samedi, 28 janvier 2012

La Pucelle et l'Ogre

Délire et paranoïa

En 1793, des malades croyaient qu’après  avoir été décapités on avait recousu leur tête sur le corps d’un autre; en 1840, lors du retour des cendres de Napoléon Ier en France, d'autres se prirent pour l'empereur - le directeur de l'asile de Bicêtre en vit débarquer quatre... :

" L’homme qui se prend pour Napoléon usurpe donc la personnalité d’un usurpateur, sans compter que, victime de monomanie orgueilleuse, il s’identifie à un souverain lui-même atteint, dit-on, de folie des grandeurs. Autrement dit, l’homme qui se prend pour Napoléon est un usurpateur qui se prend pour un usurpateur et un mégalomane qui se prend pour un mégalomane. Un fou qui se prend pour un fou ?" ( Laure Murat)

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On cite aussi celles et ceux  qui trsè chrétiennement  s'identifient à  Jeanne d'Arc ( l'icône adorée de Sarkozy et de  Le Pen) et se croient appelées à défendre un  Occident menacé d'invasions étrangères.

 

l'Institut Civitas est composé notamment d'universitaires et de militaires - son président  est l'amiral François de Penfentenyo. Cette mouvance se présente comme " une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France" et dont le but est " la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ."
La laïcité de la Gueuse n'étant pas leur tasse de thé,  Civitas en appelle à la providence et à rendre  hommage à Jeanne d'Arc :
" A l'heure où le laïcisme contemporain réduirait la religion à une affaire de conscience individuelle mais refuserait absolument qu'elle inspire et règle les institutions sociales et le gouvernement des Etats, il faut rappeler que la Providence divine s'intéresse de près aux affaires des sociétés temporelles. L'intervention fulgurante de Jeanne d'Arc, pieuse jeune fille de Domrémy, l'affaiblissement soudain et inexplicable d'ennemis jusqu'alors triomphants, restent dans l'Histoire pour rappeler sans cesse à toutes les Nations ce qu'elles négligent ou dédaignent de prendre au sérieux : "Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît ".

"L'homme qui se prenait pour Napoléon"

> "Laure Murat, L’Homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie" – par Gilles Malandain - Actualités du XIXème siècle.

> " Les voix de Jeanne d’Arc " - Jean-Paul Jouary  - OWNI
"
Jeanne d'Arc, icône disputée tant par Nicolas Sarkozy que par Marine Le Pen, est également l'une des figures historiques privilégiées des "fous" qui se prennent pour un grand personnage. Un parallèle étonnant, analysé ici avec philosophie."

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jeudi, 26 janvier 2012

Le Sonneur et le Charcutier

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L'UMP quimpéroise décrit ainsi Le dénommé Yves Gentric :

« Charcutier aux halles de Quimper, Yves Gentric copréside l’association des commerçants des halles. Ce presque sexagénaire à l’allure calme peut très vite s’emporter. Comme lorsqu’on lui parle du plan transports de l’agglomération. Il anime en effet le combat mené par une partie des commerçants du centre-ville contre ce projet.  »

Le lundi 9 janvier 2012, Ouest-France annonçait donc  la consécration d' Yves Gentric, soutenu par la droite, comme "Personnalité 2011 du Pays de Quimper" avec 32 % des suffrages exprimés lors d'un vote prétendument démocratique et qui pose la question de possibles manipulations :  "Des Chinois ont-ils voté pour la " Personnalité 2011 du Pays de Quimper " ? S'interroge ainsi Reunig Kozh.

Lire aussi :

" Quimpérois de l'année : le PS vote sonneur et l'UMP vote charcutier" reunig Kozh - Rue 89

" Les coulisses d'un vote à rebondissement"  par Mickaël Demeaux sur le site Ouest-France"

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le sonneur et le charcutier
Steven Bodénès (penn soner bagad Kemper) n'a obtenu que  29 % des voix (3830 votants)

La gôche et la laïcité

creche.pngDes amendements présentés par Alain Richard (PS), on été adoptés par la majorité du Sénat - historiquement passé à gauche :

La  proposition de loi, déposée au Sénat par Mme Françoise Labordre (RDSE) et qui  visait à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées a été votée - mais mendée par le Sénat le 17 janvier 2012 et transmise à l’Assemblée Nationale.

L’article 2 est un modèle de parfait jésuitisme jésuitisme dont la gôche s'est fait une spécialité. Il introduit  subrepticement des dispositions contraires au principe de séparation posé par la loi de 1905 - loi en permanence vidée d'un contenu pourtant très consensuel. Ainsi les crèches privées à caractère religieux n’ont pas obligation de neutralité - dans le cas où elles bénéficieraient d’aides publiques, elles  doivent cependant  accueillir tous les enfants sans distinction. Vous êtes trop bonnes.

La fameuse de notion de " caractère propre " - qui ne pose aucun problème à la gôche et qui s’appliquait déjà à l'enseignement scolaire - sera étendue aux crèches confessionnelles.

« Les deux alinéas précédents [obligation de neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre porté à la connaissance du public intéressé. Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs. »

Ainsi serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles (comme le fait la Mairie de Paris avec les crèches intégristes Loubavitch) " ( UFAL)

> " Le Sénat se prononce pour le financement public des crèches confesionnelles privées ! " sur le site de l'UFAL

mercredi, 25 janvier 2012

L' électeur en questions : la dette

Service économique des Zèbres en cavale

M. &  Mme Gouelanig de Landerneau nous posent la question suivante   :

" Est-il exact que la dette publique a augmenté a cause de l' augmentation des dépenses publiques ? "

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Totalement faux !

La dette publique a augmenté parce que les recettes d'impôts ont diminué !

Comme le précise Eric Toussaint :

" Il fallait pallier à la diminution des recettes d'impôts venant des entreprises les plus grosses et des ménages les plus riches par de la dette publique."

Il faut savoir qu'en France, le pourcentage des ménages qui détient des titres de la dette publique, c'est 3% des ménages. Cela représente un infime pourcentage de la dette publique, de l'ordre de 1 à 2%. L'essentiel de la dette publique est détenue soit par de grandes institutions financières françaises (des sociétés d'assurance, des banques et d'autres fonds de placement collectifs) et des sociétés financières étrangères.

Donc, première cause de l'explosion de la dette publique, c'est les cadeaux, la réforme fiscale qui a favorisé délibérément une classe sociale. Politiquement, il faut en tirer une conclusion. Cette politique de 25 années est illégitime. Elle ne respecte pas le principe d'égalité, de fraternité, ni d'équité. C'est du favoritisme pur et simple et une inégalité parfaite dans le comportement : on fait des cadeaux aux uns et, par ailleurs, on maintient les dépenses publiques dans un carcan important. Maintenant, on passe à une compression des dépenses publiques. Mais je parle des 20-25 dernières années. C'est une chose très importante : la dette publique n'a pas du tout augmenté, causée par une augmentation des dépenses publiques. C'est totalement faux.

