant la proclamation projetée par le comité, que les représentants de la nation ont décidé que l'impôt sera payé par tous les individus du royaume, dans la proportion de leurs revenus ;
  2. Que toutes les charges publiques seront à l'avenir supportées également par tous ;
  3. Que tous les droits féodaux seront rachetables par les communautés, en argent, ou échangés sur le prix d'une juste estimation , c'est-à-dire d'après le revenu d'une année commune, prise sur dix années de revenu ;
  4. Que les corvées seigneuriales, les mains-mortes et autres servitudes personnelles seront détruites sans rachat.

A l'instant un autre député noble, M. le duc d'Aiguillon, propose d'exprimer avec plus de détail le vœu formé par le préopinant ; il le conçoit ainsi : 

" Messieurs, il n'est personne qui ne gémisse des scènes d'horreur dont la France offre le spectacle. Cette effervescence des peuples, qui a affermi la liberté lorsque des ministres coupables voulaient nous la ravir, est un obstacle à cette même liberté dans le moment présent, où les vues du gouvernement semblent s'accorder avec nos désirs pour le bonheur public.
Ce ne sont point seulement des brigands qui, à main armée, veulent s'enrichir dans le sein des calamités : dans plusieurs provinces, le peuple tout entier forme une espèce de ligue pour détruire les châteaux, pour ravager les terres, et surtout pour s'emparer des chartriers, où les titres des propriétés féodales sont en dépôt.
Il cherche à secouer enfin un joug qui, depuis tant de siècles, pèse sur sa tête; et il faut l'avouer, messieurs, cette insurrection, quoique coupable (car toute agression violente l'est), peut trouver son excuse dans les vexations dont il est la victime. Les propriétaires des fiefs, des terres seigneuriales, ne sont, il faut l'avouer, que bien rarement coupables des excès dont se plaignent leurs vassaux ; mais leurs gens d'affaires sont souvent sans pitié et  et le malheureux cultivateur, soumis au reste barbare des lois féodales qui subsiste encore en France, gémit de la contrainte dont il est la victime.
Ces droits, on ne peut se le dissimuler, sont une propriété , et toute propriété est sacrée ; mais ils sont onéreux aux peuples, et tout le monde convient de la gène continuelle qu'ils leur imposent.

La Nuit du 4 août. Réimpression de l'ancien Moniteur

Au cours de la séance -  qui dura jusqu'à 3 heures du matin - il n'est pas impossible non plus que " dans une situation de crise, les dynamiques propres de l’assemblée ont pu entraîner des députés à adopter des positions révolutionnaires qui, quelques semaines auparavant, leur auraient paru totalement inconcevables."(Laurent Bonelli)

- Lâcher le superflus, conserver l'essentiel -

Ce que certains appelèrent la "nuit des sacrifices" -  que d'autres appelèrent "la nuit des dupes",  la " Saint-Barthélémy des propriétés" ou encore " l'orgie législative " - fut , au départ, une tentative pour  ramener le calme dans les provinces et empêcher l'incendie de se propager et de réduire en cendre la monarchie elle-même.

Passé le moment d'euphorie,  les députés décideront  que seuls les droits féodaux pesant sur les personnes seront abolis sans indemnité ( ce qui était le cas notamment pour la  dîme) tandis que d'autres devront être rachetés (comme  les cens et les champarts ). Les décrets ne seront rédigés que le 11 août et Louis XVI sera contraint d'accorder sa sanction  le 5 octobre 1789.

Dans la nuit du 4 août 1789 disparaissait une ancienne France, déjà  moribonde, fondée sur les  structures archaïques de la féodalité. L'aristocratie laissait la place à la bourgeoisie. Et si les privilèges exorbitants étaient abolis, le patrimoine restait intact.

Aujourd'hui, signe des temps, l'abolition des privilèges est devenue synonyme d'attaque en règle des acquis sociaux.

*

Antoine Rivarol - extrait du Journal

Rivarol, essayiste et pamphlétaire, condamnera cette révolution qu'il ne comprenait pas : " Je ne crains pas de le dire, dans cette Révolution tant vantée, princes du sang, militaires, députés, philosophes, militaires, tout a été mauvais, jusqu'aux assassins." Rivarol émigrera et mourra en exil à Berlin.

"Ce fut la nuit du 4 août que les démagogues de la noblesse, fatigués d'une longue discussion sur les droits de l'homme, et brûlant de signaler leur zèle, se levèrent tous à la fois, et demandèrent à grands cris les derniers soupirs du régime féodal. Ce mot électrisa l'Assemblée. (...)
Le feu avait pris à toutes les têtes. Les cadet si de bonne maison, qui n'ont rien, furent ravis d'immoler leurs trop heureux aînés sur l'autel de la patrie; quelques curés de campagne ne goûtèrent pas avec moins de volupté le plaisir de renoncer aux bénéfices des autres : mais ce que la postérité aura peine à croire, c'est que le même enthousiasme gagna toute la noblesse ; le zèle prit la marche du dépit ; on fit sacrifices sur sacrifices : et comme le point d'honneur chez les Japonais est de s'égorger en présence les uns des autres, les députés de la noblesse frappèrent à l'envi sur eux-mêmes , et du même coup sur leurs commettants.
Le peuple, qui assistait à ce noble combat, augmentait par ses cris l'ivresse de ses nouveaux alliés ; et les députés des communes, voyant que cette nuit mémorable ne leur offrait que du profit, sans honneur, consolèrent leur amour-propre, en admirant ce que peut la noblesse entée sur le tiers-état. Ils ont nommé cette nuit la nuit des dupes ; les nobles l'ont nommée la nuit des sacrifices.
(... )  et tous ces noms, jadis si obscurs, qui enrouent aujourd'hui la renommée, ont fait du bruit sans acquérir de la gloire : car le bruit ne chasse pas l'obscurité, mais la gloire est comme la lumière. Il n'y a donc de mémorable dans l'Assemblée que l'Assemblée même.

 

 04/08/2010

"Qu'on nous apporte ces titres qui humilient l'espèce humaine..."

4aout.jpgLe 4 août 1789, sous la pression populaire, l'Assemblée Constituante issue de la Révolution votait l'abolition des privilèges féodaux et mettait ainsi fin à la structure économique de l'Ancien Régime.

C'est la nuit... allumons nos lanternes...

« Tout semblait fini. Une scène non moins grande commençait. Après les privilèges des classes, vinrent ceux des provinces. Celles qu’on appelait Pays d’État, qui avaient des privilèges à elles, des avantages divers pour les libertés, pour l’impôt, rougirent de leur égoïsme, elles voulurent être France, quoi qu’il pût en coûter à leur intérêt personnel, à leurs vieux et bons souvenirs. Le Dauphiné, dès 1788 (cf Vizille après la journée des Tuiles), l’avait offert magnanimement pour lui-même et conseillé aux autres provinces. Il renouvela cette offre. Les plus obstinés, les Bretons, quoique liés par leurs mandats, liés par les anciens traités de leur province avec la France, n’en manifestèrent pas moins le désir de se réunir. La Provence en dit autant, puis la Bourgogne et la Bresse, la Normandie, le Poitou, l’Auvergne, l’Artois. La Lorraine, en termes touchants, dit qu’elle ne regretterait pas la domination de ses souverains adorés qui furent pères du peuple, si elle avait le bonheur de se réunir à ses frères, d’entrer avec eux dans cette maison maternelle de la France, dans cette immense et glorieuse famille ! Puis ce fut le tour des villes. »

Michelet
Histoire de Révolution française
,

Nuit du 4 août 1789

M. Le Guen de Kerengal, député de la Basse Bretagne :

" Messieurs, une grande question nous a agités aujourd'hui; la déclaration des droits de l'homme et du citoyen a été jugée nécessaire. L'abus que le peuple fait de ces mêmes droits vous presse de les expliquer, et de poser d'une main habile les bornes qu'il ne doit pas franchir; il se tiendra sûrement en arrière.

