dimanche, 20 juillet 2014

PS : liberté d'expression & solidarité internationale

 " Quand le ghetto se tait, on l’affame… Quand il se révolte, on l’assassine !

Varsovie, années 40 : Ils avaient construit une image du juif telle que c’est dans l’indifférence qu’ils avaient enfermé 500000 personnes de religion juive dans le ghetto de Varsovie, y menaient des incursions régulières, tuant hommes, femmes et enfants, affamant cette population réduite à un état de misère indigne, ouvrant parcimonieusement les portes du ghetto pour laisser de temps en temps passer quelques vivres."

Philippe Lewandowski

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La France est le seul pays au monde à avoir interdit des manifestations de solidarité contre le massacre de la population du ghetto de Gaza. Le soutien complice de Hollande à la politique coloniale, belliciste et réactionnaire de Netanyahou n'est malheureusement pas une surprise.

L'interdiction de manifester en France contre des crimes d’État organisés - sous prétexte de troubles à l'ordre public - est non seulement une entrave à une liberté constitutionnelle fondamentale mais également une provocation susceptible d'entraîner des incidents : incidents qui justifieront d'autres interdictions de manifester publiquement notre soutien au peuple palestinien.

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Ligue des Droits de l'Homme : Le droit d’exprimer ses opinions pacifiquement, une responsabilité des pouvoirs publics

La décision du ministère de l’Intérieur d’interdire une manifestation en faveur des droits du peuple palestinien au motif « de ne pas importer le conflit israélo-palestinien en France », après avoir autorisé la précédente, constitue une entrave manifeste à une liberté constitutionnelle, et un déni de la réalité.

Exiger la reconnaissance du droit du peuple palestinien à un Etat souverain aux frontières, aussi sûres et reconnues que celles de l’Etat d’Israël, ce n’est pas importer un conflit, c’est inscrire la politique française dans les principes qu’elle prétend défendre.

Au moment où la liste des victimes civiles – même si le rappel de la prohibition absolue de tels actes envers toutes les populations civiles s’impose – s’allonge de manière effrayante, il ne sert à rien de tenter d’étouffer le sentiment de révolte que provoque l’intervention militaire israélienne contre la population de Gaza, sauf à vouloir un peu plus accréditer que le gouvernement a fait le choix partisan d’un camp.

La LDH entend rappeler avec force que le conflit israélo-palestinien ne peut conduire à assigner à résidence communautaire telle ou telle partie de la population. A ce titre, s’en prendre à des lieux de culte et aux croyants est inadmissible et doit être sanctionné.

En même temps, à en croire les comptes rendus de presse, les faits en cause ont fait l’objet d’un traitement judiciaire partial, en ne rendant pas compte du rôle de la Ligue de défense juive dans leur déroulement. La LDH a déjà eu l’occasion de s’étonner du traitement de faveur dont bénéficie cette organisation qui n’a jamais caché qu’elle se comporte, à l’encontre de la loi, en milice supplétive de certains partis politiques israéliens membres du gouvernement de M. Netanyahou.

C’est sur les pouvoirs publics que pèse, avant tout, la responsabilité de faire respecter le droit de chacun à exprimer ses opinions pacifiquement et dans le cadre des lois de la République. La paix civile comme le libre débat démocratique ne peuvent être préservés que si les pouvoirs publics ont une attitude claire et impartiale.

Paris, le 18 juillet 2014

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UJFP: Communiqué de l’UJFP suite à la décision du Tribunal Administratif d’interdire la manifestation de samedi 19 juillet

L’UJFP dénonce l’atteinte intolérable à la liberté d’expression que représente la volonté gouvernementale d’interdire les manifestations de solidarité avec la résistance du peuple palestinien. Les preuves sont maintenant à la disposition de tous que les incidents de la manifestation du 13 juillet rue de la Roquette ont été délibérément provoqués par les voyous de la Ligue de Défense Juive. Que ce gouvernement en prenne argument pour limiter la liberté démocratique fondamentale de manifester est une dérive insupportable.

Avec plusieurs autres organisations, qui appelaient comme nous à la manifestation du 19 juillet, nous avons déposé un référé-liberté contre l’interdiction qui nous a été signifiée par la Préfecture de Paris. Le tribunal administratif vient ce soir de rejeter notre recours. Nous ne nous satisfaisons pas de cette décision et dès demain nous participons à un appel devant le Conseil d’Etat.

Plusieurs organisations qui appelaient à cette manifestation annoncent qu’en tout état de cause elles maintiennent leur appel demain. Dans l’état actuel de la situation, et dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat, ne sachant pas si les conditions sont réunies d’une manifestation assurant la sécurité de ses participants, l’UJFP réserve sa décision.

Dans tous les cas, elle sera partie prenante des manifestations de solidarite avec le peuple palestinien qui seront appelées dans les prochains jours avec ses partenaires associatifs, syndicaux et politiques.

Le Bureau National de l’UJFP,

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SOLIDAIRES: Union Syndicale Solidaires : Solidarité avec le peuple palestinien

L’Union syndicale Solidaires tient à exprimer sa solidarité totale avec la population de Gaza soumise depuis plusieurs jours à des bombardements meurtriers et depuis le 18 juillet à une intervention armée terrestre.

Les conséquences sont nombreuses : morts, blessés, destructions d’habitations, d’écoles, de structures médicales, de puits et le désespoir de toute une population dans et hors des territoires palestiniens. Elles ne sauraient être justifiées d’aucune manière par l’assassinat de trois jeunes Israéliens.

Le gouvernement israélien, responsable du blocus de la bande Gaza depuis 2006, montre une nouvelle fois sa totale responsabilité dans les conflits et les violences.

L’union syndicale condamne l’attitude des gouvernements occidentaux et en tout premier lieu celle du gouvernement français qui s’est senti autorisé à demander une riposte “avec retenue”, qui menace les manifestant-e-s qui veulent exprimer leur colère. Il s’est refusé lui aussi à imposer à Israël le respect des conventions internationales, et résolutions de l’ONU. Il refuse en toute connaissance de cause toute pression économique sur le gouvernement israélien qui ne respecte pas les droits humains et s’en prend directement aux populations civiles.

L’union syndicale réaffirme son engagement dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) au côté de nombre de ses structures syndicales, utilisant ainsi les moyens que peuvent avoir chacun et chacune de refuser la politique actuelle de l’Etat d’Israël et de faire pression pour que cela cesse.

Elle réaffirme son souhait de voir progresser une solution politique basée sur les principes du droit international, ce qui ne saurait se faire sans la levée du blocus de Gaza, la fin de l’occupation et le démantèlement des colonies.

Elle exige du gouvernement français qu’il utilise tout ce qui est en son pouvoir pour faire cesser les crimes contre la population palestinienne et en particulier qu’il œuvre en faveur de la suspension de l’accord d’association UE-Israël.

Elle appelle à participer aux manifestations qui auront lieu dans les jours qui viennent et proteste contre la volonté du gouvernement français de réprimer et d’interdire le droit de manifester et d’exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien.