La dette publique a augmenté parce que les recettes d'impôts ont diminué et qu'il fallait pallier à la diminution des recettes d'impôts venant des entreprises les plus grosses et des ménages les plus riches par de la dette publique. "

couv_dette-vie-jpg-25919.jpg> La Dette ou la Vie, ouvrage collectif du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)  sous la direction de Damien Millet et Eric Toussaint

> " Dans l'émission  " Là-bas si j'y suis "

http://www.cadtm.org/IMG/mp3/Mermet111214.mp3 Son au format MP3 (34,4 Mo)

http://www.cadtm.org/IMG/mp3/Mermet111215.mp3 Son au format MP3 (36,4 Mo)

ou Là-bas si j'y suis

> Dans l'émission " Tout autre chose ", émission animée par Martine Cornil (elle a été diffusée en direct sur la RTBF le 7 juin 2011).  -  Retranscription par Camille Lebouvier, revue par Eric Toussaint
Version audio : http://www.cadtm.org/IMG/mp3/Tout_a...

08:00 Publié dans - Paroles vues, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cadtm | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 24 janvier 2012

Le monde secret des affaires

Après le " Secret défense" le "Secret  affaires"

2012

Jean Marc Manach :

" Trois ans de prison, et 375 000 euros d’amende. C’est ce que risqueront ceux qui porteront atteinte au “secret des affaires“, sorte de “confidentiel défense” appliqué aux entreprises, si la proposition de loi de Bernard Carayon, discutée hier soir à l’Assemblée.

L’objectif affiché est de lutter contre l’espionnage industriel. Dans les faits, le texte pourrait également servir à faire condamner tout employé qui se serait permis de faire “fuiter“, auprès de journalistes, d’ONG, a fortiori des initiatives type WikiLeaks, tout document interne protégé par ce nouveau “secret des affaires” et dont la divulgation serait “de nature à compromettre gravement les intérêts (de leur employeur, NDLR), en portant atteinte à son potentiel scientifique ou technique, à ses positions stratégiques, à ses intérêts commerciaux ou financiers ou à sa capacité concurrentielle“. "

" Pour ne prendre que quelques exemples, les révélations de la vente par la société française Amesys de matériel de surveillance de l’internet à Kadhafi, de la dangerosité du réacteur nucléaire EPR, voire même le scandale des implants mammaires PIP, reposent en bonne partie sur le fait que des lanceurs d’alerte ont transmis à des journalistes ou ONG des documents qui pourraient relever de la notion de “secret des affaires“. Pour autant, ils ne pourraient pas être utilisés pour dénoncer une infraction. "

> La suite de l'article sur le site OWNI : Ceci n’est pas une loi anti-WikiLeaks , Jean Marc Manach -  23 janvier 2012.

> Les affaires au secret - Jean Marc Manach - ean Marc Manach -  24 janvier 2012.

> Proposition de loi : "Justice : sanctionner la violation du secret des affaires"

L' Histoire pas à pas
2011

bernard-carayon_193.jpg"Bernard Carayon dénonce l’incapacité des pouvoirs publics et de l’administration française à répondre aux menaces qui frappent nos entreprises. Ces menaces portent sur le patrimoine informationnel des entreprises : informations stratégiques, commerciales et techniques.  L’atteinte et la révélation d’un tel patrimoine génère des conséquences dévastatrices auxquelles il convient d’apporter des réponses judiciaires adaptées. Dans un contexte de véritable guerre économique, cet amendement inspiré du droit des affaires américain (Cohen Act) apporte une indispensable protection juridique à nos entreprises."

Bernard CARAYON
Député UMP

Le député  Bernard Carayon, umpiste et gifleur, est le créateur d'un collectif de députés gouvernementaux baptisé "droite industrielle et ouvrière", Il est également le président de la Fondation Prometheus qui a " pour objet de contribuer à l'analyse des enjeux de la mondialisation, de concourir à la paix économique et à la transparence des échanges par la participation à l'élaboration de politiques publiques et la promotion de la recherche stratégique." A ses côtés, le vice-président de Prométheus n'est autre que  Jean-Michel BOUCHERON, député PS d'Ille-et-Vilaine.
Apolitique, comme on le voit,  la fondation est  financée notamment par Alstom, EADS, Dassault, Thales et le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis. Autant de preuves vivantes de son indépendance.

L'anti-Wikileak de l'économie

Tout ceci explique assez bien, que Bernard Carayon, accompagné de 109 députés de droite, ait déposé une proposition de loi , inspirée de l'"Economic Espionage Act" ou "Cohen Act" américain, visant à sanctionner " l'atteinte au secret d'une information à caractère économique protégée " :

"sont qualifiées d'informations à caractère économique protégées, les informations ne constituant pas des connaissances générales librement accessibles par le public, ayant, directement ou indirectement, une valeur économique pour l'entreprise, et pour la protection desquelles leur détenteur légitime a mis en œuvre des mesures substantielles conformes aux lois et usages, en vue de les tenir secrètes. "

Le texte  est rédigé en des termes si vastes et vagues qu’il permettra de sanctionner tout ce qui pourrait toucher de près ou de loin aux informations juridiques, financières, commerciales, scientifiques, techniques, économiques, industrielles,  informatiques... De quoi laisser libre champ aux entreprises pour dresser unilatéralement la possibilité de dresser la liste des informations devant être, ou non, protégées. "C'est à l'entreprise de définir elle-même son référentiel de sécurité", justifie d'ailleurs Bernard Carayon.

La sanction envisagée pour l'auteur du délit est de trois ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende. Il suffira pour cela de " s’approprier, de conserver, de reproduire ou de porter à la connaissance d’un tiers non autorisé " l’information économiquement sensible. La simple tentative est également concernée  : sanction doublée " pour une personne autorisée, de faire, dans l'intention de nuire, d'une information à caractère économique protégée un usage non conforme à sa finalité." Le texte prévoit également une série de sanctions du côté du dirigeant ou du salarié : que ce soit pour la diffusion de l’information ou pour le non-respect des verrous destinés à assurer sa confidentialité.

Le texte a été renvoyé en commission des lois pour un examen futur. En attendant, "Le groupe de médias Lagardère a été mis en examen à son tour pour délit d'initiés dans l'enquête sur le groupe européen EADS, une affaire dans laquelle il avait été blanchi par le gendarme de la Bourse il y a un an." Mais chut !

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> Amendement N° 227 2ème rectif. (Non soutenu) Projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure

> Bernard Carayon - Député UMP du Tarn (4ème circonscription) - Députés godillots

> " Frédéric Mitterrand souhaite l’interdiction de WikiLeaks en France - C'est quelqu'un qui m'a dit... pcinpact.com. 6 janvier 2001

> " Une proposition de loi veut imposer un DRM sur l’information" pcinpact.com

Les nouveaux chiens de garde

"Les Nouveaux chiens de garde"

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La critique des médias, pourquoi faire ?

par Henri Maler, fondateur et co-animateur d’Acrimed

" Depuis une quinzaine d’années, des livres (comme ceux de Pierre Bourdieu et Serge Halimi), des films (comme ceux de Pierre Carles), des journaux (comme PLPL, puis Le Plan B) et l’association Acrimed (son site et désormais, Médiacrique(s), son magazine) contribuent à une critique radicale et intransigeante des médias qui s’était assoupie pendant les décennies précédentes.

Cette critique s’étend à la contestation en actes fomentée par des médias associatifs et alternatifs et à la résistance pratiquée par les soutiers de l’information avec le soutien des syndicats de journalistes. Elle se diffuse sur des sites indépendants et de nombreux blogs.