Vous eussiez prévenu l'incendie des châteaux, si vous aviez été plus prompts à déclarer que les armes terribles qu'ils contenaient, et qui tourmentent le peuple depuis des siècles, allaient être anéanties par le rachat forcé que vous en alliez ordonner.

Le peuple, impatient d'obtenir justice et las de l'oppression, s'empresse à détruire ces titres, monuments de la barbarie de nos pères.

Soyons justes, messieurs : qu'on nous apporte ici les titres qui outragent, non-seulement la pudeur, mais l'humanité même. Qu'on nous apporte ces titres qui humilient l'espèce humaine, en exigeant que les hommes soient attelés à une charrette comme les animaux du labourage. Qu'on nous apporte ces titres qui obligent les hommes à passer les nuits à battre les étangs pour empêcher les grenouilles de troubler le sommeil de leurs voluptueux seigneurs.

Qui de nous, messieurs, dans ce siècle de lumières, ne ferait pas un bûcher expiatoire de ces infâmes parchemins, et ne porterait pas le flambeau pour en faire un sacrifice sur l'autel du bien public?

Vous ne ramènerez, messieurs, le calme dans la France agitée, que quand vous aurez promis au peuple que vous allez convertir en prestations en argent, rachetables à volonté, tous les droits féodaux quelconques ; que les lois que vous allez promulguer anéantiront jusqu'aux moindres traces dont il se plaint justement. Dites-lui que vous reconnaissez l'injustice de ces droits acquis dans des temps d'ignorance et de ténèbres.

Pour le bien de la paix, hâtez-vous de donner ces promesses à la France; un cri général se fait entendre; vous n'avez pas un moment à perdre ; un jour de délai occasionne de nouveaux embrasements; la chute des empires est annoncée avec moins de fracas. Ne voulez-vous donner des lois qu'à la France dévastée ? "

La question des franchises provinciales

Le parlement de Rennes déclara cette renonciation sans valeur. Il ne reconnaissait qu'aux États provinciaux le droit de l'accepter ou non. Les magistrats mandés devant la Constituante maintinrent leur protestation. L' Assemblée, sous l'inspiration de Mirabeau, rendra un décret les blâmant et les suspendant de leur fonction. C'était la fin du parlement ainsi que du régime établi depuis François Ier.

Le Chapelier :

" Les Bretons ont renouvelé leur union à la France, en nous envoyant vers vous. Ils ont adhéré à ce que vous avez  fait, et par leurs adresses, et en montrant leur  allégresse, et en déployant leurs forces pour soutenir vos opérations.... Ces magistrats veulent composer nos chaînes de ces privilèges  mêmes dont ils regrettent la perte. Ils ont établi, ils ont soutenu la violence de ceux qui se disent les défenseurs de ces privilèges et  qui en étaient les propriétaires exclusifs.

Qui oserait conseiller à une province de s'isoler de la France, de préférer à la liberté, des chartes qui ne font que placer le peuple sous le joug de quelques privilégiés ? Les nobles et les ecclésiastiques , dit-on, n'ont pas consenti... Où est donc la nation bretonne? Dans quinze cents gentilshommes et quelques ecclésiastiques, ou dans deux millions d'hommes ? Si les  magistrats n'avaient pas voulu que la robe sénatoriale ne couvrît qu'un noble , feraient-ils d'aussi aveugles réclamations? Ce sont des magistrats nobles, qui défendent des nobles pour opprimer le peuple. Voilà ce qu'ils appellent nos franchises et leurs devoirs."

> Histoire de la révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne, Volume 1 - Par Armand Du Chatellier

Sculpture bas-relief  de léopold Morice -
  Piédestal du monument de la place de la République à Paris

4aout.jpg
21 avril 2011

dimanche, 03 août 2014

1914-1918 : La machine à broyer le monde

f1.highres" la guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d'argent; que ce sont les hauts industriels des différents États de l'Europe qui, tout d'abord la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en elle leur fortune, en tirèrent d'immenses bénéfices et s'y livrèrent avec tant d'ardeur, qu'ils ruinèrent l'Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde."

" Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mouraient. Il en est de même dans toutes les guerres.  Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l'ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels.

Ces maîtres de l'heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes: des usines, des banques, des journaux. 

Lettre d'Anatole France dans l'Humanité du 18/07/1922

Ce grand massacre ne put avoir lieu que par la trahison de la social-démocratie. Aujourd'hui c'est au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique latine que les mêmes causes entraînent les mêmes catastrophes.

14-18
« On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels »

Une guerre contre la classe ouvrière et pour le contrôle des richesses du monde.

sur le site investig'action - Michel Collon

3992716853.pngEn cette année anniversaire,les médias racontent «comment»a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts),mais jamais pourquoi. «Morts pour la patrie»,proclament tous nos monuments officiels.Mensonge !

14-18,c'était déjà une guerre du fric.Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche),mais aussi chez les «gentils (France, Angleterre, Belgique...),le véritable enjeu était :quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?

C'était aussi une guerre des classes dominantes contre les pauvres, contre leurs propres travailleurs exterminés froidement."

Michel Collon  avec trois historiens :

Jacques Pauwels, 14-18, une guerre de classe,  interview sur le site de l'INEM

Anne Morelli, Principes élémentaires de la propagande de guerre, interview sur le site 1libertaire.free

Lucas Catherine , Des tranchées en Afrique, interview sur le site de l'INEM

vendredi, 01 août 2014

"Union sacrée" : trahison du socialisme & guerre infâme

 Préparer la guerre

Député en 1887, ministre dès 1893, Raymond Poincaré est nommé en 1912 président du Conseil par Armand Fallières. Il met  en place un gouvernement " d'union nationale " et s'attribue  le portefeuille des Affaires étrangères qui lui permettra de renforcer les alliances françaises face à l'Allemagne : l'Entente cordiale avec le Royaume-Uni et  l'Alliance franco-russe :

" La France et la Russie étant animées d'un égal désir de conserver la paix, et n'ayant d'autre but que de parer aux nécessités d'une guerre défensive, provoquée par une attaque des forces de la Triple-Alliance contre l'une ou l'autre d'entre elles, sont convenues des dispositions suivantes :

1. Si la France est attaquée par l'Allemagne, ou par l'Italie soutenue par l'Allemagne, la Russie emploiera toutes ses forces disponibles pour attaquer l'Allemagne.

Si la Russie est attaquée par l'Allemagne, ou par l'Autriche soutenue par l'Allemagne, la France emploiera toutes ses forces disponibles pour combattre l'Allemagne.