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 NPA: Israël massacre les palestiniens, Hollande interdit la solidarité :

Alors que le début de l'offensive terrestre de l'armée israélienne marque une étape dans la politique d'agression contre le peuple palestinien, la préfecture de police de Paris vient donc de décider d'interdire la manifestation de solidarité organisée ce samedi 19 juillet à Paris. Cette décision scandaleuse, qui repose sur le prétendu risque de "troubles à l'ordre public", est une atteinte grave aux droits démocratiques et à la liberté de manifester. Aux 4 coins du monde, des manifestations d'opposition à l'opération meurtrière en cours à Gaza sont organisées. La France est le seul pays à les interdire. Après les lamentables déclarations de soutien, de la part d'Hollande, à l'offensive de l'État d'Israël contre la population de Gaza, le temps du muselage des opposants à Israël serait-il venu ? Le NPA est indigné de cette interdiction et exige des autorités qu'elles reviennent sur cette décision. Si tel n'était pas le cas, nous appellerions tout de même, avec les forces politiques, syndicales et associatives attachées aux respects des droits démocratiques et révoltées par les crimes commis à Gaza, à se rassembler pour protester publiquement.

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Parti de gauche : Contre l’alignement de François Hollande sur le gouvernement d’Israël, continuons la mobilisation pour le soutien à la population martyrisée de Gaza !

L’interdiction de la manifestation de soutien à la population de Gaza contre l’agression décidée par le gouvernement israélien était bien une provocation et une manipulation. François Hollande et Manuel Valls souhaitaient les incidents qui se sont déroulés tout à l’heure lors de la manifestation de solidarité avec les Palestiniens. Pour preuve, les consignes qui ont été données aux policiers. La violence choquante et les manœuvres agressives de la force publique censée maintenir le calme ne trouvent pas d’autres explications. En effet, l’immense majorité des manifestants exprimait leur colère dans le calme. Tout a été fait pour pousser aux incidents.

Pourquoi ce comportement ? Hollande et Valls ont besoin de fournir des images de violences pour incriminer les opposants aux opérations de l’armée israélienne. Depuis le soutien inconditionnel apporté par François Hollande au gouvernement Netanyahou, son silence complice contre la monstrueuse punition collective infligée à la population, enfermée dans Gaza par ses bourreaux, soulève en France une légitime indignation. Il est à peine croyable que seule en France soient interdites ces manifestations. On se souviendra que François Hollande n’a jamais interdit aucune des manifestations réactionnaires telles "jours de colère" ou "Manif pour tous", dont il a au contraire écouté les revendications, en dépit des multiples violences qui les ont accompagnées du fait d’extrémistes.

Face à ces manœuvres, en poursuivant la manifestation malgré les gaz lacrymogènes, les grenades vomitives, les tirs de flashball, les citoyens présents ont su dignement soutenir un peuple qui vit actuellement à Gaza un assaut qui vient de coûter la vie à plusieurs centaines de Palestiniens de tous âges depuis le début de l’intervention.

Cette mobilisation doit continuer. A l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable, nous appelons mercredi soir à une vaste manifestation, pour continuer à affirmer, sans relâche, que la colonisation de la Palestine doit cesser, que les droits du peuple palestinien doivent être reconnus, et que la violence et l’agression menées par le gouvernement d’Israël sont une honte pour l’humanité tout entière.

 Guillaume Etiévant, Secrétaire National du Parti de Gauche

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Lutte Ouvrière : Le gouvernement de Hollande complice affiché des massacreurs d’État israéliens

Le gouvernement de Hollande complice affiché des massacreurs d’État israéliens  Le bombardement de la population palestinienne dans la bande de Gaza commandé par le gouvernement israélien se poursuit sans relâche. Il s’élargit désormais à l’intervention terrestre et se traduit par plus de 300 morts à ce jour, n’épargnant personne, pas plus les enfants que le reste de la population. Face à ce massacre planifié, le gouvernement socialiste en France vient de décider d’interdire à ceux que ces crimes d’État indignent, de manifester ce samedi à Paris.  Le prétexte mis en avant pour justifier cette décision, la crainte d’éventuels désordres, ne trompe personne. En réalité, le gouvernement Hollande a choisi, par ce geste, de montrer, de façon ostensible qu’il se range toujours dans le camp des assassins d’État israéliens.  Lutte ouvrière tient à réaffirmer sa solidarité avec le peuple palestinien sous les bombes israéliennes, mais aussi à protester contre cette interdiction dérisoire et politiquement révoltante.

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 PCFInterdiction de la manifestation de soutien au peuple palestinien: une décision gravissime et extrêmement préoccupante.

Le Ministère de l'Intérieur a décidé d'interdire une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien  sous le fallacieux prétexte de ne « pas importer le conflit israélo-palestinien en France ».

Le Parti Communiste dénonce une entrave gravissime et extrêmement préoccupante au droit de manifester, reconnu par la Convention Européenne des Droits de l'Homme, et à la liberté politique en général.

Les débordements de la manifestation de dimanche dernier, aussi condamnables soient-ils, ne peuvent servir de prétexte pour empêcher les soutiens au peuple palestinien de s'exprimer, d'autant que des groupuscules pro-israéliens semblent être, eux aussi, à l'origine de violences et d'incitations à la haine.

Dans un tel contexte d'agitation et de confusion, il est inacceptable que la Préfecture renonce à faire respecter l'ordre et préfère faire taire les manifestants plutôt que de les protéger. Le Ministère de l'Intérieur doit faire respecter l'ordre public, et non jouer le jeu de ces individus minoritaires dont l'objectif est d'empêcher les manifestants de faire entendre leur appel à la paix et leur soutien au peuple palestinien.

Cette interdiction constitue un outrage historique aux libertés fondamentales dans notre pays, et laisse planer un doute inquiétant quant à la garantie des libertés d'opinion et d'expression en France, qui devient donc le seul pays au monde à prendre de telles mesures.

Le Parti communiste français soutient donc entièrement la nouvelle demande d'autorisation qui a d'ores et déjà été déposée pour mercredi 23 juillet à 18h30 et appelle le Ministère de l'Intérieur à assumer le rôle qui est le sien.

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6 DÉPUTÉS PS Nous, députés, pensons que les soutiens à la Palestine ont le droit de manifester samedi à Paris !

Alexis Bachelay, Député des Hauts-de-Seine, Porte-parole de la Gauche Forte ; Yann Galut, Député du Cher, Porte-parole de la Gauche Forte  ; Razzy Hammadi, Député de Seine-Saint-Denis ; Mathieu Hanotin, Député de Seine-Saint-Denis ; Pascal Cherki, Député de Paris ;  Philippe Doucet, Député du Val d’Oise ;

Ce matin, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve s’est prononcé en faveur de l’interdiction de la manifestation de soutien à la Palestine prévu samedi à Paris. Le ministre considère qu’il y a un risque important de troubles à l’ordre public.

Cependant, l’interdiction de manifester ne se justifie que par une menace à l’ordre public qui doit être exceptionnellement grave. Si aucun acte antisémite et raciste ne doit être toléré dans notre République, celle-ci doit se donner les moyens de les sanctionner fermement. Mais en aucun cas, elle ne doit remettre en cause une liberté fondamentale, au travers d’une mesure d’exception que nous considérons disproportionnée.

La liberté de tous ne saurait être remise en cause par la volonté de sanctionner les actes présupposés d’une minorité malveillante, comme il en existe d’ailleurs et malheureusement dans de nombreuses manifestations.

La liberté d’expression et le droit à manifester pacifiquement font partie des libertés fondamentales dans notre pays. Chaque année se tient à Paris plus de 4 000 manifestations et l’interdiction du principe de rassemblement doit rester une décision véritablement exceptionnelle. Dans le cas contraire, ce serait une atteinte grave aux libertés publiques dans notre pays. C’est ici le cas.