Ses cibles ? L’ordre médiatique existant et ses gardiens. La soumission des capitaineries industrielles et des chefferies éditoriales au capitalisme dans sa version néolibérale, leur contribution à l’anémie du pluralisme politique et, plus généralement, les effets ravageurs de la logique du profit sur l’information, sur la culture et, dans des professions minées par une précarité grandissante, sur les conditions d’activité des journalistes et des créateurs. Sans oublier les menaces qui pèsent sur la neutralité d’Internet et la liberté de ses usagers.

Ses enjeux ? Rendre sensible la nécessité, voire l’urgence de transformations en profondeur et d’une appropriation démocratique des médias et, dans ce but, faire ou refaire de la question des médias la question démocratique et donc politique qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Formuler des projets et leur accorder une place à la mesure du défi que représente la conjugaison de la révolution numérique et de la contre-révolution libérale. Et, par conséquent, rompre avec la politique des rustines et des placebos que résument des propositions minimalistes et intermittentes gagées sur les seules échéances électorales.

Si un autre monde est possible, d’autres médias le sont aussi. Pour qu’un autre monde soit possible, d’autres médias sont nécessaires. "

"Là-bas si j'y suis"

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à écouter, sur les conseils de "citoyen actif"

Les nouveaux chiens de garde

> Entretien avec Serge Halimi, auteur des Nouveaux chiens de garde, aux éditions Raisons d’Agir. Les médias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.  Un petit groupe de journalistes omniprésents impose sa définition de l’information-marchandise, tels sont les nouveaux chiens de garde du système économique.   Diffusée le 15 décembre 2005

"Les nouveaux chiens de garde" - Le Film (II) (2011), un film réalisé par Gilles Balbastre, Yannick Kergoat.

Là-bas si s’y suis continue avec l’équipe du film "Les nouveaux chiens de garde" qui sort le 11 janvier prochain. Dieu merci, nous ne sommes plus au temps de l’ORTF où le Ministre de l’Information venait à la télé présenter "sa" nouvelle formule du journal. Sorti en 1997, "Les nouveaux chiens de garde" s’est vendu à 250 000 exemplaires sans que son auteur (Serge Halimi) ait concédé le moindre passage en télé. En 1932, les chiens de garde que Paul Nizan prenait pour cible étaient les philosophes au service du pouvoir. Ceux de Serge Halimi sont les éminents journalistes et les médiacrates au service des puissances d’argent. Le livre est devenu un film qui sort mercredi 11 janvier.  Aujourd’hui, heureusement, les journalistes sont indépendants. Vraiment ?  Diffusée le 6 janvier 2012

lundi, 23 janvier 2012

Moscovici, capitaine en second du pédalo

Grâce à une méthode inconnue de nous, Hollande découvre aujourd'hui le monde cruel du capitalisme et d'une Europe régie par le sacro-saint principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre ( quand ça arrange ceux qui s'en mettent plein les fouilles).

Oh ! que vous avez de grandes dents ! s'écrie notre Chaperon rose en croisant une bande de requins au coin du bois :

" Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle." ( Hollande, son discours à boire et à manger )

Bigre ! Tremblez tyrans ! voilà notre social-démocrate qui s'en vient mettre de l'ordre dans l'immense pétaudière. Enfin !

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Dans notre ( grande ) série : nous n'irons pas voter pour ça !

Moscovici, Le " Petit Pierre " qui roule

" Le PS doit rester sur son propre axe. Ses alliances sont connues, les écologistes et la gauche qui a envie de gouverner le pays en étant consciente des contraintes du moment! Le PS ne doit pas ignorer que, compte tenu de la situation écrasante de l'endettement du pays, il faudra demander des efforts, pouvant être partagés de manière plus juste. ."

Pierre Moscovici

main.jpgNaguère - ça fera bientôt jadis - Pierre Moscovici était strausskahnien, car le patron du FMI était au dire de toutes les têtes bien pensantes la " chance historique pour les socialistes, parce que son profil correspondait exceptionnellement aux circonstances " selon le mot d'Alain Duhamel - .
Interwiever par les Echos, Moscovici déclarait  à propos de son
présidentiable " mentor " :

" Il faut toujours regarder ce que pense l'opinion et se garder d'être arrogant ou de détenir une certitude immuable. Je pense néanmoins que la popularité de Dominique Strauss-Kahn n'est pas friable. Ce n'est pas par caprice ou foucade que les gens espèrent son retour, c'est parce qu'il est le président que les Français attendent. Tant en ce qui concerne la capacité à rétablir l'image de la France en Europe, dans le monde, à trouver des solutions face à la crise, à relancer la croissance et l'emploi ou à instaurer plus de justice sociale. Une fois que l'on a identifié ces enjeux et que l'on se demande qui est le mieux placé, chaque fois la réponse est : Dominique Strauss-Kahn."

Pierre Moscovici n'est (cou)rageusement plus strausskhanien. Mieux,  il est " post-strausskahnien ". Et ça ne remonte pas aux scandales estivaux du libidineux du mari d'Anne Sinclair. Dans l’émission " Déshabillons-les " sur Public Sénat,  Moscovici se confie à propos d'une brouille qui remonterait à 2008 :

" Lui m’a connu comme le " Petit Pierre ", lui m’a fait venir au Parti socialiste. J’étais son étudiant quand il est était un jeune prof, il devait avoir 33 ans, moi j’en avais 24, et puis pendant 25 ans, on s’est vu toutes les semaines. On a passé des vacances ensemble. On avait des relations intimes et c’est lui qui, à un moment donné, a décidé - Jean-Christophe Cambadélis  [autre strauskahnien de choc ] et les autres n’ayant été que les instruments de ça - que non ce n’est pas comme ça que ça devait se passer. Et ça a marqué entre nous un éloignement personnel et politique, mais d’abord personnel, qui c’est vrai je l’avoue, m’a fait de la peine. Oui, mais on s’en remet "

Et pourquoi  cet " éloignement personnel et politique " entre deux amis de 25 ans ?

" Tout d’un coup, voilà on ne se parle plus. Pendant deux ans on ne se parle pas. Pas un texto, pas un mail, pas un coup de fil. Rien de rien. Si, il m’a invité à son anniversaire pour ses 60 ans en 2009 ".

Oui, pourquoi ? Pour une simple question de tambouille interne au PS et de carrière personnelle qui a pris un méchant coup dans les gencives : afin se rapprocher de Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn eut en effet la traîtrise  de ne pas soutenir la candidature de son dévoué poulain au poste de premier secrétaire du PS...

moscovici.jpgMoscovici est un ex-ministre du gouvernement Jospin, en charge pendant 5 ans des Affaires européennes sous la présidence Chirac - du 4 juin 1997 au 6 mai 2002. Pour les amnésiques on rappelera que gouvernement Jospin privatisa davantage que les gouvernements cornaqués par Balladur et Juppé. " ... les trois gouvernements de droite, entre 1986 et 1997, ont vendu la propriété publique pour 36 milliards d’euros. De son côté, le gouvernement Jospin a vendu pour 31 milliards d’euros... en cinq ans.

Pudiquement la "Commission de privatisation" des socialistes fut  rebaptisée " Commission d'évaluation des participations et des transferts" pour ne pas effrayer le "peuple  de gauche". Et là  où  Alain Juppé, le prédécesseur de Jospin, avait accumulé  échec sur échec, le Parti Socialiste menait avec succès sa course aux " adaptations " dictées par le capitalisme sous couvert de ce fameux "pragmatisme" qui anesthésient les militants, les électeurs.

