samedi, 18 octobre 2014

Le mystère des majorités

3992716853.pngLe parlementarisme est un système gouvernemental qui donne au peuple l’illusion de gérer lui-même les affaires du pays, alors que tout le pouvoir est, en fait, concentré entre les mains de la bourgeoisie, et pas même de la bourgeoisie entière, mais de quelques couches sociales se rattachant à cette classe. Dans la première période de sa domination, la bourgeoisie ne comprend pas ou ne ressent pas le besoin de donner cette illusion au peuple. C’est pourquoi tous les pays parlementaires de l’Europe ont commencé par un suffrage restreint ; partout, le droit de diriger les destinées politiques du pays en élisant les députés a d’abord appartenu aux propriétaires plus ou moins riches et ne s’est étendu qu’ensuite aux citoyens moins favorisés par la fortune, jusqu’au moment où le privilège de quelques-uns est devenu dans certains pays le droit de tous et de chacun.

En société bourgeoise, plus le patrimoine social est considérable et plus faible est le nombre de ceux qui se l’approprient ; il en est de même du pouvoir : au fur et à mesure que s’accroissent la masse des citoyens jouissant de droits politiques et le nombre des gouvernants élus, le pouvoir effectif se concentre et devient le monopole d’un groupe de personnalités chaque jour plus étroit."

1888, Paul Lafargue 
le Social-Démocrate (russe)

Léon Trotsky
Terrorisme et communisme- III. La démocratie: "Ou la démocratie, ou la guerre civile"

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"Dès que tout le monde sera là, vous m'apporterez les journaux révolutionnaires."

L'assiette au beurre, n°236, 6 octobre 1905, dessins de Paul Hermann.

vendredi, 17 octobre 2014

PS : de petits zestes d'humanité

" Enfin, il faut qu'il y ait des structures d'accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions individuelles pour chacun de ces exilés. Sinon, c'est l'hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d'ailleurs, ces déchets et ces abris de fortunes qui révèlent un malheur s'ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."

François Hollande

 « Le plus humain possible »

Édito extrait du Plein droit n° 102, octobre 2014
« Mineurs isolés, l’enfance déniée »

3992716853.pngEurêka ! Après quinze ans environ d’un défilement continu d’étrangères et d’étrangers dans le Calaisis – au total plusieurs dizaines de milliers de personnes – et douze ans après la fermeture du hangar de Sangatte qui, pendant un peu moins de trois ans, leur avait permis d’avoir un toit sur la tête, le nouveau ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, vient d’avoir une idée : « Je veux essayer, en liaison avec les associations, de créer les conditions d’un accompagnement le plus humain possible », a-t-il déclaré à Rome, le 28 août 2014.

Dans la bouche d’un ministre de l’intérieur, l’expression « le plus humain possible » fait toujours son petit effet. Gardien de l’ordre public et patron des forces de police, la fermeté lui colle davantage à la peau que l’humanité. Or, s’agissant de la situation des migrantes et des migrants du Calaisis, dix ministres de l’intérieur ou de l’immigration se sont, tous sans exception, entre 1998 et aujourd’hui, sentis tenus d’afficher une part d’humanité dans leur politique de fermeté [1], y compris pendant les phases les plus répressives. Ainsi Éric Besson annonçant, le 23 avril 2009, le prochain démantèlement de la « jungle » : « Notre politique continuera d’allier fermeté et humanité. » Ou Nicolas Sarkozy justifiant, en novembre 2002, la fermeture imminente du camp de Sangatte : « Nous allons régler le problème avec humanité. »

Comment faire usage de la matraque sans états d’âme contre des personnes étrangères en fuite d’Afghanistan, d’Érythrée, d’Irak, d’Iran, du Soudan ou de Syrie ? Pas facile dans un pays – la France – qui se pique d’être le nombril des droits de l’homme. Car il saute aux yeux que, pour ces dizaines de milliers d’exilé·e·s, il s’agit de sauver leur peau ou leurs libertés.