2. Dans le cas où les forces de la Triple-Alliance, ou une des puissances qui en font partie, viendraient à se mobiliser, la France et la Russie, à la première annonce de l'événement et sans qu'il soit besoin d'un concert préalable, mobiliseront immédiatement et simultanément la totalité de leurs forces, et les porteront le plus près possible de leurs frontières.

3. Les forces disponibles qui doivent être employées contre l'Allemagne seront, du côté de la France de 1 300 000 hommes, du côté de la Russie de 700 000 à 800 000 hommes. Ces forces s'engageront à fond, en toute diligence, de manière que l'Allemagne ait à lutter, à la fois, à l'est et à l'ouest.

4. Les états-majors des armées des deux pays se concerteront en tout temps pour préparer et faciliter l'exécution des mesures prévues ci-dessus. Ils se communiqueront, dès le temps de paix, tous les renseignements relatifs aux armées de la Triple-Alliance qui sont ou parviendront à leur connaissance. Les voies et moyens de correspondre en temps de guerre seront étudiés et prévus d'avance. (...)

6. La présente convention aura la même durée que la Triple-Alliance.

7. Toutes les clauses énumérées ci-dessus seront tenues rigoureusement secrètes. " (1892)

Poincaré-la-Guerre

En 1913, avec le soutien de la droite, Poincaré remplace Fallières à la présidence de la république (17 janv.1913-1920). Avec la Russie il resserre des liens qui risquent d'entraîner la France dans les complications balkaniques ; il prépare aussi activement  la guerre en demandant au président du Conseil, Louis Barthou, le vote du service militaire de trois ans afin d'assurer les effectifs nécessaires à l'armée active.

1914.jpg

En 1914, les élections d'avril et mai sont un succès pour la gauche. Cela ne servira à rien. En quelques semaines, la plus grande partie des socialistes français vont tourner le dos à leur engagement et à un des principes fondateurs du socialisme qu' est l'internationalisme.

le 4 août 1914, Viviani donne lecture aux deux Chambres du message de Raymond Poincaré qui lance sa formule de " l'Union sacrée " synthèse du patrouillardisme et de l'esprit revanchard des élites sous le couvert de la morale, du progrès, de l'humanité, etc. :

Messieurs les députés,

La France vient d'être l'objet d'une agression brutale et préméditée, qui est un insolent défi au droit des gens. Avant qu’une déclaration de guerre nous eût en été adressée, avant même que l'ambassadeur d'Allemagne eût demandé ses passeports notre territoire a été violé. L'empire d’Allemagne n'a fait hier soir que donner tardivement le nom véritable à un état de fait qu'il avait déjà créé..

Depuis plus de quarante ans, les Français, dans un sincère amour de la paix, ont refoulé au fond de leur coeur le désir des réparations légitimes.

Ils ont donné au monde l'exemple d'une grande nation qui, définitivement relevée de la défaite par la volonté, la patience et le travail, n'a usé de sa force renouvelée et rajeunie que dans l'intérêt du progrès et pour le bien de l'humanité.

Depuis que l'ultimatum de l'Autriche a ouvert une crise menaçante pour l'Europe entière, la France s'est attachée à suivre et à recommander partout une politique de prudence, de sagesse et de modération.

On ne peut lui imputer aucun acte, aucun geste, aucun mot qui n'ait été pacifique et conciliant.

À l'heure des premiers combats, elle ai le droit de se rendre solennellement cette justice qu'elle a fait, jusqu'au dernier moment, des efforts suprêmes pour conjurer la guerre qui vient d'éclater et dont l'empire d'Allemagne supportera, devant l'histoire, l'écrasante responsabilité. (Applaudissements unanimes et répétés.)

Au lendemain même du jour où nos alliés et nous, nous exprimions publiquement l'espérance de voir se poursuivre pacifiquement les négociations engagées sous les auspices du cabinet de Londres, l'Allemagne a déclaré subitement la guerre à la Russie, elle a envahi le territoire du Luxembourg, elle a outrageusement insulté la noble nation belge (Vifs applaudissements unanimes), notre voisine et notre amie, et elle a essayé de nous surprendre traîtreusement en pleine conversation diplomatique. (Nouveaux applaudissements unanimes et répétés.)

Mais la France veillait. Aussi attentive que pacifique, elle s'était préparée; et nos ennemis vont rencontrer sur leur chemin nos vaillantes troupes de couverture, qui sont à leurs postes de bataille et à l'abri desquelles s'achèvera méthodiquement la mobilisation de toutes nos forces nationales..

Notre belle et courageuse armée, que la France accompagne aujourd'hui de sa pensée maternelle (Vifs applaudissements), s'est levée toute frémissante pour défendre l'honneur du drapeau et le sol de la patrie. (Applaudissements unanimes et répétés.)

Le Président de la République, interprète de l'unanimité du pays, exprime à nos troupes de terre et de mer l'admiration et la confiance de tous les Français. (Vifs applaudissements prolongés.)

Étroitement unie en un même sentiment, la nation persévérera dans le sang-froid dont elle a donné, depuis l'ouverture de la crise, la preuve quotidienne. Elle saura, comme toujours, concilier les plus généreux élans et les ardeurs les plus enthousiastes avec cette maîtrise de soi qui est le signe des énergies durables et la meilleure garantie de la victoire.  (Applaudissements.)

Dans la guerre qui s'engage, la France aura pour elle le droit, dont les peuples, non plus que les individus, ne sauraient impunément méconnaître l'éternelle puissance morale. (Vifs applaudissements unanimes,)

Elle sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l'ennemi l'union sacrée et qui sont aujourd'hui fraternellement assemblés dans une même indignation contre l'agresseur et dans une même foi patriotique. (Vifs  applaudissements prolongés et cris de : vive la France.)

Elle est fidèlement secondée par la Russie, son alliée (Vifs applaudissements unanimes) ; elle est soutenue par la loyale amitié de l'Angleterre. (Vifs applaudissements unanimes.)

Et déjà de tous les points du monde civilisé viennent à elle les sympathies et les vœux. Car elle représente aujourd'hui, une fois de plus, devant l'univers, la liberté, la justice et la raison. (Vifs applaudissements répétés.)

Haut les cœurs et vive la France ! » (Applaudissements unanimes et prolongés.)

Le piège se referme

Viviani constitue un gouvernement d'Union sacrée, incluant la S.F.I.O. Les crédits de guerre sont votés à l'unanimité des 561 votants. Une loi ajourne les élections jusqu'à la paix.

" Pour comprendre à quel point l'Union sacrée représente une trahison du socialisme, il faut rappeler les accords de principe qui existaient dans l'Internationale ouvrière à propos du pacifisme. L'Internationale avait voté de nombreuses résolutions sur la guerre lors de ses congrès, et il était entendu que les partis socialistes d'Europe appelleraient unanimement à la grève générale pour paralyser le militarisme. L'aile marxiste de la social-démocratie avait entr'aperçu et combattu la montée de l'opportunisme dans le mouvement socialiste, mais fut néanmoins totalement surprise par cette trahison si brutale."
La stupeur est telle que Lénine, en Suisse lorsqu'il reçoit la nouvelle, croira d’abord que cette annonce est un faux de l’État-major allemand. " ( Union sacrée)

Le piège de « l'Union sacrée » se referme  sur des millions d'être humains qui vont aller à la boucherie.