Au titre de sa participation au gouvernement Jospin, Moscovici a été une des petites mains les plus zélées dans le formatage du traité constitutionnel européen.

Puis, le referendum du 29 mai 2005 ayant clairement dit "non",  il a été parmi ceux qui, au PS, annoncèrent qu’ils voteraient " oui "  au parlement, "oui" à la révision et "oui "au nouveau traité " simplifié " de Sarkozy - à savoir un recyclage  de la Constitution européenne rejetée qui autorise entre autres banquiers et marchés financiers à s’enrichir par l’endettement des états. La logique aurait voulu que le PS contraigne Sarkozy à organiser un nouveau référendum portant sur ce traité simplifié.

Le seul moyen de le faire était de voter " non " à la révision constitutionnelle préalable à l’adoption du traité par le Parlement... Mais la lecture de l'article 127 a du les tétaniser d'amiration : Le Système européen de banques centrales qui " contribue à la bonne conduite des politiques menées par les autorités compétentes " " agit conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre ". De quoi autoriser banquiers et marchés financiers à s’enrichir par l’endettement des états.

*

Directeur de la campagne de Hollance, Moscovici est aussi  vice-président du Cercle de l’Industrie :

Ce lobby patronal a pour objet de représenter et de préserver les intérêts des trusts français à l’échelle européenn. Il a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault.  qui l en avait confié la vice-présidence - le bureau, la secrétaire et les notes de frais afférentes - à un homme de confiance, l’ancien ministre socialiste Strauss-Kahn. "  ( A gauche... mais proches des milieux d’affaires - Olivier Toscer 2003 ).  A cette époque, Dominique Strauss-Kahn  venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur pour sa  traversée du désert de 1993 à 1997.

Le Cercle de l'industrie regroupe des entreprises comme Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L'Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total... il est bien évidemment partenaire du syndicat patronal MEDEF , de l’Institut de l’Entreprise ( qui est à la fois " dépendant des grands groupes industriels et financiers français " et se proclame " think tank indépendant de tout mandat syndical ou politique " ! ) ou encore de la Table ronde des Industriels européens (ERT) - organisation patronale réunissant les 45 dirigeants des plus grandes firmes européennes (Total, BASF, Nestle, E.ON, Shell, Renault... voir précédemment) et qui forme un des lobbies les plus puissants à Bruxelles...

A la question de bons sens :  n'y aurait-il pas  conflit d'intérêts entre la fonction de vice-président du Cercle de l'industrie et le mandat de député du Doubs, le vice-président-député répond :

" Ce serait le cas si le Cercle de l'industrie était un lobby.  Appartenir au Cercle de l'industrie, cela veut dire participer à un dîner qui se tient tous les deux ou trois mois avec les patrons des entreprises françaises et quelques parlementaires de droite et de gauche. Nous voulons défendre les emplois français. Nous rencontrons aussi les commissaires européens pour expliquer que le principe de la concurrence libre et non faussée ne doit pas empêcher la création de champions européens. C'est un club et pas un lobby. J'ajoute que cette activité est totalement bénévole. " ( Rue89)

Nous voilà pleinement rassuré d'apprendre qu'il ne s'agit que de pince-fesses mondains trimestriels où il n'est question que de coups anodins de fourchettes bénévoles. Autre temps d'exquises agapes, le dîner du Siècle qui réunit chaque dernier mercredi du mois le gratin politico-médiatico-industriel à l'hôtel Crillon, à Paris. Moscovici reconnait sans détour que Le Siècle se révèle « un réseau social très influent

*

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Avant d'être adoubé bras droit présidentiel et collé dans son fauteuil à Matignon, Moscovici ne fait pas tache dans le décor hollandais puisqu'il y est en compagnie d'un staff d'économistes de garde, tous experts très orientés à gôche comme nous l'apprennent Fanny Guinochet et Gaëlle Macke dans " Ces économistes et ces patrons qui soutiennent François Hollande " :

" Cette petite équipe s'appuie sur une kyrielle d’experts de la société civile, coordonnée par Karine Berger, une économiste super-diplomée (X, ENSAE, Sciences-Po), passée par l’Insee et le ministère du Budget avant de rejoindre Heuler-Hermès. Parmi les plus actifs, Emmanuel Macron, un inspecteur des finances, ancien rapporteur de la commission Attali, aujourd'hui chez Rothschild, Manuel Flam, ENA-Essec membre du Commissariat général au développement durable, et Stéphane Bougenah, ancien conseiller de Dominique Strauss Kahn, aujourd’hui patron de Banco Santander en France. Nombre de grands économistes universitaires phosphorent aussi pour le candidat Hollande comme Elie Cohen du CNRS, Philippe Aghion de Harvard, Thomas Philippon de l’université de New York, ou encore Gilbert Cette, économiste spécialiste du marché du travail… D'autres, tel Jean-Paul Fitoussi de l’OFCE et Jean-Herve Lorenzi, Président du cercle des économistes, lui apportent leur soutien. "

Décidément, nous n'irons pas voter pour ça !

9782355220111.gif" Il est assez ironique que le Parti socialiste continue de faire les frais du discrédit attaché à la gauche, alors qu’il ne ménage pas ses efforts, c’est le moins qu’on puisse dire, pour échapper à cette étiquette infamante. De l’unanimisme qui prévaut désormais, et dont on peut mesurer l’ampleur à la généralisation d’un certain vocabulaire (" assistanat ", " victimisation", "angélisme ", " culture de l’excuse ", " tabous "…), le PS offre évidemment l’illustration la plus caricaturale. En dépit des gamelles électorales qui ont toujours sanctionné ses stratégies d’alignement sur le centre et la droite, ses représentants conjuguent, sans crainte du ridicule, les discours volontaristes sur la nécessaire reconstruction de la gauche et l’alignement systématique — par souci d’apparaître " crédibles " — sur les valeurs de la droite. "

Mona Chollet
En ligne : Rêves de droite.  Défaire l’imaginaire sarkozyste

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> Déshabillons-les " : Moscovici, le capitaine de Hollande - LCP  Emission du 18/01/2012.

> François Hollande et le monde des affaires - Geoffrey Geuens - Le candidat socialiste envoie un message clair à la finance : l'alternance ne sera pas une menace.

> " Ces économistes et ces patrons qui soutiennent François Hollande ",  Fanny Guinochet et Gaëlle Mack e-Challenges, 16 octobre 2011.

> Table ronde des Industriels européens : "Quand l'industrie lobbies veut formater les jeunes à ses besoins" Agone - mardi 12 mai 2009.

> Lequesne Christian. Bruno Jobert (dir.), Le tournant néo-libéral en Europe. In: Revue française de science politique, 45e année, n°5, 1995. pp. 879-881.

> Le Parti Socialiste se rallie à Nicolas Sarkozy, par Denis Collin. Le Grand Soir - 27 octobre 2007

> Mona Chollet :  Rêves de droite.  Défaire l’imaginaire sarkozyste- Zones

> " Les sept péchés capitaux de Dominique Strauss-Kahn" - François Ruffin -

> PS-Hollande  : Le discours au meeting du Bourget, en texte et en vidéo.

dimanche, 22 janvier 2012

L'enterrement de la République

- "Un enterrement à Ornans" -
Courbet_Enterrement.jpg

Musée d'Orsay

Gustave Courbet (1819-1877)
Un enterrement à Ornans, ou "Tableau de figures humaines, historique d'un enterrement à Ornans".