Comme pour ses prédécesseurs, le zeste d’humanité de Bernard Cazeneuve trahit son embarras. D’abord parce que la répression ne marche guère, comme l’avait d’ailleurs compris son patron, François Hollande, du temps où, en vacance de toutes responsabilités, il pouvait regarder la réalité en face. « Ce qu’on appelle la "jungle" est en fait la traduction sauvage de l’échec des politiques migratoires à l’échelle européenne », écrivait-il alors, jugeant que les opérations spectaculaires de démantèlement mises en scène par Éric Besson, en 2009, feraient tout au plus que « dans un premier temps, ils seront moins nombreux », mais ensuite, « les mêmes causes produiront les mêmes effets [...], nous verrons surgir d’autres squats, d’autres campements dans des forêts, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés » [2].

Embarras ensuite parce que la solution – la seule –, pertinente dans le Calaisis comme dans toute l’Europe et dans sa périphérie, qui aurait aussi la vertu d’arrêter le carnage en Méditerranée, Bernard Cazeneuve la connaît puisqu’elle a été mise en œuvre en 2002 lors la fermeture du camp de Sangatte : tout simplement accéder aux demandes légitimes, sur le plan humain comme sur le plan des droits fondamentaux, des personnes exilées en leur permettant d’aller où elles veulent et, pour celles qui souhaitent demeurer en France, leur accorder la protection de l’asile ou, à tout le moins, le droit d’y séjourner. Telle fut la solution alors trouvée par les ministres de l’intérieur de France et de Grande-Bretagne, MM. Sarkozy et Blunkett. Ils avaient accordé à la grande majorité des résident·e·s du camp le droit de s’installer en Angleterre et d’y travailler. Aux autres, la France avait promis la délivrance d’un titre de séjour. « Il serait politiquement regrettable que la solution qui a présidé à cette conclusion ne s’applique qu’à la seule fermeture de Sangatte, et reste à l’état d’exception », avait alors souligné le Gisti [3]. Et voilà qu’aujourd’hui, on est aux antipodes : le gouvernement anglais vient de décider d’offrir 15 millions d’euros à la France pour intensifier sa guerre anti-migratoire [4].

Mais rien n’y fait. Au fil du temps, l’Europe s’est transformée en machine à repousser les personnes migrantes, y compris, et quoi qu’elle en dise, celles qu’elle a l’obligation de protéger des persécutions. En Méditerranée, elle tue. Et, sur son territoire, elle triche en instaurant d’impraticables dédales conçus pour noyer, administrativement cette fois, celles et ceux qui devraient bénéficier de l’asile.

Que, dans un tel traquenard, Bernard Cazeneuve aspire à faire preuve d’autant d’humanité que possible ne lui évitera évidemment pas l’usage de la matraque, comme il l’a d’ailleurs déjà fait à plusieurs reprises depuis le mois d’avril 2014 en procédant, à son tour, à plusieurs évacuations de squats à Calais. Sa tolérance actuelle n’est d’évidence que le signe de son désarroi face à l’obstination de migrantes et de migrants qui n’ont pas d’alternative à une résistance vitale pour eux, comme François Hollande l’avait compris en d’autres temps.

Un « plus humain possible » décidément désespérant...


Notes

[1] Jean-Pierre Chevènement (1998-2000), Daniel Vaillant (2000-2002), Nicolas Sarkozy (2002-2004, puis 2005-2007), Dominique de Villepin (2004-2005), François Barouin (2007), Brice Hortefeux (2007-2009), Éric Besson (2009-2010), Claude Guéant (2011-2012), Manuel Valls (2012-2014).

[2] François Hollande, « Au-delà de la "jungle" ? », slate.fr, 19 septembre 2009.

[3] « La solution de Sangatte, une exception qui devrait devenir la règle », communiqué du Gisti du 12 décembre 2002.

[4] « Accord franco-britannique pour gérer l’immigration à Calais », Reuters, 20 septembre 2014, « British government pledges £12m to tackle illegal migration from Calais », The Guardian (UK), 20 septembre 2014.