" Cinq mois se sont écoulés depuis la Conférence de Zimmerwald où nous, socialistes d'Europe, avons lancé un cri d'indignation et d'appel. Cinq nouveaux mois de guerre ont passé, l'un après l'autre, sur l'humanité, et chacun de ces mois a vu les peuples acharnés à poursuivre leur propre extermination, leur propre ruine au milieu des carnages, supportant sans révolte l’œuvre hideuse d'un militarisme déchaîné qui ne peut plus être maîtrisé par les mains sanglantes des maîtres actuels des nations d'Europe. L'extermination automatique de la fleur des peuples a poursuivi sa voie durant ces longs mois. De nouveaux milliards, par dizaines, extraits de la richesse collective par des emprunts de guerre ont été engloutis, consacrés exclusivement à la destruction de vies humaines et des conquêtes de la civilisation.

Si le cerveau humain travaille encore dans ce cercle infernal, ce n'est plus pour perfectionner et inventer des engins d'extermination. Le problème qui préoccupe actuellement les dirigeants, les savants, les inventeurs de tous les pays, consiste à trouver le moyen d'anéantir des armées entières au moyen de gaz empoisonnés. Mais les porte‑parole des classes dirigeantes stupidement obstinées ou ivres de sang, ne cessent de répéter que la guerre doit être menée « jusqu'au bout », jusqu'à la victoire complète, jusqu'à ce que la guerre ait trouvé la solution de toutes les questions qui l’ont provoquée. Cependant, en fait, la solution définitive s'éloigne de plus en plus, les opérations militaires s'étendent sur de nouveaux fronts et sur de nouveaux territoires, et chaque nouveau développement a pour conséquence et pour caractéristique l'enchevêtrement de problèmes nouveaux en même temps qu'il ravive d'anciennes plaies."

Léon Trotsky
"Projet de manifeste pour la Conférence de Kienthal" - Janvier 1916


" Faire payer le Boche "

Après la guerre, ses destructions et ses massacres, Poincaré s'illustrera encore par son intransigeance vis-à-vis de l'Allemagne.

De retour à la présidence du Conseil de 1922 à 1924, il se présenta comme celui qui ferait exécuter le traité de Versailles dans toute sa rigueur et contraindrait les vaincus à payer intégralement l'exorbitante dette de guerre.

En 1923, il fit occuper la Ruhr par les troupes franco-belge - malgré la désapprobation du gouvernement anglais et la résistance passive d'une Allemagne exsangue et en pleine crise économique.

L'occupation  " est vécue de part et d’autre comme une  "occupation de guerre" qui s’accompagne de violences d’État (réquisitions, expulsions, condamnations, répression de grèves…) et/ou organisées (attentat, grève, résistance passive) ainsi que de violences plus spontanées et/ou individuelles telles que les heurts et les viols. Ces derniers connaissent en effet une recrudescence pendant la période d’opposition la plus violente entre occupants et occupés entre février-mars et juin-juillet 1923, ce qui correspond aussi à la période de résistance et de répression la plus forte. " ( Nicolas Beaupré)

Au final, cette exigence à courte vue qui se doublait d'une profonde humiliation ne servira que la propagande des nazis.

*

> Wikirouge - l'Union sacrée

> Assemblée nationale - 11e législature. Séance du mardi 4 août 1914

> Nicolas Beaupré , « Occuper l’Allemagne après 1918 », Revue historique des armées, 254 | 2009 ,  http://rha.revues.org/index6333.html

> François Cochet , « Les débuts de la Grande Guerre en France : « dictature » imposée du militaire ou retrait du politique ? », Revue historique des armées , 248 | 2007 , mis en ligne le 25 juillet 2008, . URL : http://rha.revues.org/index1223.html

10/11/2011

22:29 Publié dans - la Gôche, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sfio, première guerre mondiale, poincarré | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

1914 : le "Carnet B" à la veille de la guerre

14-08-02_liste-des-antimilitaristes_lightbox.jpgLe carnet B, encore en fonction dans l’entre-deux-guerres, donnait, à à veille de la Première Guerre mondiale, le signalement de ceux que le pouvoir considérait comme dangereux en cas de mobilisation : syndicalistes, pacifistes, et antimilitaristes.

Au lendemain de l’assassinat de Jean Jaurès, le ministre de l’Intérieur Louis Malvy, du Parti Radical,  est rassuré par l’attitude des syndicats face à l’imminence de la guerre - le comité confédéral de la CGT prend la décision de renoncer à la grève générale -, et par celle de la direction du Parti socialiste qui fait savoir qu’elle n’appellera pas à aucune manifestation. L’ensemble des organisations syndicales et politiques de gauches (CGT et SFIO en tête) apportaient leur soutien à l'unité de la Nation et à l'acceptation de la guerre.

Louis Malvy envoie donc un télégramme à tous les préfets qui leur demandent de ne pas inquiéter les syndicalistes portés sur le carnet B et tout particulièrement leurs dirigeants.

Le 4 août 1914, le groupe socialiste à la Chambre française des députés vote à l’unanimité les crédits de guerre. Le même jour, les députés sociaux-démocrates allemands en font autant - à l'exception de Rosa Luxembourg : "Jamais dans l’histoire du monde un parti politique n’a failli aussi misérablement, jamais un fier idéal n’a été trahi aussi honteusement "

Cette unanimité nationale persistera pour l'essentiel jusqu’à la fin du conflit

> De l’utilisation du carnet B - Surveillance des antimilitaristes à la veille de la mobilisation - Archives du Pas-de-Calais

> La preuve par le carnet B, Jean-Pierre Deschodt -  Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, 45 | 2010, 181-193.

 

>

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mercredi, 30 juillet 2014

Riposte proportionnée

Plus de 1 200 Palestiniens tués par l'armée israélienne et plus de 5 000 autres blessés.

3992716853.pngTant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et pour le pouvoir ; tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre tous les sursauts possibles de la masse, s’appuiera ou sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques ; tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper et les dominer l’une par l’autre, écrasant au moyen du peuple aigri les libertés parlementaires de la bourgeoisie, écrasant ensuite, au moyen de la bourgeoisie gorgée d’affaires, le réveil républicain du peuple ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations.

Jean Jaurès
Chambre des députés, 7 mars 1895

35a462e0-5b6c-11e2-a966-5622d6d184a0-493x328.jpgLa riposte d'Israël au Hamas dans la bande de Gaza doit être "proportionnée"

"Notre seul camp, là-bas, au Proche-Orient, c'est celui de la paix".

"De gauche, j’étais, par sentiment, par institution, par indignation avant que cela ne devienne une réflexion, puis une action et le choix de toute une vie."

Fabius, ministre
il en dit tellement...

 27/11/2012


Etat palestinien - Laurent Fabius (Assemblée... par francediplotv

3992716853.pngToujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage.