Ce tableau, qualifié à l'époque de "chef d'œuvre du laid" et de "colonnes d'Hercule du réalisme" fut l'objet de diverses interprétations :

" La lecture des commentaires critiques du Salon de 1851 dans les journaux parisiens offre un premier niveau de lecture. Derrière " l'exclusion du vulgaire, le refus de la vérité vraie " au nom de l'art, on retrouve facilement sous la plume des détracteurs de Courbet " les glissements successifs " qui les amènent de la dénonciation " de la représentation sociale de la paysannerie à celle du peuple et à l'accusation de socialisme ". Courbet est assimilé au milieu social qu'il représente et à la " bohème rouge " qui admire son tableau. Pourtant son socialisme n'est pas alors des plus avancés, son républicanisme même ne le conduira pas à s'opposer concrètement au coup d'État. "

> Jean-Jacques Yvorel , « Jean-Luc MAYAUD, Courbet, l'Enterrement à Ornans : un tombeau pour la République, Paris, La Boutique de l'histoire éditions, 1999, 183 p. », Revue d'histoire du XIXe siècle , 20/21 | 2000.   URL : http://rh19.revues.org/index221.html.

Porteur d'allégorie, ce tableau représenterait l'enterrement de la République de 1848. Deux séries d'arguments viennent appuyer cette interprétation.

"Les premiers sont tirés de l'analyse même de l'œuvre. Le cercueil, recouvert d'un drap blanc, est celui d'une jeune fille, qui pourrait être « Marianne ». Les porteurs, vêtus de noir, coiffés de chapeaux à larges bords, ont l'allure de jeunes militants montagnards. Courbet a tenu à marquer la présence des différentes générations républicaines : son grand-père (décédé en 1848), témoin et admirateur de la grande Révolution, placé derrière les porteurs, tout près du cercueil ; deux « anciens de 93 » bien connus à Ornans, portant culotte et bas comme à la fin du XVIIIe siècle ; plusieurs notables libéraux d'âge mûr tels qu'Hippolyte Proudhon, ou Prosper Teste, le populaire maire de la petite ville ; enfin « la jeune génération des quarante-huitards » avec le journaliste Max Buchon, Urbain Cuenot et quelques autres, considérés comme des « rouges très acharnés ». Si les femmes, parmi lesquelles la mère et les trois sœurs de l'artiste, jouent plutôt un rôle de figurantes (comme d'ailleurs dans la vie publique de l'époque), le fossoyeur Antoine Joseph Cassard, authentique paysan pauvre, occupe une situation centrale que fait mieux ressortir encore sa position agenouillée : loin d'être la « brute impassible » évoquée par un critique parisien, ne symbolise-t-il pas plutôt « le peuple réhabilité dans sa dignité par le suffrage universel » ?

C'est donc finalement l'ensemble des républicains d'Ornans, du vétéran au néophyte, du bourgeois aisé au semi-prolétaire, qui assistent ainsi, recueillis, aux obsèques. "

> Pierre Lévêque, « Jean-Luc MAYAUD, Courbet, l'Enterrement à Ornans : un tombeau pour la République, Paris, La Boutique de l'histoire éditions, 1999, 183 p. », Ruralia -  URL : http://ruralia.revues.org/172

Les casseurs de pierre

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Les Casseurs de pierres, 1849.
Huile sur toile, 159x259 cm,
le tableau fut détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Jules Vallès

"C'était, je crois, en 1850. Nous nous promenions, quelques amis et moi (le plus vieux pouvait bien avoir dix-huit ans), à travers les galeries de l'Exposition. Tout d'un coup, nous nous arrêtâmes en face d'une toile qui, sur le livret, s'appelait les Casseurs de pierres, et qui était signée en lettres rouges : G. Courbet.

Notre émotion fut profonde.

Nous étions tous des enthousiastes. C'était l'époque où fermentaient les têtes ! Nous avions au fond de nos cœurs le respect de tout ce qui était souffrant ou vaincu, et nous demandions à l'art nouveau d'aider, lui aussi, au triomphe de la justice et de la vérité.

Ce tableau teinté de gris, avec ses deux hommes aux mains calleuses, au cou halé, était comme un miroir où se reflétait la vie terne et pénible des pauvres. La raideur gauche des personnages servait encore à l'illusion : et l'inhabileté ou le génie du peintre avait, dans un geste, indiqué l'immobilité fatale à .laquelle est condamnée, sous un ciel ingrat, toute la race des mercenaires.

A quelques pas de là nous vîmes, sous la même signature, un enterrement que suivaient des bedeaux au nez poilu, veiné, avec des trognes comme des nœuds d'arbre; derrière, sublimes de grâce et de douleur, des femmes habillées de noir pleuraient! On se serait cru au cimetière même, et l'on reconnaissait les chantres ivrognes, qui, avant de mettre leur surplis, vous avaient coudoyé en sortant du cabaret ! C'était d'une fidélité terrible. Ici le cynisme indifférent, là, la douleur muette. En deux coups de pinceau l'artiste avait tracé la comédie, le drame, et peint avec une horrible sincérité ces contrastes, cette ironie et ce désespoir !

La foule s'arrêtait devant ces toiles, mais avec plus de stupeur que d'émotion ; et le lendemain, au lieu de rassurer cette foule, la critique faisait chorus avec elle ; elle poussait à l'indignation contre les hardiesses du peintre.

Courbet fut traité de vaniteux féroce et de charlatan comique. Quand il eut ajouté aux Casseurs de pierres et à l'Enterrement d'Ornans les Lutteurs et la Baigneuse, tout fut dit. Il devait pendant quinze ans être appelé un excentrique, et passer aux yeux de la foule pour un fanfaron de vulgarité."

La Rue - Courbet
Jules Vallès


Emile Zola

"Proudhon a vu comme moi les tableaux dont je parle, mais il les a vus autrement, en dehors de toute facture, au point de vue de la pure pensée. Une toile, pour lui, est un sujet ; peignez-la en rouge ou en vert, que lui importe ! Il le dit lui-même, il ne s'entend en rien à la peinture, et raisonne tranquillement sur les idées. Il commente, il force le tableau à signifier quelque chose ; de la forme, pas un mot.

C'est ainsi qu'il arrive à la bouffonnerie. Le nouveau critique d'art, celui qui se vante de jeter les bases d'une science nouvelle, rend ses arrêts de la façon suivante : Le Retour de la foire, de Courbet, est "la France rustique, avec son humeur indécise et son esprit positif, sa langue simple, ses passions douces, son style sans emphase, sa pensée plus près de terre que des nues, ses mœurs également éloignées de la démocratie et de la démagogie, sa préférence décidée pour les façons communes, éloignée de toute exaltation idéaliste, heureuse sous une autorité tempérée, dans ce juste milieu aux bonnes gens si cher, et qui, hélas ! constamment les trahit".
La Baigneuse est une satire de la bourgeoisie : "Oui, la voilà bien cette bourgeoisie charnue et cossue, déformée par la graisse et le luxe ; en qui la mollesse et la masse étouffent l'idéal, et prédestinée à mourir de poltronnerie, quand ce n'est pas de gras fondu ; la voilà telle que sa sottise, son égoïsme et sa cuisine nous la font."
Les Demoiselles de la Seine et Les Casseurs de pierres servent à établir un bien merveilleux parallèle : "Ces deux femmes vivent dans le bien-être... ce sont de vraies artistes. Mais l'orgueil, l'adultère, le divorce et le suicide, remplaçant les amours, voltigent autour d'elles et les accompagnent ; elles les portent dans leur douaire : c'est pourquoi, à la fin, elles paraissent horribles. Les Casseurs de pierres, au rebours, crient par leurs haillons vengeance contre l'art et la société ; au fond, ils sont inoffensifs et leurs âmes sont saines."
Et Proudhon examine ainsi chaque toile, les expliquant toutes et leur donnant un sens politique, religieux, ou de simple police des moeurs."