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Landivisiau : non à la centrale à gaz !

Manifestation à Landivisiau
samedi 18 octobre 10 heures

Place Jeanne d'Arc

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http://www.nonalacentrale-landivisiau.fr/

Nous sommes à mi-parcours dans la phase des 3 enquêtes publiques qui se déroulent actuellement sur notre territoire et qui se termineront le vendredi 31 octobre prochain.
Nous demandons à tous (proches y compris qui habitent sur notre territoire ou ailleurs en France) d’exprimer leurs avis CONTRE ces 3 projets : la centrale à gaz, le gazoduc, et la ligne électrique THT souterraine.

Les modèles de contributions sous format word sont téléchargeables sur le site internet en cliquant sur le lien :

 http://www.nonalacentrale-landivisiau.fr/3-enquetes-publi...

non-centrale-gaz-andivisiau

Il reste encore 3 semaines…

Nous appelons également à manifester notre hostilité publique au projet de centrale dans la rue à Landivisiau le samedi 18 octobre 2014, à partir de 10 heures du matin. Le départ du cortège se situera place Jeanne d’Arc (au cheval derrière la mairie). Nous demandons à tous de relayer largement cette annonce.
Nous devons faire savoir à M. le Préfet du Finistère, que nous ne lâchons rien !

*

Dans le cadre du projet de centrale à cycle combiné gaz - CCCG – de 450 MW à Landivisiau, la Préfecture du Finistère conduit quatre enquêtes publiques :

  •   construction d'une ligne électrique souterraine 225.000 volts, de 18 km, entre le poste RTE de la Martyre et le futur poste de livraison de la CCCG ;
  •   réalisation d'une canalisation de transport de gaz, de 20 km, pour alimenter la CCCG

  •   renforcement de la canalisation de gaz Bretagne Sud Pleyben-Plumergat, de 111 km.

Argumentaire

> Association S-eau-S

Contre la centrale à gaz, participons aux 3 enquêtes publiques : http://seaus.free.fr/IMG/pdf/tract_landi_enquete.pdf

mémoire rédigé par S-eau-S sur l’insuffisance de l’étude d’impact concernant la qualité de l’air :  http://seaus.free.fr/IMG/odt/landi_memoire_qualite_de_l_air_presente_par_s-eau-s.edite-2.odt

 

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cliquez sur l'image pour l'agrandir

mardi, 14 octobre 2014

Antiterrorisme : du bon usage de la peur

" L’antiterrorisme est la pointe avancée, l’avant-garde conceptuelle et pratique d’une politique de la peur qui tend à infiltrer tous les recoins de la société. Cette politique de production simultanée de peurs et de contrôles censés les juguler est condamnée à s’inventer sans cesse de nouveaux ennemis : après le terroriste, le jeune des quartiers populaires et le jeune tout court, l’enfant, l’internaute, le fou, l’immigré, l’étranger, le musulman, le rom.."

Serge Quadrupanni

L’arsenal législatif de lutte contre le terrorisme est régulièrement mis à jour. Il répond à un mode de gestion de la société qui utilise des figures présentées comme dangereuses : le « terroriste » (ou plus exactement celui qui a des intentions terroristes), l’étranger et le jeune (qu'il soit ou non de banlieue) – avant de s’attaquer à celles et ceux qui contestent l'injustice du système capitaliste.

La  Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme (16 mai 2005), définit ainsi les actes de terrorisme comme ceux qui " par leur nature ou leur contexte, visent à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s'abstenir d'accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale.

Au fur et a mesure de l'empilement de lois et de la multiplications de fichiers liberticides, l’État d’exception devient peu à peu la règle. La liste des atteintes aux fameux droits de la personne est effarante : dans cette logique de suspicion, et même sans délit avéré, un coupable potentiel peut être arrêté par précaution et envoyé en prison dans l'indifférence quasi générale. Ainsi les jeunes de l'Affaire de Tarnac se sont vus accusés essentiellement d'actes qu'ils pourraient commettre.