Jean Jaurès

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Non notre Monsieur, non notre bon Maître...

f1.highres

 " On a maintes fois appelé Jaurès le dictateur du socialisme français, parfois même, la droite l'a appelé le dictateur de la République. Il est incontestable que Jaurès a joué dans le socialisme français un rôle incomparable. Mais dans sa " dictature " il n'y avait rien de tyrannique. Il dominait sans effort : homme de grande envergure, esprit puissant, tempérament génial, travailleur exceptionnel, orateur à la voix merveilleuse, Jaurès, par la force des choses, occupait la première place, à une si grande distance de ses rivaux qu'il ne pouvait éprouver le besoin de concilier sa position par les intrigues et les machinations où Pierre Renaudel, le " chef " actuel du social-patriotisme, était passé maître.

Nature large, Jaurès avait une répulsion physique pour tout sectarisme. Après quelques oscillations il découvrait le point qui lui semblait décisif pour le moment donné. Entre ce point de départ pratique et ses constructions idéalistes, il disposait sans effort sur soi-même, les points de vue qui complétaient ou restreignaient son point de vue personnel, conciliait les nuances opposées, fondait les arguments contradictoires dans une unité qui était loin d'être irréprochable. C'est pourquoi il dominait non seulement les assemblées populaires et parlementaires, où sa passion extraordinaire maîtrisait l'auditoire, mais encore les congrès du parti où il dissolvait les oppositions de tendances dans des perspectives vagues et des formules souples. Au fond, il était un éclectique, mais un éclectique de génie.

" Notre devoir est haut et clair : toujours propager l'idée, toujours exciter et organiser les énergies, toujours espérer, toujours lutter jusqu'à la victoire finale... " Tout Jaurès est dans cette lutte dynamique. Son énergie créatrice bouillonne dans toutes les directions, excite et organise les énergies, les pousse à la lutte. "   (Léon Trotsky)

jean jaurès

" Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques."

Jean Jaurès, discours à la jeunesse

" Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l´absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d´être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître"

*

Erik Marchand et Costica Olan

Sur l'album "Unu, daou, tri, chtar", 2006
une version de Jaurès en breton sur l'album

)

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http://www.drom-kba.eu/

Le groupe Zebda


Zebda : Jaures par XavierPerezRealisateur

 

Pourquoi ont-ils récupéré Jaurès ?

http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre-d-ete-pourquoi-ont-ils-recupere-jaures-2014-07-30

Émission du Grain à moudre, par Julie Gacon, Raphaël Bourgois avec : Bernard Carayon, ancien député UMP du Tarn ; Christian Paul, député PS de la Nièvre ; Alexis Corbière, conseiller de Paris, secrétaire national du Parti de Gauche, en charge de la lutte contre l'extrême-droite

" La mémoire collective est une chose étrange… avec le temps des événements simultanés mais de portée et d’interprétation radicalement opposées à l’époque, se retrouvent commémorés dans un même mouvement. C’est flagrant en cette semaine  de double centenaire : celui de l’assassinat de Jean Jaurès le 31 juillet et du décret de mobilisation en France le 1er aout, début de la 1ere guerre mondiale. Saluer le courage des poilus au même titre que la plus grande figure du pacifisme de l’époque… c’est la quintessence de la proverbiale ironie de l’histoire.  

Il faut dire que Jaurès est aujourd'hui une figure consensuelle, citée de l’extrême gauche à l’extrême droite de l’échiquier politique. Il était l’homme du socialisme, il est aujourd'hui l’homme de toute la France  a souligné le président de la République François Hollande lors d’un hommage à Carmaux.    

Auteur et intellectuel prolixe, il a écrit surtout beaucoup de sujets qui animent aujourd'hui les débats… République, laïcité, école, nation… il est aisé de trouver et d’extraire une citation pour étayer n’importe quel discours. Au mépris parfois de toute honnêteté intellectuelle quand le Front National inscrit sur des affiches de campagne « Jaurès aurait voté FN »…  

Mais que vont-chercher les hommes et les femmes politiques dans cette référence… pourquoi ont-ils récupéré Jaurès ? C’est la question ce soir du Grain à Moudre d’été."

samedi, 26 juillet 2014

Colonisation et guerre : tradition et faillite du PS

" La diplomatie française se réclame volontiers d’une morale humaniste, mais elle l’applique de façon sélective. Atteinte du syndrome des « deux poids, deux mesures », elle ne convainc que les convaincus. Ainsi l’utilisation présumée du gaz de combat en Syrie est un crime abominable, passible d’une sanction exemplaire, mais on ne dit pas un mot lorsque l’armée d’occupation israélienne assassine les enfants de Gaza en utilisant des bombes au phosphore.

Que les socialistes français mesurent leur responsabilité historique : parti colonial sous la 4ème République, la SFIO est devenue le parti belliciste sous la 5ème. "  

Bruno Guigue
De Guy Mollet à François Hollande, le tropisme colonial
voir aussi : La gauche et les guerres coloniales

*

Communiqué

20 associations, syndicats et organisations politiques dont une partie sont membres du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, avaient déposé la demande de manifestation en solidarité avec Gaza prévue pour le samedi 26 juillet. La manifestation a été interdite par le gouvernement.

*

Hollande perpétue la tradition coloniale de la SFIO

Denis Sieffert
Avec son calamiteux appel téléphonique à Netanyahou, le 9 juillet, pour exprimer « sa solidarité » au premier ministre israélien qui, dans le même temps, faisait bombarder Gaza, François Hollande a perpétué la pire tradition coloniale de la SFIO. Celle de Guy Mollet et de la Bataille d’Alger.

Comme les dirigeants SFIO de 1957, François Hollande nie le caractère colonial du conflit israélo-palestinien. Comme ses devanciers, les colonisés qui se révoltent sont toujours des « terroristes ». Des « terroristes » innés qui pratiquent la violence sans cause. Non seulement, il y a là une négation du fond de l’Histoire, la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et le blocus de Gaza, mais il y a une négation des événements de ces derniers jours.

Après l’enlèvement et le meurtre des trois jeunes colons israéliens, le 12 juin, Netanyahou s’est en effet empressé de désigner le Hamas et de lancer en Cisjordanie une offensive contre toutes les infrastructures et associations liées au Hamas. Le mouvement islamiste a alors répliqué en lançant une pluie de roquettes depuis Gaza en direction d’Israël. Mais, comme toujours dans ce conflit, le récit dominant a inversé la chronologie des évènements. À moins que l’on tienne, contre toute évidence, l’assassinat des trois jeunes israéliens pour la nouvelle stratégie du Hamas. Ce que personne ne croit. Surtout pas Mr Netanyahou qui a surtout voulu profiter de ce triple assassinat pour briser le gouvernement de « réconciliation nationale » qui venait d’être conclu par le Fatah et le Hamas.

Politis - Sur le vif  par Denis Sieffert

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Palestine : Monsieur le Président, vous égarez la France

Edwy Plenel

De l’alignement préalable sur la droite extrême israélienne à l’interdiction de manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, sans compter l’assimilation de cette solidarité à de l’antisémitisme maquillé en antisionisme, François Hollande s’est engagé dans une impasse. Politiquement, il n’y gagnera rien, sauf le déshonneur. Mais, à coup sûr, il y perd la France. Parti pris en forme de lettre ouverte.

Lire l’article sur le site Mediapart

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Israël, les juifs et Gaza

Alain Gresh

Il faut bannir l’identification juif et Israélien. Mais qui contribue à la créer ? Israël, qui refuse l’existence d’une nationalité israélienne et ne reconnaît que des juifs et des Arabes parmi ses citoyens. Israël, qui affirme être un « Etat juif » et qui parle de son armée comme d’une « armée juive ».