Mes Haines, Le Salut Public, 26 et 31 août 1865
Em
ile Zola

Pierre-Joseph Proudhon

" Les Casseurs de pierres sont une ironie à l'adresse de notre civilisation industrielle, qui tous les jours invente des machines merveilleuses pour labourer, semer, faucher, moissonner, battre le grain, moudre, pétrir, filer, tisser, coudre, imprimer, fabriquer des clous, du papier, des épingles, des cartes; exécuter enfin toutes sortes de travaux, souvent fort compliqués et délicats, et qui est incapable d'affranchir l'homme des travaux les plus grossiers, les plus pénibles, les plus répugnants, apanage éternel de la misère. Nos machines en général, chefs-d'œuvre de précision, ont plus d'habileté que nous-mêmes; elles font mieux que nous, pour peu que ce que nous leur demandons exige d'intelligence et même d'art; une fois en mouvement, elles nous remplacent avec un immense avantage. Il n'y a qu'un reproche à leur faire : elles ne se meuvent pas d'elles-mêmes; elles ont besoin qu'on les surveille, qu'on les gouverne et même qu'on les serve. Or, quel est le serviteur des machines? L'homme. L'homme serf, tel est le dernier mot de l'industrialisme moderne. Il y a longtemps que le problème de la spéculation capitaliste, consistant à reporter chaque année au compte de capital les salaires économisés des ouvriers, serait résolu, si la mécanique avait pu, de son côté, résoudre celui du mouvement perpétuel; si, en définitive, le moteur originel de l'industrie pouvait être autre que l'homme....

Voilà, direz-vous, bien de la philosophie à propos d'un tableau ! Qui empêche d'inventer une machine à casser les pierres, comme on en a inventé une pour les scier? M. Courbet n'aurait eu alors rien à dire. — A quoi je réponds : Courbet eût tout simplement modifié son sujet, car l'idée serait demeurée exactement la même, le problème étant insoluble. Une invention en appelle une autre; de sorte que, pour esquiver toute main-d'œuvre, nous tombons dans le machinisme universel, aussi impossible, aussi introuvable que le mouvement perpétuel. Sans doute on ferait une machine à casser des pierres ; mais, pour être conséquent au point de vue du capitalisme, il en faudrait une autre pour les extraire de la carrière, une autre pour les charger, une pour les voiturer et les conduire, une encore poulies répandre; ce qui n'aurait pas de fin. Ce n'est pas tout : admettant ce machinisme, que ferez-vous des malheureux qui aujourd'hui vivent de ces travaux pénibles, et qui alors, sans occupation, n'auraient pour subsister ni capital, ni propriété, ni revenu?... Si bien qu'en résultat, l'homme est l'esclave de la machine, de la machine qu'il a inventée et construite de ses mains; que plus nous développons autour de nous la mécanique, plus nous multiplions la servitude, et que la misère physique, intellectuelle et morale de nos esclaves est d'autant plus grande que leur besogne est plus grossière et leur fonction plus servile. Telle est la loi du travail : elle est fatale; il n'y a pas moyen de faire qu'il en soit autrement. Que pensez-vous de cette situation?—Elle est on ne peut plus affligeante. N'y aurait-il pas moyen d'y trouver quelque remède, quelque adoucissement? — On n'en connaît qu'un: "c'est de répartir cette lourde tâche comme un service public, corvée ou prestation, entre tous les membres valides de la société. Hors de là il y a exploitation, asservissement des uns par les autres, partant dégradation de la race, enlaidissement. — Comment! est-ce que l'esthétique aussi conclurait à cela ? — Sans doute, et si l'art ne s'est pas avisé plus tôt d'en dire son mot, c'est que jusqu'à l'année 1789 de Jésus-Christ. le droit de l'homme et du citoyen était resté lettre close. L'idéalisme égyptien admettait la servitude ; l'idéalisme grec, tout de même... [...]

Des paysans, qui avaient eu l'occasion de voir le tableau de Courbet, auraient voulu l'avoir pour le placer, devinez où ? Sur le maître-autel de leur église. Les Casseurs de pierres valent une parabole de l'Évangile; c'est de la morale en action. Je recommande cette idée paysanesque à M. Flandrin: elle pourra l'éclairer dans ses compositions religieuses.

Du principe de l'art et de sa destination sociale, Chapitre V
Pierre-Joseph Proudhon

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> Littérature et révolution :  chap. III Art révolutionnaire et art socialiste - Léon Trotsky

"Dans les années 1918 et 1919, il n'était pas rare de rencontrer au front une division militaire, cavalerie en tête, avec, à l'arrière, des chariots transportant des acteurs, des actrices, des décors et autres accessoires. En général, la place de l'art est dans le train du développement historique. Par suite de rapides changements sur nos fronts, les chariots avec les acteurs et les décors se trouvèrent fréquemment dans une position précaire, ne sachant où aller. Souvent, ils tombèrent aux mains des Blancs. C'est dans une situation non moins difficile que se trouve l'art qui, dans son ensemble, est surpris par un changement brusque sur le front de l'histoire."

 

En état de dépendance

"Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l'habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire."

Tocqueville

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" Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies: ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l'un ni l'autre de ces instincts contraires, ils s'efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d'être en tutelle, en songeant qu'ils ont eux mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu'on l'attache, parce qu'il voit que ce n'est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.
Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s'accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c'est au pouvoir national qu'ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m'importe bien moins que l'obéissance. "


Alexis de Tocqueville

" Démocratie comme despotisme "
extrait de De la Démocratie en Amérique, vol II

Quatrième Partie : Chapitre VI - 1840

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Non à la centrale au gaz !

" Le préfet de la région Bretagne a déclaré que trois offres concernant le projet de centrale au gaz ont été déposées auprès de la commission de régulation de l'énergie (CRE) :

  • Landivisiau (Direct Energie),
  • Brennilis (EDF)
  • Briec (l'italien Enel).

Le collectif " La Centrale agace* " appelle à un rassemblement au rond-point du Roc'h-Trédudon, dimanche 22 janvier, à partir de 11 h. Les membres du collectif réclament que soit organisé, avant même l'enquête d'utilité publique, " un débat contradictoire entre les tenants et les opposants du projet. "

Les élus doivent prendre conscience de la nécessité d'un large débat public pour informer les habitants et contribuables sur les coûts d'un tel projet et les risques en matière de santé et d'environnement.

" la convention internationale d'Aarhus de 1998 sur « l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement », qui a débouché en France sur la création de la CNDP, stipule expressément dans son annexe 1 que les projets d'infrastructures ou d'équipements qui justifient l'organisation d'un débat public englobent « les centrales thermiques et autres installations de combustion d'un apport thermique d'au moins 50 mégawatts ». La CNDP a donc décidé de ne pas suivre les recommandations de la convention d'Aarhus.