> voir aussi sur le site de France diplomatie : La France et la lutte contre le terrorisme

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La terrorisation démocratique
Claude Gulon

arton73-0208b.gif" L’affaire dite « de Tarnac », en novembre 2008, a révélé au grand public l’existence d’un arsenal législatif censément destiné à lutter contre le terrorisme. Mis en place à partir de 1986 par les gouvernements de gauche comme de droite, il a trouvé une nouvelle légitimité depuis les attentats du 11 septembre 2001 et de nouveaux moyens dans les dispositifs européens. Bien avant Tarnac, il a permis d’arrêter, dans l’indifférence générale, des centaines de prétendus « islamistes », le plus souvent relâchés après de longs mois de détention. Ce sont maintenant des militants révolutionnaires qui font les frais de textes sans cesse révisés et durcis.
L’auteur présente ici la définition européenne du terrorisme, puis il analyse les mécanismes et la signification de cette « terrorisation démocratique » qui concerne et vise les étrangers et les jeunes (deux figures dangereuses combinées), mais aussi tous ceux qui peuvent, à un moment ou un autre, contester l’injustice du système capitaliste. "

> Editions Libertalia

Conférence donnée par Claude Guillon lors des Journées Libertaires de Pau 2012 sur le thème de la Terrorisation démocratique,

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La Politique de la peur

Serge Quadrupanni

La Politique de la peur, (Le Seuil, février 2011) dresse le panorama complet des mécanismes à l’œuvre depuis vingt ans et qui établissent le contrôle social comme unique modalité du pouvoir. Imaginer la menace, identifier l’ennemi, tester la société : faire de la peur une doctrine… 

Pour les dirigeants politiques qui tentent vainement de gérer l’économie globale, la politique de la peur permet de compenser leur quasi-impuissance par un activisme répressif surmédiatisé. C’est enfin une « politique de civilisation » qui est à la fois la négation de la politique et de la civilisation.

.politique_peur_quadruppani-b448a_s.jpgSerge Quadrupanni : La peur est au principe de la conception du monde sur quoi repose le néo-libéralisme : « l’homme est un loup pour l’homme ». C’est l’idée que chaque individu poursuit des intérêts égoïstes et rationnels et que la somme de ces intérêts, exprimés à travers la concurrence, aboutit au meilleur des mondes possibles. Cette conception a pris la forme d’un programme délibérément mis en œuvre à partir des offensives reagano-thatchériennes (relayées en France à partir des années 1980 par tous les partis de gauche et de droite) et étendue à travers la planète par les organismes internationaux échappant à tout contrôle des peuples : FMI, Banque mondiale, Commission européenne, etc. Nos sociétés exsudent la peur, que ce soit la crainte de la précarité, au travers des relations de travail où la brutalisation et la concurrence exacerbée deviennent des principes de management, dans les développements anxiogènes de la technoscience (des OGM à Fukushima). En conséquence, il n’est pas étonnant que le sécuritaire (concentration des peurs diffuses sur des boucs émissaires à travers des dispositifs idéologiques, politiques et techniques) et l’humanitaire (le Care, le Welfare qui subsiste malgré tout – compassion sans frontière) soient les deux axes sur lesquels s’expriment les puissances constituant ce que j’appelle l’empire : la constellation de pouvoirs s’efforçant de gérer la civilisation capitaliste planétaire. Et plus cet effort gestionnaire peine à maîtriser ce qu’on appelle l’économie, plus le sécuritaire reste une valeur refuge pour les hommes politiques car il présente cet avantage de s’auto-entretenir : il soigne la peur en redoublant ce qui la produit. ( l'interview sur le site perspectives gorziennes)

*

 La construction médiatique des « djihadistes »