Et quand l’armée israélienne organise en mai 2014 une rencontre à la synagogue de la Victoire pour vanter ses mérites et pour recruter, qui crée l’identification Israélien/juif ? (Devant la “publicité” un peu encombrante, la réunion a été annulée). Quand s’organise à Paris tous les ans un gala de soutien à la police des frontières israéliennes, qui importe le conflit en France ? L’ambassadeur de France à Tel-Aviv ne manque pas de saluer « l’engagement courageux » de jeunes Français dans l’armée israélienne. Que dirait le gouvernement français si de jeunes Français musulmans allaient se battre en Palestine ? Et pourtant il accepte que certains participent aujourd’hui à l’offensive contre Gaza.

Lire l’article sur le site Nouvelles d'Orient

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Le sionisme comme nationalisme extrême

Rudolf Bkouche

Relatant une manifestation de soutien aux Palestiniens qui a eu lieu à Roubaix le 19 juillet, un journaliste de Nord Eclair, Bruno Renoul, s’est offusqué de voir une banderole présentant un drapeau israélien sur lequel l’étoile de David avait été remplacée par une croix gammée. Ce journaliste explique que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat totalitaire et qu’on ne saurait le comparer à l’Etat nazi. Et pour conforter son raisonnement, il ajoute que comparer l’Etat d’Israël au Troisième Reich est "injurieux pour les victimes du nazisme dont les Juifs ont été les cibles principales".

Rudolf Bkouche membre de l’Union Juive Française pour la Paix

Lire l’article sur le site Investig’Action

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Israël/Palestine. Antisémitisme : à l’exagérer, on ne fait que le renforcer

Pascal Boniface, Directeur de l'IRIS

La guerre entre Israël et le Hamas déteint de manière violente en France. Dans un contexte passionnel, si les propos sont parfois extrêmes, les mettre trop en avant, voire les exagérer, c’est aussi prendre le risque de les intensifier, selon Pascal Boniface, directeur de l’IRIS. Pour lui, il serait peut-être temps de passer à un débat plus apaisé.

LIre l’article  sur le site Leplus du NouvelObs

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Cisjordanie : l'autre peau de chagrin

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Paru sur le Monde Diplomatique, La Palestine des archives aux cartes par Dominique Vidal, 18 février 2008

 

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dimanche, 20 juillet 2014

PS : liberté d'expression & solidarité internationale

 " Quand le ghetto se tait, on l’affame… Quand il se révolte, on l’assassine !

Varsovie, années 40 : Ils avaient construit une image du juif telle que c’est dans l’indifférence qu’ils avaient enfermé 500000 personnes de religion juive dans le ghetto de Varsovie, y menaient des incursions régulières, tuant hommes, femmes et enfants, affamant cette population réduite à un état de misère indigne, ouvrant parcimonieusement les portes du ghetto pour laisser de temps en temps passer quelques vivres."

Philippe Lewandowski

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La France est le seul pays au monde à avoir interdit des manifestations de solidarité contre le massacre de la population du ghetto de Gaza. Le soutien complice de Hollande à la politique coloniale, belliciste et réactionnaire de Netanyahou n'est malheureusement pas une surprise.

L'interdiction de manifester en France contre des crimes d’État organisés - sous prétexte de troubles à l'ordre public - est non seulement une entrave à une liberté constitutionnelle fondamentale mais également une provocation susceptible d'entraîner des incidents : incidents qui justifieront d'autres interdictions de manifester publiquement notre soutien au peuple palestinien.

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Ligue des Droits de l'Homme : Le droit d’exprimer ses opinions pacifiquement, une responsabilité des pouvoirs publics

La décision du ministère de l’Intérieur d’interdire une manifestation en faveur des droits du peuple palestinien au motif « de ne pas importer le conflit israélo-palestinien en France », après avoir autorisé la précédente, constitue une entrave manifeste à une liberté constitutionnelle, et un déni de la réalité.

Exiger la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un Etat souverain aux frontières, aussi sûres et reconnues que celles de l’Etat d’Israël, ce n’est pas importer un conflit, c’est inscrire la politique française dans les principes qu’elle prétend défendre.

Au moment où la liste des victimes civiles – même si le rappel de la prohibition absolue de tels actes envers toutes les populations civiles s’impose – s’allonge de manière effrayante, il ne sert à rien de tenter d’étouffer le sentiment de révolte que provoque l’intervention militaire israélienne contre la population de Gaza, sauf à vouloir un peu plus accréditer que le gouvernement a fait le choix partisan d’un camp.

La LDH entend rappeler avec force que le conflit israélo-palestinien ne peut conduire à assigner à résidence communautaire telle ou telle partie de la population. A ce titre, s’en prendre à des lieux de culte et aux croyants est inadmissible et doit être sanctionné.

En même temps, à en croire les comptes rendus de presse, les faits en cause ont fait l’objet d’un traitement judiciaire partial, en ne rendant pas compte du rôle de la Ligue de défense juive dans leur déroulement. La LDH a déjà eu l’occasion de s’étonner du traitement de faveur dont bénéficie cette organisation qui n’a jamais caché qu’elle se comporte, à l’encontre de la loi, en milice supplétive de certains partis politiques israéliens membres du gouvernement de M. Netanyahou.

C’est sur les pouvoirs publics que pèse, avant tout, la responsabilité de faire respecter le droit de chacun à exprimer ses opinions pacifiquement et dans le cadre des lois de la République. La paix civile comme le libre débat démocratique ne peuvent être préservés que si les pouvoirs publics ont une attitude claire et impartiale.

Paris, le 18 juillet 2014

*

UJFP: Communiqué de l’UJFP suite à la décision du Tribunal Administratif d’interdire la manifestation de samedi 19 juillet

L’UJFP dénonce l’atteinte intolérable à la liberté d’expression que représente la volonté gouvernementale d’interdire les manifestations de solidarité avec la résistance du peuple palestinien. Les preuves sont maintenant à la disposition de tous que les incidents de la manifestation du 13 juillet rue de la Roquette ont été délibérément provoqués par les voyous de la Ligue de Défense Juive. Que ce gouvernement en prenne argument pour limiter la liberté démocratique fondamentale de manifester est une dérive insupportable.

Avec plusieurs autres organisations, qui appelaient comme nous à la manifestation du 19 juillet, nous avons déposé un référé-liberté contre l’interdiction qui nous a été signifiée par la Préfecture de Paris. Le tribunal administratif vient ce soir de rejeter notre recours. Nous ne nous satisfaisons pas de cette décision et dès demain nous participons à un appel devant le Conseil d’Etat.

Plusieurs organisations qui appelaient à cette manifestation annoncent qu’en tout état de cause elles maintiennent leur appel demain. Dans l’état actuel de la situation, et dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat, ne sachant pas si les conditions sont réunies d’une manifestation assurant la sécurité de ses participants, l’UJFP réserve sa décision.

Dans tous les cas, elle sera partie prenante des manifestations de solidarite avec le peuple palestinien qui seront appelées dans les prochains jours avec ses partenaires associatifs, syndicaux et politiques.