Avec regret aussi car, depuis la révélation d'un projet de CCCG dans le Finistère par une « fuite » dans la presse quotidienne régionale en septembre 2010, l'Etat et ses services ainsi que la Région, particulièrement impliquée dans ce dossier, ont fait obstacle à la tenue d'un débat public sur le bien-fondé de ce projet au regard de l'intérêt général. Cette méthode antidémocratique a malheureusement « contaminé » deux intercommunalités qui ont récemment délibéré sur le principe d'accueillir ce projet sur leur territoire, pour l'une dans la précipitation et sans aucun débat préalable avec la population (communauté de communes du pays glazik) et pour l'autre sans même avoir inscrit la question à l'ordre du jour de ses travaux et en se réunissant à huis clos (communauté de communes du Yeun Elez). " ( Communiqué du Collectif GASPARE 5 octobre 2011.)

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* initié par l'association «Vivre dans les monts d'Arrée», le collectif Gaspare et des habitants des communes des monts d'Arrée.

> sur ce blog

 

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Associations membres du collectif Non à la centrale

samedi, 21 janvier 2012

MegaFric et mega censure

"A l'heure où la France est au cœur d'une grave crise financière, la priorité pour le président n'est peut-être pas de faire plaisir à quelques lobbies. Il y a sans doute des problèmes plus graves à régler que les sites de streaming."

Emmanuel Gadaix,
directeur technique et porte-parole de Megaupload

Les autorités américaines ont fait fermer MegaUpload et ses dérivés. Sept de ses responsables ont été mis en examen pour racket, blanchiment d'argent et contrefaçon en bande organisée. Ils encourent un total de près de 60 ans de prison.

Un gros coup de pub qui tombe à pic pour préparer sereinement aux États-Unis le vote des projets lois SOPA et PIPA. Présentées comme défendant la propriété intelectuelle,ils sont en fait particulièrement dangereuses pour Internet à l'échelle mondiale. Pour l'instant, face à la levée de boucliers sans précédent contre ses lois examinées au Congrès, Washington a prudemment fait machine arrière

A noter que l’administration américaine a indiqué que le président userait de son droit de véto si le Sénat  votait la loi SOPA. Barack Obama a déclaré qu'il ne soutiendrait aucune action contre le piratage si elle amenait une " modification de l'architecture du Web " :

"Le piratage en ligne pratiqué par des sites Internet étrangers est un problème grave qui nécessite une réponse sérieuse de la part du législateur, mais nous ne soutiendrons pas une législation qui réduirait la liberté d'expression, augmenterait les risques en matière de cybersécurité, ou saperait le dynamisme et l'innovation de l'Internet mondial",  Maison Blanche.

 

- Les 2 projets de loi -

  • SOPA pour "Stop Online Piracy Act" (  loi d'arrêt du piratage en ligne ) qui prévoit d'imposer aux moteurs de recherches et aux registres des noms de domaine de bloquer l'accès à des sites web qui seraient désignés comme " facilitant" le piratage.
  • PIPA, pour  Protect Ip Actn ( loi sur la protection de la propriété intellectuelle) qui est devant le Sénat américainsdepuis novembre, en attente de vote.

Ces lois permettraient:

  • d'empêcher qu'un navigateur Internet "trouve" une page Web ( que ce soit aux Etats-Unis ou à l'étranger)  ;
  • de déréférencer dans les moteurs de recherche des sites incriminés,
  • de geler les comptes de ces sites (notamment des services de paiement électronique de type PayPal). (Le Monde)

Le SOPA organise l'asphyxie des sites mis à l'index.

"Cette technique ne vous rappelle rien ? C'est exactement celle qui fut utilisée, avec un certain succès contre Wikileaks, dans le but unique de faire cesser les révélations concernant la diplomatie et la défense des Etats Unis. Ces techniques qui ont alors montré leur efficacité sont donc recyclées au profit de l'intérêt des entreprises américaines, et de l'ensemble du pays. On ne change pas un système qui gagne, même s'il pose des problèmes constitutionnels et internationaux. (Le SOPA, instrument du contrôle américain sur internet)"

Sophie Rozwadowski donne quelques exemples concrets : Google devra revoir son fonctionnement et devra surveiller toute information qu'il relaiera ; sur YouTube, si une vidéo enfreint les droits d'auteur, c'est la plateforme qui sera menacée de fermeture; Facebook est concerné par les deux projets ; Twitter serait également menacé dès lors qu'un lien vers un site illégal de téléchargement y serait posté.

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MegaUpload - revue de presse

> " MegaUpload sur la chaise électrique ", par Andréa Fradin et Guillaume Ledit - OWNI - 20 janvier 2012.

" Le FBI a ordonné la fermeture de MegaUpload, un réseau de sites longtemps présenté comme l'un des principaux vecteurs du piratage de films et de titres musicaux. En France l'initiative a été saluée par Nicolas Sarkozy. Sur Internet, la guerre est déclarée. Les Anonymous n'ont pas tardé avant d'attaquer les sites institutionnels un par un."

> "Dans le secret de MegaUpload ", Benoit Le Corre - OWNI - 14 décembre 2011

"Comptes offshore, sociétés à Hong Kong ou à Auckland, porte-parole mystère et pactole considérable dans des paradis fiscaux... Dans la vraie vie, les patrons de MegaUpload échangent des montagnes de billets et changent d'identité."

> " Megaupload : "Nous ne sommes pas un site pirate, seulement un prestataire de services "

- Entretien : Boris Manenti avec Emmanuel Gadaix, directeur technique et porte-parole de Megaupload.

> " MegaUpload : l'industrie du copyright en guerre contre les créatures qu'elle a enfantées " La Quadrature du Net :

le blocage de MegaUpload qui est une " tentative globale de contrôler et de censurer Internet " revient pour l'industrie du copyright à déclarer la guerre aux " créatures qu'elle a enfantées". " Conduite en dehors du territoire américain et sans même une décision de justice, cette affaire met en évidence la violence de la guerre disproportionnée menée au nom d'un droit d'auteur dépassé." La Quadrature du Net précise aussi que  : " Les énormes profits engrangés par MegaUpload grâce à une centralisation des œuvres soumises au droit d'auteur sont difficilement défendables. "

 

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Violation au " Pays des droits de l'homme"

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné jeudi 19 janvier la France pour avoir enfermé, en 2007, M. et Mme Popov et leurs deux jeunes enfants mineurs nés en France - une petite fille et un bébé  - au centre de rétention de Rouen-Oissel

Ce nouvel internement préparait une seconde tentative d'expulsion de la famille vers le Kazakhstan - pays que les parents avaient fui en raison de persécutions qu'ils subissaient du fait de leur origine russe et de leur appartenance à la religion orthodoxe.  L’expulsion du 11 septembre 2007 n’eut pas lieu. Le juge des libertés et de la détention, constatant que l’échec de l’embarquement à l'aéroport Charles De Gaulle n’était pas du fait la famille ordonna alors leur remise en liberté.

Le 16 juillet 2009, après deux ans de clandestinité en Anjou, le statut de réfugié que demandaient Vladimir et Yekaterina Popov avant leur arrestation leur a enfin été octroyé. Il est apparu que l’enquête menée par la préfecture des Ardennes auprès de la police du Kazakhstan ( le KNB, ancien KGB) s'était faite au mépris de la confidentialité des demandes d’asile et avait mis toute la famille en grand danger en cas de retour dans ce pays.

" Quand les gendarmes sont venus nous chercher, j’ai voulu laisser mes enfants à ma mère ; ils m’ont dit non, les enfants viennent avec vous. Si on nous embarquait de force, qu’on ait au moins pitié de nos enfants, qu’ils soient confiés à ma mère."  (Yekaterina et Vladimir Popov)

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Le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Oissel concerne les étrangers sans-papiers provenant de vingt-deux départements de l'Ouest de la France.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) considère, à l'unanimité, que le gouvernement français a violé trois articles de la Convention européenne des droits de l'homme :

  • l'article 3 : interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
  • l'article 5 : droit à la liberté et à la sûreté.
  • l'article 8 : droit au respect de la vie privée et familiale.

Pour ce qui concerne tout particulièrement la détention des enfants, La Cour européenne des droits de l'homme constate  que :

" (...) l’aménagement des centres de rétention habilités à recevoir des familles en France dépend de la volonté de chaque chef d’établissement, notamment concernant la mise en place d’infrastructures adaptées à de jeunes enfants. Si, au centre de Rouen-Oissel, les familles sont séparées des autres détenus, seuls des lits d’adultes en fer sont disponibles, dangereux pour les enfants, qui ne bénéficient par ailleurs d’aucune activité ou espace de jeux et sont exposés à la dangerosité de la fermeture automatique des portes de chambre.

Le Commissaire aux droits de l’homme et le Comité européen pour la Prévention de la Torture ont aussi souligné que la promiscuité, le stress, l’insécurité et l’environnement hostile que représentent ces centres ont des conséquences néfastes sur les mineurs, en contradiction avec les principes internationaux de protection des enfants, selon lesquels les autorités doivent tout mettre en oeuvre pour limiter autant que possible la durée de détention des mineurs.

Une période de quinze jours de rétention, sans être excessive en soi, peut paraître infiniment longue à des enfants vivant dans un environnement inadapté à leur âge. Les conditions de vie des enfants des requérants, une fillette de trois ans et un bébé - alors même  qu’ils étaient accompagnés de leurs parents - se trouvant dans une situation de particulière vulnérabilité accentuée par l’enfermement ne pouvaient qu’entraîner une situation d’angoisse et de graves répercussions psychiques.(...) "

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Mobilisation et soutien à la famille Popov devant la préfecture d'Angers.

> Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) :Arrêt  Popov c. France 19.01.2012 - Format PDF

> RESF - A propos de la famille Popovhttp://www.educationsansfrontieres.org/article8063.html

> Ville Mode d'Emploi -  Le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Oissel - Témoignages sur le site de la radio HDR.

 

vendredi, 20 janvier 2012

Egalité femmes-hommes

l'appel pour l'égalité femmes-hommes !

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Nous voulons l’égalité femmes-hommes, MAINTENANT !

" Nous entendons souvent que l’égalité entre les femmes et les hommes serait acquise. Et pourtant, en 2012, le quotidien des femmes reste marqué par les inégalités salariales, la précarité, les violences physiques, sexuelles et psychologiques, les difficultés d’accès à l’avortement et à la contraception, les stéréotypes sexistes…

Bien sûr, des droits ont été gagnés, et heureusement. Il y a 50 ans, les femmes de ce pays ne pouvaient ni ouvrir de compte en banque sans l’autorisation de leur mari, ni avorter, ni porter plainte pour viol conjugal. S’il en est autrement aujourd’hui, c’est grâce aux mobilisations féministes qui ont porté ces combats. C’est aussi parce que les politiques, à certains moments, ont su entendre ces revendications et faire preuve de volonté pour les transformer en avancées législatives.

Malgré la défiance grandissante dans notre pays vis-à-vis de l’action politique, nous croyons encore que celle-ci peut changer les choses. Mais nous savons aussi combien elle peut faire régresser l’égalité lorsque les responsables politiques méprisent les conquêtes collectives. Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils appellent une vigilance permanente.

Dans les débats qui entourent les élections présidentielles, l’égalité entre les femmes et les hommes est toujours passée à la trappe. Nous exigeons qu’en 2012 l’égalité soit enfin inscrite à l’agenda politique. Les grands discours et les mesurettes sont inutiles : nous voulons des engagements précis et des résultats concrets.

Candidates et candidats à l’élection présidentielle, vous n’aurez pas nos voix si vous ne mettez pas l’égalité femmes-hommes au programme.

Nous, femmes et hommes engagé-e-s pour l’égalité, nous voulons l’égalité maintenant ! "

> Pour signer l'appel, CLIQUEZ ICI.

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- Vie de meuf : les poils -

et pour d'autres vies de meuf, c'est ici > une fois sur la page, cliquez sur " video"

*

*     *

> Le site Egalité 2012 : http://www.egalite2012.fr

Les Thèmes traités sur le site et, pour chacun d'entre-eux, un état des lieux, les revendications, un décryptage de la position des candidats à l'élection présidentielle.

Précarité
http://www.egalite2012.fr/thematiques/precarite

Violences
http://www.egalite2012.fr/thematiques/violences

Libertés
http://www.egalite2012.fr/thematiques/libertes

Sexisme ordinaire
http://www.egalite2012.fr/thematiques/sexisme-ordinaire

Parité
http://www.egalite2012.fr/thematiques/parite

Parentalité
http://www.egalite2012.fr/thematiques/parentalite

> Le site de "Osez le féminisme" : http://www.osezlefeminisme.fr/

> Le blog Vie de meufs :  http://www.viedemeuf.blogspot.com/

> Vous avez déjà été discriminée au travail parce que vous êtes une femme? Déjà eu envie d'en parler et de pousser un coup de gueule?  Allez-y, c'est à vous. #viedemeuf

" Mère célibataire

Je reçois un courrier de l'agence immobilière qui me loue mon appart, suite à un différent avec le concierge qui s'est plaint du vandalisme de mes enfants. Ils ont jeté des cartes à jouer sur un capot de voiture du rdc surélevé. Sans rentrer dans les détails, il n'aime pas les femmes célibataires avec enfants: " Elles veulent les gosses et la liberté...". Donc je lis noir sur blanc qu'il m'ait demandé de me comporter en " bon père de famille" dorénavant... J'vais faire ce que je peux !
#viedemeuf "

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jeudi, 19 janvier 2012

Pas compris la question...

" Nicolas Sarkozy ne comprend pas les questions sur la perte du triple A de S&P si elle ne portent pas aussi sur le maintien du triple A de Moody's. " ( Rue89)

Le journaliste : " Considérez-vous que la perte du triple A est un échec et que le décrochage par rapport à l'Allemagne va réduire l'influence de la France en Europe ?"

Sarkozy : "vous n'avez peut-être pas eu les dernières informations ? Donc pouvez-vous me poser une autre question avec les dernières informations ?"

Le journaliste : "est-ce que Moody's fait peser une épée de Damoclès après Standard & Poor's sur la politique économique française?"

Sarkozy :  "Je ne comprends pas cette question", a insisté M. Sarkozy, ajoutant: "s'il y a quelqu'un qui veut me poser une question que je comprenne, j'y répondrai bien volontiers, je ne comprends pas votre question..." AFP

 

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