Saïd Bouamama

" Un nouveau terme est entré dans le vocabulaire du français moyen ces derniers mois, celui de « djihadiste ». Quotidiennement, les grands médias abordent le sujet et diffusent des grilles explicatives qui forgent les opinions publiques, orientent les réactions, suscitent des prises de positions. Des « experts » et des « spécialistes » aux noms savants sont appelés à la rescousse pour offrir une caution scientifique aux affirmations médiatiques.  Au-delà de l’apparente diversité des points de vue se cache une unicité d’analyse. En dépit du vernis d’objectivité des articles et des reportages, quatre récurrences idéologiques sont repérables : l’essentialisation de l’islam, l’injonction à la justification adressée à tous les musulmans, la négation des causes internes aux pays occidentaux et la justification de la guerre. Ces quatre discours médiatiques diffusés sur fond de sensationnalisme ne sont pas anodins. Ils ont une fonction sociale et politique. Ils contribuent à produire une réalité sociale et politique lourde de conséquences."

> Sur le site investig'action : http://michelcollon.info/La-construction-mediatique-des.h...

*

Les lois scélérates  de 1893-1894
sous la Troisième République

En 1893 et 1894, le gouvernement exploitait la panique provoquée par quelques attentats d'anarchistes « individualistes » qui mettaient en pratique la « propagande par le fait ». Ces actes, admis par une partie des militants anarchistes, ne visait pas les personnes – du moins jusqu'à l'attentat aveugle d'Emile Henry,  le 12 février 1894.

Sous le prétexte de défendre l'ordre social et la sécurité publique, le pouvoir puisait dans le « magasin aux accessoires légaux » et initiait des lois d'exception accompagnées de peines plus que draconiennes.

Dans l'incapacité de trouver une réponse à la question sociale, il allait « réinvestir le crime de telle sorte qu'il puisse unir la population autour du régime.» ( Karelle Vincent )

> voir sur le blogLes lois scélérates  de 1893-1894 sous la  IIIème République

 

France : omerta sur Ebola

 
Information du Syndicat infirmier SNPI CFE-CGC
http://www.syndicat-infirmier.com/
 
3992716853.pngAprès l’aide-soignante espagnole, une infirmière de l’hôpital Health Presbyterian de Dallas (Texas) a contracté le virus, en soignant un malade de la fièvre Ebola à son retour du Liberia. C’est à nouveau un soignant qui est touché par le virus Ebola. Or, en France les professionnels infirmiers manquent cruellement d’information de la part du ministère, des ARS ou des hôpitaux.
  •  Que faire quand un cas suspect se présente ?
  •  Dans les hôpitaux, nous avons du matériel d’isolement simple, mais pas adapté à un cas avéré d’Ebola.
  •  Où trouver le matériel, à qui s’adresser ?
« Face aux carences méprisantes des autorités qui nous considèrent visiblement comme des agents d’exécution et non des professions de santé de première ligne », le syndicat infirmier SNPI CFE-CGC vous propose une synthèse des informations utiles dans les articles ci-dessous :
> Ebola comment réagir en professionnel : S’ils ne sont pas convenablement protégés, les membres des équipes médicales directement en contact avec les patients risquent de contracter la maladie. En Afrique, MSF estime à plus de 240 le nombre de personnels médicaux infectés par le virus Ebola ; 120 d’entre eux n’ont pas survécu à l’infection.

EBOLA : traitement et hôpitaux de référence : Actuellement, 12 établissements de santé de référence sont désignés : l’hôpital des armées Bégin à Saint-Mandé, qui est chargé de recevoir les patients rapatriés d’Afrique de l’Ouest, les hôpitaux AP-HP Necker et Bichat à Paris, l’Hôpital Nord de Marseille, qui dispose d’une unité de sécurité biologique (...)

Ebola : recommandations pour les professionnels  IMPORTANT : Recommandations à l’attention des professionnels de santé exerçant en ambulatoire, pour l’abord d’un patient cas suspect de maladie à virus Ebola Les personnels de santé prenant en charge les malades représentent un groupe particulièrement à risque de contamination. Dans les formes (...)

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samedi, 11 octobre 2014

Ebola : situation sous AUCUN contrôle

Improvisation et négligence

L’hôpital Carlos III, où l'aide-soignante espagnole qui lutte contre la fièvre d'Ebola est hospitalisée, avait été menacé de fermeture. Économie oblige, son service spécialisé dans les maladies infectieuses de type épidémies et pandémies avait été fermé et l’ensemble de l'hôpital réservé aux hospitalisations de moyenne et longue durée.

Juan José Cano, délégué syndical du syndicat des infirmiers Satse, constate que : " lorsque le premier missionnaire infecté a été rapatrié tout a été fait rapidement, avec beaucoup d’improvisation et de négligence, et nous avons reçu des formations de quinze minutes" et que  " face à l'urgence, l’hôpital  a été rouvert à la va-vite en une journée."

Austerité et faillite

Dans le cadre de la politique d’austérité du gouvernement Rajoy des coupes sévères ont été opérées dans les dépenses de santé. En conséquence le système de prise en charge des malades en Espagne est dans un tel état que les mesures de confinement appropriées ne peuvent être prises, que la formation des personnels de santé et quasi inexistante, que les équipements ne sont pas adaptés et que l'ensemble des protocoles sanitaires mis en place sont insuffisants pour traiter une maladie hautement contagieuse et grave. 

Le 6 août dernier, la veille de l’arrivée du premier missionnaire infecté, le président du syndicat des médecins (Amyts), Daniel Bernabeu, s’était élevé contre des « prises de risque non nécessaires » et avait comparé la situation des États-Unis, où il existe une dizaine d’hôpitaux avec un niveau 4 d’isolement, avec celle de l’Espagne, où il n’existe que « le vieil hôpital Carlos III avec un niveau 2 et des éléments du niveau 3 pour la manipulation de prélèvements ». (Le Monde)

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source Croix Rouge

 

 

 

 

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mardi, 07 octobre 2014

Territoire : le triomphe des multinationales

Le projet du Conseil Unique d’Alsace,  rejeté par les Alsaciens lors du référendum du 7 avril 2013, refait surface : une délibération commune vient d’être adoptée par les deux Conseils généraux (Bas-Rhin, Haut-Rhin) et par le Conseil régional d’Alsace qui affirme « que les Alsaciens souhaitent une collectivité unique mettant en commun les moyens du Conseil régional et des deux conseils généraux avec une seule assemblée, un seul exécutif et un seul budget ».

895286453.jpg" Naissance des métropoles et euro-métropoles, tentative de suppression des départements et des Conseils généraux, fusion de Régions pour passer de 22 à 13 et sans doute plus tard à 8 (euro-circonscriptions) : quel sens donner à cette contre-réforme territoriale ? Quel sens donner aux réformes structurelles qui accompagnent cette dislocation du territoire ?

La suppression des départements et le renforcement des régions s’inscrivent en réalité dans un schéma d’euro-régionalisation, aboutissant à terme au dépérissement des Etats-nations, remplacés par des grandes régions dialoguant directement avec Bruxelles. C’est la porte ouverte à la concurrence des territoires et des hommes pour le plus grand bonheur des multinationales."

> Les Français d’Alsace à nouveau en danger : Le Conseil unique d’Alsace refait surface. M'PEP

lundi, 06 octobre 2014

Pour les juifs, les musulmans et tous les autres

"La République est envahie par les réactionnaires de tout genre, ils l'adorent d'un brusque et terrible amour, ils l'embrassent pour l'étouffer."

Emile Zola, Lettre à la France

Le 16 mai 1896, Emile Zola publiait dans Le Figaro son article Pour les juifs. En prenant parti publiquement pour les juifs il entendait s’opposer à l'antisémitisme ambiant d'une partie de l' "élite" ainsi qu'aux campagnes nauséabondes de la droite nationaliste et antisémite.