Le Bureau National de l’UJFP,

*

SOLIDAIRES: Union Syndicale Solidaires : Solidarité avec le peuple palestinien

L’Union syndicale Solidaires tient à exprimer sa solidarité totale avec la population de Gaza soumise depuis plusieurs jours à des bombardements meurtriers et depuis le 18 juillet à une intervention armée terrestre.

Les conséquences sont nombreuses : morts, blessés, destructions d’habitations, d’écoles, de structures médicales, de puits et le désespoir de toute une population dans et hors des territoires palestiniens. Elles ne sauraient être justifiées d’aucune manière par l’assassinat de trois jeunes Israéliens.

Le gouvernement israélien, responsable du blocus de la bande Gaza depuis 2006, montre une nouvelle fois sa totale responsabilité dans les conflits et les violences.

L’union syndicale condamne l’attitude des gouvernements occidentaux et en tout premier lieu celle du gouvernement français qui s’est senti autorisé à demander une riposte “avec retenue”, qui menace les manifestant-e-s qui veulent exprimer leur colère. Il s’est refusé lui aussi à imposer à Israël le respect des conventions internationales, et résolutions de l’ONU. Il refuse en toute connaissance de cause toute pression économique sur le gouvernement israélien qui ne respecte pas les droits humains et s’en prend directement aux populations civiles.

L’union syndicale réaffirme son engagement dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) au côté de nombre de ses structures syndicales, utilisant ainsi les moyens que peuvent avoir chacun et chacune de refuser la politique actuelle de l’Etat d’Israël et de faire pression pour que cela cesse.

Elle réaffirme son souhait de voir progresser une solution politique basée sur les principes du droit international, ce qui ne saurait se faire sans la levée du blocus de Gaza, la fin de l’occupation et le démantèlement des colonies.

Elle exige du gouvernement français qu’il utilise tout ce qui est en son pouvoir pour faire cesser les crimes contre la population palestinienne et en particulier qu’il œuvre en faveur de la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

Elle appelle à participer aux manifestations qui auront lieu dans les jours qui viennent et proteste contre la volonté du gouvernement français de réprimer et d’interdire le droit de manifester et d’exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien.

*

 NPA: Israël massacre les palestiniens, Hollande interdit la solidarité :

Alors que le début de l'offensive terrestre de l'armée israélienne marque une étape dans la politique d'agression contre le peuple palestinien, la préfecture de police de Paris vient donc de décider d'interdire la manifestation de solidarité organisée ce samedi 19 juillet à Paris. Cette décision scandaleuse, qui repose sur le prétendu risque de "troubles à l'ordre public", est une atteinte grave aux droits démocratiques et à la liberté de manifester. Aux 4 coins du monde, des manifestations d'opposition à l'opération meurtrière en cours à Gaza sont organisées. La France est le seul pays à les interdire. Après les lamentables déclarations de soutien, de la part d'Hollande, à l'offensive de l'État d'Israël contre la population de Gaza, le temps du muselage des opposants à Israël serait-il venu ? Le NPA est indigné de cette interdiction et exige des autorités qu'elles reviennent sur cette décision. Si tel n'était pas le cas, nous appellerions tout de même, avec les forces politiques, syndicales et associatives attachées aux respects des droits démocratiques et révoltées par les crimes commis à Gaza, à se rassembler pour protester publiquement.

*

Parti de gauche : Contre l’alignement de François Hollande sur le gouvernement d’Israël, continuons la mobilisation pour le soutien à la population martyrisée de Gaza !

L’interdiction de la manifestation de soutien à la population de Gaza contre l’agression décidée par le gouvernement israélien était bien une provocation et une manipulation. François Hollande et Manuel Valls souhaitaient les incidents qui se sont déroulés tout à l’heure lors de la manifestation de solidarité avec les Palestiniens. Pour preuve, les consignes qui ont été données aux policiers. La violence choquante et les manœuvres agressives de la force publique censée maintenir le calme ne trouvent pas d’autres explications. En effet, l’immense majorité des manifestants exprimait leur colère dans le calme. Tout a été fait pour pousser aux incidents.

Pourquoi ce comportement ? Hollande et Valls ont besoin de fournir des images de violences pour incriminer les opposants aux opérations de l’armée israélienne. Depuis le soutien inconditionnel apporté par François Hollande au gouvernement Netanyahou, son silence complice contre la monstrueuse punition collective infligée à la population, enfermée dans Gaza par ses bourreaux, soulève en France une légitime indignation. Il est à peine croyable que seule en France soient interdites ces manifestations. On se souviendra que François Hollande n’a jamais interdit aucune des manifestations réactionnaires telles "jours de colère" ou "Manif pour tous", dont il a au contraire écouté les revendications, en dépit des multiples violences qui les ont accompagnées du fait d’extrémistes.

Face à ces manœuvres, en poursuivant la manifestation malgré les gaz lacrymogènes, les grenades vomitives, les tirs de flashball, les citoyens présents ont su dignement soutenir un peuple qui vit actuellement à Gaza un assaut qui vient de coûter la vie à plusieurs centaines de Palestiniens de tous âges depuis le début de l’intervention.

Cette mobilisation doit continuer. A l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable, nous appelons mercredi soir à une vaste manifestation, pour continuer à affirmer, sans relâche, que la colonisation de la Palestine doit cesser, que les droits du peuple palestinien doivent être reconnus, et que la violence et l’agression menées par le gouvernement d’Israël sont une honte pour l’humanité tout entière.

 Guillaume Etiévant, Secrétaire National du Parti de Gauche

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Lutte Ouvrière : Le gouvernement de Hollande complice affiché des massacreurs d’État israéliens

Le gouvernement de Hollande complice affiché des massacreurs d’État israéliens  Le bombardement de la population palestinienne dans la bande de Gaza commandé par le gouvernement israélien se poursuit sans relâche. Il s’élargit désormais à l’intervention terrestre et se traduit par plus de 300 morts à ce jour, n’épargnant personne, pas plus les enfants que le reste de la population. Face à ce massacre planifié, le gouvernement socialiste en France vient de décider d’interdire à ceux que ces crimes d’État indignent, de manifester ce samedi à Paris.  Le prétexte mis en avant pour justifier cette décision, la crainte d’éventuels désordres, ne trompe personne. En réalité, le gouvernement Hollande a choisi, par ce geste, de montrer, de façon ostensible qu’il se range toujours dans le camp des assassins d’État israéliens.  Lutte ouvrière tient à réaffirmer sa solidarité avec le peuple palestinien sous les bombes israéliennes, mais aussi à protester contre cette interdiction dérisoire et politiquement révoltante.

*

 PCFInterdiction de la manifestation de soutien au peuple palestinien: une décision gravissime et extrêmement préoccupante.

Le Ministère de l'Intérieur a décidé d'interdire une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien  sous le fallacieux prétexte de ne « pas importer le conflit israélo-palestinien en France ».

Le Parti Communiste dénonce une entrave gravissime et extrêmement préoccupante au droit de manifester, reconnu par la Convention Européenne des Droits de l'Homme, et à la liberté politique en général.

Les débordements de la manifestation de dimanche dernier, aussi condamnables soient-ils, ne peuvent servir de prétexte pour empêcher les soutiens au peuple palestinien de s'exprimer, d'autant que des groupuscules pro-israéliens semblent être, eux aussi, à l'origine de violences et d'incitations à la haine.