Celles et ceux qui prétendent ne pas vouloir importer le conflit, en soutenant une mesure d’exception, n’obtiendront en fait que l’effet contraire. C’est pourquoi, nous demandons avec gravité que la lumière soit faite sur les incidents survenus le 13 juillet dernier en marge de la première manifestation.

Le seul camp que la France doit choisir, c’est celui de la paix. Aujourd’hui, nous refusons la décision trop hâtive du ministère de l’Intérieur et appelons le gouvernement français à lever rapidement cette interdiction de manifester. Le précédent qu’elle constitue ne saurait être tolérée dans notre République.

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EELV: Manifestation interdite / EELV pour la liberté d’expression et la mobilisation pacifique

EELV s’insurge contre l’interdiction de la manifestation prévue samedi à Paris en réaction à la situation dramatique en Palestine et en particulier à Gaza.

Si l’interdiction est confirmée, la France serait alors le premier pays à interdire ces manifestations. Pour EELV, le rôle de la France est au contraire de dénoncer les violences envers les civils, de soutenir les droits du peuple palestinien tout mobilisant la communauté internationale en faveur de la paix. Le Président de la République et le ministre des affaires étrangères doivent condamner sans appel les opérations militaires et de se mobiliser pour obtenir un cessez-le-feu pour un retour aux négociations.

Cette interdiction de manifestation décidée au dernier moment fait par ailleurs courir le risque de troubles importants à l’ordre public. Ce conflit est suffisamment compliqué, la situation suffisamment tendue pour ne pas donner l’occasion de heurts inutiles et dangereux.

Alors qu’on peut manifester à Tel Aviv, à Berlin ou à New York pour dénoncer l’opération militaire israélienne en Palestine, les pouvoirs publics doivent permettre que ce rassemblement puisse avoir lieu dans le calme et le respect des opinions de chacun.

Retrouvez la déclaration d’EELV du 15 juillet 2014 Julien Bayou et Sandrine Rouseau, porte-parole nationaux

 

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samedi, 19 juillet 2014

Palestine-Israël : les médias et l'illusion de l'impartialité

impartialité.pngSous couvert d'objectivité et de traitement équilibré de l'information, la plupart des médias nous informent de la guerre en Palestine en mettant sur un pied d'égalité l’État d'Israël et le peuple palestinien. Cette apparente impartialité et l’illusion d’une équivalence de situation font l'impasse sur l'histoire de la colonisation de la Palestine et les conditions de vie de ses habitants :

" L’occupation civile (colonies) et militaire (armée) des territoires palestiniens. Les camps militaires israéliens et les colonies n’ont pas d’équivalent en Israël, pas plus que les centaines de checkpoints qui morcellent les territoires palestiniens, le mur érigé par Israël, les réquisitions de terres et les expulsions, les campagnes d’arrestations, les attaques menées par les colons, les périodes de couvre-feu, les routes interdites sur critère national, etc. " Julien Salingue

Cette guerre entre un pays dominant et une population occupée/colonisée est en fait asymétrique.

"Au mépris des lois internationales, Israël impose une punition collective à une population civile au motif que les autorités palestiniennes ont envoyé des roquettes sur Israël, faisant un tué." M'PEP

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 "Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique"

par Julien Salingue

Une information biaisée

3992716853.pngLe biais principal, qui en conditionne bien d’autres, consiste à traiter sur un pied d’égalité, d’une part, un État doté d’institutions stables, d’une économie moderne et comparable à celle des pays occidentaux, d’une armée parmi les plus puissantes et les plus équipées au monde et, d’autre part, un peuple qui ne possède ni État, ni économie viable, ni armée régulière. Ce pseudo-équilibre entretient l’illusion d’un « conflit » entre deux entités qui seraient quasi-équivalentes, alors que ce n’est évidemment pas le cas.

Information biaisée car traiter sur un pied d’égalité un État qui, au regard du droit international, est une puissance occupante – et est régulièrement condamnée comme telle – et un peuple en lutte depuis des décennies pour la satisfaction de ses droits nationaux – consacrés par les résolutions de l’ONU – entretient l’illusion d’un « conflit » entre deux « parties » dont la légitimité, du point de vue du droit, serait quasi-équivalente, alors que ce n’est évidemment pas le cas.

On en arrive ainsi à placer sur un pied d’égalité « Israël » et « Palestine » [...] et à oublier totalement le déséquilibre des forces et des légitimités... "

> Lire l'article sur le site Acrimed

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Le blog de Julien Salingue : Le pire n'est jamais certain

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lundi, 14 juillet 2014

14 juillet : A bas les calottes !

Pierre Kropotkine

" La Grande Révolution "

XI
PARIS À LA VEILLE DU 14 JUILLET

" C'est ainsi que de la part des meneurs adroits de la bourgeoisie, commençait le système de trahisons que nous verrons se produire durant toute la Révolution. "

Généralement, l'attention des historiens est absorbée par l'Assemblée nationale. Les représentants du peuple, réunis à Versailles, semblent personnifier la Révolution, et leurs moindres paroles, leurs gestes sont recueillis avec une pieuse dévotion. Cependant, ce n'est pas là qu'étaient, pendant ces journées de juillet, le cœur et le sentiment de la Révolution. Ils étaient à Paris.

Sans Paris, sans son peuple, l'Assemblée n'était rien. Si la peur de Paris en révolte n'avait pas retenu la Cour, celle-ci aurait certainement dispersé l'Assemblée, comme cela s'est vu tant de fois depuis : au 18 brumaire et au 2 décembre en France, et tout récemment encore en Hongrie, en Russie. Sans doute, les députés auraient protesté ; sans doute, ils auraient prononcé quelques belles paroles, et quelques-uns d'entre eux auraient peut-être tenté de soulever les provinces... Mais, sans le peuple, prêt à se soulever, sans un travail révolutionnaire accompli dans les masses, sans un appel au peuple pour la révolte, fait directement d'homme à homme et non pas par des manifestes, – une assemblée de représentants reste fort peu de chose vis-à-vis d'un gouvernement établi, avec son réseau de fonctionnaires, son armée.

Heureusement, Paris veillait. Pendant que l'Assemblée s'endormait dans une sécurité imaginaire et reprenait tranquillement, le 10 juillet, la discussion du projet de Constitution, le peuple de Paris, auquel les plus audacieux et les plus perspicaces de la bourgeoisie avaient enfin fait appel, se préparait à l'insurrection. On se répétait dans les faubourgs les détails du coup de filet militaire que la Cour était en train de préparer pour le 16 ; on savait tout – jusqu'à la menace du roi de se retirer à Soissons et de livrer Paris à l'armée, – et la grande fournaise s'organisait dans ses districts pour mieux répondre à la force par la force. Les «auxiliaires séditieux», dont Mirabeau avait menacé la Cour, avaient été appelés en effet, et dans les sombres cabarets de la banlieue, le Paris pauvre, en guenilles, discutait les moyens de «sauver la patrie». Il s'armait comme il pouvait.

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Bastille - mardi 14 juillet

"Le despotisme nous menaçait encore du haut des remparts de la Bastille. De Launay, digne ministre de ses vengeances, était chargé de la garde de ses affreux donjons; frémissant au seul nom de liberté, tremblant de voir tarir avec les larmes de ses victimes cet or, objet de ses désirs et le prix de leurs tourments et de sa barbarie, l'avare et lâche satellite de la tyrannie s'entourait depuis longtemps d'armes et de canons."

François-Marie Périchou,
 
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Le feu aux poudres
D'après le récit de F-M Périchou
A midi on vient annoncer au district de St-Louis de la Culture que la direction des canons placés sur les tours jette l'alarme dans toute la capitale; on assure en même temps que le siège de la forteresse est décidé et qu'il va commencer  -  il est certain que la prise de la Bastille était projetée, et que la veille des plans d'attaque étaient tracés. Dès le matin du jour qu'elle fut emportée, ces mots : à la Bastille, à la Bastille, volaient de bouche en bouche  d'une extrémité à l'autre de la ville.

M. Thuiot de la Rosière, député par le district vers le gouverneur s'y rend aussitôt, accompagné de deux soldats-citoyens qui s'arrêtent au pont de l'Avancée. il entre seul et lui dit : " Je viens, au nom de la nation et de la patrie, vous représenter que les canons que l'on voit braqué sur les tours de la Bastille, causent beaucoup d'inquiétude et répandent l'alarme dans tout  Paris. Je vous supplie de les faire descendre, et j'espère que vous voudrez bien acquiescer à la demande que je suis chargé de vous en faire."
" Cela n'est pas en mon pouvoir, lui répond le gouverneur; ces pièces ont de tous temps été sur les tours, je ne peux les en faires descendre qu'en vertu d'un ordre du roi. Instruit déjà des alarmes qu'elles causent dans Paris, ne pouvant pas les faire ôter, je jes ai fait reculer et sortir des embrasures."

Le député ayant obtenu avec peine, et à la prière de M. de Losme, major de la place, la liberté d'entrer dans la cour intérieure, somma les officiers et les soldats au nom de l'honneur et de la patrie, de faire changer la direction des canons, et de se rendre. Tous , sur l'invitation même du gouverneur, jurèrent de ne faire aucun usage de leurs armes si on ne les attaquait.
M. de la Rosière monte ensuite sur les tours avec M.Delaunay. Parvenu au sommet de celle qui dominait l'arsenal, ils découvrent un peuple immense accourant de toutes parts, et le faubourg St-Antoine  qui s'avançait en masse. Le gouverneur pâlit, et saisissant M. de la Rosière par le bras :
- Que faites-vous, monsieur, vous abusez d'un titre sacré, pour me trahir ?
- Et vous, monsieur, si vous continuez sur le même ton, je vous déclare que l'un de nous va bientôt tomber dans ce fossé.
Delaunay se tut.

Alors la sentinelle qui était sur cette même tout vint leur dire que l'on se préparait à attaquer le gouvernement, qu'il n'y avait point de temps à perdre, et conjura M. de la Rosière de se montrer. Celui-ci s'avance sur le rebord, et de nombreux applaudissements partent du jardin de l'arsenal. Il jette ensuite un coup d'œil sur les canons; on les avait retirés environ de quatre pieds dans les embrasures : mais il observe que leur direction était la même,et qu'on les avait masqués.
Descendu de la tour avec le gouverneur, il le presse de nouveau, lui et ses soldats, de se rendre au vœu de la patrie. Les soldats cédaient; mais leur chef éperdu de ce qu'il venait de voir et d'entendre, tantôt les retenait, tantôt hésitait.
M. de la Rosière désespérant de vaincre sa résistance, et craignant de perdre des moments précieux, prend le parti de se retirer d'abord à son district, ensuite à l'hôtel-de-ville.

Un nombre assez considérable de citoyens vint alors se présenter devant la Bastille pour demander des armes et des munitions de guerre. Comme ils étaient la plupart sans défense, et n'annonçaient aucune intention hostile, M. de Launay les accueille, et fait baisser le premier pont-levis pour les recevoir.
Les plus  déterminés s'avancent pour lui faire part du motif de leur mission. Mais à peine sont-ils entrés dans la première cour, que le pont se lève, et qu'un feu roulant de mousqueterie et d'artillerie fait mordre la poussière à une partie de ces infortunés qui ne peuvent ni se défendre ni se sauver.
Ceux qui les attendaient au-dehors, révoltés d'une si lâche perfidie, courent sur le champ à l'Hôtel-de-ville rendre compte et demander vengeance de cette barbarie.
 
> "Histoire de la Révolution de France..." François-Marie Périchou, 1792 - ( Le chapitre XVII est consacré à la prise de la Bastille, une journée de confusion et de fureur.)
> "De l'insurrection parisienne, et de la prise de la Bastille...-  Jean Dusaulx - 1790.  (voir " l'œuvre des sept jours"  ou "notice ", la partie consacrée aux évènements qui se déroulèrent du 12 au 18 juillet 1789 ).

> La Grande Révolution ( 1909) de Pierre Kropotkine ( 1842-1921),  Les faits racontés par un historien  russe et communiste libertaire,  au début du XXème siècle) - Chapitre XII - "La prise de la Bastille"

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La Bastille, sombre château gothique,  avait pour corollaire le lumineux Versailles où, en ce  14 juillet, Louis XVI notait  scrupuleusement dans son journal  : "Rien"... Mais il ne  s'agissait pour lui que du résultat de la chasse.
La reddition de ce symbole du despotisme, de l'arbitraire et de la tyrannie fera l’effet d’un séisme  en France comme en Europe. Sa prise et sa destruction marqueront symboliquement le début de la Révolution française.
"C'est ainsi que commença la Révolution. Le peuple remportait sa première victoire. Il lui fallait une victoire matérielle de ce genre. Il fallait que la Révolution soutînt une lutte et qu'elle en sortît triomphante. Il fallait que le peuple prouvât sa force, afin d'imposer à ses ennemis, de réveiller les courages en France, et de pousser partout à la révolte, à la conquête de la liberté."
Pierre Kropotkine
 
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"La Bastille dans les premiers jours de sa démolition" - Robert Hubert , 1789

Paris, Musée Carnavalet

Le 21 mai 1880, le député Benjamin Raspail  déposait  le projet de loi suivant : " La République adopte comme jour de Fête nationale annuelle le 14 juillet ". La loi était promulguée le 6 juillet.
La fonction première de cette commémoration nationale - qui intronisait également le culte de Marianne - fut  d'assurer la cohésion nationale et de fêter le relèvement patriotique de la France. Suite à la capitulation de Napoléon III, puis à l'armistice, la signature du Traité de Francfort du 10 mai 1871 avait consacré l'annexion par l'Allemagne d'une partie de l'Alsace et de la Lorraine.

samedi, 12 juillet 2014

Hollande et Israël : les mesures qui s'imposent...

François Hollande, alors premier secrétaire du PS, était un des plus pro-israéliens des dirigeants sociaux-démocrates européens. Il vient de donner un chèque en blanc à Netanyahou [1] dans l'accomplissement de ses basses besognes. En politique extérieure aussi, pour reprendre le constat d'Alain Minc, " Hollande nous débarrasse du socialisme".

L'Elysée nous apprend que :

" Le Président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces.

Le Président de la République rappelle la nécessité de prévenir l’escalade des violences. "

On sait combien le gouvernement israélien prend quotidiennement toutes les mesures qui s'imposent : depuis le début des bombardements au moins 121 Palestiniens ont été tués, dont plus d'une vingtaine  d'enfants, et plus de 670 autres ont été blessés. 

Il est en effet question de violence :

" La violence, c’est d’abord la destruction de la société palestinienne et les diverses formes qu’elle a prise depuis la conquête sioniste jusqu’à l’occupation actuelle, depuis l’expulsion des Palestiniens de la Palestine transformée en Etat d’Israël jusqu’à l’annexion rampante que constitue le développement des implantations israéliennes en Cisjordanie.

 La violence c’est le refus israélien de reconnaître les droits des Palestiniens considérés comme un obstacle à la constitution de cet État déclaré "juif et démocratique" comme pour mieux affirmer que cet État ne peut être démocratique que s’il est débarrassé de la partie indésirable de sa population, les Palestiniens.

 La violence c’est cette politique d’Apartheid dont l’objectif premier est d’amener les Palestiniens à partir pour ne plus encombrer l’État "juif et démocratique".  (Nabil El-Haggar et Rudolf Bkouche)


[1] Benjamin Netanyahou est membre du Likoud, parti de la droite sioniste allié à l’extrême droite israélienne. Il est  "responsable de crimes de guerre à Gaza, de la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem Est, l’architecte du terrible blocus de la bande de Gaza, celui qui commande les attaques contre les flottilles pacifiques en pleine mer, qui maintient incarcéré plus de 4500 prisonniers politiques, enfin chef d’un gouvernement qui mène une politique raciste envers les palestiniens et une partie de sa population." (UJFP)

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"A Sdérot, la guerre est spectacle"

 

"Le cinéma de Sdérot. Des Israéliens apportent des chaises sur les hauteurs de la ville pour voir ce qui se passe à Gaza. Applaudissent quand les explosions retentissent."

La photo a été retweetée près de 6 000 fois et parmi les réactions, c’est l’indignation qui domine."

Lire cet article publié sur le site de France 24 et de Libération .

Source Agence Média Palestine

Le PS et la politique israélienne 

"Opération plomb durci" : Cambadélis, la voix du PS

En janvier 2009, Jean-Christophe Cambadélis, alors secrétaire PS aux affaires internationales et proche de DSK,  s'exprimait à l'Assemblée nationale au nom des députés socialistes en ce qui concernait l'invasion israëlienne de Gaza, opération appelée " Plomb durci ".
l’invasion débuta le 27 décembre 2008 avant de se terminer le 18 janvier 2009. Au cours de ces 23 jours, plus de 1 400 Palestiniens dont 320 enfants  périrent. 5 000 autres Palestiniens subirent des blessures graves.
Le secrétaire qu'on n'avait pas entendu durant les " évènements", puisque depuis le début du massacre il avait disparu des ondes, faisait une belle rentrée politique et médiatique que l'on résumera ainsi :
 
"Ce n'est pas en proposant au peuple juif le cercueil ou les valises que les Palestiniens obtiendront un État."

Son mini discours de politique internationale, au-delà de la compassion "et de " l'émotion "  est à lire ici.

L'esplanade Ben Gourion : Bertrand Delanoë, le Paris béni   

L'esplanade Ben Gourion, lieu de promenade, était inaugurée le 15 avril 2010 par Delanoë, alors papolâtre maire de Paris, en présence du chef de l’État d’Israël Shimon Peres - mais également d'opposants non invités à cette mascarade édifiante.


David Ben Gourion est le fondateur de l’État d’Israël.  Derrière sa formule célèbre “plutôt la paix que les Territoires”, il y a surtout une intention qui a semble-t-il échappée au maire de Paris, à savoir une colonisation permanente dont le but est la constitution du " Grand Israël",  un État exclusivement juif quel qu’en soit le prix à payer :

" L’acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie, on ne demande pas à quelqu’un de renoncer à sa vision. Nous accepterons un État dans les frontières fixées aujourd’hui, mais les frontières des aspirations sionistes sont les affaires des juifs, et aucun facteur externe ne pourra les limiter ."  (cité par Simha Flapan dans la Naissance d’Israël).

David Ben Gourion est celui qui planifié et conduit la Naqba -la "catastrophe" en arabe- et le transfert forcé de centaines de miliiers de Palestiniens, sans espoir de retour :

"Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais. Les vieux mourront et les jeunes oublieront " (Mémoires de Ben Gourion, 18 juillet 1948.)

Ceci éclaire curieusement les propos du maire : "On me fait beaucoup de reproches dans le moment que nous vivons mais vous me connaissez assez pour savoir que non seulement je ne m'excuse pas, j'assume et je revendique - c'est pour cela que j'ai tenu à cette esplanade- la légitimité de l'existence de l’État d'Israël."

*

> "L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens" - Par Dominique Vidal - Le Monde Diplomatique

"IL y a cinquante ans, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies décidait de partager la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe. Mais la guerre de 1947-1949 bouleverse la donne : si Israël a augmenté son territoire d’un tiers, le reste de l’Etat arabe mort-né est occupé par la Transjordanie et l’Egypte. Et, surtout, plusieurs centaines de milliers de Palestiniens ont dû fuir leurs foyers - ces réfugiés seront au coeur d’un interminable conflit. Depuis dix ans, les " nouveaux historiens " israéliens sont remontés aux origines de la tragédie. Leurs conclusions battent en brèche bien des mythes."

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vendredi, 11 juillet 2014

Les clones tournants de la presse de gauche

" Le journalisme contemporain râle dans l'air rance et fade des bibliothèques ou l'air empesté des coulisses, suçant la chair morte au flanc des cadavres illustres ou mangeant le fard sur la joue des actrices, criant avec les uns : "Vive Platon !" avec les autres : "Vive Siraudin !" les pédants portant dans leurs mains sales le flambeau des nécropoles, les chroniquailleurs écrivant à la lueur d'un quinquet de boui-boui !

Nous venons dire, nous, que nous aimons le soleil et la vie ! Mais songez donc : c'est presque une révolution !

Ils ne savent que tourner, comme des mouches, autour de ceux qui ont de l'encre aux doigts ou de la poudre de riz au cou : ils ne savent que faire des articles à propos d'articles, causer du grand siècle ou du petit Chose, commenter, copier, plagier, ou bien sculpter des mots comme des forçats cisèlent des noyaux de cerise, monter dans les maisons, écouter aux portes, recueillir la salive et filtrer le crachat des autres ! "

Jules Vallès
dans le journal La Rue

Dély, Joffrin, Demorand ...  ils nous écrivent d'une chaise à l'autre viennent, passent et repassent dans la presse, se croisent sur les ondes... ils sont si semblables qu'ils sont identiques.

h-20-2448964-1301343248.jpgAinsi Renaud Dely, chef du service politique puis directeur-adjoint de la rédaction de Libération de 1994 à 2006 (date de l’arrivée de Laurent Joffrin); puis rédacteur en chef adjoint et responsable des pages Politique du Parisien de septembre 2007 à janvier 2008 qu'il quitte occuper le poste de directeur-adjoint de la rédaction chargé de l’actualité de Marianne. On le retrouve à France-Inter, rédacteur en chef de la matinale, puis directeur-adjoint de la rédaction en septembre 2010 ... Cet ex de Charlie Hebdo, qui signait sous pseudonyme, s’était alors laissé séduire par Philippe Val, l’ancien patron de l’hebdomadaire. Le même Val qui déclarait, avant de virer les chatouilleurs de Sa Majesté Sarkozy :"France Inter est une radio qui coûte cher à l’actionnaire, qui n’est pourtant pas très bien traitée par la station". Chers actionnaires... Renaud Dely, a enfin quitté France-Inter pour le Nouvel Observateur, où il fut numéro 2 de Laurent Joffrin avant de devenir le directeur en chef.

Tant de présence lui a valu d'être l'invité-abonné de C dans l'air. et de jouer le rôle de journaliste " actualité" dans l'équipe de 28 minutes sur Arte.

Renaud Dély est aussi membre de Terra Nova, laboratoire d'idées du Parti socialiste et de la gauche qui mue. Il participa au groupe de travail "Le rôle de l'Etat sur le marché des médias", dirigé par Audrey Pulvar,  alors journaliste à France 3 et présentatrice du 19/20, et Louis Dreyfus, ancien directeur général de Libération et ancien directeur général du Nouvel Observateur
En 2012, dans son Nouvel Observateur, il commettait un article intitulé : "Législatives : pourquoi la gauche doit sauver Ségolène Royal", victime à ses yeux de l''inquisition charentaise d'apparatchiks sexistes et de l’appétit d’un irascible ambitieux local... Un monument de flagornerie sincère à ne pas manquer de visiter.

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238eeb345d22804423912f7edb1bcaf4.jpgLaurent Joffrin, autre utilité de gôche, fut membre de la rédaction de Libération à partir de 1981, puis directeur de la rédaction du Nouvel Observateur en 1988, avant de revenir à Libération en 1996, puis de repartir au Nouvel Observateur en 1999, puis de re-revenir à Libération en 2006, puis de re-re-repartir au Nouvel Observateur fin 2010…puis de re-re-revenir à Libération comme directeur de la rédaction - élu à ce poste à une faible majorité et accompagné d'un directeur délégué, Johan Hufnagel, ancien rédacteur en chef adjoint du site web de Libération, ancien rédacteur en chef de20 Minutes.fr, puis du site de Marianne, cofondateur et actuel rédacteur en chef de Slate.fr. 

> Sur le site Acrimed de nombreux articles sur "Laurent Joffrin, modernisateur de la gauche."

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> " Le mercato des médiacrates, ou le ballet des interchangeables " de  Henri Maler et Julien Salingue sur le site ACRIMED

sarkozy+camargue.jpgJe me souviens de Sarkozy en Camargue, à dada sur Univers, et de sa cour médiatique tractée.

jeudi, 10 juillet 2014

10 juillet 1960 : la chute de Roger Rivière

Tour de France ( 26 juin -17 juillet 1960)

perjuretjpg-8865-cd2bf.jpgLe 10 juillet 1960, lors de la 14ème étape du Tour de France, Roger Rivière, deuxième du classement général, est à la poursuite du maillot jaune Nencini dans la descente du col de Perjuret entre Millau et Avignon. A un moment donné, il manque un virage, percute un parapet et fait une chute d'une dizaine de mètres A la suite de cet accident, qui lui fracture la colonne vertébrale, il restera lourdement handicapé.

Certains ont estimé que le Palfium, un analgésique cinq fois plus puissant que la morphine, avait amoindri ses réflexes ou aurait même  entraîné un malaise. En 1967, Roger Rivière reconnaissait d'ailleurs avoir eu recours - comme d'autres cyclistes - à des produits dopants :

" Le jour de mon record de 1958, je me connaissais bien, je savais exactement ce qu'il me fallait. Cinq minutes avant le départ, au vestiaire, le soigneur m'a fait une forte injection d'amphétamines et de solucamphre. Juste avant de monter en selle, j'ai avalé encore cinq comprimés d'amphétamines car l'effet de la piqûre ne me durait que 40 minutes. Les comprimés devaient faire le reste." [1]

Roger Rivière est mort en avril 1977, victime d'un cancer du larynx.

[1] L’Équipe 25/10/1967, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans son Dictionnaire du dopage, page 63.

> A propos de la 14ème étape du Tour de 1960, et de l'accident de Roger Rivière, vous pouvez consulter en ligne la Vidéo  de l' INA : Roger Rivière (vs) Gastone Nencini Les plus grands duels

> Roger Rivière ou la lumière qui pleut - Christophe Penot

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"En travers de la gorge"

Antoine Blondin

Avignon - Roger Rivière n'est plus parmi nous. Le formidable appareil d'information qui alimente la vie intérieure du Tour pour le meilleur et pour le pire continue de nous relier à la clinique où on l'a transporté, mais les antennes sont en berne et toute allégresse, notre belle ardeur à viser le lendemain à travers l'heure présente, a quitté les regards et les conversations. Demain a disparu, on nous l'a proprement escamoté à un tournant de la route. Il a fallu ce drame pour que nous prenions une claire conscience de ce que l'avenir de cette course que nous vivons reposait antérieurement sur les épaules d'un seul champion. Avec lui, l'aventure et la surprise ont basculé dans le ravin. La marée basse s'est abattue sur la caravane. La vie est plate.
 
J'entends bien que la peau et les os d'un quatre-vingt huitième au classement ont autant de prix que ceux des vedettes, mais que le premier accident véritable de cette course ait frappé précisément celui qui en tenait la clef dans le creux de sa main semble trop injuste. Le public endimanché sur le bord de la route se retrouvait tout bête sous le linon ou l'alpaga, avec, dans l'œil, le reflet terne des catastrophes nationales. Nous ne nous changerons pas pour descendre dîner, afin de ne pas nous déprendre de notre condition de suiveurs et proclamer notre solidarité avec l'univers absurde dans lequel nous avons vécu cette journée.
 
Midi avait sonné, la messe était dite, le soleil grillait les Causses à perte d'horizon. Aucun signe de vie sur les crêtes pelées ni dans les gorges où l'ombre dessinait des quadrillages menaçants. Seul un mince filet de gens ourlait notre chemin, sortis de quelles grottes et agglutinés de place en place pour donner naissance à de chaudes petites oasis humaines. Nous venions de franchir le col de Perjuret et plongions à virelets que veux-tu, chacun pour soi et Dieu pour tous ! Sauf pour un seul...
 
Nous vîmes à un tournant Rostollan qui faisait de grands gestes et remontait à contre-courant en criant: « Roger a tombé! Roger a tombé ! » Impossible de nous arrêter sur le toboggan où nous étions lancés. Nul n'avait vu disparaître Rivière, ni parmi ses compagnons, ni parmi les témoins. Pendant cinq minutes, on le crut volatilisé, rayé purement et simplement de la carte du monde, dont le paysage immense et chaotique qui nous entourait nous donnait l'échelle. Or, il gisait, à une vingtaine de mètres, en contrebas, dissimulé par un repli de terrain, frappé d'une sorte de paralysie qui lui interdisait le moindre geste, le moindre appel. Et toute cette nature qui l'entourait  lui faisait un linceul rugueux...
 
Quand nous pûmes reprendre souffle au hameau des Vanels, nous ignorions encore ce qu'il en était advenu exactement, mais l'anxiété planait sur chacun des équipages qui nous dépassait. Fil à fil, visage après visage, le drame se précisait... Enfin, Radio-Tour annonça que «Rivière venait d'être victime d'un accident grave» et notre attente devint celle des personnages baignés de fraternité attentive qu'on rencontre chez Saint-Exupéry. La «Terre des Hommes» est parfois dure à l'homme.
 
L'hélicoptère d'évacuation, dans l'impossibilité de se poser sur le palier abrupt où Rivière s'était arrêté dans sa chute, tournait au-dessus de nous. Il atterrit dans l'enclos d'un vieux paysan, noueux comme un cep du bois dont sont faits les Dominici, à l'instant où, avec une étonnante majesté qu'elle tirait de sa lenteur, l'ambulance déboucha à moins de vingt à l'heure, pour éviter les heurts, et s'arrêta en lisière du champ. Dix photographes, tombés on ne sait d'où, se trouvèrent miracu­leusement à la parade.  Rivière apparut sur sa civière, l'œil mi-clos, livide comme jamais, et baigné dans sa sueur. On lui fit escorte jusqu'à la nacelle et tout le monde suivant les paysannes, les chiens, les valets de ferme et même le vieux qui flairait dans tout cela les grands remous de sorcellerie. 
 
Il regarda avec respect l'hélicoptère brasser l'air puis jaillir de son champ en apothéose déchirante. Alors, seulement, il poussa un hurlement et parla d'aller chercher son fusil. Toute pitié l'avait déserté. Le dénouement venait de se jouer sur sa récolte de haricots, six mois de labeur, cinquante mille francs de semis. Le sombre dimanche qu'il vivait n'avait pas exactement les couleurs du nôtre.
 

samedi, 05 juillet 2014

"La Passion considérée comme course de côte"

Le Canard Sauvage, 11-17 avril 1903
Alfred Jarry

La Passion considérée comme course de côte


Barrabas, engagé, déclara forfait.

Le starter Pilate, tirant son chronomètre à eau ou clepsydre, ce qui lui mouilla les mains, à moins qu’il n’eût simplement craché dedans – donna le départ.

Jésus démarra à toute allure.

En ce temps-là, l’usage était, selon le bon rédacteur sportif saint Mathieu, de flageller au départ les sprinters cyclistes, comme font nos cochers à leurs hippomoteurs. Le fouet est à la fois un stimulant et un massage hygiénique. Donc, Jésus, très en forme, démarra, mais l’accident de pneu arriva tout de suite. Un semis d’épines cribla tout le pourtour de sa roue avant.

On voit, de nos jours, la ressemblance exacte de cette véritable couronne d’épines aux devantures de fabricants de cycles, comme réclame à des pneus increvables. Celui de Jésus, un sigle-tube de piste ordinaire, ne l’était pas.

Les deux larrons, qui s’entendaient comme en foire, prirent de l’avance.

Il est faux qu’il y ait eu des clous. Les trois figurés dans des images sont le démonte-pneu dit "une minute".

Mais il convient que nous relations préalablement les pelles. Et d’abord décrivons en quelques mots la machine.

Le cadre est d’invention relativement récente. C’est en 1890 que l’on vit les premières bicyclettes à cadre. Auparavant, le corps de la machine se composait de deux tubes brasés perpendiculairement l’un sur l’autre. C’est ce qu’on appelait la bicyclette à corps droit ou à croix. Donc Jésus, après l’accident de pneumatiques, monta la côte à pied, prenant sur son épaule son cadre ou si l’on veut sa croix.

Des gravures du temps reproduisent cette scène, d’après des photographies. Mais il semble que le sport du cycle, à la suite de l’accident bien connu qui termina si fâcheusement la course de la Passion et que rend d’actualité, presque à son anniversaire, l’accident similaire du comte Zborowski à la côte de la Turbie, il semble que ce sport fut interdit un certain temps, par arrêté préfectoral. Ce qui explique que les journaux illustrés, reproduisant la scène célèbre, figurèrent des bicyclettes plutôt fantaisistes. Ils confondirent la croix du corps de la machine avec cette autre croix, le guidon droit. Ils représentèrent Jésus les deux mains écartées sur son guidon, et notons à ce propos que Jésus cyclait couché sur le dos, ce qui avait pour but de diminuer la résistance de l’air.

Notons aussi que le cadre ou la croix de la machine, comme certaines jantes actuelles, était en bois.

D’aucuns ont insinué, à tort, que la machine de Jésus était une draisienne, instrument bien invraisemblable dans une course de côte, à la montée. D’après les vieux hagiographes cyclophiles sainte Brigitte, Grégoire de Tours et Irénée, la croix était munie d’un dispositif qu’ils appellent "suppedaneum". Il n’est point nécessaire d’être grand clerc pour traduire : "pédale".

Juste Lipse, Justin, Bosius et Erycius Puteanus décrivent un autre accessoire que l’on retrouve encore, rapporte, en 1634, Cornelius Curtius, dans des croix du Japon : une saillie de la croix ou du cadre, en bois ou en cuir, sur quoi le cycliste se met à cheval : manifestement sa selle.

Ces descriptions, d’ailleurs, ne sont pas plus infidèles que la définition que donnent aujourd’hui les Chinois de la bicyclette : "Petit mulet que l’on conduit par les oreilles et que l’on fait avancer en le bourrant de coups de pied."

Nous abrégerons le récit de la course elle-même, racontée tout au long dans des ouvrages spéciaux, et exposée par la sculpture et la peinture dans des monuments "ad hoc" :

Dans la côte assez dure du Golgotha, il y a quatorze virages. C’est au troisième que Jésus ramassa la première pelle. Sa mère, aux tribunes, s’alarma.

Le bon entraîneur Simon de Cyrène, de qui la fonction eût été, sans l’accident des épines, de le "tirer" et lui couper le vent, porta sa machine.

Jésus, quoique ne portant rien, transpira. Il n’est pas certain qu’une spectatrice lui essuya le visage, mais il est exact que la reporteresse Véronique, de son kodak, prit un instantané.

La seconde pelle eut lieu au septième virage, sur du pavé gras. Jésus dérapa pour la troisième fois, sur un rail, au onzième.

Les demi-mondaines d’Israël agitaient leurs mouchoirs au huitième.

Le déplorable accident que l’on sait se place au douzième virage. Jésus était à ce moment dead-heat avec les deux larrons. On sait aussi qu’il continua la course en aviateur... mais ceci sort de notre sujet.

vélo

 > le texte sur Wikisource

A lire aussi, dans le Surmâle, "roman moderne" d'anticipation, le chapitre intitulé "La course des dix mille milles", où une quintuplette de cyclistes, alimentée par le Perpetual-Motion-Food de William Elson qui régénère les muscles durant l'effort, devra parcourir la distance Paris-Irkoutsk en vue de "proclamer le moteur humain supérieur aux moteurs mécaniques sur les grandes distances".

quintuplette

Karm, Gouin, Landrin, Avonet, Rodier

vendredi, 04 juillet 2014

Non à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes !

nddl.jpgLe 4 et 5 juillet se tiendra le grand rassemblement d’opposition au projet de l'inutile, du coûteux, du destructeur, du polluant et du mégalomaniaque aéroport quatre étoile de Notre-Dame-des-Landes. 

Cet aéroport transatlantique qui remonte aux "Trente Glorieuses" a été conçu pour feu le Concorde et a été ressorti des placards à la fin des années 90 par Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes. 

 Mensonges et manipulations

" Aujourd'hui, alors qu'il n'y a aucun problème de saturation ni de sécurité à l'aéroport actuel de Nantes-Atlantique et que le contexte ne favorise pas la croissance du secteur aérien, l'Etat, avec l'appui des élus locaux et régionaux (PS et UMP main dans la main sur ce dossier), a attribué la  construction et la concession pour 55 ans de cet aéroport soit disant HQE au groupe Vinci.

360 millions d'euros minimum d'investissement public y seraient  engloutis.

Paradoxalement, le besoin de cette nouvelle construction n'est en rien avéré et aucune alternative ni optimisation de la plateforme existante n'ont été étudiées... (Acipa)"

En mars 2012, dans Article 11 info, Jean-Pierre Garnier montrait que l’obsession des élus est de gérer les villes comme des entreprises et d’attirer toujours les mêmes en se fichant bien des autres :

«[…] les investisseurs d’une part, et la matière grise de l’autre. Autrement dit : les banquiers, les patrons de firme, les managers, les promoteurs, les cadres, les techniciens de rang supérieur. Il s’agit de dérouler le tapis rouge ou vert – développement urbain durable oblige – devant les exploiteurs et la petite bourgeoisie intellectuelle, grosse consommatrice d’évènements culturels.»

Pour nous faire avaler le projet de Notre-Dame-des-Landes il en faut des mensonges massivement matraqués.

En novembre 2012, dans son article du Canard enchaîné, " Vive l’aéroport quatre étoiles", Jean-Luc Porquet rappellait que tous les arguments présentés pour défendre le projet sont bidons :

" L’actuel aéroport n’a qu’une seule piste et serait bientôt saturé ?  Bidon, celui de Genève aussi n’a qu’une seule piste. Il faut soulager les habitants de Nantes du bruit des avions qui la survolent parfois aujourd’hui ? Bidon, le périph’ fait bien plus de bruit. Il faut récupérer les terrains de l’actuel aéroport pour étendre Nantes ? Bidon, puisqu’il continuera de fonctionner, étant situé juste à côté de l’usine d’Airbus, qui reçoit ses pièces détachées par avion et n’a pas la moindre intention de déménager. " Jean-Luc Porquet

Vive l'aéroport quatre étoiles ! J-L Porquet

cliquer sur l'image

> Jean-Pierre Garnier : « Aujourd’hui, on attend d’un maire qu’il gère sa ville comme une entreprise » Article 11

" Vive l'aéroport quatre étoiles!" Jean-Luc Porquet - Le Canard enchaîné.

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Si vous avez manqué le début et les suites de ce feuilleton :

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleZad.nadir.org, animé par les zadistes

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleAcipa, animé par l’Association citoyenne intercommunales des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

pour une maîtrise collective des dépenses publiques,austérité,démocratie,goubelleUn dossier complet de Reporterre sur la bataille de Notre Dame des Landes.

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Notre-Dame-des-Landes ... "Au cœur de la lutte »


NOTRE-DAME-DES-LANDES ... Au coeur de la lutte... par lagoradeBretagne

Un document militant réalisé par Christophe Kergosien et Pierrick Morin
"A l’arrache production"

l’Agora de Bretagne : http://www.lagoradebretagne.fr/
Durée : 1 h 10

" Christophe Kergosien et Pierrick Morin sont des militants écologistes, en aucun cas des professionnels du cinéma. Ils travaillent tout deux par ailleurs. Il y a moins d’un an, ils ouvrent un blog, l’Agora de Bretagne, avec un objectif : valoriser par l’image les actions de terrain. Leurs films, entretiens, reportages, réalisés à leurs frais et sur leur temps libre, sont systématiquement libres de droit. "

*

« Tous Camille », Notre-Dame-des-Landes

Isabelle Rimbert

http://www.isabellerimbert.com/tous-camille-notre-dame-des-landes/

"...je demande à la personne de m’emmener sur un lieu de la Zad qu’elle aime tout particulièrement. Là, je fais un portrait. Puis je photographie le lieu. Enfin, je pose une question : pourquoi es-tu ici, dans ce combat?...

Autant de visages, de paysages, de raisons de lutter, chacun apportant sa pierre à l’édifice."

(projet en évolution...)

                                                                                                                        Julien, 66 ans.

Né à NDDL, agriculteur retraité, proche de la Confédération Paysanne. Porte-parole de l’ACIPA.

 « En 1973, quand on a eu connaissance du projet, j’étais jeune paysan. Ce que j’ai voulu défendre et que je défends toujours, c’est la conservation des terres comme outil de travail. Ici, c’est un rendez-vous citoyen de lutte, dans le but de conserver intacte cette terre nourricière. C’est aussi une autre vision de la société que l’on défend. Il y a un virage à prendre pour voir émerger un monde meilleur ».

jeudi, 03 juillet 2014

S comme saillie

De l'esprit dans la conversation
Vauvenargues

797_ff0c2300d418e17.jpg?itok=8bpIVn30« Le mot de saillie vient de sauter: avoir des saillies, c’est passer sans gradation d’une idée à une autre qui peut s’y allier: c’est saisir les rapports des choses les plus éloignées; ce qui demande sans doute de la vivacité et un esprit agile. Ces transitions soudaines et inattendues causent toujours une grande surprise : si elles se portent à quelque chose de plaisant, elles excitent à rire ; si à quelque chose de profond, elles étonnent; si à quelque chose de grand, elles élèvent. Mais ceux qui ne sont pas capables de s’élever, ou de pénétrer d’un coup d’œil des rapports trop approfondis, n’admirent que ces rapports bizarres et sensibles que les gens du monde saisissent si bien. Et le philosophe, qui rapproche par de lumineuses sentences les vérités en apparence les plus séparées, réclame inutilement contre cette injustice: les hommes frivoles, qui ont besoin de temps pour suivre ces grandes démarches de la réflexion, sont dans une espèce d’impuissance de les admirer, attendu que l’admiration ne se donne qu’à la surprise, et vient rarement par degrés.

Les saillies tiennent en quelque sorte dans l’esprit le même rang que l’humeur peut avoir dans les passions. Elles ne supposent pas nécessairement de grandes lumières, elles peignent le caractère de l’esprit. Ainsi ceux qui approfondissent vivement les choses, ont des saillies de réflexion; les gens d’une imagination heureuse, des saillies d’imagination; d’autres, des saillies de mémoire; les méchants, des méchancetés; les gens gais, des choses plaisantes, etc.

Les gens du monde, qui font leur étude de ce qui peut plaire, ont porté plus loin que les autres ce genre d’esprit; mais parce qu’il est difficile aux hommes de ne pas outrer ce qui est bien, ils ont fait du plus naturel de tous les dons un jargon plein d’affectation. L’envie de briller leur a fait abandonner par réflexion le vrai et le solide, pour courir sans cesse après les allusions et les jeux d’imagination les plus frivoles ; il semble qu’ils soient convenus de ne plus rien dire de suivi, et de ne saisir dans les choses que ce qu’elles ont de plaisant, et leur surface. Cet esprit, qu’ils croient si aimable, est sans doute bien éloigné de la nature, qui se plaît à se reposer sur les sujets qu’elle embellit, et trouve la variété dans la fécondité de ses lumières, bien plus que dans la diversité de ses objets. Un agrément si faux et si superficiel est un art ennemi du cœur et de l’esprit, qu’il resserre dans des bornes étroites; un art qui ôte la vie de tous les discours en bannissant le sentiment qui en est l’âme, et qui rend les conversations du monde aussi ennuyeuses qu’insensées et ridicules.»

Vauvenargues, "Des saillies", Introduction à la connaissance de l'esprit, 
par D.-L. Gilbert, Furne et Cie, éditeurs, 1857

Les Causeuses ou les Bavardes, Camille Claudel. Musée Rodin