3992716853.pngL'extraordinaire est qu'ils affectent la préten­tion de faire une oeuvre indispensable et saine. Ah ! les pauvres gens, comme je les plains, s'ils sont sincères ! Quel épouvantable document. ils vont laisser sur eux : cet amas d'erreurs, de mensonges, de furieuse envie, de démence exa­gérée, qu'ils entassent quotidiennement ! Quand un critique voudra descendre dans ce bourbier, il reculera d'horreur, en constatant qu'il n'y a eu là que passion religieuse et qu'intelligence déséquilibrée. Et c'est au pilori de l'histoire qu'on les clouera, ainsi que des malfaiteurs sociaux, dont les crimes n'ont avorté que grâce aux conditions de rare aveuglement dans les­quelles ils les ont commis.
 
Car là est ma continuelle stupeur, qu'un tel retour de fanatisme, qu'une telle tentative de guerre religieuse, ait pu se produire à notre époque, dans notre grand Paris, au milieu de notre bon peuple. Et cela dans nos temps de démocratie, d'universelle tolérance, lorsqu'un immense mouvement se déclare de partout vers l'égalité, la fraternité et la justice ! Nous en sommes à détruire les frontières, à rêver la communauté des peuples, à réunir des congrès de religions pour que les prêtres de tous les cultes s'embrassent, à nous sentir tous frères par la douleur, à vouloir tous nous sauver de la misère de vivre, en élevant un autel unique à la pitié humaine ! Et il y a là une poignée de fous, d'imbéciles ou d'habiles, qui nous crient chaque matin : « Tuons les Juifs, mangeons les Juifs, massacrons, exterminons, retournons aux bûchers et aux dragonnades ! » Voilà qui est bien choisir son moment ! Et rien ne serait plus bête, si rien n'était plus abominable !"
 
> Pour les Juifs - Les Cahiers naturalistes

*

"Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés."

Préambule de la constitution de 1946 repris par celle de 1958l

widget.pngPour les musulmans, le dernier livre d'Edwy Plenel, qui répond pour une part aux déclarations d'Alain Finkielkraut, veut défendre, contre la banalisation d'un discours de méfiance et de rejet, "nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes"

Les premières pages du livre

 > Pour les musulmans. Autour du dernier livre d'Edwy Plenel.  Par Charles Conte -  Ligue de l'enseignement

*

- 28 minutes- ARTE

30 septembre, le débat entre Alain Finkielkraut et Edwy Plenel à 11'15

Liaisons maritimes : 300 % d'augmentation

iles-danger-72dpi-300x169.jpgJoie de la décentralisation, bonheur de la "délégation de service public" et de la réactualisation des tarifs qui ne fonctionne qu’à la hausse...

Plus 500 habitants de l'ile de Groix sont venus manifester à Vannes, lundi  6 octobre, devant le siège du conseil général du Morbihan de droite.

Ils refusent l'augmentation des prix des liaisons maritimes  (jusqu'à 300 % !) liés à la suppression des tarifs préférentiels.  

Ils refusent la baisse prévisible du nombre de bateaux et des rotations qui ne permettront plus de faire le trajet maritime dans de bonnes conditions.

Ils  demandent que la gestion des liaisons maritimes à travers une Société d’économie Mixte ou une régie directe (comme à l’île d’Yeu) soit étudiée. Depuis 2008 c'est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes.

Le syndicat Bretagne-Océans CFDT,  redoute les modalités du nouveau contrat de délégation de service public de desserte des quatre îles.

Le Conseil général du Morbihan, propriétaire des navires ( Melvan, Enez Edig, Dravanteg pour les liaisons Quiberon- Houat/Hoedic ; Bangor, Vindilis et Kerdonis pour Quiberon-Belle-Ile ; Ile de Groix et Saint-Tudy pour Lorient-Groix), doit attribuer, à la fin de l’année, le contrat de DSP pour la période 2015-2021. Le cahier des charges et les consultations locales sont actuellement en cours. Et elles commencent à devenir houleuses, notamment entre les élus iliens et le Département.

Le délégataire actuel est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes depuis le 1er janvier 2008. Elle a succédé à la Morbihannaise de Navigation. Et depuis, selon Claude Huchet, secrétaire général du syndicat, les lignes sont en grave déficit. D'Après les chiffres observés fin 2008 (et expertisés par un commissaire aux comptes à la demande des organisations syndicales) le déficit annoncé pour le contrat de DSP par la Compagnie Océane s’élevait à près de 2.8 millions d’euros. Là, où, toujours selon les syndicats, la Morbihannaise affichait, en 2007, un résultat net de 2 millions d’euros pour le contrat précédent. Que s’est-il passé ? « En 2008, Veolia était dans une politique de conquête des marchés publics de transport. Ils ont donc proposé une offre qui cassait les prix, en offrant notamment au Conseil général de baisser sa subvention annuelle de 1 million à 450.000 euros. A l’époque, la Compagnie Océane expliquait vouloir pratiquer d’importants efforts commerciaux pour faire progresser la fréquentation des touristes », affirme Claude Huchet, secrétaire général de CFDT Bretagne Oceans. Force est de constater que cela fut loin d’être le cas. Les chiffres 2012 font état d’un recul de 45.000 passagers et d’une perte nette de 1.2 million d’euros. 2011 avait déjà vu une perte de 600.000 euros. « Nous avons alerté le Conseil général à plusieurs reprises. Il nous paraît évident que la Compagnie Océane avait sous-estimé les frais d’exploitation ainsi que les frais d’entretien des navires ». Là où, auparavant, le délégataire n’était en charge de l’entretien courant des navires, Veolia a rajouté, à sa charge, le coût des gros travaux et arrêts techniques, un poste budgétaire important sur une flotte pour partie vieillissante. La construction d’un nouveau navire, évoquée de longue date, n’a d'ailleurs toujours pas été annoncée, la commande étant espérée en fin d'année. "

Quant à Yves le Brien, conseiller général de gauche du Canton de Belle-Ile, il applique sur place le réalisme gouvernemental :

« Océane affiche un déficit qui se creuse d’année en année. Il faut lui trouver un successeur pour la prochaine DSP [Délégation de service public]. D’où l’idée du Conseil Général de modifier la tendance actuelle et de rechercher des économies en fin d’année. En diminuant le nombre de rotations. Le Conseil Général ne donnera pas plus qu’il ne donne actuellement... L’île d’Yeu ne connaît que deux rotations quotidiennes...En temps de crise, chacun doit réfléchir... » et d’inviter les bellilois à « mieux programmer leurs déplacements non urgents ». (source)

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Nucléaire : en cas de catastrophe

Population cherbourgeoise, qui sait combien la construction et le démantèlement des sous-marins nucléaires sont des activités à haut risque,  ne tremble plus ! l’État qui s'occupe de toi a concocté un Plan Particulier d'Intervention (PPI) prévoyant, en cas d'accident, de t'évacuer - mais seulement dans un rayon de 2 kilomètres autour de ton port militaire-nucléaire.

Une plaquette, distribuée par la préfecture de la Manche, détaille ainsi les mesures à prendre en cas de catastrophe : se mettre à l'abri, fermer les fenêtres, couper la ventilation, écouter France-bleu Cotentin et laisser les enfants à l'école puisque les enseignants s'en occupent... Si besoin, le préfet invitera le pékin à avaler sa pastille d'iode puis l'évacuera : penser alors à fermer la porte à clef, prendre sa brosse à dent, ne pas oublier son animal de compagnie, etc.

Hélas ! seuls 24 000 habitants sont concernés par ces consignes. 24 000 chanceux sur les 90 000 que comptent l'agglomération et qui ont la malchance de se trouver hors rayon.PPI CherbourgSource : Le Canard enchaîné du 1er octobre 2014 : On n'évacue pas tout le monde !
> La Manche Libre : Que faire en cas d'accident nucléaire

> Présentation détaillée des mesures

> Plaquette : la maîtrise de la sécurité