Dans un tel contexte d'agitation et de confusion, il est inacceptable que la Préfecture renonce à faire respecter l'ordre et préfère faire taire les manifestants plutôt que de les protéger. Le Ministère de l'Intérieur doit faire respecter l'ordre public, et non jouer le jeu de ces individus minoritaires dont l'objectif est d'empêcher les manifestants de faire entendre leur appel à la paix et leur soutien au peuple palestinien.

Cette interdiction constitue un outrage historique aux libertés fondamentales dans notre pays, et laisse planer un doute inquiétant quant à la garantie des libertés d'opinion et d'expression en France, qui devient donc le seul pays au monde à prendre de telles mesures.

Le Parti communiste français soutient donc entièrement la nouvelle demande d'autorisation qui a d'ores et déjà été déposée pour mercredi 23 juillet à 18h30 et appelle le Ministère de l'Intérieur à assumer le rôle qui est le sien.

*

6 DÉPUTÉS PS Nous, députés, pensons que les soutiens à la Palestine ont le droit de manifester samedi à Paris !

Alexis Bachelay, Député des Hauts-de-Seine, Porte-parole de la Gauche Forte ; Yann Galut, Député du Cher, Porte-parole de la Gauche Forte  ; Razzy Hammadi, Député de Seine-Saint-Denis ; Mathieu Hanotin, Député de Seine-Saint-Denis ; Pascal Cherki, Député de Paris ;  Philippe Doucet, Député du Val d’Oise ;

Ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve s’est prononcé en faveur de l’interdiction de la manifestation de soutien à la Palestine prévu samedi à Paris. Le ministre considère qu’il y a un risque important de troubles à l’ordre public.

Cependant, l’interdiction de manifester ne se justifie que par une menace à l’ordre public qui doit être exceptionnellement grave. Si aucun acte antisémite et raciste ne doit être toléré dans notre République, celle-ci doit se donner les moyens de les sanctionner fermement. Mais en aucun cas, elle ne doit remettre en cause une liberté fondamentale, au travers d’une mesure d’exception que nous considérons disproportionnée.

La liberté de tous ne saurait être remise en cause par la volonté de sanctionner les actes présupposés d’une minorité malveillante, comme il en existe d’ailleurs et malheureusement dans de nombreuses manifestations.

La liberté d’expression et le droit à manifester pacifiquement font partie des libertés fondamentales dans notre pays. Chaque année se tient à Paris plus de 4 000 manifestations et l’interdiction du principe de rassemblement doit rester une décision véritablement exceptionnelle. Dans le cas contraire, ce serait une atteinte grave aux libertés publiques dans notre pays. C’est ici le cas.

Celles et ceux qui prétendent ne pas vouloir importer le conflit, en soutenant une mesure d’exception, n’obtiendront en fait que l’effet contraire. C’est pourquoi, nous demandons avec gravité que la lumière soit faite sur les incidents survenus le 13 juillet dernier en marge de la première manifestation.

Le seul camp que la France doit choisir, c’est celui de la paix. Aujourd’hui, nous refusons la décision trop hâtive du ministère de l’Intérieur et appelons le gouvernement français à lever rapidement cette interdiction de manifester. Le précédent qu’elle constitue ne saurait être tolérée dans notre République.

*

EELV: Manifestation interdite / EELV pour la liberté d’expression et la mobilisation pacifique

EELV s’insurge contre l’interdiction de la manifestation prévue samedi à Paris en réaction à la situation dramatique en Palestine et en particulier à Gaza.

Si l’interdiction est confirmée, la France serait alors le premier pays à interdire ces manifestations. Pour EELV, le rôle de la France est au contraire de dénoncer les violences envers les civils, de soutenir les droits du peuple palestinien tout mobilisant la communauté internationale en faveur de la paix. Le Président de la République et le ministre des affaires étrangères doivent condamner sans appel les opérations militaires et de se mobiliser pour obtenir un cessez-le-feu pour un retour aux négociations.

Cette interdiction de manifestation décidée au dernier moment fait par ailleurs courir le risque de troubles importants à l’ordre public. Ce conflit est suffisamment compliqué, la situation suffisamment tendue pour ne pas donner l’occasion de heurts inutiles et dangereux.

Alors qu’on peut manifester à Tel Aviv, à Berlin ou à New York pour dénoncer l’opération militaire israélienne en Palestine, les pouvoirs publics doivent permettre que ce rassemblement puisse avoir lieu dans le calme et le respect des opinions de chacun.

Retrouvez la déclaration d’EELV du 15 juillet 2014 Julien Bayou et Sandrine Rouseau, porte-parole nationaux

 

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samedi, 19 juillet 2014

Palestine-Israël : les médias et l'illusion de l'impartialité

impartialité.pngSous couvert d'objectivité et de traitement équilibré de l'information, la plupart des médias nous informent de la guerre en Palestine en mettant sur un pied d'égalité l’État d'Israël et le peuple palestinien. Cette apparente impartialité et l’illusion d’une équivalence de situation font l'impasse sur l'histoire de la colonisation de la Palestine et les conditions de vie de ses habitants :

" L’occupation civile (colonies) et militaire (armée) des territoires palestiniens. Les camps militaires israéliens et les colonies n’ont pas d’équivalent en Israël, pas plus que les centaines de checkpoints qui morcellent les territoires palestiniens, le mur érigé par Israël, les réquisitions de terres et les expulsions, les campagnes d’arrestations, les attaques menées par les colons, les périodes de couvre-feu, les routes interdites sur critère national, etc. " Julien Salingue

Cette guerre entre un pays dominant et une population occupée/colonisée est en fait asymétrique.

"Au mépris des lois internationales, Israël impose une punition collective à une population civile au motif que les autorités palestiniennes ont envoyé des roquettes sur Israël, faisant un tué." M'PEP

*

 "Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique"

par Julien Salingue

Une information biaisée

3992716853.pngLe biais principal, qui en conditionne bien d’autres, consiste à traiter sur un pied d’égalité, d’une part, un État doté d’institutions stables, d’une économie moderne et comparable à celle des pays occidentaux, d’une armée parmi les plus puissantes et les plus équipées au monde et, d’autre part, un peuple qui ne possède ni État, ni économie viable, ni armée régulière. Ce pseudo-équilibre entretient l’illusion d’un « conflit » entre deux entités qui seraient quasi-équivalentes, alors que ce n’est évidemment pas le cas.

Information biaisée car traiter sur un pied d’égalité un État qui, au regard du droit international, est une puissance occupante – et est régulièrement condamnée comme telle – et un peuple en lutte depuis des décennies pour la satisfaction de ses droits nationaux – consacrés par les résolutions de l’ONU – entretient l’illusion d’un « conflit » entre deux « parties » dont la légitimité, du point de vue du droit, serait quasi-équivalente, alors que ce n’est évidemment pas le cas.

On en arrive ainsi à placer sur un pied d’égalité « Israël » et « Palestine » [...] et à oublier totalement le déséquilibre des forces et des légitimités... "

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Le blog de Julien Salingue : Le pire n'est jamais certain

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17:28 Publié dans Actualités, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : palestine, israël, julien salingue, acrimed, m'pep | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook